L’«irréductible» Aung San Suu Kyi ne cache pas les «nombreux défis»
source : liberation
La députée birmane a entamé mardi une visite de trois jours en France où elle a été accueillie par François Hollande.
En affirmant que la «France soutiendra l’ensemble des acteurs de la transition» lancée depuis un an en Birmanie, François Hollande a souligné qu’il restait «encore de nombreux problèmes»: prisonniers politiques toujours détenus, droits syndicaux non reconnus et minorités ethniques pas respectées. «La France, avec l’Europe, fera toutes les pressions nécessaires, mais aussi les accompagnements en terme de coopération pour conforter le processus», notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Mais pour accompagner cette ouverture, contrairement au Premier ministre britannique David Cameron, le chef de l’Etat s’est bien gardé d’inviter officiellement le président birman Thein Sein, ancien général de la junte et aujourd’hui architecte des réformes. «S’il veut venir, il viendra» s’est contenté de dire François Hollande.
Au moment où le pays s’engage sur un second volet de réformes économiques voulues par le président Thein Sein, François Hollande a tenu à rappeler que la France afficherait une «très grande vigilance sur la transparence des transactions financières», notamment sur les «bonnes pratiques» des entreprises qui investissent en Birmanie, comme les sociétés «extractives». Le chef de l’Etat a d’ailleurs assuré mardi que le groupe pétrolier Total, présent en Birmanie depuis 1998, respectait les normes en matière d’environnement et de travail. «S’il advenait qu’il n’y ait pas ce respect, Mme Aung San Suu Kyi pourra à tout moment me joindre pour que nous puissions y mettre bon ordre», a promis le président.
Alors que le pays est confronté à une grave crise ethnique dans l’état du Rakhine (ouest du pays) qui a fait au moins 100 morts depuis le début du mois, la députée birmane s’est à nouveau montrée très prudente quant aux solutions pour résoudre les troubles entre musulmans et bouddhistes. Affirmant que le «problème ne pourra pas être réglé en 24 heure», elle a évoqué des questions juridiques, notamment des «lois sur la citoyenneté (en Birmanie) qui doivent être en phase avec les normes internationales» pour mieux protéger les minorités. Aung San Suu Kyi a également insisté sur «la corruption énorme au sein du ministère de l’immigration» pour expliquer la complexité de la crise.
Invitée mardi soir à un dîner à l’Elysée, la députée birmane a reçu des mains de François Hollande une colombe de la paix en baccarat et les oeuvres complètes de Simenon. Jusqu’à vendredi, elle va rencontrer les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que le maire de Paris et le ministre des Affaires étrangères. Dès le 30 juin, elle replongera dans le chaudron birman où le plus dur reste à faire.







juin 27th, 2012 at 22 h 57 min
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