sept 27 2013

Birmanie : Aung San Suu Kyi appelle à modifier la Constitution

source : liberation

Aung San Suu Kyi, leader de l'opposition en Birmanie, le 27 septembre 2013.Aung San Suu Kyi, leader de l’opposition en Birmanie, le 27 septembre 2013. (Photo STR. AFP)
La chef de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi a célébré vendredi les 25 ans de sa Ligue nationale pour la démocratie (LND) en réclamant une modification de la Constitution, qui octroie de très importants pouvoirs aux militaires.

«Si la Constitution n’est pas amendée, nous ne pouvons pas dire que le pays est sur la voie de la démocratie (…). Les législatives de 2015 ne seront pas justes», a-t-elle déclaré, répétant une de ses exigences clefs.

Le texte controversé, rédigé par la junte aujourd’hui dissoute et adoptée par référendum juste après le passage du cyclone Nargis qui avait fait 138 000 morts ou disparus en 2008, attribue notamment 25% des sièges des assemblées aux militaires d’active.

La Constitution est également un obstacle majeur à l’ambition annoncée de Suu Kyi de devenir présidente après les élections de 2015. Elle interdit en effet à un Birman marié à un étranger ou ayant de enfants étrangers d’accéder au poste suprême. Or, son époux Michael Aris, aujourd’hui décédé, était de nationalité britannique, tout comme leurs deux enfants.

Des centaines de partisans et de membres de la LND se sont rassemblés au siège du parti à Rangoun pour célébrer cet anniversaire. Lors d’un discours retransmis à l’extérieur pour la foule, la lauréate du prix Nobel de la paix a remercié ceux qui ont soutenu son parti dans sa longue lutte contre la dictature. «Nous avons été capables de survivre ces 25 dernières années grâce au soutien des gens du monde entier qui partagent les valeurs auxquelles nous croyons», a-t-elle souligné.

La LND a été créée en 1988 après un soulèvement populaire violemment réprimé par la junte, lors duquel au moins 3 000 personnes ont été tués. Deux ans plus tard, alors que Suu Kyi était déjà en résidence surveillée, le parti remportait largement les élections, jamais reconnues par le régime.

La «Dame» de Rangoun a passé au total environ quinze années enfermée, avant d’être libérée juste après les élections controversées de novembre 2010. Elle est depuis revenue au cœur du jeu politique à la faveur des réformes engagées par le nouveau gouvernement ayant succédé à la junte dissoute en mars 2011, étant même élue députée aux élections partielles de 2012.


sept 24 2013

Birmanie : des moines appellent à la fin des violences religieuses

source : liberation

Un moine bouddhiste qui participa à la "révolte safran" en 2007, dans un monastère de Rangoon le 18 septembre 2013Un moine bouddhiste qui participa à la “révolte safran” en 2007, dans un monastère de Rangoon le 18 septembre 2013 (Photo Soe Than Win. AFP)

Des moines bouddhistes ayant pris la tête de la «révolte safran» réprimée en 2007 en Birmanie ont appelé mercredi à la fin des violences religieuses dans ce pays secoué par des émeutes anti-musulmanes.

«Le chemin vers la démocratie est nouveau. Afin de ne pas le détruire, nous vous demandons d’éviter les violences ethniques et religieuses», a déclaré le moine Sandar Siri, lors d’une cérémonie marquant le sixième anniversaire de cette révolte, devant une centaine de religieux réunis dans un monastère à Rangoun.

Depuis l’an dernier, quelque 250 personnes ont été tuées lors d’émeutes accompagnées de campagnes antimusulmanes menées par des moines bouddhistes radicaux.

Le dalaï-lama, qui vient de rencontrer l’opposante birmane Aung San Suu Kyi en Europe, avait appelé mardi à Prague les moines bouddhistes radicaux de Birmanie à mettre fin à l’effusion de sang.

Sandar Siri a par ailleurs appelé le gouvernement à faire des excuses publiques pour la répression de la «révolte safran», mouvement initié par des moines bouddhistes en 2007, après une brusque augmentation des prix.

Ce soulèvement des bonzes avait attiré certains jours jusqu’à 100.000 personnes dans les rues de Rangoun, constituant le plus sérieux défi aux généraux depuis le soulèvement populaire de 1988.

Il avait finalement été écrasé par la junte alors au pouvoir, faisant au moins 31 morts.

La junte a laissé place en 2011 à un nouveau gouvernement dit «civil» qui reste contrôlé par d’anciens militaires.

En 2011, la police birmane avait empêché la manifestation prévue à Rangoun à l’occasion du quatrième anniversaire de la répression de la «révolte safran». Mais l’an dernier, la cérémonie avait été autorisée.