La censure n’est toujours pas morte en Birmanie

source : asieinfo

La liberté de la presse constitue un des signes les plus visibles de la perestroïka birmane. Pourtant, le 31 juillet, deux hebdomadaires ont été suspendus indéfiniment.

On l’annonçait morte et enterrée. La censure, abritée par la tristement célèbre Burma’s Press Scrutiny and Registration Division (PSRD), s’est largement assouplie au fil des mois de réforme mise en œuvre par le gouvernement du président Thein Sein. Plusieurs types de publications ont été dispensés de soumettre leur copie avant publication. Une mesure qui devait bientôt s’appliquer à l’ensemble des journaux, y compris ceux d’information générale et politique. En juin, Kyaw Hsan, ministre de l’Information, flanqué de représentants de la PSRD, avait annoncé en conférence de presse son intention de supprimer le bureau de la censure dès que la nouvelle loi sur les médias serait adoptée. Le texte a été transmis au Parlement.

Aussi, la suspension le 31 juillet des hebdomadaires The Voice Weekly et Envoy, tout deux populaires et reconnus pour leur professionnalisme, a pris beaucoup d’observateurs au dépourvu. Selon le webzineIrrawaddy, citant des médias de Rangoon, Tin Swe, adjoint au directeur de la PSRD, reproche aux deux titres d’avoir publié des articles sans les avoir soumis au préalable à la censure. «Nous avons peur de publier cette information et sommes inquiets pour notre avenir», confie Thar Lun Zaung Htet, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Venus. «La PSRD nous a demandé de collaborer avec elle pendant cette période de transition. Mais l’abolition de la censure devait intervenir avant la fin juin. Et cela ne s’est pas produit.»

En juin, The Snapshot avait lui aussi été suspendu pour avoir publié la photo du corps d’une jeune fille de l’Etat Rakhine dont la mort a déclenché la vague de violences actuelle dans cette région de l’ouest de la Birmanie. Le journal fait désormais face à des poursuites judiciaires. Tout comme The Voice Weekly qui devra répondre d’une plainte pour diffamation déposée par le ministère des Mines.

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