mar 7 2009

Asie du sud-est : Les Législateurs créent un groupe de l’ANASE afin de protéger la libre expression

source : IFEX

À la suite de plaintes que l’Association des nations de l’Asie du Sud-est (ANASE), un organisme régional de développement économique, ne faisait pas assez pour protéger la liberté d’expression, des parlementaires de pays de l’ANASE se sont rassemblés pour créer un groupe qui se chargerait justement de cette question, selon ce que rapporte l’Alliance de la presse de l’Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA).

En décembre dernier est entrée en vigueur une nouvelle charte de l’ANASE, dont un principe clé consiste à créer un organisme régional ayant pour mandat de protéger et de promouvoir les droits de la personne et les libertés fondamentales.

Ni la liberté d’expression ni la liberté de la presse ne sont toutefois énoncées de manière explicite dans la charte; on n’a pas expliqué non plus comment l’organisme pourrait fonctionner dans la culture de non-ingérence et de décision par consensus qui règne au sein de l’ANASE, dit la SEAPA.

Ainsi donc le 28 février, six législateurs des pays membres de l’ANASE que sont le Cambodge, l’Indonésie, les Philippines et la Thaïlande, se sont réunis en Thaïlande à l’occasion du sommet officiel de l’ANASE, et ont annoncé la formation du Groupe législatif de l’ANASE sur les droits et la libre expression (ASEAN Legislative Caucus on Rights and Free Expression), dans le but de protéger et de promouvoir la démocratie, les droits de la personne et la libre expression au sein de la communauté de l’ANASE.

« Nous croyons que le rêve d’une véritable communauté de l’ANASE et que la formation d’un organisme de l’ANASE chargé de faire respecter les droits de la personne doivent reconnaître la libre expression, la liberté de la presse et l’accès des gens à l’information comme élément essentiel de l’exercice des droits de la personne », ont affirmé les parlementaires dans une déclaration.

Les parlementaires demandent aux législateurs de faire des principes enchâssés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies les « normes minimales » sur lesquelles va s’appuyer l’organisme de l’ANASE chargé de la défense des droits de la personne. Ils pressent en outre leurs dirigeants de préserver les droits des peuples de l’ANASE, en particulier leurs droits d’accéder à l’information et de « s’exprimer sur les questions qui touchent leur vie et de participer à la vie des sociétés ».

Les parlementaires invitent maintenant leurs collègues de la région à se joindre à leur mouvement. Mais ils pourraient se heurter à de la résistance de la part des suspects habituels. Au sommet de l’ANASE, le régime birman « a miné toute possibilité d’entente sur (la) charte, opposé son veto à la participation des défenseurs des droits de la personne et bloqué le dialogue avec la société civile », rapporte ARTICLE 19.

Selon ARTICLE 19, l’organisme chargé de la défense des droits de la personne, dont l’ébauche actuellement proposée a été coulée pendant le week-end à l’Associated Press, ne dispose pas du pouvoir d’enquêter ou de poursuivre les violateurs des droits, et s’accompagne de dispositions qui rejettent l’ingérence extérieure.