mai 3 2009

Birmanie : l’anniversaire du cyclone ignoré

Silence de la junte birmane…ce n’est pas nouveau ! Un cyclone ? Quel cyclone ?

source : AFP

Des survivants se sont rassemblés dimanche pour honorer la mémoire de leurs morts un an après le passage dévastateur du cyclone Nargis en Birmanie, où les autorités ont passé l’anniversaire sous silence.

Aucune cérémonie officielle n’était prévue et la presse officielle birmane n’a fait aucune allusion au premier annniversaire de la catastrophe qui s’est abattue dans le delta de l’Irrawaddy les 2 et 3 mai 2008, faisant 138.000 morts ou disparus.
La junte birmane avait été largement critiquée pour avoir tardivement ouvert la porte - et de mauvaise grâce - à une opération de secours de grande ampleur pour sauver les 2,4 millions de sinistrés.

“Nous avons honoré la mémoire de ma mère et de ma nièce de deux ans en faisant une donation aux moines ce matin. Je pense qu’ils sont en paix désormais”, a déclaré Win Khaing 22 ans, de la localité de Tha Kyar Hin O.

Un an après Nargis, des centaines de milliers de rescapés vivent toujours dans des conditions très précaires, ont déploré samedi les Nations unies.
Selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies, sur le million de personnes ayant eu besoin d’assistance après le cyclone, 350.000 sont encore dépendantes de distributions gratuites de nourriture et 250.000 resteront dans cette situation jusqu’à la fin de l’année.


mai 2 2009

Nargis ou le drôle d’anniversaire

Un an après Nargis,

le traumatisme demeure en Birmanie

source : LEXPRESS.fr avec Reuters

LABUTTA, Birmanie - Un an après le passage du cyclone Nargis, dont les vents soufflant à 240 km/h firent les 2 et 3 mai 2008 près de 140.000 morts dans le delta de l’Irrawaddy, et plongèrent 2,4 millions d’habitants dans la misère, la Birmanie garde le traumatisme de cette catastrophe.

Abri de fortune dans le bidonville de Labutta. Un an après le passage du cyclone Nargis, dont les vents soufflant à 240 km/h firent les 2 et 3 mai 2008 près de 140.000 morts dans le delta de l'Irrawaddy, et plongèrent 2,4 millions d'habitants dans la misère, la Birmanie garde le traumatisme de cette catastrophe. (Reuters/Soe Zeya Tun)

Abri de fortune dans le bidonville de Labutta. Un an après le passage du cyclone Nargis, dont les vents soufflant à 240 km/h firent les 2 et 3 mai 2008 près de 140.000 morts dans le delta de l’Irrawaddy, et plongèrent 2,4 millions d’habitants dans la misère, la Birmanie garde le traumatisme de cette catastrophe. (Reuters/Soe Zeya Tun)

Les employés humanitaires présents sur le terrain ont évoqué la montée de l’anxiété parmi la population à l’approche de la date anniversaire.

Nombreux sont ceux qui ont vu un ou plusieurs de leurs proches périr sous leurs yeux. Les histoires abondent en outre de personnes qui ont tout perdu: un garçon dont les dix frères et soeurs et les parents sont morts, un chef de village qui a perdu 37 membres de sa famille, échelonnés sur trois générations.

Les séquelles psychiques sont certes moins visibles que les pénuries d’abris et de vivres, mais ne sont pas moins importantes, estiment les ONG humanitaires.

Tout le monde disait à quel point les Birmans ont la faculté de rebondir“, déclare à Reuters Brian Agland, directeur de l’ONG caritative CARE pour la Birmanie. “C’est vrai, mais en même temps il y a encore des gens qui n’ont pas fait leur deuil et n’ont pas réellement compris ce qui s’est passé“, dit-il.

Un quart des foyers de la zone touchée comptent des cas de détresse psychologique, mais 11% seulement on reçu un soutien, selon un plan de redressement lancé en février par les Nations unies, l’Asean (Association des nations du Sud-Est asiatique) et par le gouvernement birman.

Pour ce qui est des enfants, devenus pour certains orphelins ou vivants avec les rescapés de leurs familles dans des abris de fortune, l’Onu évalue à plus de 2.400 instituteurs qui ont été formés depuis le passage du cyclone à donner un soutien psychologique, ce qui est loin d’être suffisant.

Médecins sans frontières (MSF), qui a dispensé des conseils à 56.000 survivants de Nargis, explique qu’il faut du temps pour gagner la confiance des habitants et les aider à comprendre pourquoi la catastrophe s’est produite.

Les bouddhistes croient au karma“, analyse une psychologue de MSF, Sylvia Wamser. “Il était important de leur montrer qu’il existe une autre explication, une météorologique, une scientifique“, souligne-t-elle.


mar 18 2009

Birmanie : la vie après Nargis

Source : Le Monde

DELTA DE L’IRRAWADDY (BIRMANIE) ENVOYÉE SPÉCIALE

L‘eau respire, dans l’Irrawaddy. A sa façon, des milliers de fois par jour, des milliers de fois par nuit. Verte et opaque, elle frôle, d’abord, les talus de sable sombre et visqueux. Poussée par la marée et les risées, elle nargue ensuite les racines des arbres et les pontons en bambou. Elle hésite, finalement se retire au ras des villages et des huttes fragiles.

Un village situé dans le delta de l'Irrawaddy, en Birmanie, après le passage du typhon Nargis, le 22 mai 2008.

AP/EVAN SCHNEIDER/ONU

Un village situé dans le delta de l’Irrawaddy, en Birmanie,

après le passage du typhon Nargis, le 22 mai 2008.

C’est la vie de delta. Presque une vie d’île, entourée de bras de mer et de courants. Des rizières posées sur des étroites bandes de terre, amarrées ici, comme des navires, face à la mer d’Andaman, sur la côte sud de Birmanie. Une existence qu’autrefois, il y a dix mois encore, la respiration de l’eau berçait. Où les rires des enfants au bain rassuraient. C’était jusqu’à la nuit du passage du typhon Nargis, le 2 mai 2008. Dans son sillage : 138 000 cadavres et disparus. Continue reading


mar 9 2009

Le châtiment des rois. Birmanie, la chronique d’un cyclone oublié

source : le petit journal

Lisez ce livre, vraiment !!!

Thierry Falise a aussi écrit un livre sur Aung San Suu Kyi : “Aung San Suu Kyi, le jasmin ou la lune”

Alors que l’attention des médias est depuis longtemps retombée, le reporter Thierry Falise revient sur le traumatisme infligé à la Birmanie en 2008 par le cyclone Nargis. Nourri de témoignages de survivants, d’enquêtes de terrain et d’entretiens avec des spécialistes, ce livre-reportage retrace le déroulement et les conséquences d’une des plus importantes catastrophes naturelles de ces dernières années

Nuit du 2 au 3 mai 2008, le cyclone Nargis s’abat avec une violence monstrueuse sur le sud de la Birmanie et sur sa capitale économique, Rangoon. Le delta du fleuve Irrawaddy, région la plus peuplée et la plus fertile du pays, est ravagé. Au moins 140.000 personnes sont tuées ou portées disparues, selon les chiffres officiels. Pendant plusieurs semaines, les médias du monde entier repassent en boucle les images de cette tragédie qui touche l’un des pays les plus pauvres de la planète, soumis à une dictature militaire féroce depuis près d’un demi-siècle. La communauté internationale s’émeut des entraves posées par la junte à l’arrivée de l’aide humanitaire internationale. Puis Nargis et ses victimes retombent dans l’oubli. Thierry Falise, grand reporter belge établi à Bangkok depuis plus de vingt ans, a passé de longues semaines en Birmanie, à la rencontre des survivants de la catastrophe.

L’absurde logique des généraux
Le châtiment des rois  rassemble les confidences de ces Birmans, qui ont souvent vu dans Nargis le signe d’une punition divine contre les « mauvais rois », les généraux au pouvoir. Plongée dans une région faite d’eau et de rizières, le reportage raconte le traumatisme et les petits miracles, la lutte pour la survie et le formidable réseau de solidarité mis en place par une population habituée à ne compter que sur elle-même. Il replace aussi Nargis dans le contexte politique, économique et social birman. Pourquoi le cyclone a-t-il été si dévastateur ? Pourquoi le pouvoir a-t-il si longtemps refusé l’entrée de l’aide internationale ? Pourquoi a-t-il maintenu un référendum constitutionnel, une semaine seulement après le passage de Nargis ? L’absurde logique des généraux, tout comme les efforts ambigus de la communauté internationale, sont disséqués à travers les témoignages de Birmans ordinaires ou engagés, de membres d’ONG locales et internationales, du personnel des Nations Unies. L’auteur en profite aussi pour clarifier certains points qui avaient fait couler beaucoup d’encre à l’époque. Ainsi la seconde vague de morts annoncée, censée survenir à cause des épidémies, n’a jamais eu lieu. Pas plus que le soulèvement de la population, annoncé comme inéluctable encouragé par l’afflux d’étrangers. Quand au détournement de l’aide par la junte, régulièrement évoqué, il reste extrêmement difficile à quantifier. Loin du tourbillon médiatique de l’an passé, ce livre est l’occasion de comprendre les implications d’une catastrophe que les Birmans continueront de ressentir pendant encore des années.
Emmanuelle Michel