avr 9 2014

Accueil › Monde La Birmanie promet de protéger les humanitaires attaqués dans l’ouest

source : libération

La police assure la sécurité dans un village proche de Sittwe, capitale de l'Etat Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, le 1er avril 2014La police assure la sécurité dans un village proche de Sittwe, capitale de l’Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, le 1er avril 2014 (Photo Soe Than Win. AFP)

Le gouvernement birman, sous pression de la communauté internationale, a promis mercredi de protéger les groupes humanitaires récemment attaqués par des bouddhistes dans l’ouest du pays, secoué ces dernières années par des violences communautaires.

Fin mars, des bouddhistes nationalistes de la minorité rakhine avaient attaqué les locaux d’ONG étrangères et de l’ONU à Sittwe, capitale de l’Etat Rakhine, les accusant de favoriser les musulmans de la minorité apatride des Rohingyas.

Ces émeutes ont forcé plus de 170 humanitaires à quitter l’Etat Rakhine où des milliers de personnes font désormais face à une pénurie d’eau et de nourriture. Une petite fille a également été tuée par une balle perdue lorsque les forces de l’ordre avaient tenté de disperser la foule.

Après une enquête exceptionnellement rapide, le gouvernement a reconnu dans un communiqué posté sur le site internet du président que les autorités locales avaient failli à «répondre rapidement et efficacement» aux attaques.

«Le gouvernement assurera efficacement la sécurité du personnel de l’ONU et des ONG internationales. Le personnel, les bureaux et les domiciles (…) seront protégés», a-t-il promis.

Il a également assuré que les autorités exposeraient «les meneurs et d’autres personnes impliquées dans les émeutes».

Après ces attaques, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé le président Thein Sein pour réclamer la protection des civils et des humanitaires. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont également exprimé leur inquiétude.

En 2012, l’Etat Rakhine avait été secoué par deux vagues de violences entre Rakhines et Rohingyas, qui avaient fait plus de 200 morts et 140.000 déplacés, principalement des musulmans toujours abrités dans des camps.

Médecins sans frontières (MSF), qui fournissait notamment des soins de santé primaire à des milliers d’habitants de zones isolées peuplées majoritairement de Rohingyas, a été expulsé en février de la région après une série de manifestations l’accusant de favoriser les Rohingyas.

Des experts avaient craint que cette décision ne soit vue par les nationalistes rakhines comme un soutien à leur cause.

Quelque 800.000 Rohingyas, considérés par l’ONU comme l’une des minorités les plus persécutées de la planète, vivent confinés dans l’Etat Rakhine. Nombre de Birmans les considèrent comme des immigrés illégaux du Bangladesh et manifestent une franche hostilité à leur égard.

Après les émeutes de 2012, des violences antimusulmans avaient eu lieu dans d’autres régions du pays, portant une ombre au tableau des réformes du gouvernement qui a succédé à la junte en 2011.


mar 3 2014

MSF-Hollande réautorisé à ouvrir ses centres de santé en Birmanie

source : RFI

media Evacuation de blessés après l’attaque d’un camp de déplacés Rohingyas dans l’ouest de la Birmanie, en août 2013. AFP PHOTO / STR

Ses cliniques avaient fermé, ses patients n’avaient plus accès aux traitements : l’association Médecins sans frontière Hollande (MSF-Hollande) a dû stopper toutes ses activités en Birmanie, vendredi 28 février, elle pourra rouvrir ses centres de santé ce lundi 3 mars. Mais pas dans l’Arakan, une région en conflit à l’ouest de la Birmanie.

Avec notre correspondant à Rangoon, Rémy Favre

MSF-Hollande travaillait dans des zones reculées, tendues, où les affrontements entre musulmans et bouddhistes sont fréquents à l’ouest du pays, et où les journalistes étrangers sont interdits. L’association traitait des personnes blessées par ces violences.

Elle était donc en position d’informer, de confirmer ou d’infirmer des bilans humains, comme elle l’avait fait fin janvier par exemple, en certifiant avoir soigné 22 blessés près d’une zone d’affrontements.

Témoin au plus près des événements

C’est sans doute ce rôle de témoin au plus près des événements qui a irrité le pouvoir birman, lui qui est largement critiqué par la communauté internationale pour sa passivité dans la gestion de la crise arakanaise, et qui souhaite désormais éloigner ceux qui peuvent raconter le conflit arakanais de manière indépendante.

Le gouvernement a autorisé MSF-Hollande à rouvrir ses cliniques dans le nord du pays ainsi qu’à Rangoon, la plus grande ville de Birmanie, mais pas dans l’Arakan. L’ONG se dit « extrêmement inquiète » pour les dizaines de milliers de personnes vulnérables dans cette région frontalière du Bangladesh, qui n’auront plus accès à ses services.


fév 4 2014

Birmanie : arrestation de journalistes pour un article sur des armes chimiques

source : lenouvelobs

La Birmanie a interpellé plusieurs journalistes qui avaient publié un article accusant un complexe militaire de produire des armes chimiques, selon leur journal, des arrestations qui ont provoqué l'inquiétude d'un groupe de défense de la liberté de la presse. (c) Afp La Birmanie a interpellé plusieurs journalistes qui avaient publié un article accusant un complexe militaire de produire des armes chimiques, selon leur journal, des arrestations qui ont provoqué l’inquiétude d’un groupe de défense de la liberté de la presse. (c) Afp
La Birmanie a interpellé plusieurs journalistes qui avaient publié un article accusant un complexe militaire de produire des armes chimiques, selon leur journal, des arrestations qui ont provoqué l’inquiétude d’un groupe de défense de la liberté de la presse.

Cinq journalistes, dont le directeur exécutif de Unity Weekly News, ont été arrêtés vendredi et samedi, selon leurs collègues.

“Les membres des familles ont été informés hier soir (lundi, ndlr) par les autorités qu’ils pouvaient leur rendre visite à la prison d’Insein” à Rangoun et qu’ils devaient engager des avocats, a précisé Aung Thura Ko Ko, l’un des rédacteurs en chef de la publication.

“Ils ont été inculpés en vertu de la loi sur les secrets d’Etat”, a-t-il ajouté.

Selon le journal, les arrestations sont liées à un article publié en janvier qui accusait l’armée de faire fonctionner une usine d’armes chimiques à Pauk, dans la région centrale de Magway, en application d’instructions du généralissime Than Swhe, chef de l’ancienne junte.

Ni la police ni le porte-parole du gouvernement n’ont pu être joints.

Après près d’un demi-siècle au pouvoir, la junte s’était autodissoute en mars 2011, transférant ses pouvoirs à un gouvernement quasi civil qui a depuis multiplié les réformes, permettant la levée de presque toutes les sanctions occidentales.

La censure préalable a notamment été abolie, les quotidiens privés ont été autorisés, et des centaines de prisonniers politiques, dont des journalistes, ont été libérés.

L’armée, qui conserve un pouvoir important avec notamment un quart des sièges du parlement réservé aux militaires d’active, continue d’être accusée de violation des droits de l’Homme, notamment dans les zones habitées par les minorités.

Alors que des défenseurs des droits de l’Homme s’inquiètent de nouvelles menaces pesant sur la liberté de la presse, le Comité de protection des journalistes (CPJ) s’est inquiété mardi de ces nouveaux développements.

“Le fait que des journalistes puissent être inculpés pour avoir révélé des secrets d’Etat montre à quel point la Birmanie a besoin d’une sérieuse réforme judiciaire”, a commenté Shawn Crispin, représentant de l’organisation en Asie du sud-est.

“Les questions de prolifération sont clé pour la couverture politique de la Birmanie et les journalistes ne devraient pas être menacés ou arrêtés pour avoir fait des reportages sur des sujets d’importance nationale et internationale”, a-t-il ajouté.

En janvier 2013, la Birmanie avait nié utiliser des armes chimiques contre les rebelles de la minorité ethnique kachin lors de combats dans le nord du pays.

“Notre armée n’a jamais utilisé d’armes chimiques et nous n’avons pas l’intention d’en utiliser”, avait alors déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement Ye Htut.


jan 24 2014

L’ONU appelle la Birmanie à enquêter sur des meurtres de Rohingyas

source : romandie.com

L’ONU a appelé la Birmanie à enquêter sur des informations faisant état de dizaines d’hommes, femmes et enfants tués lors d’attaques contre un village de la minorité musulmane apatride des Rohingyas dans l’ouest du pays, sous tension depuis des violences communautaires meurtrières en 2012.

Je déplore les morts à Du Chee Yar Tan et j’appelle les autorités à mener une enquête complète, rapide et impartiale, a déclaré la Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Navi Pillay dans un communiqué jeudi soir.

Les Nations unies ont précisé avoir reçu des informations crédibles sur des attaques contre des Rohingyas dans l’ouest de l’Etat Rakhine, région isolée peuplée en grande majorité de Rohingyas dont les déplacements sont très contrôlés par des forces de sécurité très présentes.

Au total, au moins 48 Rohingyas, hommes, femmes et enfants, ont été tués par des bouddhistes de la minorité rakhine et des policiers, avant et après la capture d’un policier tué par des villageois rohingyas, selon l’ONU.

Médecins sans frontières, l’une des seules organisations internationales autorisées dans la région, a de son côté indiqué avoir soigné au moins 22 patients avec des blessures par arme blanche ou par balle qui auraient été infligées lors de ces violences.

Depuis les premières informations la semaine dernière, le gouvernement birman a démenti de façon catégorique toute mort de civils, évoquant la disparition d’un policier après des affrontements.

Le communiqué de l’ONU est regrettable et basé sur des sources infondées, a indiqué vendredi à l’AFP Ye Htut, porte-parole du président Thein Sein, soulignant les risques d’augmenter la méfiance entre les communautés.

Plusieurs vagues de violences entre musulmans et bouddhistes dans l’Etat Rakhine ont fait depuis 2012 au moins 250 morts et déplacé quelque 140.000 personnes, principalement des Rohingyas.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et plusieurs ONG ont exprimé leur inquiétude après ces nouvelles violences.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague s’est notamment dit sur Twitter écoeuré des informations sur la mort de femmes et d’enfants.

Human Rights Watch a précisé avoir reçu des informations selon lesquelles la police avait été autorisée à arrêter tous les hommes et garçons rohingyas âgés de plus de dix ans dans cette zone.

La discrimination officielle contre les Rohingyas et l’impunité pour les abus du passé ont créé un terrain fertile pour de nouvelles atrocités, a dénoncé Phil Robertson, directeur adjoint en Asie de l’organisation.

Les quelque 800.000 Rohingyas qui vivent confinés dans l’ouest de l’Etat Rakhine sont considérés par l’ONU comme l’une des minorités les plus persécutées de la planète.

Privés de nationalité par l’ancienne junte birmane, ils sont considérés par les autorités comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin et beaucoup de Birmans ne cachent pas une réelle hostilité à leur égard.

Des attaques meurtrières contre des musulmans ont eu lieu également dans d’autres parties du pays, jetant une ombre sur les réformes spectaculaires entreprises par le gouvernement qui a succédé à la junte en 2011.


jan 14 2014

Aung San Suu Kyi de la prison à la présidentielle

source : paris match

Aung San Suu Kyi de la prison à la présidentielle

Aung San Suu Kyi © REUTERS/Soe Zeya Tun

La « dame de Rangoon » va enfin se présenter à la présidentielle

« The Lady sera là dans cinq minutes », annoncent les gardes qui font les cent pas devant l’hôtel de Rangoon où Aung San Suu Kyi doit prononcer le discours d’ouverture du Women’s Forum. Aussitôt, les Birmanes venues l’écouter s’agglutinent, paumes resserrées sur leur portable, prêtes à aspirer l’icône dans leur mémoire photographique. Depuis sa libération il y a trois ans, la ferveur populaire pour Aung San Suu Kyi n’a pas faibli. A la faveur de la libéralisation du régime, elle a pu devenir députée, et seul un ultime obstacle lui barre l’accès à la présidence : la Constitution, qui stipule que le pouvoir suprême est interdit à tout Birman ayant eu des enfants d’un étranger.

Or elle a eu deux fils de son mari anglais… Mais le gouvernement hésite, et on dit que d’ici peu il devrait céder. Voilà pourquoi, ce matin, dans ce hall, l’air s’épaissit de rêves. Et soudain, elle est là. Elle me confiera quelques heures plus tard, dans un salon : « Tôt ou tard, la Constitution sera modifiée. Le peuple n’y croit pas. » Le peuple, son mot fétiche, son bouclier, son joker, l’argument qu’elle oppose systématiquement aux critiques que certains répandent sur le flou de ses projets économiques, son indifférence à l’oppression des minorités ethniques, notamment musulmane, enfin sa confiance absolue dans les vertus de la spiritualité. Et de fait, ce matin, c’est le passage d’une sainte.

Ses idéaux à la Gandhi ont-ils une chance sérieuse d’arrêter la déferlante matérialiste qui s’abat sur la Birmanie ?

La foule, comme frappée par la grâce, mendie le regard de « The Lady », quête son aura, les yeux emplis d’une fascination telle qu’on ne peut s’empêcher de se demander : qu’en restera-t-il quand, devenue présidente, Aung San Suu Kyi sera contrainte de plonger ses blanches mains d’icône dans le noir cambouis de la mondialisation et de l’économie de marché ? Ses idéaux à la Gandhi ont-ils une chance sérieuse d’arrêter la déferlante matérialiste qui s’abat sur la Birmanie ? A 68 ans, ne risque-t-elle pas d’être perçue comme décalée ? Et si le peuple, déçu, brûlait alors l’idole après l’avoir adorée ? Enfin aura-t-elle vraiment la force, et le temps, d’affronter pareil défi, elle qu’on dit isolée au coeur d’un parti divisé ? Moment crucial de son parcours.

La majorité des Birmans rêvent qu’elle dirige le pays, ce qui la transformera fatalement de déesse en imparfaite humaine. Ou alors il faudrait qu’elle renonce, se laisse embaumer de son vivant dans la légende de la sainte, icône jusqu’à la mort, retranchée à jamais dans la maison du lac qui fut le décor de son extraordinaire rébellion… Débat cornélien et sans issue, comme au jour de 1989 où la junte la mit en demeure de trancher entre sa famille et son combat politique. Je comprends enf n pourquoi Aung San Suu Kyi se tient si droite. Ce qu’elle défie, c’est la tragédie de son destin : elle s’interdit une troisième voie.


jan 10 2014

Birmanie : des opportunités économiques s’annoncent

source : rfi

Vue de Rangoun, capitale économique de la Birmanie.

Vue de Rangoun, capitale économique de la Birmanie.

Photo: Ralf-André Lettau, source: Wikipédia

Les pays membres de l’Asean se réunissent le vendredi 10 et le samedi 11 janvier 2014 dans la capitale birmane pour évaluer les besoins d’investissements dans ce pays. Avec un programme de réformes entamées après l’ouverture du pays au reste du monde il y a deux ans, la Birmanie attire désormais les investisseurs étrangers. Ils comptent sur des prévisions de croissance du PIB de 7% dans les prochaines années. Grâce à ces investissements, une phase de rattrapage économique semble bien enclenchée en Birmanie, estime Sylvain Fontan, économiste et créateur du site leconomiste.eu au micro de RFI.


jan 7 2014

Des journalistes birmans défilent contre des menaces à la liberté de la presse

source : lexpress

Des journalistes birmans ont manifesté mardi à Rangoun pour dénoncer de nouvelles menaces contre la liberté de la presse et demander la libération d’une de leur collègue, première journaliste emprisonnée depuis la dissolution de la junte.

Des journalistes birmans défilent contre des menaces à la liberté de la presse

Des journalistes birmans ont manifesté mardi à Rangoun pour dénoncer de nouvelles menaces contre la liberté de la presse et demander la libération d’une de leur collègue, première journaliste emprisonnée depuis la dissolution de la junte.

afp.com/Ye Aung Thu

Environ 150 journalistes et militants ont défilé aux slogans de “Pas de menace pour la liberté de la presse” et “le droit à l’information est la vie de la démocratie“.

La manifestation, à l’appel du Réseau des journalistes de Birmanie, faisait suite à la condamnation à trois mois de prison de Ma Khine, reporter du groupe Eleven Media, reconnue coupable de diffamation et d’insulte envers une avocate et de violation du domicile de cette même avocate lors d’une interview.

Son employeur estime qu’elle pourrait en fait avoir été poursuivie en raison d’un article sur la corruption dans le système judiciaire.

C’est une menace directe, quand des journalistes peuvent être condamnés pour des chefs d’accusation criminels lorsqu’ils travaillent sur une histoire“, a dénoncé Myint Kyaw, secrétaire général du Réseau.

Depuis l’auto-dissolution de la junte en mars 2011, la Birmanie a entrepris des réformes spectaculaires. Elle a notamment aboli la censure préalable et amnistié des journalistes emprisonnés.

Mais les défenseurs des droits de l’Homme craignent une nouvelle sorte de menace.

Les attaques contre la liberté de la presse en Birmanie sont passées d’un harcèlement manifeste de la part de l’Etat à une approche procédurière, les nouvelles lois sur les médias cherchant à exercer une pression plus subtile sur les journalistes et à les dissuader de faire leur travail“, a ainsi indiqué à l’AFP David Mathieson, de Human Rights Watch.

La Birmanie a bondi du 169e au 151e rang au classement 2013 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, qui a appelé à un réexamen du dossier de Ma Khine.

Une organisation de presse ne devrait pas s’exposer à des risques de poursuites criminelles, et dans ce cas, à la condamnation d’une de ses journalistes, à cause de sa couverture. La liberté de l’information est en jeu“, avait récemment indiqué l’organisation dans un communiqué.


jan 1 2014

Birmanie : Rangoon annonce la libération de tous les prisonniers politiques

source : rfi

La Birmanie a franchi un nouveau pas sur le chemin des réformes et de l’ouverture. Quelques heures avant la fin de l’année 2013, Rangoon a annoncé qu’il n’y avait « plus de prisonniers politiques ». Mais le doute persiste sur le nombre de prisonniers concernés par cette amnistie et sur le sort de plus de 200 personnes qui attendent leur procès.

Yan Naing Tun (au centre) s'est adressé à la presse à sa sortie de prison. Derrière lui, un autre prisonnier libéré : Aung Min Naing. Rangoon, le 31 décembre 2013.

Yan Naing Tun (au centre) s’est adressé à la presse à sa sortie de prison. Derrière lui, un autre prisonnier libéré : Aung Min Naing. Rangoon, le 31 décembre 2013.

REUTERS/Soe Zeya Tun

« Le président a tenu sa promesse faite au peuple qu’il n’y a plus de prisonniers politiques à la fin de 2013 », a déclaré sur sa page Facebook le porte-parole du président, Ye Htut, sans pour autant annoncer combien de prisonniers doivent être libérés et quand précisément ils pourront quitter la prison.

Au moins neuf prisonniers politiques ont retrouvé la liberté ce mardi 31 décembre, selon l’AFP. Parmi eux : Yan Naing Tun, condamné à huit mois de prison pour avoir participé à une marche pour la paix dans l’Etat Kachin dans le nord du pays, région régulièrement secouée par des affrontements entre l’armée et les rebelles de la minorité ethnique kachin. « Je respecte le président pour avoir tenu sa promesse », a déclaré Yan Naing Tun à sa sortie de prison, où une centaine de personnes attendaient leurs proches.

« C’est un pas important », selon HRW

« C’est un pas important », estime David Mathieson de l’organisation pour la défense des droits de l’homme Human Rigths Watch (HRW) interrogé par RFI. « Le nombre de prisonniers politiques concernés par les libérations reste contesté, mais il doit encore y en avoir entre 30 et 40. La grande majorité sera libérée dans les prochains jours. »

Cette amnistie s’inscrit dans la droite ligne des réformes entamées après la dissolution de la junte en mars 2011 par le président réformateur Thein Sein. A l’époque, les organisations des droits de l’homme accusaient la Birmanie de détenir quelque 2 000 prisonniers de conscience. Depuis, le nouveau régime, soucieux de regagner la confiance de la communauté internationale et de mettre fin aux sanctions occidentales, a libéré des centaines d’opposants, moines, journalistes ou avocats. La plus importante vague de libération intervient en janvier 2012, lorsque le gouvernement relâche plusieurs centaines de prisonniers et, parmi eux, quelques-uns des plus célèbres prisonniers politiques, leaders du mouvement étudiant de 1988 et moines impliqués dans la vague de protestation de 2007.

La junte au pouvoir pendant près d’un demi-siècle avait toujours nié l’existence des prisonniers politiques. C’est à la fin de 2012 que le gouvernement de Thein Sein a finalement créé un comité pour les « définir » au sein de la population carcérale. Depuis le début des travaux de ce comité en février 2013, 354 d’entre eux ont retrouvé la liberté, selon le porte-parole du gouvernement Ye Htut. A l’occasion de sa première visite à Londres en juillet dernier, le président Thein Sein est allé plus loin, en annonçant sa volonté de libérer tous les prisonniers de conscience avant la fin de l’année.

Les familles de prisonniers attendent la libération de leurs proches devant la prison Insein. Rangoon, le 31 décembre 2013.

REUTERS/Soe Zeya Tun

Un signal envoyé à la société civile birmane

Simple geste de bonne volonté ou stratégie payante pour gagner les faveurs des capitales étrangères ? « Bien sûr, ces dernières années, des prisonniers ont été relâchés pour apaiser l’opinion publique, mettre fin aux sanctions et attirer des investissements, estime David Mathieson de Human Rights Watch basé à Rangoon. « Cette fois-ci, c’est en partie parce que le président l’avait promis, mais aussi pour envoyer un signal à la société civile et aux militants birmans, pour dire que le gouvernement est sur la bonne voie. »

Même si aujourd’hui, grâce aux réformes engagées par Thein Sein, presque toutes les sanctions occidentales sont levées, les défenseurs des droits de l’homme appellent à rester vigilant. « Il ne faut pas oublier que de nombreuses personnes sont encore jetées en prison ou accusées devant les tribunaux parce qu’il existe toujours des lois très répressives », met en garde David Mathieson. « Ne croyons pas que ces libérations sont la fin de l’histoire, ça n’est pas le cas. Le gouvernement doit entamer une profonde réforme de son système judiciaire pour priver les autorités locales de ces moyens répressifs ».

Le doute persiste par ailleurs sur le sort de près de 200 personnes en attente de leur procès, accusées pour la plupart d’avoir participé à des manifestations illégales.

Selon Mireille Boisson de l’ONG Amnesty International, interrogée par RFI, les charges contre ces activistes ne seraient pas annulées mais seulement suspendues. Le flou entoure aussi les arrestations dans l’Arakan, à l’ouest de la Birmanie, où les autorités ont jugé de façon arbitraire de nombreuses personnes en marge de violences religieuses. Les organisations des droits de l’homme ne disposent d’aucun chiffre fiable sur le nombre de détenus de conscience dans cette région reculée.


déc 12 2013

Birmanie : libération de 44 prisonniers politiques

source : nouvelobs

La Birmanie a libéré mercredi 44 prisonniers politiques, dernière amnistie en date pour les détenus de conscience décidée par le régime réformiste depuis la dissolution de la junte en 2011, a annoncé un conseiller à la présidence. (c) Afp

La Birmanie a libéré mercredi 44 prisonniers politiques, dernière amnistie en date pour les détenus de conscience décidée par le régime réformiste depuis la dissolution de la junte en 2011, a annoncé un conseiller à la présidence. (c) Afp
La Birmanie a libéré mercredi 44 prisonniers politiques, dernière amnistie en date pour les détenus de conscience décidée par le régime réformiste depuis la dissolution de la junte en 2011, a annoncé un conseiller à la présidence.

“Au total, 44 prisonniers ont été libérés aujourd’hui à travers le pays”, a déclaré à l’AFP Hla Maung Shwe alors que se déroulent dans la capitale Naypyidaw les jeux du sud-est asiatique, sorte de jeux Olympiques régionaux.

Le dernier élargissement massif de prisonniers politiques birmans remonte à la mi-novembre, en pleine visite d’une délégation européenne menée par la chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton.

Le pouvoir avait annoncé, au lendemain d’une rencontre du président Thein Sein avec Mme Ashton, la libération de 69 personnes, sans publier de liste.

Selon des défenseurs des droits de l’Homme, figuraient alors parmi les amnistiés deux petits-fils du dictateur Ne Win, qui avaient été condamnés pour trahison en 2002, avec d’autres membres de leur famille, accusés d’avoir fomenté un coup d’Etat.

Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, le régime a libéré en plusieurs vagues des centaines d’opposants, moines, journalistes et avocats.

Mais il a également été accusé par les défenseurs des droits de l’Homme d’utiliser ces amnisties au compte-gouttes pour gagner les faveurs des capitales étrangères au moment d’échéances diplomatiques importantes, tout en continuant à persécuter la dissidence.

C’est à l’occasion de sa première visite à Londres en juillet que le président avait promis la libération de tous les prisonniers de conscience d’ici à la fin de l’année.

La junte au pouvoir pendant près d’un demi-siècle avait toujours nié l’existence des prisonniers politiques. Mais fin 2012, Thein Sein avait annoncé la création d’un comité pour les “définir” au sein de la population carcérale.

L’ancien général est crédité de réformes spectaculaires depuis deux ans, notamment le retour au cœur du jeu politique légal de l’opposante Aung San Suu Kyi, aujourd’hui députée. Des changements qui ont permis la levée de presque toutes les sanctions occidentales.

Quelque 44 prisonniers politiques restent toutefois détenus après l’amnistie annoncée mercredi, tandis que 200 autres attendent leur procès, selon Bo Kyi de l’Association d’aide aux prisonniers politiques.

“Le gouvernement devrait organiser les conditions légales (permettant) les manifestations”, estime ce membre du comité créé par Thein Sein.

“Aussi longtemps qu’il y aura des détentions arbitraires, il y aura des prisonniers politiques”, ajoute-t-il.


nov 19 2013

La Birmanie libère 69 prisonniers politiques à l’arrivée d’une délégation de l’UE

source : lemonde

Le président birman Thein Sein à Londres, le 15 juillet.

La Birmanie a annoncé, vendredi 15 novembre, la libération de 69 prisonniers politiques supplémentaires, en pleine visite d’une délégation européenne menée par la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton.

“L’amnistie a été accordée à partir du 15 novembre”, a précisé l’administration du président réformateur, qui a promis de libérer tous les détenus de conscience d’ici à la fin de l’année. Aucune liste des prisonniers libérés n’a été diffusée dans un premier temps, mais les autorités ont précisé qu’il s’agissait de détenus de plusieurs prisons du pays, dont trois de la prison Insein de Rangoun.

La présidence birmane a rappelé son engagement à “continuer à travailler à l’amnistie de tous les prisonniers politiques avant la fin décembre”, sans cependant préciser combien de prisonniers restaient à libérer. La dernière annonce d’une libération collective, de 56 prisonniers politiques, remonte à début octobre, juste avant la participation du président Thein Sein à un sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) à Brunei.

DES AMNISTIES INTÉRESSÉES ?

Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, le régime a libéré en plusieurs vagues des centaines d’opposants, moines, journalistes et avocats. Mais il a également été accusé par les défenseurs des droits de l’homme d’utiliser ces amnisties au compte-gouttes pour gagner les faveurs des capitales étrangères au moment d’échéances diplomatiques importantes.

C’est à l’occasion de sa première visite à Londres en juillet que le président avait promis la libération de tous les prisonniers de conscience d’ici à la fin de l’année. La junte au pouvoir pendant près d’un demi-siècle avait toujours nié l’existence des prisonniers politiques. Mais fin 2012, Thein Sein avait annoncé la création d’un comité pour les “définir” au sein de la population carcérale.

L’ancien général est crédité de réformes spectaculaires depuis deux ans, notamment le retour au cœur du jeu politique légal de l’opposante Aung San Suu Kyi, aujourd’hui députée. Des changements qui ont permis la levée de presque toutes les sanctions occidentales.

Le président Thein Sein et Catherine Ashton ont ouvert ensemble vendredi matin une session plénière dans le cadre d’un groupe de travail Birmanie-Union européenne, consacré à la coopération économique mais aussi aux réformes politiques, notamment dans la perspective des élections législatives de 2015 en Birmanie, qui pourraient ouvrir la voie de la présidence à Aung San Suu Kyi. Thein a également rencontré jeudi l’ex-président américain Bill Clinton, en visite dans le pays, où se trouvait également vendredi l’ex-premier ministre britannique Tony Blair.