mai 31 2013

Birmanie : accord avec les rebelles kachin, retour au calme dans le nord-est

source : liberation

Le commandant en chef adjoint de l'armée kachin, le général Guam Maw (G), serre la main d'un haut responsable militaire birman, le 28 mai 2013 à Myitkyina

Le commandant en chef adjoint de l’armée kachin, le général Guam Maw (G), serre la main d’un haut responsable militaire birman, le 28 mai 2013 à Myitkyina (Photo AFP)

Par AFP

Le gouvernement birman et les rebelles de la minorité ethnique kachin ont signé jeudi un accord de cessez-le-feu provisoire tandis que l’armée a été déployée dans le nord-est pour s’interposer entre bouddhistes et musulmans, dont des centaines ont dû fuir la foule armée de couteaux et de bâtons.

Vivement encouragé par la communauté internationale dans ses efforts de réforme et de pacification, pressé de faire cesser les violences communautaires, le gouvernement du président birman Thein Sein se donne un peu d’air en signant cet accord avec la minorité kachin après plusieurs rencontres infructueuses depuis la reprise des combats en 2011.

En revanche, les tensions ethniques et religieuses qui inquiètent les chancelleries étrangères et fragilisent le gouvernement réformateur en place depuis 2011 restent vives, notamment dans le nord-est.

Après deux jours de violences entre bouddhistes et musulmans qui ont fait au moins un mort et cinq blessés à Lashio, capitale de l’Etat shan, le calme était revenu jeudi.

L’armée patrouillait en nombre dans les rues de la ville et des magasins étaient à nouveau ouverts, selon un journaliste de l’AFP.

Quelque 300 musulmans ont fui leurs habitations et se sont réfugiés dans un monastère de la ville, sous la protection de la police et de l’armée.

Win Ko, un vendeur de légumes de 32 ans, a déclaré que les six membres de sa famille, dont trois enfants, avaient été escortés vers ce bâtiment jeudi matin après la destruction de leur logement dans les violences.

«Ils ont attaqué tous les hommes musulmans qu’ils croisaient, avec des bâtons et des couteaux», a-t-il raconté à l’AFP. Sa famille s’est cachée chez un voisin d’origine chinoise lorsqu’elle a entendu la foule arriver dans la rue.

Selon lui, quelques uns de ses voisins bouddhistes montraient aux émeutiers les maisons habitées par des musulmans dans ce quartier peuplé de plusieurs ethnies.

Le pays est en proie à des tensions islamophobes de plus en plus graves au fur et à mesure que les réformes politiques libèrent la société d’un demi-siècle de dictature militaire.

En 2012, dans l’ouest, des affrontements entre bouddhistes de l’ethnie rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient fait environ 200 morts et provoqué le déplacement de 140.000 personnes.

Des mosquées de plusieurs villes au nord de Rangoun ont été détruites au printemps 2013.

Des événements qui ont mis en lumière une islamophobie latente dans un pays majoritairement bouddhiste où vivent officiellement 4% de musulmans, et dont le pouvoir a été accusé par des organisations étrangères d’agir trop lentement face aux émeutiers, voire de laisser faire.

Jusqu’à présent, l’Etat Kachin n’avait pas été touché par ces vagues de violences religieuses mais des attaques visant des musulmans sont survenues début mai dans la commune de Hpakant, sans faire de blessés.

La minorité kachin est majoritairement chrétienne mais les ressources naturelles, notamment les mines de jade, attirent des communautés de tout le pays, d’autres ethnies et d’autres religions.

Selon le Dr Min Zaw Oo, un négociateur du Centre pour la paix de Birmanie participant au tour de table, l’accord en sept points signé entre le gouvernement et les rebelles de cet Etat, «est destiné à faire cesser les combats».

«Il y aura ensuite des discussions plus poussées sur le repositionnement des troupes», a-t-il précisé, qualifiant le résultat des pourparlers de «percée». Un porte-parole de la présidence birmane a salué une «bonne nouvelle».

Ces négociations étaient organisées pour la première fois en territoire birman depuis la reprise des combats en juin 2011 après 17 ans de trêve.

Elles se tenaient dans la capitale de l’Etat kachin, Myitkyina, entre des représentants de l’Armée pour l’indépendance kachin (KIA) et de son bras politique, l’Organisation du même nom (KIO), et des émissaires du pouvoir.

Une dizaine de rencontres ont déjà eu lieu depuis 2011, sans empêcher les combats de s’intensifier en décembre, avant que le pouvoir n’annonce un cessez-le-feu unilatéral qui n’a lui-même pas complètement fait taire les armes.

Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées par les combats. Les analystes estiment qu’un éventuel accord devra notamment vaincre, pour durer, les nombreuses réticences de part et d’autre, et les intérêts financiers des acteurs liés au conflit.


mai 28 2013

Birmanie : la puissante minorité des Wa veut son Etat

source : liberaation

Une femme Wa participe le 24 mai 2013 à une cérémonie religieuse dans la ville de Mangpan, dans l'été du Shan, au nord-est de la Birmanie

Une femme Wa participe le 24 mai 2013 à une cérémonie religieuse dans la ville de Mangpan, dans l’été du Shan, au nord-est de la Birmanie (Photo Hla Hla Htay. AFP)

Connue pour la force de son armée et ses liens avec la Chine, la minorité ethnique des Wa revendique désormais rien moins qu’un Etat au sein de la fédération de Birmanie, une façon d’accentuer son bras de fer avec le nouveau régime.

Le pays asiatique compte 14 divisions ou Etats, avec dans chacun d’entre eux un gouvernement et un parlement locaux. Mais il n’envisage que timidement une plus ample décentralisation, après des décennies d’une dictature militaire obsédée par l’union, face à des groupes rebelles dispersés aux quatre coins du territoire.

Les Wa constituent la plus puissante armée rebelle du pays, forte de quelque 30.000 hommes, appuyée sur la frontière avec la Chine et accusée de se financer par le trafic de drogue.

Ils entendent bien tirer leur épingle d’un jeu politique complètement remodelé depuis le départ de la junte en 2011 et la mise en place depuis de profondes réformes politiques.

Ils administrent déjà, en toute autonomie, six circonscriptions dans l’Etat Shan, soit environ 800.000 personnes. Mais pour Tone Sann, un porte-parole de l’Armée unie de l’Etat Wa (UWSA), ce «n’est pas suffisant».

«Nous voulons qu’elles soient reconnues comme formant un Etat» à part entière, a-t-il expliqué à l’AFP en marge d’une cérémonie religieuse à Mangpan, en Etat Shan, au cours de laquelle les chefs rebelles ont fait une rare apparition publique.

La demande intervient alors que des accords ont été signés depuis l’an passé entre une dizaine de groupes rebelles et le nouveau régime, qui revendique sa volonté de bâtir une paix durable. Elle émane d’une puissance incontournable, qui a elle-même respecté depuis 1989 un cessez-le-feu tendu.

«Etat Wa»

«Les Wa ont fait preuve dans le passé de leur capacité à obtenir les concessions dont ils avaient besoin», constate Nicholas Farrelly, de l’Australian National University.

Leurs ressources politiques, militaires et économiques en font «une force avec laquelle il faut compter», ajoute-t-il. «En administrant ce qui apparaît comme un fief frontalier indépendant, il est logique que les Wa testent les premiers un nouveau style de décentralisation».

Selon Tone Sann, la requête pour un «Etat Wa» a déjà été déposée par l’UWSA, notamment afin de bénéficier des programmes de développement fédéraux. Elle aurait reçu l’assurance d’un examen devant le parlement.

Pour Sai Pao Nap, un parlementaire du Parti démocratique wa, la promotion administrative permettrait aussi aux Wa de gérer directement leurs relations avec l’Etat sans passer par l’Etat shan. «Je ne pense pas que cela posera des problèmes», a-t-il pronostiqué.

Reste des tensions croissantes, depuis deux ans, entre les Wa et l’armée.

Il y a quelques semaines, un rapport d’IHS Jane’s qualifiait même de «fragile» le cessez-le-feu et suggérait que les Wa avaient acheté des hélicoptères aux Chinois dans le cadre d’un «programme de réarmement rapide».

Infirmée par Pékin, l’achat a aussi été démenti par Tone Sann, qui a nié par ailleurs l’importance de la production d’opium et de métamphétamines dans la zone.

Mais le grand voisin, relèvent les observateurs, n’est jamais très loin. La Chine est le «facilitateur et le sponsor du succès» de l’UWSA, estime Farrelly. «C’est une terre frontalière qui se définit par ses complexités et ses ambiguïtés, les Chinois jouant un rôle inévitable dans ce qu’ils considèrent être leur arrière-cour».

Un dossier ethnique sensible de plus pour le président Thein Sein, qui tarde déjà à obtenir la paix avec la dernière guérilla en activité, les Kachins, dans l’extrême-nord du pays.

Les pourparlers avec ces derniers, qui se sont poursuivis mardi, durent depuis des mois sans aboutir et des combats se poursuivent, alimentant l’idée que Naypyidaw reste tenté d’en finir, une fois pour toutes, avec les groupes rebelles.


mai 27 2013

Birmanie/Rohingyas : Aung San Suu Kyi condamne le contrôle des naissances

source : lenouvelobs

La chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi, habituellement très silencieuse sur le cauchemar enduré par la minorité musulmane des Rohingyas, a condamné lundi la volonté des autorités de limiter à deux le nombre d'enfants par famille. (c) Afp

La chef de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, habituellement très silencieuse sur le cauchemar enduré par la minorité musulmane des Rohingyas, a condamné lundi la volonté des autorités de limiter à deux le nombre d’enfants par famille. (c) Afp

RANGOUN (AFP) - La chef de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, habituellement très silencieuse sur le cauchemar enduré par la minorité musulmane des Rohingyas, a condamné lundi la volonté des autorités de limiter à deux le nombre d’enfants par famille.

“Une telle discrimination n’est pas bonne. Et ce n’est pas en ligne avec les droits de l’Homme non plus”, a-t-elle déclaré aux journalistes à Rangoun tout en précisant qu’elle ne savait pas si la loi était appliquée ou non.

Les Rohingyas se sont vu rappeler un ordre ancien “pour forcer à la monogamie et ne pas avoir plus de deux enfants”, selon un porte-parole du gouvernement rakhine, dans l’ouest du pays. La mesure “a été réapprouvée” la semaine dernière dans deux districts à très grande majorité rohingya.

Cette disposition avait été mise en place sous l’ancienne junte militaire à l’encontre d’une communauté considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées de la planète.

Des violences entre Rohingyas et bouddhistes de la minorité ethnique rakhine ont fait environ 200 morts l’an dernier, déplaçant environ 140.000 personnes et mettant en lumière une tension à vif entre les deux communautés.

Alors que les Rakhines expriment la peur de se voir envahir par les musulmans, le rapport de la commission d’enquête officielle sur ces violences avait plaidé en avril pour un “planning familial” pour les musulmans, tout en rejetant des mesures “obligatoires qui pourraient être vues comme injustes et abusives”.

Phil Robertson, de l’organisation Human Rights Watch, a de son côté dénoncé une mesure “contraire aux droits de l’Homme”, appelant le pouvoir central à intervenir et soulignant que la décision avait par le passé conduit à des arrestations et à l’absence d’existence légale pour les enfants au-delà de deux.

Les quelque 800.000 Rohingyas confinés dans l’Etat Rakhine ont été privés de nationalité par l’ancienne junte dissoute en 2011. Ils sont vus par beaucoup de Birmans comme des immigrés illégaux du Bangladesh.


mai 21 2013

Obama reçoit Thein Sein et replace la Birmanie dans le concert des nations

source : france24

Obama reçoit Thein Sein et replace la Birmanie dans le concert des nations
Thein Sein et Barack Obama le 20 mai 2013 à la Maison Blanche
© AFP

Le président américain reçoit son homologue birman pour une visite historique : aucun chef de l’État birman ne s’était rendu à Washington pendant presque 50 ans. Les États-Unis marquent ainsi leur soutien aux réformes du “Printemps birman”.

Pour la première fois depuis près de cinq décennies, un président birman va franchir le perron de la Maison Blanche. Thein Sein, à la tête de l’État birman depuis la chute de la junte en 2011, doit rencontrer, ce lundi à Washington, le président américain Barack Obama.

Cette visite est un nouveau signal fort envoyé par Washington à la Birmanie, qui prend petit à petit le chemin de la démocratie. En un an et demi, le pays a fait de spectaculaires progrès : la censure des journaux a été considérablement allégée, des centaines d’opposants ont été libérés et l’ancienne opposante Aung San Suu Kyi, pendant des années en résidence surveillée, est entrée au Parlement. Un “Printemps birman” que Washington a largement soutenu.

Les relations entre les deux pays ont dès lors connu un net réchauffement. Les États-Unis et l’Union européenne ont ainsi en avril 2012, soit quelques mois seulement après la fin du régime militaire, levé une partie des sanctions financières pesant sur ce pays d’Asie du Sud-Est.

En septembre dernier, Aung San Suu Kyi, icône de la résistance au régime militaire, a été reçue en grande pompe au États-Unis au début d’un voyage de trois semaines au cours duquel elle a rencontré Barack Obama. Le président américain lui-même s’est rendu dans la capitale birmane deux mois plus tard, où il s’est entretenu avec Thein Sein. C’est maintenant au tour du président de la Birmanie, ex-Premier ministre au cours des trois dernières années de la junte et artisan du “Printemps birman”, de se rendre à la Maison Blanche.

Thien Sein en quête de légitimité

“Pour les États-Unis, ce rapprochement s’inscrit dans la droite lignée de la réorientation de sa politique extérieure vers l’Asie”, analyse David Camroux, politologue spécialiste de l’Asie du Sud-Est au Centre d’études et de recherches internationales (Ceri). “Mais pour Thien Sein, ce déplacement revêt trois objectifs : il lui apporte une légitimité dans son rôle de président, à la fois sur le plan intérieur vis-à-vis de l’armée et sur la scène internationale ; il lui permet de solliciter des investissements et des aides, car la Birmanie est riche, mais elle n’est dotée d’aucune infrastructure ; et ce rapprochement affiché avec Washington permet à Thien Sein de mener un rééquilibrage des rapports de son pays avec la Chine, de qui il était relativement dépendant pendant les années de junte.”

La Birmanie n’est désormais plus au ban de la communauté internationale et le soutien américain ne devrait pas tarder à se concrétiser. Cependant, de nombreux opposants – principalement des représentants en exil des minorités ethniques birmanes – jugent l’invitation officielle de Thien Sien à Washington prématurée. Car dans de nombreuses provinces de Birmanie, les droits des minorités sont encore largement bafoués. Dans l’est du pays, le long des frontières avec la Chine et la Thaïlande, les hostilités entre les militaires et des membres des ethnies Kachins, Karens et Shans n’ont pas cessé.

Les minorités maintenues en marge des réformes

Parmi les minorités qui ne profitent pas du “Printemps birman” figurent notamment les Rohingyas. Ces musulmans apatrides sont ciblés depuis 2012 par des vagues de violence qui ont provoqué près de 200 morts en l’espace de quelques mois, et le déplacement de 140 000 personnes dans l’ouest de la Birmanie.

Aujourd’hui, la situation des Rohingyas, considérée par l’ONU comme l’une des minorités les plus persécutées au monde, est particulièrement préoccupante. Les déplacés, entassés dans des camps, vivent dans des conditions sanitaires déplorables, manquant de nourriture, d’eau potable et de médicaments. Le cyclone Mahasen, qui a touché les côtes du Bangladesh voisin le 16 mai dernier, a transformé les camps en champs de boue, donnant aux réfugiés un avant goût du calvaire qui les attend pendant la mousson.

“Les minorités ne sont pas la priorité des politiciens en Birmanie, rappelle David Camroux. Ni pour Thien Sein, ni pour Aung San Suu Kyi qui tient elle aussi des discours très ethno-nationalistes et défend des thèses sur la suprématie de la majorité ethnique birmane. Les responsables des minorités ethniques estiment que les félicitations de la communauté internationale viennent trop vite, et on ne peut pas leur donner tort. Effectivement, il y a des réformes de taille, mais elles ne concernent que les territoires de l’ethnie birmane majoritaire. En revanche, en périphérie [dans les territoires des minorités, NDLR], rien ne se passe”.


mai 15 2013

Birmanie: en Etat Mon, les flux migratoires ont créé un vide générationnel

source : liberation

Un homme marche dans une rue de Mawlamyine, capitale de l'Etat Mon dans l'est de la Birmanie, le 16 mars 2013

Un homme marche dans une rue de Mawlamyine, capitale de l’Etat Mon dans l’est de la Birmanie, le 16 mars 2013 (Photo Ye Aung Thu. AFP)

Les résidents l’appellent «la Terre du vieil homme». L’Etat Mon, dans l’est de la Birmanie, n’est peuplé que de vieillards et de jeunes enfants, depuis que ses forces vives sont parties en Thaïlande pour échapper à la misère.

Certains affirment que 70% des adultes en âge de travailler ont déserté la région. Les adolescents partent dès l’école terminée et traversent la frontière derrière laquelle les attendent des postes de femmes de ménage et d’ouvriers dans le textile, l’agro-alimentaire, la pêche.

En attendant que les réformes du nouveau gouvernement portent leurs fruits et relancent une économie au point mort, la société continue de faire sans eux. «Il n’y a que des mères et des grands-parents qui prennent soin des petits-enfants», explique Nyein Tin, dont les cinq enfants sont partis.

Ils lui envoient chaque mois de quoi assurer le quotidien. «Comment pourrais-je vivre s’ils ne m’envoyaient pas d’argent», admet-elle, trop occupée avec les petits pour pouvoir chercher un emploi.

L’ONG HelpAge International estime qu’un quart des foyers de l’Etat ne compte que des grands-parents et leurs petits-enfants, contre à peine 10% dans le reste du pays. Un signe parmi d’autres de ce que les zones frontalières de Birmanie ont été marquées au fer rouge par des décennies de guerre civile.

Plusieurs groupes ethniques rebelles ont lutté contre le pouvoir central dès après l’indépendance, en 1948, plongeant les civils dans un tourbillon de combats, abus, violations diverses de leurs droits, privations de toutes sortes.

L’an passé, le régime qui a succédé à la junte en 2011 a signé un cessez-le-feu avec les Karens, très actifs dans l’Etat voisin du même nom. Mais les flux migratoires ne se sont pas encore inversés.

La Thaïlande compte ainsi 1,7 million de travailleurs birmans enregistrés, auxquels s’ajoute un autre million non déclaré, selon Andy Hall, militant et défenseur des sans-papiers.

Avalés dans la machine économique et administrative thaïlandaise, ils sont souvent malmenés, maltraités, mais n’ont guère le choix. «Ils veulent rentrer mais l’écart de salaire est tellement énorme qu’ils ne peuvent pas», résume-t-il, évoquant des transferts de fonds annuels de 300 millions à 2 milliards de dollars, selon les sources.

«Si j’étais jeune, j’aurais envie d’y aller»

Kyaw Thu Ya et sa femme Hay Mar, originaires de la capitale de l’Etat Mon Mawlamyine, se sont rencontrés dans une usine de crevettes dans la zone industrielle thaïlandaise de Mahachai. Ils sont tombés amoureux, mais la terre natale est loin.

«Mes parents me manquent», admet-il sans détour dans leur petite chambre austère. «Ici nous avons du travail, les routes, l’électricité, tout fonctionne. En Birmanie, nous n’aurions ni télévision ni ordinateur, c’est la grande différence».

Le gouvernement birman affirme haut et fort que tout est prêt pour préparer le retour de cette masse de travailleurs dont elle aura besoin pour faire tourner l’appareil productif. Des zones économiques spéciales sont en projet un peu partout.

Mais Kyaw Thu Ya, qui fait de la saisie informatique et parle des rudiments de thaï et de chinois, aura besoin d’arguments convaincants. Et aujourd’hui, la majorité des emplois chez lui tournent autour de la culture d’hévéas et rapportent 3.000 kyats (3 dollars) par jour, explique Ko Ko Zaw, éditeur du journal local Than Lwin Times.

«Ce n’est pas suffisant. C’est pour ça qu’ils vont à l’étranger. Donc c’est devenu un Etat où seuls vivent les vieux».

Pour s’offrir un avenir, la région doit se diversifier et développer une industrie. Mais il faudra attendre notamment que le pouvoir alimente suffisamment la région en électricité. Ce qui suppose d’attendre encore quelques années.

D’ici là, quels que soient les espoirs soulevés par les perspectives de paix et de démocratisation, le réel est tenace. A quelques encablures de Mawlamyine, Htwe Yi sait bien qu’une paisible vie à la campagne ne fait pas rêver les jeunes qui ont goûté aux trépidations de la vie à l’étranger.

«Ceux qui sont partis là-bas ne peuvent revenir», estime ce paysan de 58 ans. «Si j’étais encore jeune, j’aurais envie d’y aller».


mai 14 2013

Naufrage d’un bateau au large de la Birmanie

source : liberation

L’embarcation transportait des dizaines de musulmans rohingyas qui tentaient de rejoindre un camp de fortune de l’ouest du pays.

Par AFP

Des bateaux emmenant des dizaines de musulmans rohingyas ont fait naufrage dans le golfe du Bengale, au large de la Birmanie, où le cyclone Mahasen se rapprochait dangereusement des côtes, ont indiqué les Nations unies mardi sans pouvoir préciser le nombre de victimes.

Les navires, peut-être cinq, ont sombré lundi soir après avoir quitté la ville de Pauktaw, selon Kirsten Mildren, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

Les passagers, qui comptaient parmi les personnes déplacées en 2012 par des violences religieuses, tentaient de rejoindre «un autre camp avant l’arrivée du cyclone» a-t-elle expliqué. «Toutes les informations font état de plus d’un bateau», huit corps ont été repêchés et 42 survivants ont été sauvés, a-t-elle précisé tout en admettant que les chiffres étaient susceptibles d’évoluer rapidement.

Un musulman du camp de Mansi, proche de la capitale de l’Etat Rakhine Sittwe dans l’ouest, a expliqué que 200 personnes avaient tenté de fuir la tempête tropicale et qu’un grand nombre d’entre elles étaient mortes. Les autorités birmanes n’ont rien confirmé.

Mahasen se trouvait mardi à la mi-journée à 1 180 kilomètres de Sittwe, selon le département de météorologie de Birmanie, avec des vents approchant les 100 km/h près de l’épicentre. Il devrait toucher les côtes d’ici jeudi soir.

Environ 140 000 personnes vivent dans des camps de fortune dans la région après des affrontements l’an passé entre bouddhistes de l’ethnie rakhine et Rohingyas qui avaient fait environ 200 morts. Les autorités ont commencé à reloger ces déplacés, en majorité des Rohingyas, de crainte que leurs camps de fortune ne résistent pas aux intempéries. Les militaires qui étaient intervenus en 2012 en vertu de l’état d’urgence ont été réquisitionnés.

«De nombreux militaires sont déployés pour être prêts à porter assistance quand le cyclone frappera», a assuré Win Myaing, porte-parole du gouvernement rakhine. Mais de nombreux déplacés refusent de bouger sans savoir où ils seraient installés, dans un climat de défiance très forte. «Il y a beaucoup de soldats avec leur écharpe rouge autour du cou pour nous aider. Mais nous (…) avons peur d’eux. les gens craignent d’être arrêtés s’ils font quelque chose de mal», a expliqué le déplacé du camp de Mansi.

«La plupart des réfugiés ici ne veulent pas partir», a confirmé un résident du camp de Techaung, près de Sittwe. «Le nouvel endroit est encore plus près de la mer, donc nous sommes inquiets».

Human Rights Watch (HRW) a récemment accusé la Birmanie de mener une campagne de nettoyage ethnique contre les quelques 800 000 Rohingyas de l’Etat Rakhine.

Mardi, l’organisation dénoncé l’inaction du pouvoir à l’approche de la saison des pluies. «Si le gouvernement ne parvient pas à évacuer ceux qui sont en danger, les désastres qui en découleront ne seront pas naturels, mais provoqués par l’homme», a estimé Brad Adams, directeur Asie de HRW dans un communiqué.

Les autorités du Bangladesh sont elles aussi en alerte au fur et mesure que le cyclone se rapproche, même si le lieu exact où il doit frapper les côtes est encore incertain. Dacca a élevé son niveau d’alerte lundi mais aucun ordre d’évacuation n’a encore été émis.

Environ 30 millions de Bangladais, sur une population de 153 millions, vivent le long des côtes. Le pays, dont une bonne partie du territoire se situe juste au niveau de la mer, est souvent victime de cyclones meurtriers.

En novembre 2007 notamment, Sidr avait fait 3 300 morts, 800 disparus et 8,7 millions de sinistrés. En Birmanie, Nargis, qui s’était abattu en 2008 sur le delta de l’Irrawaddy, avait fait 138 000 morts et disparus.


mai 13 2013

L’investissement étranger en Birmanie a quintuplé en un an

source : lesechos

L’investissement étranger en Birmanie (Myanmar) a pratiquement quintuplé pendant l’exercice budgétaire clos fin mars par rapport à l’exercice précédent, au profit notamment de l’industrie textile locale, montrent des chiffres publiés lundi.

“Les investissements locaux et étrangers au Myanmar ont été multipliés par cinq en 2012-2013″, a déclaré le président Thein Sein dimanche à Mandalay dans un discours repris par la presse officielle lundi.

L’investissement étranger a représenté 1,419 milliard de dollars (1,09 milliard d’euros) et bénéficié à 94 entreprises, tandis que les investisseurs locaux ont injecté 1.100 milliards de kyats (946 millions d’euros) dans 65 entreprises, créant au total 82.792 emplois, a précisé le chef de l’Etat.

Un haut responsable de la Commission pour l’investissement au Myanmar a indiqué à Reuters que l’investissement direct étranger (IDE) s’était monté à 300 millions de dollars lors de l’exercice précédent, clos en mars 2012, au profit de seulement 11 entreprises.

“Sur les 94 entreprises proposées pour les IDE lors du dernier exercice, 78 opèrent dans le secteur manufacturier à forte consommation de main d’oeuvre, notamment les usines de confection”, a-t-il noté.

La plupart des investissements provenaient de Chine, de Hong Kong, du Japon, de la Corée du Sud et de Singapour.

“Le taux de réalisation de ces investissements a été sans précédent”, a ajouté le responsable en faisant état de perspectives positives après la levée des sanctions internationales qui frappaient le régime militaire en place jusqu’en mars 2011 et l’adoption, en novembre 2012, d’une nouvelle loi sur l’investissement étranger.

“L’UE compte accorder très bientôt au Myanmar un statut de SPG et il y a de plus en plus d’investisseurs potentiels qui se manifestent, de tous les continents”, a-t-il souligné.


mai 6 2013

La difficile mais possible transition birmane

source : lemonde

La Birmanie vient de connaître une nouvelle période de troubles inter-ethniques qui méritent mieux que les jugements hâtifs qu’on lit un peu partout dans la presse occidentale. Ce pays “où rien n’est pareil à ce qui se passe ailleurs”, comme le disait très justement Kipling, est peuplé à 72% ou 75 % (il n’y a pas de recensement fiable) de Birmans proprement dits (les “Bamas”) qui occupent presque entièrement la très riche vallée centrale de l’Irrawaddy, c’est-à-dire la ” Birmanie utile “.

Cette ethnie descendue de l’Himalaya il y a plus d’un millénaire a repoussé progressivement toutes les autres, même celles à qui elle doit une partie de sa culture et de son accès au bouddhisme (comme les Môns) vers les zones montagneuses ou les plateaux de la périphérie. Une carte ethnique du pays montre donc un noyau dur ” bama “ au centre du pays, du Golfe du Bengale aux trois quarts Nord, et une zone en fer à cheval presque parfait à l’Ouest au Nord et à l’Est, globalement plus vaste, mais peuplée d’ ethnies minoritaires.

Le gouvernement birman recense officiellement 135 ethnies, mais ce chiffre est artificiellement gonflé (diviser pour régner ?) car il comptabilise toutes les sous-ethnies, qui existent réellement mais pourraient se regrouper en six ou sept grands groupes, essentiellement les Shan (qui occupent plus du quart du territoire), les Karens, (éventuellement avec les Kareni et les Kayas), les Môns, les Kachins, les Chins et les Arakanais. A ces grands groupes, il faut ajouter de petites ethnies frontalières de la Chine (les Was par exemple), de l’Inde (les Nagas) et du Bangladesh incorporées par les Britanniques dans leur “Raj indien” dont la Birmanie a fait partie jusqu’en 1938, au grand déplaisir des Birmans. Il faut ajouter aussi les descendants indiens, souvent musulmans, des fonctionnaires laissés derrière eux par les colonisateurs et qui sont encore très mal considérés, ainsi que les nombreux “sino-birmans” parfois originaires du Yunan et parfois musulmans aussi.

“DES IMMIGRÉS APATRIDES”

Les “musulmans” (4% de la population), très éparpillés, ne sont pas homogènes et ne constituent pas une “minorité nationale” reconnue. Les Rohingyas, qui ont été à l’origine et aussi les victimes de troubles récents, occupent trois cantons de l’Etat (bouddhiste ) de l’Arakan à la frontière du Bangladesh. Ils ne sont pas reconnus comme des nationaux de Birmanie mais des immigrés apatrides, de l’avis même de Mme Aung San Suu Kyi.

Soupçonnés d’être travaillés par le djihadisme, ils sont l’objet d’une grande méfiance de la part des autres. Il faut savoir aussi que de nombreux territoires sont en réalité des ” peaux de léopard “. Ainsi, quand on fait des randonnées sur les hauts plateaux de l’Etat shan de l’Ouest, passe-t-on en quelques minutes du chef-lieu entièrement shan (où on parle une langue apparentée au thaï) à un village lahu, où les costumes sont complètement différents, comme la langue, puis plus haut à un village eng encore différent et ainsi de suite, les derniers arrivés au cours de migrations ayant repoussé les autres vers les terres les plus ingrates. Pourtant tout le monde vit en bonne intelligence.

Tout le monde se retrouve au marché du chef-lieu où on échange les produits de la forêt (bois de chauffage) ou de l’agriculture de montagne (légumes ou riz d’altitude) contre des produits manufacturés. Tous se reconnaissent au premier coup d’œil par le costume. A l’occasion, on s’invite d’un village à l’autre pour les fêtes rituelles (j’y ai assisté). Le seul adversaire commun étant l’armée birmane, dont les descentes (pour organiser la corvée par exemple) ont longtemps été un facteur fédérateur chez les locaux.

EXTRAORDINAIRE RICHESSE CULTURELLE

Quant à la Birmanie centrale “bama” (que les Britanniques appelaient “Burma proper”, elle abrite elle-même des millions de minoritaires souvent laissés derrière lui à son départ par le colonisateur comme les Indiens de Rangoun et Mandalay et les très nombreux villages karens du delta de l’Irrawaddy, peuplés des descendants d’anciens coolies importés” pour défricher, très loin de leur Etat d’origine.

Ce patchwork, comme toute chose, peut être le meilleur ou la pire de choses pour la nouvelle Birmanie en gestation. L’extraordinaire richesse culturelle qu’il révèle constitue un patrimoine potentiel exploitable (il l’est déjà), pour le tourisme, entre autres. D’île au milieu des terres qu’elle a toujours été, la Birmanie pourrait devenir ce qu’elle est en puissance, un pont utile entre l’Asie Jaune et l’Asie brune, et pas seulement le corridor que la Chine essaie actuellement de se ménager vers l’Océan indien, à la faveur du long boycott occidental. Il ne faut cependant pas faire d’angélisme au sujet du “chaudron ethnique” birman mais bien prendre en compte le poids de l’Histoire : pendant la période coloniale, les Britanniques utilisaient des régiments de “minoritaires” (Chin Rifles, Karen Rifles) pour mater les soulèvements de l’ethnie birmane (bama), laquelle, après trois guerres anglo-birmanes, n’avait jamais accepté la colonisation, surtout dans le cadre “indien”.

Lors de la “révolution de safran” de 2007, les généraux de la junte d’alors ont fait de même pour réprimer la révolte des jeunes moines, bien birmans. Diviser pour régner, toujours. Il faudra donc d’abord faire appel à la vertu très bouddhiste de la “compassion” et de la mansuétude, qu’on a déjà vu s’appliquer à l’occasion de la récente ouverture du régime, avec la libération d’Aung San Suu Kyi, sa participation aux élections partielles et maintenant sa présence à la Fête de l’Armée, cette même armée qui la persécutait mais qu’a fondée son père, à laquelle elle s’est toujours dite attachée, qui fait vivre le quart de la population du pays, et dont elle a toujours, même en prison, rappelé qu’elle serait toujours indispensable à la cohésion d’un pays tellement divisé.

TENIR JUSQU’AUX ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES DE 2015

Les voix qui s’élèvent ou les articles qu’on lit dans la presse occidentale se formalisant de ce rapprochement paraissent bien injustes envers celle qui a payé de sa personne et de sa liberté, au risque de sa vie, pour sortir son pays du trou noir. Elle est à présent obligée de jouer serré pour tenir jusqu’aux élections présidentielles de 2015 en faisant confiance à l’actuel président, Thein Sein, qui doit lui aussi se méfier des nostalgiques de la dictature. Il faudra peut-être négocier un amendement à la constitution pour lui permettre de concourir.

Les minorités, elles, l’avaient largement soutenue lors des élections volées de 1990, et elles semblent prêtes à recommencer comme elles avaient fait avec son père le Général Aung San (juste avant son assassinat), lors de la Conférence de Panglong en 1947, s’engageant à ne pas revendiquer d’indépendances séparées sur des territoires de micro-Etats qui d’ailleurs ne seraient pas viables. Après tout, comme la France actuelle s’est faite grosso modo dans les ” frontières “ de l’ancienne Gaule, aux prix de siècles de conflits, c’est à peu près toujours dans le même espace clos entre Himalaya, Plateau shan, Golfe du Bengale et Chaîne de l’Arakan que la Birmanie, très ancien royaume, s’est forgée au cours des siècles, telle ethnie (Shan, Môn) supplantant un moment les autres avant de refluer, tout en restant présente dans son coin de territoire.

Tous ces conflits, même cruels, cela finit par créer des liens et une communauté de destin. Pour concrétiser cette difficile union, il faudrait envisager un véritable Etat fédéral décentralisé, avec des Etats fédérés réellement autonomes pour leurs affaires internes au lieu de ces gouverneurs-satrapes invariablement “bamas” et militaires, bref redonner vie aux accords de Panglong sabotés il y a soixante ans par des militaires à la vue courte. Une seule personne semble investie de la légitimité et du soutien populaire pour mener à bien la dernière étape du processus de transition, c’est celle que sur les photos de presse on voit à la tribune à côté de ses anciens bourreaux et qui mérite mieux que les articles vertueux de certaine presse bien-pensante. Kipling avait raison : “en Birmanie, rien n’est pareil à ce qui se passe ailleurs”.

Jean Hourcade (membre du groupe de prospective Asie21, ancien conseiller culturel en Birmanie)


mai 1 2013

Des blessés lors de nouveaux incidents anti-musulmans en Birmanie

source : romandie.com

Une mosquée et des magasins ont été attaqués mardi dans une ville du centre de la Birmanie un mois après des violences meurtrières entre bouddhistes et musulmans, ont indiqué les autorités, précisant que dix personnes avaient été blessées.
Selon les informations initiales reçues par la police birmane, une mosquée et des magasins aux alentours ont été attaqués à Oakkan, à environ 100 km au nord de Rangoun, a déclaré le porte-parole du gouvernement Ye Htut sur sa page Facebook.
Les violences ont éclaté après qu’une femme a bousculé par accident un moine novice de onze ans qui a alors laissé tomber le bol destiné à collecter les offrandes, qui s’est brisé, a précisé un communiqué publié sur le site du ministère de l’Information et lu à la télévision d’Etat mardi soir.
Les forces de sécurité ont dû effectuer des tirs d’avertissements pour disperser la foule qui jetait des pierres sur un édifice religieux, détruisait des façades de magasins, a-t-il ajouté, précisant que 25 magasins avaient été touchés.
Lors des violences, dix personnes ont été blessées, dont huit légèrement, a-t-il encore indiqué, assurant que la police avait pris le contrôle de la situation.
En mars, des émeutes religieuses avaient fait 43 morts à Meiktila, également dans le centre du pays, après une dispute entre un marchand musulman et des clients bouddhistes.
La ville avait sombré pendant trois jours dans le chaos et des quartiers entiers avaient été brûlés jusqu’à ce que l’armée intervienne en vertu de l’état d’urgence.
Les jours suivants, des mosquées avaient été détruites dans plusieurs villes d’une région au nord de Rangoun, proche d’Oakkan, pendant que des moines extrémistes distillaient des discours nationalistes.
En 2012, dans l’ouest du pays cette fois, des affrontements entre bouddhistes de l’ethnie rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient fait environ 200 morts et 140.000 déplacés.
Ces événements ont révélé un fond islamophobe latent dans un pays majoritairement bouddhiste où vivent officiellement 4% de musulmans.