Birmanie : les rebelles kachins demandent l’intervention de la Chine

source : romandie.com

Les rebelles de la minorité ethnique kachin, qui affrontent depuis une semaine l’armée birmane dans l’extrême nord du pays, ont lancé un appel à la Chine pour qu’elle participe à un règlement de la crise, alors que Pékin appelait les protagonistes à la retenue.

Les combats, décrits comme violents, se sont étendus à l’Etat Shan, dans le nord-est de la Birmanie. Et l’Armée indépendante kachin (KIA) a estimé jeudi avoir besoin d’un arbitre pour de potentielles négociations.

Sans l’implication d’un autre pays comme témoin, comme facilitateur (…), il n’y a pas de solution, a ajouté un porte-parole de la KIA, Henry Branglai, joint au téléphone depuis le siège de la rébellion en Etat Kachin.

L’appel a peu de chance d’être entendu: la Chine a en effet renvoyé dos à dos les belligérants. Nous suivons de près la situation à la frontière (…) et appelons les parties en conflit (…) au calme et à la retenue afin d’éviter l’escalade, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei.

Nous les appelons instamment à régler leurs divergences par des négociations pacifiques.

Les combats ont commencé jeudi dernier après une offensive de l’armée birmane dans une zone contrôlée par la KIA, une initiative menée, selon Henry Branglai, pour lui permettre de gagner en influence dans cette zone.

Les autorités birmanes n’ont pas communiqué. Seul un responsable birman sous couvert de l’anonymat a reconnu l’existence de combats. Mais aucune information fiable et indépendante n’était disponible depuis cette région très isolée.

Et les décomptes de réfugiés ou déplacés variaient considérablement selon les sources.

Henry Branglai a indiqué que des milliers de personnes faisaient des allers-et-retours de part et d’autres de la frontière chinoise.

Pékin a de son côté démenti avoir refoulé des réfugiés. Depuis que le conflit a éclaté, certains à la frontière sont arrivés en Chine pour retrouver leurs proches et leurs amis, a assuré Hong Lei, en précisant qu’ils avaient été pris en charge en conformité avec les pratiques internationales.

Un responsable administratif du Yunnan a de son côté nié tout exode. Les portes sont ouvertes comme en temps normal. Les Birmans vont et viennent tous les jours. Nous ne pensons pas fournir des tentes et de la nourriture, car pour le moment ce n’est pas nécessaire, a-t-il assuré à l’AFP.

Mercredi, un porte-parole de l’agence de presse Kachin News Group (KNG) avait affirmé que les combats marquaient le premier jour de la guerre civile entre l’armée et la KIA.

La KIA, qui compterait au moins quelques milliers de combattants, a jadis été l’une des plus puissantes rébellions de Birmanie. Elle contrôle des pans entiers du nord de l’Etat Kachin, malgré un cessez-le-feu avec la junte en 1994.

De nombreux groupes minoritaires, qui représentent un tiers des 50 millions d’habitants de la Birmanie, n’ont jamais pacifié leurs rapports avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948. Depuis, une guerre civile oppose la capitale à certains de ces groupes, qui réclament plus de droits et d’autonomie.

Fin 2010, des analystes avaient indiqué craindre une offensive massive de l’armée birmane, accusée de vouloir mater les dernières rébellions une fois achevées ses réformes constitutionnelles post-électorales.

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