oct 30 2013

Le pape François encourage Aung San Suu Kyi

source : lacroix

Le pape François a reçu lundi 28 octobre 2013 Aung San Suu Kyi, prix nobel de la paix et figure d...

L’Osservatore Romano/AP

Le pape François a reçu lundi 28 octobre 2013 Aung San Suu Kyi, prix nobel de la paix et figure de l’opposition birmane au régime de Rangoun.

En fin de matinée lundi 28 octobre, le pape François a reçu, pour une audience d’un quart d’heure, Aung San Suu Kyi, figure de l’opposition non-violente au régime militaire de Rangoon. La brève rencontre au Vatican n’a donné lieu à aucun communiqué officiel du Saint-Siège car la prix Nobel de la paix 1991, aujourd’hui secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (parti d’opposition au pouvoir) et candidate à la présidentielle birmane pour 2015, « n’est pas chef d’État ou de gouvernement ». La Birmanie, où l’Église catholique est très minoritaire, n’a pas de relation diplomatique avec le Saint-Siège.

« Symbole de l’engagement non-violent »

Le porte-parole du Vatican, le P. Federico Lombardi, a toutefois souligné la valeur de « symbole de l’engagement non-violent pour la paix » que représente Aung San Suu Kyi. Le pape l’a assurée de sa prière pour le peuple birman. Leur entretien a aussi porté sur l’importance du dialogue interreligieux alors que la Birmanie est en proie à des conflits communautaires avec ses minorités.

Le P. Lombardi a aussi situé l’entretien dans l’intérêt que le Vatican porte aujourd’hui pour l’Asie. Le nouveau secrétaire d’État du Saint-Siège, Mgr Parolin, connaît bien ce continent. Un déplacement du pape dans la région est évoqué, sans que le P. Lombardi n’y fasse cette fois allusion.

L’entretien avec le pape s’inscrit dans la tournée européenne qu’effectue Aung San Suu Kyi, libérée depuis 2010 et élue députée en 2012. Elle s’est rendue notamment au Parlement européen, recevoir le prix Sakharov, et en Irlande du Nord. « Je n’ai rien fait de spécial. J’ai fait ce en quoi j’ai cru. Ma vie est une vie de choix, pas de sacrifices », a-t-elle déclaré dimanche 27 octobre lors d’une réception à la mairie de Rome, qui lui a remis sa décoration de citoyenne d’honneur qui lui avait été décernée en 1994 alors qu’elle vivait déjà en résidence surveillée en Birmanie. En Italie, elle doit poursuivre sa tournée à Turin puis à Bologne.

Demande de soutiens

À Rome, Aung San Suu Kyi a décrit les changements profonds qu’elle estime encore nécessaires dans son pays en pleine mutation. Elle a demandé des soutiens pour un projet de restauration de la polyclinique de la capitale birmane.

Juste avant sa rencontre avec Aung San Suu Kyi, le pape argentin a reçu le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, dont l’organisation soutient l’économie des pays pauvres.

SÉBASTIEN MAILLARD (à Rome)