nov 19 2013

La Birmanie libère 69 prisonniers politiques à l’arrivée d’une délégation de l’UE

source : lemonde

Le président birman Thein Sein à Londres, le 15 juillet.

La Birmanie a annoncé, vendredi 15 novembre, la libération de 69 prisonniers politiques supplémentaires, en pleine visite d’une délégation européenne menée par la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton.

“L’amnistie a été accordée à partir du 15 novembre”, a précisé l’administration du président réformateur, qui a promis de libérer tous les détenus de conscience d’ici à la fin de l’année. Aucune liste des prisonniers libérés n’a été diffusée dans un premier temps, mais les autorités ont précisé qu’il s’agissait de détenus de plusieurs prisons du pays, dont trois de la prison Insein de Rangoun.

La présidence birmane a rappelé son engagement à “continuer à travailler à l’amnistie de tous les prisonniers politiques avant la fin décembre”, sans cependant préciser combien de prisonniers restaient à libérer. La dernière annonce d’une libération collective, de 56 prisonniers politiques, remonte à début octobre, juste avant la participation du président Thein Sein à un sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) à Brunei.

DES AMNISTIES INTÉRESSÉES ?

Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, le régime a libéré en plusieurs vagues des centaines d’opposants, moines, journalistes et avocats. Mais il a également été accusé par les défenseurs des droits de l’homme d’utiliser ces amnisties au compte-gouttes pour gagner les faveurs des capitales étrangères au moment d’échéances diplomatiques importantes.

C’est à l’occasion de sa première visite à Londres en juillet que le président avait promis la libération de tous les prisonniers de conscience d’ici à la fin de l’année. La junte au pouvoir pendant près d’un demi-siècle avait toujours nié l’existence des prisonniers politiques. Mais fin 2012, Thein Sein avait annoncé la création d’un comité pour les “définir” au sein de la population carcérale.

L’ancien général est crédité de réformes spectaculaires depuis deux ans, notamment le retour au cœur du jeu politique légal de l’opposante Aung San Suu Kyi, aujourd’hui députée. Des changements qui ont permis la levée de presque toutes les sanctions occidentales.

Le président Thein Sein et Catherine Ashton ont ouvert ensemble vendredi matin une session plénière dans le cadre d’un groupe de travail Birmanie-Union européenne, consacré à la coopération économique mais aussi aux réformes politiques, notamment dans la perspective des élections législatives de 2015 en Birmanie, qui pourraient ouvrir la voie de la présidence à Aung San Suu Kyi. Thein a également rencontré jeudi l’ex-président américain Bill Clinton, en visite dans le pays, où se trouvait également vendredi l’ex-premier ministre britannique Tony Blair.


nov 13 2013

3 ans : 13 novembre 2010. La dissidente birmane Aung San Suu Kyi est libérée

L'opposante à dictature birmane Aung San Suu Kyi jour sa libération

Le 13 novembre 2010, à Rangoon, en Birmanie, la foule fête la libération d’Aung San Suu Kyi. Cette femme, opposante à la dictature birmane, était assignée à résidence depuis sept ans par la junte au pouvoir.

Plusieurs milliers de personnes avaient accueilli Aung San Suu Kyi devant le siège de son parti. Après toutes ces années en résidence surveillée, elle veut poursuivre son combat pour la démocratie et appelle au rassemblement de l’opposition. Elle déclare: « je ne vais pas travailler seulement avec mon parti. Je veux travailler main dans la main avec toutes les forces démocratiques.»

Reportage France 2, Zinedine Boudaoud, diffusé le 13 novembre 2010. Photo AFP


nov 4 2013

Birmanie : des dizaines de Rohingyas portés disparus dans un naufrage

source : liberation

Un camp de réfugiés rohingyas établi sur la plage, près de Sittwe, le 31 octobre 2012, en BirmanieUn camp de réfugiés rohingyas établi sur la plage, près de Sittwe, le 31 octobre 2012, en Birmanie (Photo Soe Than Win. AFP)

Des dizaines de personnes ont été portées disparues après le naufrage, au large de la Birmanie, d’un navire transportant près de 70 réfugiés rohingyas fuyant les violences communautaires, a annoncé dimanche la police.

«Soixante-six personnes au total - 38 hommes et 28 femmes - étaient à bord lorsque le navire a chaviré», a indiqué à l’AFP un responsable de la police de l’Etat Rakhine (ouest), ajoutant que six survivants avaient été retrouvés dans la Baie du Bengale.

Apparemment, le navire transportant ces Rohingyas de l’Etat Rakhine faisait cap sur la Malaisie, où des milliers de membres de cette minorité musulmane ont cherché asile depuis les affrontements violents qui les ont opposés aux bouddhistes en 2012.

Les personnes disparues sont vraisemblablement des déplacés de la région de Sittwe, la capitale de l’Etat Rakhine, a précisé la même source sous couvert de l’anonymat.

L’Etat Rakhine a été le théâtre en 2012 de deux vagues de violences entre bouddhistes de la minorité ethnique rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas, qui ont fait plus de 200 morts et 140.000 déplacés.

Des milliers de Rohingyas ont depuis fui la Birmanie, nombre d’entre eux payant des passeurs pour faire, au péril de leur vie, la difficile traversée vers la Malaisie ou plus ou sud, sur des navires surchargés.

Les Rohingyas sont considérés comme l’une des minorités les plus persécutées de la planète par les Nations unies, qui craignent que le nombre de camps de réfugiés pour les déplacés rohingyas augmente davantage encore cette année.

L’ONU a exhorté le gouvernement birman à s’attaquer à la crise humanitaire.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève a déclaré vendredi avoir reçu des «témoignages inquiétants» selon lesquels 1.500 personnes auraient quitté ces derniers jours la région de Rakhine.