mar 28 2013

Birmanie : des organisations musulmanes en appellent à l’Etat

source : lemonde

Une maison appartenant à des musulmans mise à sac lors de violences communautaires le 27 mars 2013 à Zeegone, dans le centre de la Birmanie.

Une maison appartenant à des musulmans mise à sac lors de violences communautaires le 27 mars 2013 à Zeegone, dans le centre de la Birmanie. | AFP/Ye Aung Thu

Les principales organisations musulmanes de Birmanie ont demandé une protection active des forces de sécurité contre les violences religieuses, les accusant même de passivité face aux émeutiers, dans une lettre ouverte au pouvoir obtenue jeudi par l’AFP.

“Les vies et les biens de la communauté de l’islam, les mosquées et écoles religieuses de Birmanie ne sont plus en sécurité et la situation est inquiétante”, peut-on lire dans ce texte envoyé le 26 mars à la présidence, selon Nyunt Maung Shein, le président du conseil des affaires islamiques. “Ces attaques violentes incluent des incendies volontaires et des massacres qui méritent une punition sévère”, poursuivent les quatre organisations signataires, qui accusent les forces de sécurité de “négligence” et de passivité.

FAIBLESSE DE LA PROTECTION

Les violences entre bouddhistes et musulmans ont fait 40 morts la semaine dernière à Meiktila, dans le centre du pays. Elles se sont depuis étendues à d’autres communes et si le bilan humain est inchangé, de nombreuses mosquées et habitations ont été détruites et des quartiers soumis au couvre-feu. “Les massacres et dégâts sur les bâtiments religieux et propriétés sont imputables à la faiblesse de la protection et des actions prises par les autorités responsables”, accusent les auteurs de la lettre. Les incidents sont quotidiens depuis quelques jours dans une vaste région au nord de Rangoun. Des dizaines de personnes ont été arrêtées.

La Birmanie enchaîne les réformes politiques et économiques depuis le départ de la junte militaire il y a deux ans, mais ces violences constituent un défi de tout premier ordre pour le nouveau régime. En 2012 déjà, des affrontements entre bouddhistes de la minorité ethnique rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient fait plus de 180 morts et 110 000 déplacés dans l’ouest.

Cette fois, les musulmans visés sont des citoyens birmans, venus depuis parfois plus d’un siècle d’Inde, de l’actuel Bangladesh ou de Chine. Une situation qui inquiète la communauté internationale. Les Etats-Unis ont indiqué mercredi surveiller la manière dont le pouvoir s’appliquerait à “restaurer l’ordre et maintenir la paix en respectant les droits de l’homme et la loi”, selon un porte-parole du département d’Etat.


mar 25 2013

Birmanie : le pouvoir met en garde contre “l’extrémisme religieux”

source : lacroix

Le régime birman a mis en garde lundi contre “l’extrémisme religieux”, promettant de tout faire pour ramener l’ordre après des violences entre bouddhistes et musulmans qui ont fait plus de trente morts la semaine dernière et menacent le processus de réformes politiques.

“Le gouvernement punira tous les actes terroristes y compris les incitations aux attaques religieuses ou raciales”, selon un communiqué du gouvernement diffusé à la télévision.

“Aujourd’hui, alors que le gouvernement essaye d’avancer sur les réformes démocratiques et le développement, la population doit se garder de tout acte terroriste et de tout extrémisme religieux (…)”.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées ce week-end pour leur participation supposée aux violences de la ville de Meiktila (centre), mais aussi dans d’autres communes de cette région proche de la capitale Naypyidaw.

Une simple querelle mercredi entre un vendeur musulman et des clients a dégénéré, conduisant à la destruction par le feu de quartiers entiers et de mosquées, tandis que des corps calcinés gisaient dans les rues.

Ces trois jours de violences lors desquelles des groupes d’émeutiers, dont des moines bouddhistes, ont transformé la ville en coupe-gorge, ont fait selon le dernier bilan officiel 32 morts et plus de 9.000 déplacés.

Le calme y était revenu lundi, selon le député de la circonscription Win Htein. “Le problème le plus difficile sera de reconstruire la relation entre bouddhistes et musulmans”, a-t-il toutefois reconnu.

Le gouvernement du président Thein Sein, crédité de nombreuses réformes politiques depuis deux ans, n’a pas directement pris la parole depuis ces émeutes.

Elles témoignent pourtant d’une tension très préoccupante entre les deux communautés. En 2012, des affrontements entre bouddhistes de la minorité ethnique rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient déjà fait plus de 180 morts et 110.000 déplacés dans l’ouest du pays.

Le communiqué précise que les déplacés seront réinstallés au plus vite, en fonction des conditions de sécurité. “Des discussions seront engagées pour reconstruire la confiance entre les communautés”, a-t-il ajouté, évoquant des “ateliers (…) pour apaiser les émotions”.

Dimanche, des responsables bouddhiste, musulman, hindou et chrétien avaient appelé à la réconciliation dans la presse officielle.

Dans un pays où la majorité bamar considère le bouddhisme comme partie intégrante de l’identité nationale, les analystes ont évoqué une véritable fracture religieuse qui pose un défi majeur au régime réformateur, au pouvoir depuis la dissolution de la junte il y a deux ans.

Des tensions ont même été constatées ces dernières semaines à Rangoun.

Le gouvernement régional a décidé de fermer à 21H00 les restaurants et magasins de l’ancienne capitale qui vendent de l’alcool, pour éviter la propagation de “rumeurs” par des personnes sous l’emprise de l’alcool, selon un responsable sous couvert de l’anonymat.


mar 24 2013

Birmanie : les violences communautaires s’étendent, des dizaines d’arrestations

source : liberation

Des personnes déplacées par les violences communautaires, dans un camp à Meiktila, dans le centre de la Birmanie, le 24 mars 2013

Des personnes déplacées par les violences communautaires, dans un camp à Meiktila, dans le centre de la Birmanie, le 24 mars 2013 (Photo Soe Than Win. AFP)

Les violences entre bouddhistes et musulmans qui ont fait de 30 morts à Meiktila se sont étendues à d’autres communes du centre de la Birmanie, alors que les craintes augmentent que la haine entre les communautés ne provoquent des conséquences encore plus dramatiques.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées pour leur participation supposée aux violences de Meiktila mais aussi dans trois autres lieux de cette région toute proche de la capitale Naypyidaw, a annoncé dimanche le ministère de l’Information.

Des incidents se sont notamment produits dans un village de la commune de Yamethin, où 17 personnes sont détenues.

«Au total 43 maisons et une mosquée ont été incendiées hier soir» samedi sans faire de victime, a précisé à l’AFP un responsable de ce village d’Ywardan, assurant que la plupart des maisons appartenaient à des musulmans.

«J’ai dû courir pour sauver ma vie en tenant mon enfant par la main», a ajouté une habitante, sous couvert de l’anonymat.

A Meiktila, où l’armée a repris samedi le contrôle de la ville placée la veille au soir sous état d’urgence, 52 personnes interpellées pour port de couteaux ou de bâtons ont été relâchées sous caution mais 13 personnes étaient toujours détenues, selon le ministère.

«La situation est calme aujourd’hui», a indiqué un résident dimanche à l’AFP.

«Certains magasins ont rouvert, mais pas tous. Le marché principal est toujours fermé. Les gens ont toujours peur», a-t-il ajouté.

Une simple querelle mercredi entre un vendeur musulman et des clients a dégénéré, conduisant à la destruction par le feu de quartiers entiers et de mosquées, tandis que des corps calcinés restaient dans les rues.

Ces trois jours de violences lors desquelles des groupes d’émeutiers, dont des moines bouddhistes, ont transformé la ville en coupe-gorge, ont fait selon le dernier bilan officiel 32 morts et près de 9.000 déplacés, auxquels le représentant spécial des Nations Unies pour la Birmanie Vijay Nambiar est allé apporter son soutien dimanche.

Ces violences «sont une véritable tragédie (…) en terme de pertes de vies et de destructions», a-t-il déclaré, notant que la plupart des déplacés étaient musulmans.

«Nous sommes prêts à aider autant que nous le pouvons en terme d’assistance humanitaire», a-t-il ajouté, après avoir notamment rendu visite aux centaines de déplacés rassemblés sur un terrain de sport.

Alors qu’en 2012, des affrontements entre bouddhistes de la minorité ethnique rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient déjà fait plus de 180 morts et 110.000 déplacés dans l’ouest du pays, ces nouvelles violences témoignent d’une tension croissante entre les deux communautés.

Dans un pays où la majorité bamar considère le bouddhisme comme partie intégrante de l’identité nationale, les analystes ont évoqué une véritable fracture religieuse qui pose un défi majeur au régime réformateur au pouvoir depuis la dissolution de la junte il y a deux ans.

Mais l’envoyé de l’ONU a rejeté l’idée d’une véritable hostilité entre les deux communautés.

«Ce que j’ai remarqué dans mes rencontres, c’est une grande tristesse et une tragédie, mais très peu de haine, pas de haine», a assuré Nambiar, évoquant sans explication l’oeuvre de personnes «extérieures».

Il a également salué comme un «symbole très important», la visite dimanche à Meiktila de leaders religieux aux côtés de membres du gouvernement.

Plusieurs responsables bouddhiste, musulman, hindou et chrétien ont de leur côté appelé à la réconciliation dans la presse officielle, première déclaration de ce type depuis mercredi.

Les fidèles des différentes religions doivent «maintenir l’harmonie de la communauté avec amour et gentillesse, et rester à l’écart des conflits non nécessaires», ont-ils écrit dimanche, appelant le gouvernement à «assurer la sécurité des deux communautés».

Les violences entre bouddhistes et musulmans qui ont fait de 30 morts à Meiktila se sont étendues à d’autres communes du centre de la Birmanie, alors que les craintes augmentent que la haine entre les communautés ne provoquent des conséquences encore plus dramatiques.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées pour leur participation supposée aux violences de Meiktila mais aussi dans trois autres lieux de cette région toute proche de la capitale Naypyidaw, a annoncé dimanche le ministère de l’Information.

Des incidents se sont notamment produits dans un village de la commune de Yamethin, où 17 personnes sont détenues.

«Au total 43 maisons et une mosquée ont été incendiées hier soir» samedi sans faire de victime, a précisé à l’AFP un responsable de ce village d’Ywardan, assurant que la plupart des maisons appartenaient à des musulmans.

«J’ai dû courir pour sauver ma vie en tenant mon enfant par la main», a ajouté une habitante, sous couvert de l’anonymat.

A Meiktila, où l’armée a repris samedi le contrôle de la ville placée la veille au soir sous état d’urgence, 52 personnes interpellées pour port de couteaux ou de bâtons ont été relâchées sous caution mais 13 personnes étaient toujours détenues, selon le ministère.

«La situation est calme aujourd’hui», a indiqué un résident dimanche à l’AFP.

«Certains magasins ont rouvert, mais pas tous. Le marché principal est toujours fermé. Les gens ont toujours peur», a-t-il ajouté.

Une simple querelle mercredi entre un vendeur musulman et des clients a dégénéré, conduisant à la destruction par le feu de quartiers entiers et de mosquées, tandis que des corps calcinés restaient dans les rues.

Ces trois jours de violences lors desquelles des groupes d’émeutiers, dont des moines bouddhistes, ont transformé la ville en coupe-gorge, ont fait selon le dernier bilan officiel 32 morts et près de 9.000 déplacés, auxquels le représentant spécial des Nations Unies pour la Birmanie Vijay Nambiar est allé apporter son soutien dimanche.

Ces violences «sont une véritable tragédie (…) en terme de pertes de vies et de destructions», a-t-il déclaré, notant que la plupart des déplacés étaient musulmans.

«Nous sommes prêts à aider autant que nous le pouvons en terme d’assistance humanitaire», a-t-il ajouté, après avoir notamment rendu visite aux centaines de déplacés rassemblés sur un terrain de sport.

Alors qu’en 2012, des affrontements entre bouddhistes de la minorité ethnique rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas avaient déjà fait plus de 180 morts et 110.000 déplacés dans l’ouest du pays, ces nouvelles violences témoignent d’une tension croissante entre les deux communautés.

Dans un pays où la majorité bamar considère le bouddhisme comme partie intégrante de l’identité nationale, les analystes ont évoqué une véritable fracture religieuse qui pose un défi majeur au régime réformateur au pouvoir depuis la dissolution de la junte il y a deux ans.

Mais l’envoyé de l’ONU a rejeté l’idée d’une véritable hostilité entre les deux communautés.

«Ce que j’ai remarqué dans mes rencontres, c’est une grande tristesse et une tragédie, mais très peu de haine, pas de haine», a assuré Nambiar, évoquant sans explication l’oeuvre de personnes «extérieures».

Il a également salué comme un «symbole très important», la visite dimanche à Meiktila de leaders religieux aux côtés de membres du gouvernement.

Plusieurs responsables bouddhiste, musulman, hindou et chrétien ont de leur côté appelé à la réconciliation dans la presse officielle, première déclaration de ce type depuis mercredi.

Les fidèles des différentes religions doivent «maintenir l’harmonie de la communauté avec amour et gentillesse, et rester à l’écart des conflits non nécessaires», ont-ils écrit dimanche, appelant le gouvernement à «assurer la sécurité des deux communautés».


mar 23 2013

Birmanie : après les émeutes, un calme précaire règne à Meiktila

source : lemonde.fr - Bruno Philip

Un journaliste birman offre une friandise à un soldat, le 23 mars à Meiktila.Un journaliste birman offre une friandise à un soldat, le 23 mars à Meiktila. | REUTERS/Soe Zeya Tun

Un calme précaire régnait, samedi 23 mars, dans une ville du centre de la Birmanie où durant trois jours ont eu lieu de véritables pogroms antimusulmans qui ont fait au moins une vingtaine de morts. En dépit de ce relatif retour à la normale à Meiktila, ville située entre la capitale Naypyidaw et Mandalay, cette nouvelle série d’émeutes contre la minorité musulmane pose de nombreuses questions sur la stabilité sociale dans ce pays multi ethnique et pluriconfessionnel engagé sur la voie de la démocratisation : sur la soixantaine de millions de Birmans, environ 4% de la population est musulmane, la plupart des disciples du prophète étant d’origine indienne.

L’armée patrouillait samedi la ville où des gangs armés de jeunes extrémistes bouddhistes, parfois appuyés par des moines, ont saccagé des mosquées et brulé des commerces musulmans depuis mercredi, après qu’une rixe eut éclaté dans une boutique vendant de l’or. Certaines sources évoquent le meurtre d’un moine bouddhiste, avant le début des émeutes.

UN MOINE BOUDDHISTE ARMÉ D’UN POIGNARD

Des photographes et journalistes birmans racontent avoir vu des cadavres brûlés gisant le long des rues. Confrontés à des émeutiers, certains ont dû retirer les cartes mémoires de leurs appareils photos ; l’un d’entre eux a été menacé par un moine bouddhiste armé d’un poignard.

Des centaines de musulmans ont trouvé refuge dans un stade de football protégé par les forces de l’ordre. De nombreux témoignages font cependant état d’une passivité de ces dernières aux premières heures des émeutes, laissant penser que, de manière délibérée ou non, la police et l’armée se sont montrées impuissantes à ramener le calme et à défendre les musulmans contre ce qui a toutes les apparences d’un pogrom organisé ou incité par des extrémistes locaux.

Cette nouvelle série de violences dirigées contre la minorité musulmane s’est produite après les graves émeutes interconfessionnelles qui avaient éclaté en juin et septembre dans l’Etat de l’Arakhan, au nord-ouest de la Birmanie. Au moins 150 personnes, majoritairement des musulmans, avaient été tuées dans ces incidents provoqués par le viol d’une femme bouddhiste.

En Arakhan, les quelque 800 000 membres de l’ethnie rohingya, composée de musulmans d’origine bengalie, dont beaucoup sont implantés en Birmanie depuis des lustres, représente une minorité réprimée durant de longues années au temps de la junte militaire : les Rohingyas ne jouissent pas de la citoyenneté birmane et sont déchus de la plupart des droits accordés aux 135 autres ethnies du “Myanmar”.

EXPLOSION DE VIEILLES RANCŒURS

Les émeutes antimusulmanes ne sont cependant pas un phénomène totalement nouveau en Birmanie : durant la colonisation britannique, des centaines de musulmans furent tués lors de semblables pogroms dans les années trente, à une époque où la Grande-Bretagne pratiquait une politique d’immigration consistant à encourager les Indiens à s’établir dans le pays à des fins d’exploitation agricole. Il y avait alors 500 000 Indiens vivant en Birmanie, la moitié d’entre eux étaient musulmans. Plus récemment, les musulmans avaient aussi été les cibles de violences en 1997 et 2001.

Certains spécialistes remarquent que la démocratisation en cours depuis le retrait de la junte militaire au printemps 2011 a permis l’explosion de vieilles rancœurs et de séculaires frustrations d’ordre ethnico-religieuses. L’Etat d’urgence a été imposé à Meiktila et dans les districts environnant par le président birman Thein Sein, une décision qui va permettre à l’armée de ramener l’ordre. Le contexte actuel de démocratisation avait eu cependant pour effet de confiner les soldats dans leurs casernes au terme de presque un demi-siècle de junte militaire…


mar 22 2013

Birmanie : affrontements meurtriers entre bouddhistes et musulmans à Meikhtila

source : rfi

Bouddhistes et musulmans se sont affrontés dans l’ouest du pays l’an dernier et ces violences commencent à gagner d’autres régions. Depuis mercredi 20 mars, au moins 10 personnes ont été tuées et 20 autres blessées dans des heurts à Meikhtila, à 400 km au nord de Rangoon.

Un habitant de Meikhtila, ce 21 mars, au lendemain de violences interconfessionnelles qui ont fait au moins 10 morts et 20 blessés.

Un habitant de Meikhtila, ce 21 mars, au lendemain de violences interconfessionnelles qui ont fait au moins 10 morts et 20 blessés.

REUTERS/Soe Zeya Tun
Avec notre correspondant à Rangoon, Rémy Favre

Les autorités ont imposé un couvre-feu pour la deuxième nuit consécutive et la police a du mal à contrôler la situation.

Des centaines de personnes se sont affrontées dans les rues de Meykhtila, mercredi 20 mars, dans des heurts au cours desquels au moins dix habitants de la ville ont péri. Parmi les victimes, on compte un moine bouddhiste, victime de nombreuses brûlures. Une mosquée, une école coranique et un bâtiment du gouvernement ont été incendiés.

Le leader du groupe d’opposition Génération 88 s’est rendu sur les lieux pour appeler au calme et au respect de la loi. Son déplacement traduit une grande inquiétude au sein de la classe politique birmane, qui redoute une contagion de ces violences.

Les locaux semblent partager cette crainte : six cents personnes ont préféré fuir la ville de Meykhtila devant la flambée de violences.

Plus d’une centaine de morts et 120 000 déplacés en 2012

La Birmanie fait face à une résurgence de violences communautaires depuis qu’un gouvernement réformateur est aux affaires, depuis deux ans. L’an dernier, dans l’ouest du pays, plus d’une centaine de personnes ont trouvé la mort dans deux vagues de violences entre musulmans et bouddhistes. Et 120 000 autres avaient dû fuir leurs habitations.

Des déplacés qui ne sont toujours pas rentrés dans leurs villages. Musulmans et bouddhistes vivent là-bas de manière complètement séparée. Pour le moment, le pouvoir se contente de contenir la tension. Il n’a rien fait pour engager le dialogue, ni rapprocher les deux communautés.


mar 19 2013

Birmanie : 2 ans après la fin de la junte, la société de consommation s’installe

source : lexpress

Deux ans après le départ de la junte birmane et l’ouverture au monde d’un pays reclus pendant 50 ans, la révolution s’installe en tête de gondole: les marques du monde entier se ruent sur un marché de 60 millions d’habitants, avide de produits étrangers.

Birmanie: 2 ans après la fin de la junte, la société de consommation s'installe

Des consommateurs dans un centre commercial de Rangoun, le 2 mars 2013

afp.com/Soe Than Win

Depuis la levée - ou suspension - des sanctions internationales, le pays asiatique est la coqueluche des fabricants de dentifrice et de jus de fruits, de cosmétiques et de télévisions.

Et l’amour est réciproque, avec une population - riche comme pauvre - épuisée de trouver les mêmes produits depuis un demi-siècle dans les devantures.

J’ai un problème. Je ne trouve plus de fond de teint n°7 à Rangoun et c’est le meilleur que j’aie jamais trouvé“, se désespère ainsi Win Lai Phyu dans l’un des centres commerciaux fatigués de Rangoun. Elle devra en faire venir de Bangkok.

Mais sa frustration est une mine d’or pour les distributeurs et les grandes marques, qui veulent saisir l’instant pour s’imposer dans les habitudes de consommation d’une population en éveil.

Il y a une euphorie de part et d’autres sur l’ouverture“, résume Freddy Oh, de la société locale Foodland Manufacturing, qui vient de récupérer la licence pour vendre du MacCoffee venu de Singapour.

Les jeunes veulent se connecter avec le monde. Ca donne une chance aux marques de se tailler des parts de marché“, ajoute-t-il, en évaluant le marché du café instantané à 200 millions de dollars par an.

Les panneaux publicitaires fleurissent à Rangoun, l’ancienne capitale demeurée le poumon économique du pays où Coca et Pepsi ont déplacé leur rivalité planétaire. Quant aux fabricants de portables, ils s’appuient sur l’estimation selon laquelle 96% des Birmans n’ont pas de téléphone.

Bientôt, estiment les analystes, arriveront en masse les tablettes et écrans plats de grande marque pour remplacer les versions bon marché que proposent les négociants chinois.

La demande existe pour toutes sortes de produits de consommation“, assure David Webb, directeur du Bureau britannique pour le commerce et l’investissement à Rangoun.

L’industrie manufacturière de Birmanie a été quasiment anéantie par les sanctions. Les sociétés étrangères ont l’argent et l’accès à l’expérience, aux marchés, aux réseaux d’approvisionnements (…). Ca leur donne une longueur d’avance“.

Et le profit potentiel est énorme. “La richesse ne se répand pas partout mais il y a beaucoup d’argent (…) assurément à Rangoun“, constate Damien Duhamel, du consultant marketing Solidiance, basé à Singapour.

La seule question est donc de savoir quand débarquer en force avec enseignes et produits. Certains veulent imposer leur noms quand le marché est encore volatil. D’autres, constate Duhamel, se sont brûlés les ailes au Vietnam et en Chine et préfèrent observer encore un peu.

Pas mal de cowboys vont venir en ville pour chercher +l’avantage du pionnier+“, dit-il, en particulier les Asiatiques - Taïwan, Hong Kong, Singapour et la Thaïlande.

Mais ce coup d’avance “s’estompe vite et les multinationales entreront en jeu dans un deuxième ou troisième temps, une fois les consommateurs éduqués. Ils ne seront pas dans la frénésie, mais voudront se construire une solide part de marché“.

Car l’attraction pour la Birmanie n’est pas sans risque. Le système bancaire est embryonnaire, les infrastructures en ruine et la main d’oeuvre mal formée, en particulier dans les métiers du marketing, de l’informatique ou de la vente.

Le système légal et fiscal est lui aussi en pleine reconstruction, avec son lot d’incertitudes et d’étrangetés. Mais nul ne doute du potentiel birman. “Personne n’a de boule de cristal. Mais les gens auront toujours besoin de manger, boire et se laver les dents“, constate Freddy Oh.


mar 16 2013

La Birmanie se dit prête à revoir sa constitution

source : lacroix

La Constitution de 2008, rédigée par la junte alors à la tête du pays arroge des pouvoirs immenses aux militaires, leur octroyant notamment de droit 25 % des sièges du parlement. Elle interdit aussi de facto à l’opposante Aung San Suu Kyi de devenir présidente, en raison de son mariage avec un Britannique aujourd’hui décédé et des passeports étrangers dont disposent ses deux enfants, alors que sa Ligue nationale pour la démocratie (LND) est donnée favorite pour les élections de 2015.

Dans le sillage du train de réformes entreprises depuis la dissolution de la junte en mars 2011, le parlement birman a approuvé une procédure d’examen de cette constitution controversée. Une commission d’ « experts juridiques et d’intellectuels » sera créée pour conduire cet examen, avec l’objectif que le texte soit « en conformité avec la situation actuelle du pays », a précisé le quotidien New Light of Myanmar.

Toutefois aucune précision n’a été donnée sur les points du texte susceptibles d’être révisés. Le parti d’Aung San Suu Kyi, qui milite pour la révision de la Constitution, s’est d’ailleurs montré prudent après l’annonce de la création de cette commission.


mar 14 2013

Birmanie : Aung San Suu Kyi prise à partie par des manifestants

source : francetvinfo
Aung San Suu Kyi discute avec une villageoise dans les environs de Monywa (Birmanie), le 14 mars 2013.

Aung San Suu Kyi discute avec une villageoise dans les environs de Monywa (Birmanie), le 14 mars 2013.

(SOE THAN WIN / AFP)

Icône dans son pays et à l’étranger, Aung San Suu Kyi se confronte à la dure réalité du terrain. La chef de l’opposition birmane a été quelque peu chahutée, jeudi 14 mars, par des villageois qui protestent contre un projet sino-birman de mine de cuivre.

Aung San Suu Kyi, réélue sans opposition à la tête de son parti le week-end dernier, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) et députée depuis avril 2012, fait des choix politiques contestés. Le dossier de la mine de Leptadaung, près de Monywa, dans le nord du pays, en est un exemple.

La mine, gérée par le groupe chinois Wanbao et par une société appartenant à l’armée birmane, est accusée, aux côtés d’autres projets de ce type, de ne pas profiter aux populations locales. Les villageois dénoncent l’insuffisance des indemnisations des terres et les risques environnementaux du projet. Surtout, une centaine de personnes ont été blessées en novembre par les forces de l’ordre.

“Nous avons cru en elle”

Aung San Suu Kyi a présidé une commission d’enquête parlementaire sur le sujet, dont les conclusions accablent les forces de sécurité, notamment pour l’usage de phosphore. Mais elle plaide aussi pour la reprise de l’activité de la mine, bloquée par les manifestants.

La députée, qui s’est rendue pendant deux jours dans des villages situés autour de la mine pour les convaincre, a été fraîchement accueillie. “Nous avons cru en elle”, a expliqué à l’AFP Nandasarya, un moine bouddhiste, mais “elle est venue et a regardé les manifestants depuis sa voiture. (…) Ça nous rend mal à l’aise.”

“Je ne travaille pas pour protéger la montagne de Leptadaung mais pour protéger le pays”, a expliqué de son côté Aung San Suu Kyi, défendant l’interêt du projet pour l’économie et déclarant qu’elle ne pouvait “apaiser tout le monde”.


mar 12 2013

Premier recensement de la population depuis 30 ans en Birmanie

source : goodplanet.info

Copyright AFP Photo
A partir du 30 mars, les autorités birmanes vont débuter le recensement de la population. Une première depuis 30 ans, ce comptage permettra de mieux connaître le nombre d’habitants du pays. A l’heure actuelle, ce dernier est évalué à plus de 60 millions alors qu’en 1983 la population du pays atteignait 35,4 millions d’habitants. Le pays reconnait 135 minorités ethniques mais d’autres seront recensées bien que le droit à la citoyenneté ne leur soit pas encore reconnue, rappelle l’IRIN le 8 mars. L’opération devrait couter 58 millions de dollars et s’avérer parfois difficile en raison des relations conflictuelles dans certaines régions entre les habitants, les militaires et l’administration. Compter la population devrait aider à mieux planifier les politiques d’aide au développement en mettant les moyens là où se trouvent les populations. « Difficile d’imaginer un pays bien préparer sa politique en matière d’accès aux services de base comme les soins, l’éducation et la prise en charge des personnes âgées sans connaître précisément sa population, là où elle vit, et quel est son dynamisme », explique Alan Lopez, spécialiste en démographie et santé à l’université du Queensland.

mar 11 2013

Birmanie : Suu Kyi réélue présidente du principal parti d’opposition

Aung San Suu Kyi a été réélue dimanche présidente de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) au dernier jour du congrès du principal parti de l'opposition birmane, a indiqué une source au sein de ce parti qui vise la victoire aux élections de 2015.Aung San Suu Kyi a été réélue dimanche présidente de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) au dernier jour du congrès du principal parti de l’opposition birmane, a indiqué une source au sein de ce parti qui vise la victoire aux élections de 2015.
Aung San Suu Kyi a été réélue dimanche présidente de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) au dernier jour du congrès du principal parti de l’opposition birmane, a indiqué une source au sein de ce parti qui vise la victoire aux élections de 2015.

La lauréate du prix Nobel de la paix, députée depuis l’an dernier, a été réélue à l’unanimité par les 120 membres du comité central, a précisé cette source à l’AFP, alors qu’aucun autre candidat ne s’était présenté contre elle.

Les 850 délégués de la LND sont réunis depuis vendredi à Rangoun pour le premier congrès de l’histoire du parti, à deux ans de législatives dont la Ligue est favorite.

Le parti doit définir une stratégie et tourner la page de la clandestinité, mais aussi surmonter les “conflits” internes que Suu Kyi a reconnus samedi lors d’un discours où elle a prôné l’unité.

“Il est très important que nous soyons unis en ce moment”, a-t-elle répété dimanche.

“Je voudrais vous demander de ne pas laisser des sentiments personnels mettre en danger l’avenir du pays”, a-t-elle encore insisté.

“Nous devons saisir notre chance. Dans le cas contraire, ce sera une perte non seulement pour la LND, mais aussi pour le pays”.

La Ligue a passé 20 ans dans la quasi-clandestinité sous la junte militaire et beaucoup de ses cadres, dont Suu Kyi, ont passé de longues années en prison. Elle a désormais réintégré le processus politique légal grâce aux réformes entreprises depuis deux ans par le nouveau régime.

Portée par l’extraordinaire charisme de Suu Kyi, la LND est devenue l’an dernier le premier parti d’opposition parlementaire, au terme de législatives partielles remportées haut-la-main.

Mais le parti a été secoué par de vives querelles internes ces derniers mois, conduisant notamment à l’expulsion de quatre membres, qui se sont vu refuser l’accès au congrès.