nov 8 2015

Législatives historiques en Birmanie : les bureaux de vote ont ouvert

Source : Le Monde

A la sortie d’un bureau de vote, le 8 novembre à Rangoun. | Soe Zeya Tun / REUTERS

Les bureaux de vote ont ouvert, dimanche 8 novembre à 6 heures locales en Birmanie (0 h 30 à Paris) pour des législatives historiques, en mesure de propulser au pouvoir le parti de l’opposante Aung San Suu Kyi. C’est la deuxième fois de sa vie que l’ex-dissidente de 70 ans vote dans son pays, depuis les élections partielles de 2012, qui avaient permis à sa Ligue nationale pour la démocratie de faire une entrée fracassante au parlement.

Ce scrutin doit permettre de mesurer le succès de la transition démocratique amorcée il y a quatre ans, avec l’auto-dissolution d’une junte ayant régné depuis 1962. Il s’agit des premières élections jugées libres dans le pays depuis celles de 1990, lors desquelles la junte s’était laissée surprendre et avait laissé la LND concourir et gagner. Les résultats n’avaient pas été reconnus. Quelque 30 millions de Birmans sont appelés aux urnes, la plupart n’ayant jamais voté de leur vie.


fév 25 2013

Un oeil sur la planète. La Birmanie : la promesse de l’aube?

source : lenouvelsobs

A ne pas manquer !!!!!!!

Ce soir, à 23 h, sur France 2

Au lendemain des répressions sanglantes de 2007, des sanctions économiques avaient été prises par la communauté internationale à l’encontre du régime de Rangoon. Elles ont finalement porté leurs fruits puisqu’un gouvernement civil, le premier depuis soixante ans, a succédé à la junte.

Celui que l’on présente aujourd’hui comme le « Gorbatchev birman » est pourtant un militaire qui s’est illustré en réprimant impitoyablement la « révolution safran » lors d’un mandat antérieur de Premier ministre. Contre toute attente, le président Thein Sein a néanmoins multiplié les mesures d’ouverture : libération de 300 prisonniers politiques, levée (partielle) de la censure, mise en oeuvre de réformes économiques. Ces avancées signifient-elles que le gouvernement s’est converti à la démocratie ? Certains en doutent. Mais le pays était surendetté et, pour que les investisseurs reviennent, il fallait leur donner des gages.

Toujours est-il que les multinationales, qui attendaient avec impatience que la Birmanie redevienne fréquentable, se bousculent pour s’implanter dans ce pays idéalement situé entre l’Inde et la Chine, riche en ressources naturelles (bois, minerais, pierres précieuses, gaz, pétrole, etc.), dont la population de 55 millions d’habitants se partage les miettes laissées par l’oligarchie.

La mondialisation a horreur du vide, et la Birmanie représente un nouvel espace à remplir avec tous les biens de consommation disponibles. A Rangoon, les centres commerciaux se multiplient, les téléphones portables s’arrachent (ils étaient, jusqu’à l’automne 2010, interdits), le nombre de véhicules a triplé en un an, buildings et immeubles résidentiels poussent comme des champignons (les premiers acquéreurs sont souvent des personnes affiliées à la junte). Les cabinets d’architectes internationaux délaissent la Chine et le Vietnam pour lorgner du côté de l’Irrawaddy. Pour signer de gros contrats, il ne faut pas prendre la route de Mandalay, comme dans le poème de Kipling, mais celle de Naypyidaw, et faire antichambre pour rencontrer un responsable. Les marchés d’Etat sont négociés dans le décor choisi par l’ex-homme fort de la junte, le généralissime Than Shwee, et l’on assure que l’emplacement de cette capitale orwellienne, où des milliers de fonctionnaires ont été parachutés du jour au lendemain, a été déterminé par les astrologues.

Les Birmans sont en effet un des peuples les plus superstitieux au monde. Dans les années 1970, un dictateur a fait imprimer des billets dont la valeur devait obligatoirement être un multiple de neuf, son chiffre porte-bonheur, ce qui ne simplifiait pas les échanges commerciaux. Un autre a changé le sens de la circulation pour contrer la menace communiste (les communistes étant de gauche, les astrologues préconisèrent la conduite à droite). A Rangoon, des centaines de cabinets d’astrologues prédisent votre avenir professionnel ou personnel. La star incontestée du genre, dont l’ oeil de verre en impose, intervient quotidiennement sur les ondes et annonce à qui veut l’entendre qu’Aung San Suu Kyi sera élue présidente en juillet 2014 et que les rêves de démocratie des Birmans deviendront alors réalité. Pour l’heure, le président Thein Sein a passé un accord avec la célèbre opposante, désormais parlementaire, afin de pouvoir réformer dans un climat de paix sociale. Mais l’instabilité politique reste grande.

Au nord du pays, les chrétiens kachins, considérés par la majorité bouddhiste comme des citoyens de seconde classe, ont repris le combat contre l’armée birmane. Malgré les demandes répétées des Nations unies, aucun convoi humanitaire n’a accès à cette région isolée proche de la frontière chinoise, qui suscite la convoitise à cause de ses mines de jade et d’or, son bois précieux et ses ressources hydroélectriques. Les colons britanniques avaient baptisé cette région « l’enfer vert ». Des soldats s’y battent pendant qu’à Rangoon, punks et rappeurs déferlent sur scène et qu’une marée de journaux, dont un certain nombre appartient aux enfants de la nomenklatura, envahit les kiosques. Quant aux vendeurs de rue, pour eux rien n’a changé. Ils étaient pauvres, et ils le restent. La moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour, et le transfert de pans entiers de l’économie aux mains d’investisseurs privés affiliés aux généraux n’est pas sans rappeler le dépeçage post-soviétique.

Parler de « printemps birman » semble prématuré. Il y a, certes, une effervescence dans l’air, mais l’impression laissée par ces six reportages d’honnête facture est qu’elle se limite à l’ancienne capitale, Rangoon. Le reste du pays continue de ressembler à la Birmanie gracieuse et somnolente que décrivait Somerset Maugham dans les années 1920. Un pays sur lequel l’ombre des prédateurs galonnés plane avec insistance.

Eric de Saint Angel


mai 8 2010

“Même dissous, le parti d’Aung San Suu Kyi reste très influent”

source : lexpress.fr - Par Jérémie Lanche

Devant l'ambassade de Birmanie à bangkok en août 2009.

REUTERS

Devant l’ambassade de Birmanie à bangkok en août 2009.

Le parti du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi vient d’être dissous par la junte birmane. Quels sont les nouveaux rapports de force qui animent le pays? Isabelle Dupuis, du site Info-Birmanie a répondu aux questions de LEXPRESS.

La junte birmane au pouvoir depuis 1988 a annoncé aujourd’hui, la dissolution de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), sous prétexte qu’elle refuse de participer aux élections législatives prévues à la fin de l’année. Le parti du prix Nobel de la paix 1991, Aung San Suu Kyi, assignée à résidence depuis 2003, est la figure de proue de l’opposition birmane, vingt ans après son succès aux élections. Les généraux ont promulgué en mars, les nouvelles lois électorales qui achevaient d’annuler le scrutin de 1990.

Comment interpréter ce nouveau revers pour l’opposition birmane, plus de deux ans après le soulèvement des moines bouddhistes, et la répression sanglante du régime militaire qui a suivie? Réponses avec Isabelle Dubuis, coordinatrice de l’association Info-Birmanie qui milite pour le respect des droits de l’homme dans le pays.

L’annonce de la dissolution de la LND est-elle une surprise ?

Non, pas vraiment. La LND s’était prononcée fin mars déjà, sur sa non-participation au scrutin. Les partis disposaient de deux mois pour s’enregistrer, délai au-delà duquel ils seraient considérés comme illégaux, et donc passibles d’interdiction. C’était une décision difficile, et il faut saluer cette position courageuse.

La LND a décidé de s’opposer à ce scrutin pour ne pas cautionner un processus politique fantoche, alors que les militaires n’ont fait aucune concession. Il y a toujours plus de 2100 prisonniers politiques, et les généraux ont refusé tout dialogue avec les forces pro-démocratiques, ainsi qu’avec les minorités ethniques. L’attitude de la LND a aussi permis à la communauté internationale de s’intéresser aux lois électorales, et d’admettre que le scrutin n’a aucune transparence.

La LND était déjà frappée par un “arsenal législatif” mis en place par la junte pour barrer la route à Suu Kyi (défense pour les Birmans mariés à un étranger de se présenter aux élections, interdiction aux personnes purgeant une peine de prison d’appartenir à un parti politique…). Sa dissolution modifie-t-elle radicalement sa situation?

Pas vraiment. Il ne faut pas avoir le sentiment que la LND pouvait travailler librement dans le pays jusqu’à hier soir. Il y a eu une répression terrible qui s’est abattue sur elle depuis vingt ans, et de nombreux leaders politiques sont aujourd’hui en prison. Aucun bureau local ou régional n’est autorisé, et seul le bureau de Rangoon [la capitale économique], est ouvert. Il ne faut donc pas avoir le sentiment qu’il y aura un changement majeur pour les cadres du parti ou pour la population. Même dissoute, la LND restera une force politique très influente.

En tant que soutien de l’opposition birmane, supportez-vous la décision d’anciens cadres du LND de former un nouveau parti politique?

C’est une question difficile. Il y a beaucoup d’incertitudes sur ce nouveau parti démocrate, et aucune indication ne permet de dire si la commission électorale l’autorisera à participer au scrutin. Si ces personnes se revendiquent trop de la LND, elles seront censurées. Mais participer aux élections, en espérant un changement politique au vu des lois promulguées, c’est tout simplement illusoire, voire utopique.

Nous soutenons l’organisation d’élections -nous l’attendons depuis vingt ans- mais pas celles qui sont prévues par la junte. En l’absence de partis d’opposition, la junte a déjà gagné, et la population ne sait pas pour qui voter. Mais il est trop tôt pour se prononcer sur ce nouveau parti, qui n’est pas encore enregistré, ni sûr d’être accepté par le pouvoir.

La junte au pouvoir souffle le chaud et le froid sur l’opposition. Il y a eu la libération le 13 février du vice-président de la LND, Tin Oo, arrêté en 2003, et l’arrestation une semaine plus tard de quatre opposants birmans, pendant la visite du rapporteur de l’ONU sur les droits de l’homme. Les généraux se sentent-ils menacés avant ces élections?

Ils ont mis en place un dispositif légal pour s’assurer de leur pouvoir. Des opposants nous disent: “Ces élections c’est comme un match de foot, sauf qu’il n’y aurait qu’une seule équipe sur le terrain”. Et même si les généraux sont un peu patauds, ils arriveront à marquer des buts puisqu’il n’y a personne dans les cages.

Il y a eu beaucoup de changement ces dernières semaines, avec la démission [de ses fonctions militaires] du Premier ministre, Thein Sein, pour pouvoir se présenter aux élections. Mais il s’agit d’une façade civile, où la dictature militaire troque le kaki pour enfiler un costume. Les généraux ont suffisamment verrouillé ces élections pour s’assurer de leur total contrôle sur le processus politique. La modification de la Constitution [soumise à un référendum adopté avec un score de 92.4%] leur accorde l’impunité pour les crimes commis pendant l’exercice de leurs fonctions.

Comment jugez-vous l’attitude de la communauté internationale sur le dossier birman? Faut-il faire confiance à la junte lorsqu’elle envisage d’organiser les premières élections législatives depuis 1990?

Ce processus politique a été initié suite aux pressions internationales. Le lancement de la « feuille de route vers une démocratie disciplinée », en 2003, a été lancé l’année où Aung San Suu Kyi a échappé à une tentative d’assassinat, et était de nouveau placée en résidence surveillée. Les voisins de la Birmanie, y compris la Chine, ont d’ailleurs poussé les généraux à normaliser une situation politique de plus en plus insoutenable.

Il y a une volonté de la part des généraux de contenter la communauté internationale, et de se faire oublier de l’ONU. Mais le problème reste le manque de clarté des réactions diplomatiques, et l’absence de réponses fermes et concertées, notamment de la part de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), dont la Birmanie est membre.

Les 27 Etats membres de l’Union européenne ont adopté une position commune, et lors d’un vote au Parlement européen fin avril, ils ont prolongé d’un an les sanctions imposées à la Birmanie. Malgré cela, l’Union n’a pas initié de pressions tangibles et concrètes sur la junte, pas plus que l’ONU qui est paralysée, et l’ASEAN qui se retranche derrière le principe de non-ingérence dans les affaires internes de ses membres.


juin 2 2009

Total : le jeu de la désinformation

C’en était presque incroyable, dans l’article du monde “Total répond à Jane Birkin”, Christophe de Margerie, ressemblait presque à un ange… et Total le grand sauveur du peuple birman… Les réactions sont nombreuses, en voici quelques-unes :

source : Info Birmanie

Communiqué d’Info Birmanie - 2 juin 09

Info Birmanie souhaite apporter ses précisions suite à la tribune de Christophe de Margerie, directeur général de Total, publiée dans Le Monde des 31 mai et 1er juin 2009, et intitulée “Birmanie : Total répond à Jane Birkin”. Notre association ne peut que constater la relative désinformation à laquelle se livre le groupe pétrolier, qui pourrait presque passer auprès du lecteur néophyte pour le bienfaiteur de la population birmane. Le texte aligne vérités tronquées et affirmations discutables.

Christophe de Margerie fait notamment l’impasse sur un certain nombre de faits :

- interpellé sur la manne financière que constitue Yadana (projet gazier dont Total est l’opérateur) pour le régime militaire, il n’y répond simplement pas. Sa position de premier soutien financier de la junte birmane n’est sans doute pas, en terme d’image, à l’avantage du groupe pétrolier.

- si rien n’est chiffré des bienfaits amenés par Total et ses partenaires aux populations birmanes, ce n’est pas le fruit du hasard. 15 millions de dollars ont déjà été consacrés par ceux-ci à des projets sociaux en Birmanie. Mais l’ONG Earth Rights International, à l’origine de rapports de référence sur Yadana, a estimé que le projet gazier avait rapporté à la junte birmane près d’un milliard de dollars pour la seule année 2007. Or Christophe de Margerie l’admettait lui-même dans un entretien accordé au Monde le 6 octobre 2007: “Total, pas plus que d’autres compagnies, ne peut demander au gouvernement ce qu’il fait de cet argent.” Rappelons que plus de 40% du budget de l’Etat birman est consacré aux dépenses militaires, contre 0,4% à l’éducation et à la santé. Aussi est-il permis de penser que les projets sociaux mis en place par Total et ses partenaires ne sauraient compenser les dommages résultant d’un apport de ressources de première importance au régime birman. En outre, les conditions de vie dans la zone du gazoduc ne sont pas aussi idylliques que le prétend Christophe de Margerie. “Nos actions socio-économiques et le climat qui règne dans la région de nos opérations demeurent la meilleure caution de notre engagement”, affirme le directeur général de Total. Christophe de Margerie oublie de préciser que si certains des villages de la zone ont tiré des programmes mis en place des bénéfices minimaux, ces bénéfices ne touchent pas l’ensemble des populations confrontées à la violence des bataillons de l’armée birmane affectés à la sécurité du gazoduc. La vie dans la région demeure ainsi si difficile que de nombreuses familles continuent chaque année à fuir vers la Thaïlande.

- en écrivant que “le départ de Total” ne ferait qu’”appauvrir plus encore la population”, Christophe de Margerie oublie à dessein de préciser que ni le gaz ni les revenus du gaz ne profitent à la population, à l’exception toutefois des bénéficiaires des projets sociaux. Le gaz part en Thaïlande et ses revenus dans les poches des généraux.

Christophe de Margerie précise par ailleurs que “Total ne peut pas seul changer le destin des Birmans. Que pourrait-il se passer si d’autres compagnies occidentales, soucieuses de leur responsabilité, venaient travailler dans le pays et décupler nos efforts?” Cet argument, celui de “l’engagement constructif”, est celui qu’opposait Total à tous ceux qui critiquaient son choix d’investir en Birmanie - un choix qui était alors celui d’autres entreprises occidentales. La théorie de “l’engagement constructif” suppose que développer des relations économiques avec un régime peu respectueux des droits de l’homme entraînera des progrès dans le domaine des droits et libertés. Plus de quinze ans après la signature des contrats entre Total et la junte, cette théorie a été copieusement démentie par les faits.

Christophe de Margerie évoque en outre le risque qu’un retrait de Total, loin de couper la manne financière dont bénéficie le régime, entraîne une hausse de ses revenus. La question du maintien des actions socio-économiques mises en place par Total en cas de retrait du pétrolier est également posée.

C’est pourquoi sans doute Jane Birkin évoquait-elle dans sa tribune adressée au Monde le 27 mai 2009 l’éventualité d’une mise sous séquestre des revenus gaziers, une solution alternative au retrait, prévue par la charte de l’ONU.

Le gouvernement birman en exil, par un courrier adressé le 10 octobre 2007 au président de la République et à son ministre des Affaires étrangères, demandait que soient “gelées ou abandonnées toutes les activités liées au gaz.”

En tout état de cause il appartient à Total et à la France d’abord, à l’Union européenne ensuite, de trouver la solution la plus adéquate au “problème” posé par Total en Birmanie, pour reprendre une expression récemment employée par M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères français. Un problème qui se résume ainsi : la manne financière de première importance apportée par Total à l’une des pires dictatures de la planète.

lire la tribune de Jane Birkin : le Monde_lettre ouverte au patron de Total_26.05.09
lire la réponse de M. De Margerie : Le Monde_Total répond à Jane Birkin_30mai09





mai 24 2009

Calme et tranquille

Etre calme et tranquille à l’image d’Aung San Suu Kyi.

Etre calme et tranquille ;  dans l’attente de ce lundi où reprendra cette mascarade de procès dont l’issue, j’en ai bien peur, est plus que certaine. La partition est déjà écrite, nous le savons tous.

A group of Ms Suu Kyi's supporters outside the jail

Etre calme et tranquille et attendre comme les membres du parti de la LND rassemblés devant la prison d’Insein, autour de U Win Tin, journaliste birman et membre fondateur de la Ligue Nationale pour la démocratie, libéré l’année dernière après 19 ans de détention. Il est aujourd’hui l’objet de menaces et refuse malgré cela, l’idée d’avoir des gardes du corps.

Etre calme et tranquille en pensant à ce Yettaw ! Difficile de le rester ! Mais qui c’est ce mec ? Impossible de penser qu’il puisse être un partisan  d’Aung San Suu Kyi. Pas après avoir fourni à la junte LE pretexte ! Illuminé manipulé par la junte… on ne sait toujours pas bien qui il est, rien n’est clair. L’avocat d’Aung San Suu Kyi l’a qualifié d’imbécile, c’est à mon goût bien trop gentil…

Etre calme et tranquille, et écrire ce petit mot, pas même extraordinaire,sans scoop ni rien, mais c’est le moins que je puisse faire pour Aung San Suu Kyi, simplement être là.

calme et tranquille

Aung San Suu Kyi, je pense à toi

source photos : AFP


mai 16 2009

La junte birmane refuse un des avocats d’Aung San Suu Kyi

La junte birmane empêche un important avocat spécialiste de la défense des prisonniers politiques d’assurer celle d’Aung San Suu Kyi, accusée par le pouvoir d’avoir violé les termes de son assignation à résidence.

L’opposante, âgée de 63 ans, risque cinq ans de prison pour avoir, selon le pouvoir birman, hébergé chez elle un Américain arrivé à la nage à travers le lac pour la voir. Son arrestation jeudi a déclenché une tempête dans la communauté internationale, qui réclame sa libération.

Malgré les critiques, la junte semble déterminée à entamer son procès lundi dans la prison d’Insein, où le Prix Nobel de la paix a été transférée avec ses deux assistants qui vivaient avec elle.

Me Aung Thein a expliqué samedi qu’il avait été exclu du barreau vendredi, après avoir posé sa candidature pour défendre la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Aung Thein a défendu des opposants politiques par le passé, et a passé quatre mois en prison pour insulte à la cour.

Suu Kyi, qui a passé 13 des 19 dernières années en détention, aurait dû être libérée le 27 mai après six années consécutives en résidence surveillée.

Lors de son audience d’inculpation, la “dame de Rangoon” était représentée par deux avocats, dont Hla Myo Myint. Mais elle avait réclamé trois autres avocats, dont Aung Thein.

Cette affaire est largement considérée comme un prétexte trouvé par la junte pour garder l’opposante sous les verrous après les élections prévues l’année prochaine.

L’étrange visiteur américain d’Aung San Suu Kyi, John Yetaw, est lui aussi arrêté et doit être jugé pour avoir tenté de franchir le cordon de sécurité entourant la résidence de l’opposante.

source : nouvelobs.com


mai 2 2009

Nargis ou le drôle d’anniversaire

Un an après Nargis,

le traumatisme demeure en Birmanie

source : LEXPRESS.fr avec Reuters

LABUTTA, Birmanie - Un an après le passage du cyclone Nargis, dont les vents soufflant à 240 km/h firent les 2 et 3 mai 2008 près de 140.000 morts dans le delta de l’Irrawaddy, et plongèrent 2,4 millions d’habitants dans la misère, la Birmanie garde le traumatisme de cette catastrophe.

Abri de fortune dans le bidonville de Labutta. Un an après le passage du cyclone Nargis, dont les vents soufflant à 240 km/h firent les 2 et 3 mai 2008 près de 140.000 morts dans le delta de l'Irrawaddy, et plongèrent 2,4 millions d'habitants dans la misère, la Birmanie garde le traumatisme de cette catastrophe. (Reuters/Soe Zeya Tun)

Abri de fortune dans le bidonville de Labutta. Un an après le passage du cyclone Nargis, dont les vents soufflant à 240 km/h firent les 2 et 3 mai 2008 près de 140.000 morts dans le delta de l’Irrawaddy, et plongèrent 2,4 millions d’habitants dans la misère, la Birmanie garde le traumatisme de cette catastrophe. (Reuters/Soe Zeya Tun)

Les employés humanitaires présents sur le terrain ont évoqué la montée de l’anxiété parmi la population à l’approche de la date anniversaire.

Nombreux sont ceux qui ont vu un ou plusieurs de leurs proches périr sous leurs yeux. Les histoires abondent en outre de personnes qui ont tout perdu: un garçon dont les dix frères et soeurs et les parents sont morts, un chef de village qui a perdu 37 membres de sa famille, échelonnés sur trois générations.

Les séquelles psychiques sont certes moins visibles que les pénuries d’abris et de vivres, mais ne sont pas moins importantes, estiment les ONG humanitaires.

Tout le monde disait à quel point les Birmans ont la faculté de rebondir“, déclare à Reuters Brian Agland, directeur de l’ONG caritative CARE pour la Birmanie. “C’est vrai, mais en même temps il y a encore des gens qui n’ont pas fait leur deuil et n’ont pas réellement compris ce qui s’est passé“, dit-il.

Un quart des foyers de la zone touchée comptent des cas de détresse psychologique, mais 11% seulement on reçu un soutien, selon un plan de redressement lancé en février par les Nations unies, l’Asean (Association des nations du Sud-Est asiatique) et par le gouvernement birman.

Pour ce qui est des enfants, devenus pour certains orphelins ou vivants avec les rescapés de leurs familles dans des abris de fortune, l’Onu évalue à plus de 2.400 instituteurs qui ont été formés depuis le passage du cyclone à donner un soutien psychologique, ce qui est loin d’être suffisant.

Médecins sans frontières (MSF), qui a dispensé des conseils à 56.000 survivants de Nargis, explique qu’il faut du temps pour gagner la confiance des habitants et les aider à comprendre pourquoi la catastrophe s’est produite.

Les bouddhistes croient au karma“, analyse une psychologue de MSF, Sylvia Wamser. “Il était important de leur montrer qu’il existe une autre explication, une météorologique, une scientifique“, souligne-t-elle.


avr 25 2009

Avant première : Burma VL - Reporting from a closed country de Anders Ostergaard

La première de « Burma VJ » à Bruxelles se déroule en parallèle avec la soirée d’ouverture de One World, le festival des droits de l’homme de Bruxelles, organisé en tant qu’événement officiel accompagnant la Présidence tchèque du conseil de l’Union européenne.

La séance sera suivie d’un débat avec le réalisateur Anders Ostergaard et les leaders de Democratic Voice of Burma. Le 27 avril, journée de l’avant-première, est également la journée européenne de la Birmanie et les organisateurs du festival espèrent que ce documentaire exceptionnel sensibilisera davantage les populations sur la tragédie du peuple birman.

En 1988, Joshua, jeune enfant, est témoin de l’intervention brutale de la junte militaire birmane contre les manifestants, causant la mort de plus de 3000 personnes. Il décide désormais de se battre pour la démocratie. Armé d’une petite caméra, d’un téléphone portable, et accompagné de trois douzaines d’autres braves birmans de l’organisation Democratic Voice of Burma, il décide en 2007 de produire un documentaire sur les manifestations antigouvernementales et leur brutale suppression ultérieure. Les séquences des évènements dramatiques enregistrées dans les caméras de ces reporters firent les gros titres des bulletins d’information de tous les médias importants internationaux qui pendant quelque temps, furent le seul moyen de faire découvrir au monde la situation réelle de la Birmanie. Ce documentaire, remarquablement compilé, offre un récit approfondi et extrêmement authentique des évènements du temps où les birmans surmontèrent, pour la première fois en 19 ans, leur peur profondément ancrée de la répression gouvernementale et descendirent en masse dans les rues de Rangoun afin de soutenir les moines Bouddhistes. Grâce à l’utilisation des preuves solides fournies par le travail de Joshua et de ces collègues (pour lesquelles ils risquèrent leur vie), ce film illustre l’importance incontestable des médias indépendants dans la lutte contre le pouvoir totalitaire.
Le film a reçu le Grand Prix „Joris Ivens Award“ au dernier Festival du Film Documentaire d’Amsterdam (IDFA), le „World Cinema Documentary Editing Award“ au Sundance Film Festival ainsi que le „CPH:DOX Award“ au CPH:DOX festival Denmark

En coopération avec : La Représentation permanente de la République tchèque auprès de l’Union européenne, le Festival des Libertés et Amnesty International.

Sous les auspices de Václav Havel et du ministre des Affaires étrangères de la République tchèque, Karel Schwarzenberg.


Filmographie du réalisateur :
Johannesburg Revisited (1996), The Magus (1999), Malaria! (2001), Tintin et moi (2003), The Vanguard of Diplomacy (2004), Gasolin’ (2005), How short and strange life is (2008))

source : bozar

Pour ceux qui seraient dans le coin : lundi 27 avril à 20h00 palais des Beaux Arts - salle M


fév 6 2009

Birmanie :

l’ONU appelle au dialogue

AFP  06/02/2009   source : le figaro.fr

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, appelle la junte militaire au pouvoir en Birmanie et l’opposition à reprendre sans délai et sans conditions des négociations politiques substantielles, a déclaré jeudi sa porte-parole, Michèle Montas.

M. Ban a lancé cet appel après s’être entretenu à New Delhi avec son émissaire spécial pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, qui vient d’effectuer une visite de quatre jours dans ce pays, a indiqué Mme Montas, lors d’un point de presse.

Le chef de l’ONU se trouvait dans la capitale indienne à la fin d’un voyage de deux semaines en Europe, en Afrique et en Asie.

La porte-parole a ajouté que M. Ban souhaitait s’appuyer sur cette visite de M. Gambari pour “continuer à encourager un dialogue national et la réconciliation” en Birmanie.

Il “appelle le gouvernement et l’opposition à reprendre un dialogue substantiel sans préconditions et sans nouveau retard”, a-t-elle dit.

“Le Châtiment des rois”,

de Thierry Falise :

le cyclone oublié

LE MONDE DES LIVRES | 05.02.09

Article paru dans l’édition du 06.02.09.

Thierry Falise est journaliste, et il est le premier à livrer un décryptage complet de la catastrophe humanitaire qui a touché la Birmanie, au mois de mai 2008, après le passage du typhon Nargis. Un drame qui a causé, selon le bilan officiel, plus de 138 000 morts et disparus.

Basé à Bangkok, Thierry Falise couvre la Birmanie depuis plus de vingt ans et il s’y rend régulièrement, malgré l’interdiction de la presse occidentale. Son expérience lui a permis de rencontrer de nombreux rescapés, de passer du temps dans le delta de l’Irrawaddy, la zone la plus sinistrée, et de présenter aujourd’hui un travail documenté et nuancé.

Pour ce récit, Le Châtiment des rois, il prend le parti de la reconstitution chronologique. Du 2 mai, jour où le typhon a été annoncé sans que la junte n’en informe la population, jusqu’à aujourd’hui et “l’oubli”, selon lui, de l’opinion internationale. Il détaille les joutes diplomatiques entre l’armée birmane et les Nations unies, les rumeurs aussi, qui ont germé depuis ce drame à huis clos. Et il en tire un constat : si les Birmans sinistrés n’ont pas été anéantis par la catastrophe comme l’avaient annoncé certains humanitaires, ils ont au moins perdu “dix ans de développement”.


LE CHÂTIMENT DES ROIS de Thierry Falise. Editions Florent Massot, 250 p., 17,90 €.

Signalons aussi un ouvrage indispensable, résultat du travail d’immersion clandestin de plusieurs chercheurs : Birmanie contemporaine, sous la direction de Gabriel Defert, Les Indes savantes, 474 p., 33 €.

Marie Walvein

“Une odyssée birmane”,

de Pascal Khoo Thwe :

la Birmanie vue de l’intérieur

LE MONDE DES LIVRES | 05.02.09

Le témoignage de Pascal Khoo Thwe est rare et c’est à James Joyce qu’on le doit. A la passion que ce Birman originaire d’une tribu de femmes-girafes a nourrie, voilà vingt ans, pour l’écrivain irlandais. A la curiosité que cela a suscitée, par hasard, de la part d’un professeur de Cambridge, un soir, dans une gargote moite de Birmanie. L’histoire est vraie et elle mérite son titre : “Odyssée birmane”.

C’était au mois de février, en 1988, à Mandalay, dans les hautes terres chaudes du pays. Le professeur de Cambridge attablé s’appelait John Casey. Celui qui le servait, Pascal Khoo Thwe. Il avait 21 ans. Il était étudiant en lettres anglaises. Et c’était presque une incongruité, en ces années de socialisme autoritaire, sous l’égide du général Ne Win, au pouvoir depuis 1962, après un coup d’Etat. Le professeur laissa ses coordonnées. L’histoire et la chance firent le reste.

C’était seulement quelques mois avant la répression des manifestations étudiantes d’août 1988, l’une des plus sanglantes que la Birmanie ait connues. Quelques mois seulement avant que Pascal Khoo Thwe, jeune Birman sans histoires, se découvre une “conscience révolutionnaire”. Jusqu’alors, “la pensée autonome (lui) paraissait un péché”. Les mots “boycott”, “grève” ont été “comme apprendre une nouvelle langue”. Très vite, comme de nombreux autres étudiants birmans, ses prises de position le contraignent à la fuite. Obligé à la marche à travers la jungle, en tongs, l’armée aux trousses. Forcé au combat armé, à la frontière birmano-thaïe, où il trouve refuge aux côtés de l’ethnie Karenni, l’une des nombreuses minorités birmanes qui, encore aujourd’hui, refusent la tutelle de la junte au pouvoir. Continue reading


fév 4 2009

L’envoyé spécial de l’ONU

rencontre le PM birman

Source : Xinhua

L’envoyé spécial des Nations  Unies Ibrahim Gambari s’est entretenu avec le Premier ministre  birman le général Thein Sein mardi après-midi, au quatrième jour  de sa visite à Rangoon, selon une source diplomatique.

Avant ses entretiens avec M. Thein Sein, le conseiller spécial  du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon sur le dossier birman a également rencontré, pour la deuxième fois, l’équipe des  porte-paroles officiels du gouvernement conduite par le ministre  de l’Information Kyaw Hsan, a souligné la source sans donner de  détails.

M. Gambari devrait terminer sa visite de quatre jours à Rangoon mardi soir.

Au cours de sa mission au Myanmar, M. Gambari a également  rencontré quatre autres ministres - le ministre des Affaires  étrangères U Nyan Win, le ministre de Liaison U Aung Kyi, le  ministre du Plan national et du Développement économique U Soe Tha et le ministre de l’Agriculture et de l’Irrigation Htay Oo -,  ainsi que la secrétaire générale de la Ligue nationale pour la  démocratie (NLD) Aung San Suu Kyi, qui est assignée à résidence  depuis l’incident sanglant du 30 mai 2003.

Aung San Suu Kyi avait refusé de rencontrer M. Gambari au cours du voyage de ce dernier en août 2008 après le passage du cyclone  Nargis en mai et la tenue d’un référendum constitutionnel dans le  pays.

Parmi les autres chefs de partis politiques que M. Gambari a  rencontrés figurent U Aung Shwe, président de NLD, U Khin Maung  Kyi, sous-secrétaire général du Parti d’union nationale (NUP) et U Sai Saw Aung, secrétaire de la Ligue des nationalités Shan pour la démocratie (SNLD).

M. Gambari est arrivé samedi matin à Rangoon, dans le cadre de sa 7e mission, pour promouvoir la réconciliation nationale et le  processus démocratique au Myanmar.


Les boat people rohingyas

continuent d’affluer

en Indonésie et en Thaïlande

Source : Le Monde

Malgré le refus de la Thaïlande et de l’Indonésie de les accepter, les Rohingyas, groupe ethnique musulman persécuté en Birmanie, continuent de fuir par la mer via le Bangladesh au péril de leur vie. Mardi 3 février, la marine indonésienne a annoncé avoir recueilli 198 hommes dans un état d’extrême faiblesse au large d’Aceh, à la pointe nord de l’île de Sumatra.

A court d’eau et de vivres, debout sur une barque de 12 mètres de long, les rescapés ont déclaré errer en mer depuis trois semaines et avoir perdu 22 de leurs compagnons d’exil. Ils ont été hospitalisés à Aceh. Comme d’autres boat people rohingyas repêchés ces dernières semaines au large de la Thaïlande où des îles Andaman, ils ont affirmé avoir été battus par des militaires thaïlandais ; plusieurs d’entre eux portaient des traces de coups. C’est la deuxième vague de boat people rohingyas recueillie en Indonésie : 193 autres hommes, arrivés le 7 janvier, sont sous le coup d’une décision d’expulsion. Continue reading