nov 8 2015

Législatives historiques en Birmanie : les bureaux de vote ont ouvert

Source : Le Monde

A la sortie d’un bureau de vote, le 8 novembre à Rangoun. | Soe Zeya Tun / REUTERS

Les bureaux de vote ont ouvert, dimanche 8 novembre à 6 heures locales en Birmanie (0 h 30 à Paris) pour des législatives historiques, en mesure de propulser au pouvoir le parti de l’opposante Aung San Suu Kyi. C’est la deuxième fois de sa vie que l’ex-dissidente de 70 ans vote dans son pays, depuis les élections partielles de 2012, qui avaient permis à sa Ligue nationale pour la démocratie de faire une entrée fracassante au parlement.

Ce scrutin doit permettre de mesurer le succès de la transition démocratique amorcée il y a quatre ans, avec l’auto-dissolution d’une junte ayant régné depuis 1962. Il s’agit des premières élections jugées libres dans le pays depuis celles de 1990, lors desquelles la junte s’était laissée surprendre et avait laissé la LND concourir et gagner. Les résultats n’avaient pas été reconnus. Quelque 30 millions de Birmans sont appelés aux urnes, la plupart n’ayant jamais voté de leur vie.


fév 25 2013

Un oeil sur la planète. La Birmanie : la promesse de l’aube?

source : lenouvelsobs

A ne pas manquer !!!!!!!

Ce soir, à 23 h, sur France 2

Au lendemain des répressions sanglantes de 2007, des sanctions économiques avaient été prises par la communauté internationale à l’encontre du régime de Rangoon. Elles ont finalement porté leurs fruits puisqu’un gouvernement civil, le premier depuis soixante ans, a succédé à la junte.

Celui que l’on présente aujourd’hui comme le « Gorbatchev birman » est pourtant un militaire qui s’est illustré en réprimant impitoyablement la « révolution safran » lors d’un mandat antérieur de Premier ministre. Contre toute attente, le président Thein Sein a néanmoins multiplié les mesures d’ouverture : libération de 300 prisonniers politiques, levée (partielle) de la censure, mise en oeuvre de réformes économiques. Ces avancées signifient-elles que le gouvernement s’est converti à la démocratie ? Certains en doutent. Mais le pays était surendetté et, pour que les investisseurs reviennent, il fallait leur donner des gages.

Toujours est-il que les multinationales, qui attendaient avec impatience que la Birmanie redevienne fréquentable, se bousculent pour s’implanter dans ce pays idéalement situé entre l’Inde et la Chine, riche en ressources naturelles (bois, minerais, pierres précieuses, gaz, pétrole, etc.), dont la population de 55 millions d’habitants se partage les miettes laissées par l’oligarchie.

La mondialisation a horreur du vide, et la Birmanie représente un nouvel espace à remplir avec tous les biens de consommation disponibles. A Rangoon, les centres commerciaux se multiplient, les téléphones portables s’arrachent (ils étaient, jusqu’à l’automne 2010, interdits), le nombre de véhicules a triplé en un an, buildings et immeubles résidentiels poussent comme des champignons (les premiers acquéreurs sont souvent des personnes affiliées à la junte). Les cabinets d’architectes internationaux délaissent la Chine et le Vietnam pour lorgner du côté de l’Irrawaddy. Pour signer de gros contrats, il ne faut pas prendre la route de Mandalay, comme dans le poème de Kipling, mais celle de Naypyidaw, et faire antichambre pour rencontrer un responsable. Les marchés d’Etat sont négociés dans le décor choisi par l’ex-homme fort de la junte, le généralissime Than Shwee, et l’on assure que l’emplacement de cette capitale orwellienne, où des milliers de fonctionnaires ont été parachutés du jour au lendemain, a été déterminé par les astrologues.

Les Birmans sont en effet un des peuples les plus superstitieux au monde. Dans les années 1970, un dictateur a fait imprimer des billets dont la valeur devait obligatoirement être un multiple de neuf, son chiffre porte-bonheur, ce qui ne simplifiait pas les échanges commerciaux. Un autre a changé le sens de la circulation pour contrer la menace communiste (les communistes étant de gauche, les astrologues préconisèrent la conduite à droite). A Rangoon, des centaines de cabinets d’astrologues prédisent votre avenir professionnel ou personnel. La star incontestée du genre, dont l’ oeil de verre en impose, intervient quotidiennement sur les ondes et annonce à qui veut l’entendre qu’Aung San Suu Kyi sera élue présidente en juillet 2014 et que les rêves de démocratie des Birmans deviendront alors réalité. Pour l’heure, le président Thein Sein a passé un accord avec la célèbre opposante, désormais parlementaire, afin de pouvoir réformer dans un climat de paix sociale. Mais l’instabilité politique reste grande.

Au nord du pays, les chrétiens kachins, considérés par la majorité bouddhiste comme des citoyens de seconde classe, ont repris le combat contre l’armée birmane. Malgré les demandes répétées des Nations unies, aucun convoi humanitaire n’a accès à cette région isolée proche de la frontière chinoise, qui suscite la convoitise à cause de ses mines de jade et d’or, son bois précieux et ses ressources hydroélectriques. Les colons britanniques avaient baptisé cette région « l’enfer vert ». Des soldats s’y battent pendant qu’à Rangoon, punks et rappeurs déferlent sur scène et qu’une marée de journaux, dont un certain nombre appartient aux enfants de la nomenklatura, envahit les kiosques. Quant aux vendeurs de rue, pour eux rien n’a changé. Ils étaient pauvres, et ils le restent. La moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour, et le transfert de pans entiers de l’économie aux mains d’investisseurs privés affiliés aux généraux n’est pas sans rappeler le dépeçage post-soviétique.

Parler de « printemps birman » semble prématuré. Il y a, certes, une effervescence dans l’air, mais l’impression laissée par ces six reportages d’honnête facture est qu’elle se limite à l’ancienne capitale, Rangoon. Le reste du pays continue de ressembler à la Birmanie gracieuse et somnolente que décrivait Somerset Maugham dans les années 1920. Un pays sur lequel l’ombre des prédateurs galonnés plane avec insistance.

Eric de Saint Angel


mai 8 2010

“Même dissous, le parti d’Aung San Suu Kyi reste très influent”

source : lexpress.fr - Par Jérémie Lanche

Devant l'ambassade de Birmanie à bangkok en août 2009.

REUTERS

Devant l’ambassade de Birmanie à bangkok en août 2009.

Le parti du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi vient d’être dissous par la junte birmane. Quels sont les nouveaux rapports de force qui animent le pays? Isabelle Dupuis, du site Info-Birmanie a répondu aux questions de LEXPRESS.

La junte birmane au pouvoir depuis 1988 a annoncé aujourd’hui, la dissolution de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), sous prétexte qu’elle refuse de participer aux élections législatives prévues à la fin de l’année. Le parti du prix Nobel de la paix 1991, Aung San Suu Kyi, assignée à résidence depuis 2003, est la figure de proue de l’opposition birmane, vingt ans après son succès aux élections. Les généraux ont promulgué en mars, les nouvelles lois électorales qui achevaient d’annuler le scrutin de 1990.

Comment interpréter ce nouveau revers pour l’opposition birmane, plus de deux ans après le soulèvement des moines bouddhistes, et la répression sanglante du régime militaire qui a suivie? Réponses avec Isabelle Dubuis, coordinatrice de l’association Info-Birmanie qui milite pour le respect des droits de l’homme dans le pays.

L’annonce de la dissolution de la LND est-elle une surprise ?

Non, pas vraiment. La LND s’était prononcée fin mars déjà, sur sa non-participation au scrutin. Les partis disposaient de deux mois pour s’enregistrer, délai au-delà duquel ils seraient considérés comme illégaux, et donc passibles d’interdiction. C’était une décision difficile, et il faut saluer cette position courageuse.

La LND a décidé de s’opposer à ce scrutin pour ne pas cautionner un processus politique fantoche, alors que les militaires n’ont fait aucune concession. Il y a toujours plus de 2100 prisonniers politiques, et les généraux ont refusé tout dialogue avec les forces pro-démocratiques, ainsi qu’avec les minorités ethniques. L’attitude de la LND a aussi permis à la communauté internationale de s’intéresser aux lois électorales, et d’admettre que le scrutin n’a aucune transparence.

La LND était déjà frappée par un “arsenal législatif” mis en place par la junte pour barrer la route à Suu Kyi (défense pour les Birmans mariés à un étranger de se présenter aux élections, interdiction aux personnes purgeant une peine de prison d’appartenir à un parti politique…). Sa dissolution modifie-t-elle radicalement sa situation?

Pas vraiment. Il ne faut pas avoir le sentiment que la LND pouvait travailler librement dans le pays jusqu’à hier soir. Il y a eu une répression terrible qui s’est abattue sur elle depuis vingt ans, et de nombreux leaders politiques sont aujourd’hui en prison. Aucun bureau local ou régional n’est autorisé, et seul le bureau de Rangoon [la capitale économique], est ouvert. Il ne faut donc pas avoir le sentiment qu’il y aura un changement majeur pour les cadres du parti ou pour la population. Même dissoute, la LND restera une force politique très influente.

En tant que soutien de l’opposition birmane, supportez-vous la décision d’anciens cadres du LND de former un nouveau parti politique?

C’est une question difficile. Il y a beaucoup d’incertitudes sur ce nouveau parti démocrate, et aucune indication ne permet de dire si la commission électorale l’autorisera à participer au scrutin. Si ces personnes se revendiquent trop de la LND, elles seront censurées. Mais participer aux élections, en espérant un changement politique au vu des lois promulguées, c’est tout simplement illusoire, voire utopique.

Nous soutenons l’organisation d’élections -nous l’attendons depuis vingt ans- mais pas celles qui sont prévues par la junte. En l’absence de partis d’opposition, la junte a déjà gagné, et la population ne sait pas pour qui voter. Mais il est trop tôt pour se prononcer sur ce nouveau parti, qui n’est pas encore enregistré, ni sûr d’être accepté par le pouvoir.

La junte au pouvoir souffle le chaud et le froid sur l’opposition. Il y a eu la libération le 13 février du vice-président de la LND, Tin Oo, arrêté en 2003, et l’arrestation une semaine plus tard de quatre opposants birmans, pendant la visite du rapporteur de l’ONU sur les droits de l’homme. Les généraux se sentent-ils menacés avant ces élections?

Ils ont mis en place un dispositif légal pour s’assurer de leur pouvoir. Des opposants nous disent: “Ces élections c’est comme un match de foot, sauf qu’il n’y aurait qu’une seule équipe sur le terrain”. Et même si les généraux sont un peu patauds, ils arriveront à marquer des buts puisqu’il n’y a personne dans les cages.

Il y a eu beaucoup de changement ces dernières semaines, avec la démission [de ses fonctions militaires] du Premier ministre, Thein Sein, pour pouvoir se présenter aux élections. Mais il s’agit d’une façade civile, où la dictature militaire troque le kaki pour enfiler un costume. Les généraux ont suffisamment verrouillé ces élections pour s’assurer de leur total contrôle sur le processus politique. La modification de la Constitution [soumise à un référendum adopté avec un score de 92.4%] leur accorde l’impunité pour les crimes commis pendant l’exercice de leurs fonctions.

Comment jugez-vous l’attitude de la communauté internationale sur le dossier birman? Faut-il faire confiance à la junte lorsqu’elle envisage d’organiser les premières élections législatives depuis 1990?

Ce processus politique a été initié suite aux pressions internationales. Le lancement de la « feuille de route vers une démocratie disciplinée », en 2003, a été lancé l’année où Aung San Suu Kyi a échappé à une tentative d’assassinat, et était de nouveau placée en résidence surveillée. Les voisins de la Birmanie, y compris la Chine, ont d’ailleurs poussé les généraux à normaliser une situation politique de plus en plus insoutenable.

Il y a une volonté de la part des généraux de contenter la communauté internationale, et de se faire oublier de l’ONU. Mais le problème reste le manque de clarté des réactions diplomatiques, et l’absence de réponses fermes et concertées, notamment de la part de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), dont la Birmanie est membre.

Les 27 Etats membres de l’Union européenne ont adopté une position commune, et lors d’un vote au Parlement européen fin avril, ils ont prolongé d’un an les sanctions imposées à la Birmanie. Malgré cela, l’Union n’a pas initié de pressions tangibles et concrètes sur la junte, pas plus que l’ONU qui est paralysée, et l’ASEAN qui se retranche derrière le principe de non-ingérence dans les affaires internes de ses membres.


mai 24 2009

Calme et tranquille

Etre calme et tranquille à l’image d’Aung San Suu Kyi.

Etre calme et tranquille ;  dans l’attente de ce lundi où reprendra cette mascarade de procès dont l’issue, j’en ai bien peur, est plus que certaine. La partition est déjà écrite, nous le savons tous.

A group of Ms Suu Kyi's supporters outside the jail

Etre calme et tranquille et attendre comme les membres du parti de la LND rassemblés devant la prison d’Insein, autour de U Win Tin, journaliste birman et membre fondateur de la Ligue Nationale pour la démocratie, libéré l’année dernière après 19 ans de détention. Il est aujourd’hui l’objet de menaces et refuse malgré cela, l’idée d’avoir des gardes du corps.

Etre calme et tranquille en pensant à ce Yettaw ! Difficile de le rester ! Mais qui c’est ce mec ? Impossible de penser qu’il puisse être un partisan  d’Aung San Suu Kyi. Pas après avoir fourni à la junte LE pretexte ! Illuminé manipulé par la junte… on ne sait toujours pas bien qui il est, rien n’est clair. L’avocat d’Aung San Suu Kyi l’a qualifié d’imbécile, c’est à mon goût bien trop gentil…

Etre calme et tranquille, et écrire ce petit mot, pas même extraordinaire,sans scoop ni rien, mais c’est le moins que je puisse faire pour Aung San Suu Kyi, simplement être là.

calme et tranquille

Aung San Suu Kyi, je pense à toi

source photos : AFP


mai 21 2009

Huis clos pour le procès de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi

source : le monde
photos : Reuters TV/MRTV)


Aung San Suu Kyi, le 20 mai 2009.

Reuters/REUTERS TV

Aung San Suu Kyi , privée de liberté pendant treize des dix-neuf dernières années, est jugée dans des locaux de la prison d’Insein, au nord de Rangoun, la capitale.

La levée par le régime militaire birman du huis clos au procès de l’opposante et lauréate, en 1991, du Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, a fait long feu. Les généraux birmans ont indiqué, mercredi 20 mai, que l’accès aux audiences serait, dès jeudi, de nouveau interdit à tout public.

Mercredi, sous la pression internationale, la junte birmane, dirigée par le généralissime Than Shwe, avait ouvert les portes du procès à trente diplomates et à dix journalistes.

Mme Suu Kyi, privée de liberté pendant treize des dix-neuf dernières années, est jugée dans des locaux de la prison d’Insein, au nord de Rangoun, la capitale. Elle aurait, selon le régime, enfreint les règles de son assignation à résidence en hébergeant, début mai, un Américain, John Yettaw, un mormon à la santé mentale fragile, à en croire les organisations non gouvernementales. Celui-ci avait gagné à la nage la demeure de l’opposante, située en bordure d’un lac.

L’opposante risque cinq ans de prison en cas de condamnation, ce qui l’exclurait du paysage politique lors des élections que la junte entend organiser en 2010. Sa période d’assignation à résidence expirait le 27 mai.

Décrite par ses visiteurs comme “souriante et en bonne forme”, vêtue d’une tenue traditionnelle rose et rouge, elle a remercié les diplomates pour “leur soutien”. “Je ne peux vous rencontrer un par un, mais j’espère tous vous rencontrer dans des jours meilleurs”, a-t-elle déclaré.


Selon l’un des diplomates occidentaux présents à l’audience, mercredi, aucun interprète n’a été autorisé à les accompagner dans la salle de la prison aménagée pour le procès. Après avoir transmis à l’intéressée l’expression du soutien de la communauté internationale, ils ont pu assister à l’audition d’un témoin de l’accusation, un officier de police qui avait perquisitionné les affaires de M. Yettaw.

Mme Suu Kyi a par ailleurs pu s’entretenir avec des représentants thaïlandais, singapouriens et russes. La Thaïlande préside actuellement l’Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean), dont fait partie la Birmanie. La Russie assure la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’Asean avait jusqu’ici respecté une doctrine de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats membres. Elle disait vouloir traiter la junte birmane par la voie de “l’engagement constructif” et privilégier le dialogue plutôt que les sanctions.

Cette fois-ci, l’Asean semble avoir infléchi cette position. Dans un communiqué publié mardi l’organisation sud-asiatique avait indiqué “sa grave préoccupation” sur le sort réservé à Mme Suu Kyi et sur “sa santé fragile”.

Le même jour, l’Asean rappelait que “les yeux de la communauté internationale étant rivés en ce moment sur la Birmanie l’honneur et la crédibilité du gouvernement (birman) sont en jeu”. Selon un diplomate occidental à Rangoun, seule cette pression aurait convaincu le régime birman de lever, l’espace d’une journée, le huis clos du procès.

Pour autant, le chef du gouvernement thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, a exclu, mercredi, que l’Asean se joigne aux Etats-Unis et à l’Union européenne pour imposer des sanctions contre la Birmanie.

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton a jugé, mercredi, “scandaleux” le procès intenté à l’opposante birmane et assuré que les Etats-Unis tentaient de convaincre, notamment, l’Inde et la Chine “de faire pression” sur la junte de Rangoun pour “libérer” Aung San Suu Kyi.

Pour leur part, les Européens s’étaient réunis, lundi, à Bruxelles pour réfléchir à de nouvelles sanctions économiques après celles décidées en 1996 et 2007 contre la Birmanie. Ils étaient apparus hésitants et avaient préféré, dans un premier temps, recourir à leur tour à l’intervention de la Chine et l’Inde pour faire pression sur la junte.

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a indiqué, mercredi, que l’Union européenne, d’une part, et la France, d’autre part, n’avaient pas abandonné l’idée de sanctionner la Birmanie. “Le seul moyen de pression économique sérieux ce serait évidemment le groupe français Total (pétrolier et gazier), car pour le reste, il n’y a pas de commerce entre l’Europe et ce pays”, a précisé M. Kouchner.

Il a ajouté qu’une “attitude ferme sur Total”, qui sera, selon lui, discutée dans les prochains jours “au sommet de l’Etat”, voulait dire “qu’on coupe le gaz à une grande partie de la population birmane et aussi à la ville de Bangkok parce que ce gaz va en Thaïlande”.

Jacques Follorou et Elise Vincent


mai 18 2009

Aung San Suu Kyi jugée à Rangoun, les Occidentaux menacent

source : lemonde.fr - photos : AFP

par Aung Hla Tun

RANGOUN (Reuters) - Le procès d’Aung San Suu Kyi a débuté à Rangoun, où l’opposante birmane est jugée pour violation de son assignation à résidence et risque cinq ans de prison, perspective qui a suscité de nouvelles menaces de sanctions internationales contre la junte au pouvoir.

Le régime militaire a fait la sourde oreille aux appels de la communauté internationale qui voit dans ce procès un nouveau moyen de garder Suu Kyi, 63 ans, en détention alors que son assignation à résidence devait prendre fin le 27 mai.

Devant la prison d’Insein, ce matin. (AFP)

Le tribunal a entendu le policier qui a déposé plainte contre elle, ainsi que deux compagnes de Suu Kyi, a déclaré un responsable de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), formation dirigée par la lauréate du prix Nobel de la paix 1991 .

L’opposante, qui a passé 13 des 19 dernières années en détention et a récemment été soignée pour hypotension et déshydratation, ne s’est pas adressée à la cour. Le procès a été suspendu jusqu’à mardi matin, a ajouté ce même responsable.

“Elle paraissait en bonne forme. Elle a dit qu’elle se sentait bien”, a déclaré Nyan Win, avocat de Suu Kyi et porte-parole de la LND .

Il a ajouté que sa cliente entendait pour le moment garder le silence et que le procès, sur l’issue duquel il s’est dit optimiste, pourrait durer trois mois. “Nous allons sûrement gagner”, a-t-il souligné.

Les autorités ont cité 22 témoins contre Suu Kyi, à qui il est reproché d’avoir enfreint les règles de son assignation à résidence, en ayant laissé un Américain, John Yettaw, entrer dans son domicile.

Cet homme de 53 ans, dont les motivations demeurent floues, est inculpé de charges multiples après s’être introduit chez Suu Kyi. Il avait déjà essayé de la voir le 30 novembre dernier.

MENACES DE SANCTIONS

Les mesures de sécurité avaient été renforcées autour de la prison centrale d’Insein, dans la capitale birmane, où Aung San Suu Kyi était détenue dans l’attente du procès et où elle est jugée.

Un partisan de la LND au moins a été arrêté en marge d’un rassemblement qui a réuni environ 200 personnes devant le centre de détention, sous la surveillance des policiers et d’une milice fidèle à la junte. Des officiers en civil ont photographié les manifestants.

La police avait auparavant érigé des barricades de fils barbelés devant la prison des barrages dans les rues alentour, où les commerces ont en outre été fermés.

La LND avait appelé à manifester silencieusement et une vingtaine de rassemblements étaient prévus lundi devant une vingtaine d’ambassades dans le monde entier.

Les avocats d’Aung San Suu Kyi la disent innocente. Ils soulignent qu’elle n’avait pas invité Yettaw à se rendre chez elle et que celui-ci a agi de son propre chef.

Les Occidentaux ont dénoncé ce procès, estimant à l’image du Premier ministre britannique, Gordon Brown, que la junte birmane cherchait “n’importe quel prétexte” pour prolonger sa détention.

Les opposants à la junte birmane accusent les généraux de vouloir empêcher Suu Kyi de conduire son parti aux élections générales prévues en 2010 et perçues par les Occidentaux comme une issue possible à quarante années de dictature militaire.

Les généraux gardent à l’esprit l’écrasante victoire de la LND en 1990 dans le sillage de sa chef de file, même s’ils avaient rejeté les résultats du scrutin et conservé le pouvoir.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s’est fait l’écho de ces préoccupations en s’élevant contre “un prétexte et une provocation (…) pour qu’elle ne participe pas aux élections futures”.

A Bruxelles, le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère, Javier Solana, a déclaré que les Vingt-Sept devraient envisager de nouvelles sanctions contre le régime militaire de Rangoun, après le renouvellement en avril dernier.

“Ce n’est pas le moment pour adoucir les sanctions, c’est le moment pour les augmenter”, a-t-il dit.

Le président américain Barack Obama a pour sa part renouvelé vendredi les mesures prises contre la junte, estimant que les actes et politiques du régime militaire - dont la détention de plus de 2.000 prisonniers politiques - constituaient une menace pour les intérêts américains.

Avec David Brunnstorm à Bruxelles, version française Pierre Sérisier et Grégory Blachier


mai 17 2009

Le médecin d’Aung San Suu Kyi remis en liberté et demain lundi…

Aung San Suu Kyi clamera son innocence à son procès

La dirigeante de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi clamera son innocence à son procès prévu lundi en prison, où elle sera jugée pour avoir laissé un étranger séjourner chez elle en violation des restrictions de son assignation à résidence, a indiqué dimanche son parti.

La Nobel de la paix a rencontré son avocat Kyi Win samedi dans le complexe de la prison d’Insein, au nord de Rangoun, où elle a été transférée jeudi dernier et inculpée en liaison avec l’intrusion bizarre d’un mormon américain, John Yettaw, dans la demeure où elle était maintenue en quasi-isolement depuis 2003.

Mme Suu Kyi, âgée de 63 ans, qui a été privée de liberté pendant la majeure partie des 19 dernières années, est passible de cinq ans de prison si elle est condamnée pour l’affaire Yettaw, ce qui l’excluerait du paysage politique pendant les élections controversées que la junte entend organiser en 2010. La période d’assignation à résidence de l’opposante expirait théoriquement le 27 mai.

Un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principale formation d’opposition au régime militaire, a déclaré dimanche que Kyi Win et Aung San Suu Kyi avaient discuté “des accusations” portées contre elle et que la dirigeante avait “souligné qu’elle n’avait commis aucun crime et qu’elle était prête à en parler devant la Cour”.

“Elle lui a demandé de dire aux amis et collègues qu’elle était en bonne santé”, a précisé à l’AFP ce porte-parole, Nyan Win.

Aung Thein, autre avocat de la LND qui s’était porté volontaire pour défendre Mme Suu Kyi, a déclaré samedi avoir reçu une lettre des autorités le suspendant du barreau pendant quatre mois pour avoir prononcé des propos jugés insultants à l’encontre de la justice.

En revanche, le docteur Tin Myo Win, médecin personnel de Mme Suu Kyi, a été remis en liberté samedi soir, a annoncé dimanche sa famille.

Tin Myo Win avait été arrêté le 7 mai, le jour où les autorités avaient révélé l’affaire Yettaw et où de vives inquiétudes avaient été exprimées quant à l’état de santé de la figure de proue de l’opposition, placée à deux reprises sous perfusion les 8 et 11 mai par une assistante médicale après avoir souffert d’hypotension et de déshydratation.

Les Etats-Unis avaient exigé que Mme Suu Kyi puisse voir son médecin personnel et la France avait tenu les autorités birmanes pour responsables des conditions de détention de l’opposante et de toute nouvelle dégradation de sa santé.

Pendant le week-end, une organisation de dissidents birmans basée aux Etats-Unis, US Campaign for Burma, a déclaré s’être procuré le rapport de police sur l’affaire Yettaw.

Ce document fait état de deux visites de l’Américain, ancien de la guerre du Vietnam et adepte de l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours: la première le 30 novembre 2008 lorsqu’il aurait laissé à Mme Suu Kyi le Livre de Mormon, la seconde entre les 3 et 5 mai derniers au cours de laquelle l’opposante est accusée de lui avoir offert de la nourriture et de l’avoir laissé séjourner chez elle avec la complicité de ses deux employées de maison, Khin Khin Win et Win Ma Ma.

Outre Mme Suu Kyi, ses deux dames de compagnie et John Yettaw doivent être jugés lundi.

Depuis la semaine dernière, la Birmanie, pays gouverné par des généraux depuis 1962, est sous forte pression occidentale pour libérer la dirigeante de l’opposition.

Mais peu de pays asiatiques montent au créneau et, au sein de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), seuls Philippines, Indonésie, Singapour et Thaïlande ont osé s’élever contre les derniers développements.

La Birmanie est membre de l’Asean, mais le secrétariat de cette organisation n’a diffusé aucune déclaration. Chine et Inde sont également restées silencieuses.

source : AFP


mai 16 2009

La junte birmane refuse un des avocats d’Aung San Suu Kyi

La junte birmane empêche un important avocat spécialiste de la défense des prisonniers politiques d’assurer celle d’Aung San Suu Kyi, accusée par le pouvoir d’avoir violé les termes de son assignation à résidence.

L’opposante, âgée de 63 ans, risque cinq ans de prison pour avoir, selon le pouvoir birman, hébergé chez elle un Américain arrivé à la nage à travers le lac pour la voir. Son arrestation jeudi a déclenché une tempête dans la communauté internationale, qui réclame sa libération.

Malgré les critiques, la junte semble déterminée à entamer son procès lundi dans la prison d’Insein, où le Prix Nobel de la paix a été transférée avec ses deux assistants qui vivaient avec elle.

Me Aung Thein a expliqué samedi qu’il avait été exclu du barreau vendredi, après avoir posé sa candidature pour défendre la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Aung Thein a défendu des opposants politiques par le passé, et a passé quatre mois en prison pour insulte à la cour.

Suu Kyi, qui a passé 13 des 19 dernières années en détention, aurait dû être libérée le 27 mai après six années consécutives en résidence surveillée.

Lors de son audience d’inculpation, la “dame de Rangoon” était représentée par deux avocats, dont Hla Myo Myint. Mais elle avait réclamé trois autres avocats, dont Aung Thein.

Cette affaire est largement considérée comme un prétexte trouvé par la junte pour garder l’opposante sous les verrous après les élections prévues l’année prochaine.

L’étrange visiteur américain d’Aung San Suu Kyi, John Yetaw, est lui aussi arrêté et doit être jugé pour avoir tenté de franchir le cordon de sécurité entourant la résidence de l’opposante.

source : nouvelobs.com


avr 26 2009

” Le temps d’un étrange carnaval…”

C’était il y a une quinzaine de jour. La Birmanie fêtait le nouvel an bouddhiste.

Pendant 4 jours tout s’est arrêté ou presque : La dictature court toujours…

On se prend à rêver que le pouvoir purificateur de toute cette eau ait débarrassé la Birmanie des esprits malins qui la peuplent…
oh, à propos… Paix, Prospérité, Bonheur et Liberté pour les années à venir, pour le peuple Birman, toutes les autres ethnies, les prisonniers politiques et Aung San Suu Kyi.

Quand Mandalay, trois jours durant,

se fait folle ville d’eau

source : rue89    par Jean-Pierre Thibaudat

(De Mandalay, Birmanie) Dès les premiers galops du matin, à l’heure où les bonzes en robe lie de vin, partis pieds nus par les rues en quête de leur pitance quotidienne, s’en reviennent aux monastères de Mandalay et de ses faubourgs, commence un phénoménal jeu de l’arroseur arrosé.

Tasse, cuvette, bassine, bouteille en plastique, tuyau d’arrosage voire pompe à incendie, tout est bon pour arroser tous ceux qui passent. Qu’ils soient à pied, à deux sur une bicyclette, à trois sur une mobylette, ou à une trentaine debout serrés sur la plateforme d’un pick up. Que l’on soit bien sapé ou pas, riche ou pauvre, homme ou femme, vieux ou jeunes, la Birmanie -ou Myanmar- a un peuple très jeune.

On avance mouillé. A peine sec, un nouveau déluge s’abat, ce n’est pas désagréable par une chaleur qui excède les 30 degrés, c’est résolument festif. Plus on est mouillé, plus on rit, plus on fait le fou. Le sommet de la folie est atteint au pied des estrades dressées spécialement pour l’occasion par la municipalité, des hôtels, des firmes qui en profitent pour faire leur pub.

Sur l’estrade, des dizaines de tuyaux d’arrosage agrémentés d’une sono d’enfer diffusant les tubes en vogue. En bas, dans un déluge de flotte, ça danse, ça se trémousse, ça chante, ca ararose tant et plus. Il n’est pas rare que les rues deviennent des torrents en milieu de journée. Les pick up chargés de grappes humaines font la queue (embouteillages monstres sur les grandes artères de la ville) pour recevoir cette pluie à haut débit. A la tombée du jour, cela se tasse.

Le soir, c’est l’heure des concerts disco-rock sur les plus grandes estrades autour du palais de Mandalay. Le lendemain matin on remet ça. Trois jours durant. On arrose et on se fait arroser. Trois jours fous. Plus fous à Mandalay qu’ailleurs dit-on, dans cette capitale des temps anciens avec son palais des miroirs dont Amitav Ghosh a écrit une belle saga (à lire en Points Seuil).

Et la dictature dans tout ça ?

C’est d’autant plus fou qu’on a évidemment en tête l’image d’un pays tenu par une poignée de militaires qui pillent sans vergogne le pays et le tiennent sous la botte. Qu’on pense à l’image de cette frêle femme qu’est Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, assignée à résidence ; s’y superpose l’image d’une dictature privant l’opposition de tout moyen d’expression. Et puis chacun a en mémoire les manifestations de bonzes dans les rues de Yangon et la répression qui s’en est suivi.

nouvel an bouddhiste  en 2 photo jpt

Le temps d’un étrange carnaval, tout cela semble être mis entre parenthèses. Les jeunes crient leur envie de vivre, se travestissent, se griment en monstres, se décolorent les cheveux, se font un look iroquois ou punk. La bière aussi coule à flot.

Cette authentique forme carnavalesque avec son lot de renversement de valeurs et ses transgressions constitue les trois premiers jours du nouvel an bouddhiste en Birmanie (mais aussi dans d’autres pays d’Asie comme la Thaïlande) chaque année en avril.

Une fête de purification

A l’origine, cette fête de l’eau (« thimgyam ») était plus modeste : on se contentait d’asperger les individus avec un rameau d’arbre sacré (l’eugénia) trempé dans une eau bénéfique. Fête de purification bien sûr, qui liquide les mauvaises choses de l’année écoulée. La purification est tout simplement passée à la vitesse supérieure, de là à penser que les moyens mis en œuvre sont proportionnels au poids de saletés dont le pays doit être chaque année lavé…

nouvel an bouddhiste  en Birmanie  photo jpt

Le quatrième jour, on ne s’asperge plus, on va dans les pagodes -dans la paya Shwedagon à Yangon, la plus célèbre, on se croirait dans le métro aux heures de grande affluence- offrir des fleurs au bouddha, le nettoyer en le frottant avec de l’eau parfumée.

Moustaches à sec

Fête de l’eau ou pas, les Moustaches Brothers jouent chaque soir dans leur petit local. Trois frères dont deux ont connu la prison. Leur théâtre volontiers satirique attirait un public birman nombreux. Il est interdit depuis de longues années. Les autorités tolèrent que la troupe (familiale) se produise -en anglais- devant un public de touristes étrangers. Une tolérance qui les piège car ils y ont perdu leur mordant. Ils survivent vaille que vaille en faisant cela, mais cela ne rime à rien, ils sont l’ombre de ce qu’ils furent, assurément de bons acteurs. C’est un peu pathétique, c’est surtout triste.

Quand on demande à un chauffeur de taxi de nous conduire à l’adresse des Moustaches Brothers, ses yeux s’affolent, il refuse. On n’insiste pas. Ce même chauffeur au physique replet de père tranquille, quelques minutes auparavant, nous racontait que, dans sa jeunesse, lors de la fête de l’eau, il aimait s’habiller en femme un jour et le lendemain se faire un look hard rock.


mar 24 2009

La LND demande à rencontrer Suu Kyi, toujours privée de liberté

source : Angop International

Rangoun, - Le principal parti d’opposition en Birmanie a fait savoir mardi qu’il avait une nouvelle fois demandé à rencontrer sa dirigeante Aung San Suu Kyi, alors qu’un groupe de travail de l’ONU a estimé que le régime militaire violait les lois du pays en la maintenant en détention.
Dans une déclaration, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi a réaffirmé son droit à s’entretenir avec la lauréate du prix Nobel de la paix, qui a été privée de liberté pendant la majeure partie de ces 19 dernières années.
“Comme la LND est un parti politique qui opère légalement (…), il est essentiel que nous puissions définir la politique du parti, ses règles, ses objectifs et ses projets futurs”, indique le texte, ajoutant que “le moment est venu de prendre des décisions en tenant des discussions avec tous les membres du comité central exécutif”, et “le vice-président Tin Oo et la secrétaire générale Aung San Suu Kyi”.
Tin Oo et Aung San Suu Kyi sont assignés à résidence depuis 2003. La demande de rencontre a été envoyée jeudi dernier par la LND au numéro un de la junte birmane, le généralissime Than Shwe, mais aucune réponse n’a été reçue jusqu’ici, a précisé le parti d’opposition.
Selon des documents publiés lundi par un avocat basé aux Etats-Unis, un groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires, qui dépend du Conseil des droits de l’Homme, a estimé que la poursuite de la détention de Mme Suu Kyi était contraire à une loi birmane de 1975 qui ne permet une détention sans inculpation que si la personne concernée représente un risque pour la sécurité de l’Etat ou pour la paix publique.