fév 22 2009

Amnistie pour 19 prisonniers politiques birmans

L'entrée principale de la prison d'Insein, dans la banlieue nord de Rangoon.  (Photo : AFP)

L’entrée principale de la prison d’Insein, dans la banlieue nord de Rangoon.
(Photo : AFP)

source : RFI

La junte birmane fait un geste. Parmi les 6 000 détenus de droit commun qu’elle a relâché samedi, elle a libéré 19 prisonniers politiques, dont 5 moines bouddhistes. Des libérations qui interviennent après la visite dans le pays du rapporteur de l’ONU pour les droits de l’homme, Tomas Ojea Quintana, et à quelques jours du sommet de l’Asean, sommet pendant lequel la Birmanie risque d’être prise à partie.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Pour la junte birmane, les prisonniers politiques constituent une soupape que l’on lève pour diminuer la pression quand le besoin s’en fait sentir. Après chaque visite d’un envoyé onusien et avant chaque sommet important auquel participe la Birmanie, une poignée de détenus politiques sont libérés.

Parmi ceux qui ont été libérés samedi, Zaw Myint Maung, un parlementaire du parti d’opposition dirigé par Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie. Zaw Myint Maung, originaire de Mandalay, avait été arrêté en 1991 pour avoir tenté d’établir un gouvernement local parallèle au régime militaire. On compte aussi sur la liste des détenus libérés, cinq moines bouddhistes qui avaient participé aux grandes manifestations de bonzes de septembre 2007.

Ce geste de la junte vise avant tout à préparer le sommet de l’Asean, qui va se tenir dans la station balnéaire thaïlandaise de Hua Hin à partir du 28 février.

Certains pays d’Asie du Sud-Est comme les Philippines et l’Indonésie sont de plus en plus critiques des violations des droits de l’homme en Birmanie. Le nouveau gouvernement thaïlandais, dirigé par Abhisit Vejjajiva, pourrait aussi adopter une ligne plus dure vis à vis de son ennemi historique, que les gouvernements précédents.

Plus de 2 000 prisonniers politiques sont toujours en détention en Birmanie, parmi lesquels la dirigeante du mouvement démocratique, Aung San Suu Kyi, qui a passé 18 des vingt dernières années, assignée à résidence.