Accord entre gouvernement birman et rebelles shans pour éradiquer la drogue
source : romandie.com
Le gouvernement birman et les rebelles de la minorité ethnique Shan ont signé un accord pour éradiquer la drogue dans l’Etat Shan, principal lieu de production d’opium et d’amphétamines du pays, a indiqué un ministre à l’issue d’une nouvelle séance de négociations de paix samedi.
Le Conseil de restauration de l’Etat Shan (RCSS), branche politique des rebelles shans, avait annoncé samedi matin, juste avant ces négociations, proposer un plan pour l’éradication totale des narcotiques.
Alors que les groupes ethniques armés et le gouvernement ont conclu des cessez-le-feu pour résoudre les problèmes politiques (…) le RCSS va coopérer avec le gouvernement pour un plan d’éradication de la drogue, avait-il précisé dans un document publié conjointement avec l’Armée de l’Etat Shan du Sud, un des principaux groupes armés du pays.
Ce texte, évoquant à la fois l’opium et les drogues de synthèse comme les méthamphétamines, plaidait notamment pour une coopération avec les pays voisins Chine, Laos et Thaïlande, pour lutter contre le trafic de stupéfiants et réclamait des aides à la reconversion pour les cultivateurs de pavot birmans.
Aung Min, ministre des Chemins de Fer et un des principaux négociateurs du gouvernement birman avec les minorités ethniques, a confirmé samedi soir tard qu’un accord avait été signé sur cette question, mais sans en préciser le contenu.
Les analystes estiment que les groupes rebelles ethniques du pays utilisent notamment les bénéfices du trafic de drogue pour financer leurs opérations.
Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) de 2011, la Birmanie est une source importante de cachets d’amphétamines et d’opiacés en Asie du Sud-Est et la majeure partie d’entre eux sont produits dans l’Etat Shan.
La Birmanie est le deuxième producteur d’opium dans le monde après l’Afghanistan, et 91% du pavot est cultivé dans l’Etat Shan, selon l’ONU.
De nombreux groupes minoritaires, qui représentent un tiers des 60 millions d’habitants, n’ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir depuis l’indépendance en 1948 et une guerre civile oppose depuis certains d’entre eux à l’armée birmane.
Le nouveau gouvernement, qui a succédé à la junte en mars 2011 et a depuis multiplié les réformes, a ouvert des négociations avec les groupes rebelles et conclu des cessez-le-feu avec plusieurs d’entre eux. L’un des premiers à avoir signé cette trêve était l’Armée de l’Etat Shan du Sud, en décembre.
Avec 9% de la population, les Shans sont le deuxième groupe ethnique derrière la majorité birmane.
Samedi, les représentants shans ont demandé à rencontrer pour la première fois le président Thein Sein et la chef de l’opposition Aung San Suu Kyi, a indiqué Aung Min. Nous continuerons les discussions à propos de cette visite, a-t-il précisé à l’AFP.






