fév 27 2013

Desmond Tutu affirme à Suu Kyi croire en une Birmanie «libre»

source : libération

L'archevêque sud-africain Desmond Tutu rencontre la chef de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi, le 26 février 2013 à Rangoun

L’archevêque sud-africain Desmond Tutu rencontre la chef de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, le 26 février 2013 à Rangoun (Photo Soe Than Win. AFP)

L’ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu s’est entretenu à Rangoun mardi avec la dirigeante de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, elle aussi prix Nobel de la paix, exprimant sa foi en l’émergence d’une Birmanie «véritablement libre».

Desmond Tutu, ardent militant pour l’abolition du régime ségrégationniste de l’apartheid en Afrique du Sud, a rencontré Suu Kyi au domicile où elle a été maintenue en résidence surveillée pendant 15 ans.

«Il est merveilleux d’être ici. Nous sommes impatients de voir votre pays véritablement libre», a-t-il déclaré aux journalistes.

«Le potentiel de ce pays est immense, et nous voulons voir ce potentiel réalisé pleinement», a-t-il ajouté, en appelant à la fin du conflit dans l’extrême-nord du pays entre l’armée et la rébellion ethnique kachin.

Le prélat anglican était arrivé lundi après-midi à Rangoun, a indiqué à l’AFP une source officielle birmane. Il n’a pas prévu de rencontre avec des responsables gouvernementaux.

Mgr Tutu n’a jamais faibli dans son soutien à la «Dame» de Rangoun. «Je vous aime», avait même crié l’archevêque à son interlocutrice via vidéoconférence depuis New York, en septembre 2011, témoignant de son admiration et évoquant la «beauté» de l’activiste.

«Je dois vous renvoyer le compliment et dire: +je vous aime+», avait répondu Suu Kyi, très avare de débordements en tous genres.

Des années auparavant, Desmond Tutu avait publiquement soutenu Suu Kyi, appelant à sa libération et la qualifiant de «Nelson Mandela de Birmanie», en allusion au dissident devenu premier président noir d’Afrique du Sud.

La junte birmane a cédé la place en mars 2011 à d’anciens militaires réformateurs qui ont depuis multiplié les réformes, libéré des centaines de prisonniers politiques et permis à Suu Kyi de devenir députée.

Lors de sa visite, le prélat a rencontré certains de ces prisonniers. «Il nous a demandé ce qu’on pensait du processus de réformes en Birmanie» a expliqué à l’AFP l’ancien détenu Toe Kyaw Hlaing.

«Il nous a aussi demandé de transmettre son respect aux prisonniers politiques qui n’étaient pas là aujourd’hui, et à ceux qui sont toujours détenus».

L’ambassade américaine à Rangoun a indiqué que Mgr Tutu prononcerait un discours devant le Centre américain mercredi. Il doit quitter le pays pour l’Inde le 1er mars par bateau.

Il avait obtenu le Nobel en 1984, sept ans avant Suu Kyi. Cette dernière n’a cependant pu prononcer son discours de récipiendaire du prix que l’an passé, lors de son premier voyage en Europe depuis 1988. Auparavant, elle avait renoncé à quitter la Birmanie de peur que la junte ne la laisse pas rentrer chez elle et la condamne à l’exil.

L’ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu s’est entretenu à Rangoun mardi avec la dirigeante de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, elle aussi prix Nobel de la paix, exprimant sa foi en l’émergence d’une Birmanie «véritablement libre».

Desmond Tutu, ardent militant pour l’abolition du régime ségrégationniste de l’apartheid en Afrique du Sud, a rencontré Suu Kyi au domicile où elle a été maintenue en résidence surveillée pendant 15 ans.

«Il est merveilleux d’être ici. Nous sommes impatients de voir votre pays véritablement libre», a-t-il déclaré aux journalistes.

«Le potentiel de ce pays est immense, et nous voulons voir ce potentiel réalisé pleinement», a-t-il ajouté, en appelant à la fin du conflit dans l’extrême-nord du pays entre l’armée et la rébellion ethnique kachin.

Le prélat anglican était arrivé lundi après-midi à Rangoun, a indiqué à l’AFP une source officielle birmane. Il n’a pas prévu de rencontre avec des responsables gouvernementaux.

Mgr Tutu n’a jamais faibli dans son soutien à la «Dame» de Rangoun. «Je vous aime», avait même crié l’archevêque à son interlocutrice via vidéoconférence depuis New York, en septembre 2011, témoignant de son admiration et évoquant la «beauté» de l’activiste.

«Je dois vous renvoyer le compliment et dire: +je vous aime+», avait répondu Suu Kyi, très avare de débordements en tous genres.

Des années auparavant, Desmond Tutu avait publiquement soutenu Suu Kyi, appelant à sa libération et la qualifiant de «Nelson Mandela de Birmanie», en allusion au dissident devenu premier président noir d’Afrique du Sud.

La junte birmane a cédé la place en mars 2011 à d’anciens militaires réformateurs qui ont depuis multiplié les réformes, libéré des centaines de prisonniers politiques et permis à Suu Kyi de devenir députée.

Lors de sa visite, le prélat a rencontré certains de ces prisonniers. «Il nous a demandé ce qu’on pensait du processus de réformes en Birmanie» a expliqué à l’AFP l’ancien détenu Toe Kyaw Hlaing.

«Il nous a aussi demandé de transmettre son respect aux prisonniers politiques qui n’étaient pas là aujourd’hui, et à ceux qui sont toujours détenus».

L’ambassade américaine à Rangoun a indiqué que Mgr Tutu prononcerait un discours devant le Centre américain mercredi. Il doit quitter le pays pour l’Inde le 1er mars par bateau.

Il avait obtenu le Nobel en 1984, sept ans avant Suu Kyi. Cette dernière n’a cependant pu prononcer son discours de récipiendaire du prix que l’an passé, lors de son premier voyage en Europe depuis 1988. Auparavant, elle avait renoncé à quitter la Birmanie de peur que la junte ne la laisse pas rentrer chez elle et la condamne à l’exil.


fév 26 2013

Birmanie : le président Thein Sein à Oslo pour sa première tournée européenne

source : leparisien

Le président réformateur birman Thein Sein est arrivé mardi à Oslo dans le cadre d'une tournée européenne, sa première, destinée à consolider la réintégration de son Etat longtemps paria sous ces latitudes.

Le président réformateur birman Thein Sein est arrivé mardi à Oslo dans le cadre d’une tournée européenne, sa première, destinée à consolider la réintégration de son Etat longtemps paria sous ces latitudes.

Artisan d’ouvertures démocratiques qui ont permis la levée des sanctions contre son pays, l’ex-général emboîte le pas à l’opposante Aung San Suu Kyi venue l’an dernier en Norvège pour prononcer –enfin– le discours d’acceptation du prix Nobel de la paix qui lui avait été décerné deux décennies plus tôt alors qu’elle était en résidence surveillée.

Le royaume scandinave est la première étape d’une longue tournée qui devrait conduire Thein Sein en Finlande, en Autriche, en Belgique et en Italie avec un retour en Birmanie prévu le 8 mars.
“Ce genre de visite officielle est important dans le contexte de changement politique dans le pays: le président Thein Sein et les réformateurs ont besoin des encouragements et de l’appui de la communauté internationale afin d’isoler les tenants d’une ligne dure opposée aux transformations”, estime Khin Maung Win, rédacteur en chef adjoint du média indépendant Democratic Voice of Burma (DVB).
En Norvège où le président birman restera trois jours, il devrait être question des futures réformes démocratiques, d’aide au développement, d’environnement et de coopération économique mais aucune annonce importante d’accord n’est attendue, a déclaré à l’AFP un porte-parole de la diplomatie norvégienne, Kjetil Elsebutangen.
“Il y a extrêmement de choses positives qui se sont produites en Birmanie ces dernières années mais il y a encore du chemin à faire”.
“Côté norvégien, nous jugeons important de soutenir ces évolutions positives et d’essayer de contribuer à la victoire des forces qui vont dans la bonne direction”, a-t-il ajouté.
Outre des entretiens avec les responsables norvégiens, parmi lesquels le Premier ministre Jens Stoltenberg et le chef de la diplomatie Espen Barth Eide, Thein Sein devrait aussi rencontrer jeudi des membres de la communauté birmane établis en Norvège.
Geste hautement symbolique, il pourrait aussi accorder son premier entretien à DVB. Longtemps opéré depuis Oslo par des exilés birmans, le groupe audiovisuel par des pays étrangers est en train de rapatrier ses activités en Birmanie, estimant que les conditions étaient désormais réunies pour y exercer un “journalisme professionnel indépendant”.
Auparavant premier ministre de la junte et décrit comme un discret et fidèle conservateur, Thein Sein a surpris le monde entier, y compris l’opposition birmane elle-même, par le rythme de ses réformes qui ont complètement transformé la Birmanie.
Depuis son arrivée à la présidence fin mars 2011, des centaines de prisonniers ont été libérés, Aung San Suu Kyi, qui a passé 15 ans en résidence surveillée, a pu se faire élire députée et la censure sur la presse a été levée.
“Ce qu’il a apporté au pays est énorme”, explique à l’AFP Khin Maung Win. “Ce sont des choses dont la population birmane, moi y compris, n’aurait jamais osé rêver il y a deux ans”.
L’Union européenne et la Norvège, qui n’est pas membre de l’UE, ont alors suspendu l’intégralité de leurs sanctions, mis à part un embargo sur les ventes d’armes, et les États-Unis ont levé la plupart des obstacles aux investissements et aux échanges commerciaux.
L’étape bruxelloise devrait comprendre des discussions “de haut-niveau avec l’Union européenne” portant notamment sur les droits de l’Homme, les réformes économiques et le processus de paix dans le nord du pays, a-t-on indiqué de source diplomatique européenne.
Thein Sein reste sous pression pour trouver une solution politique durable à la dernière rébellion ethnique du pays, qui oppose les militaires birmans à l’Armée de l’indépendance kachin (KIA) dans l’extrême-nord du pays.


fév 25 2013

Un oeil sur la planète. La Birmanie : la promesse de l’aube?

source : lenouvelsobs

A ne pas manquer !!!!!!!

Ce soir, à 23 h, sur France 2

Au lendemain des répressions sanglantes de 2007, des sanctions économiques avaient été prises par la communauté internationale à l’encontre du régime de Rangoon. Elles ont finalement porté leurs fruits puisqu’un gouvernement civil, le premier depuis soixante ans, a succédé à la junte.

Celui que l’on présente aujourd’hui comme le « Gorbatchev birman » est pourtant un militaire qui s’est illustré en réprimant impitoyablement la « révolution safran » lors d’un mandat antérieur de Premier ministre. Contre toute attente, le président Thein Sein a néanmoins multiplié les mesures d’ouverture : libération de 300 prisonniers politiques, levée (partielle) de la censure, mise en oeuvre de réformes économiques. Ces avancées signifient-elles que le gouvernement s’est converti à la démocratie ? Certains en doutent. Mais le pays était surendetté et, pour que les investisseurs reviennent, il fallait leur donner des gages.

Toujours est-il que les multinationales, qui attendaient avec impatience que la Birmanie redevienne fréquentable, se bousculent pour s’implanter dans ce pays idéalement situé entre l’Inde et la Chine, riche en ressources naturelles (bois, minerais, pierres précieuses, gaz, pétrole, etc.), dont la population de 55 millions d’habitants se partage les miettes laissées par l’oligarchie.

La mondialisation a horreur du vide, et la Birmanie représente un nouvel espace à remplir avec tous les biens de consommation disponibles. A Rangoon, les centres commerciaux se multiplient, les téléphones portables s’arrachent (ils étaient, jusqu’à l’automne 2010, interdits), le nombre de véhicules a triplé en un an, buildings et immeubles résidentiels poussent comme des champignons (les premiers acquéreurs sont souvent des personnes affiliées à la junte). Les cabinets d’architectes internationaux délaissent la Chine et le Vietnam pour lorgner du côté de l’Irrawaddy. Pour signer de gros contrats, il ne faut pas prendre la route de Mandalay, comme dans le poème de Kipling, mais celle de Naypyidaw, et faire antichambre pour rencontrer un responsable. Les marchés d’Etat sont négociés dans le décor choisi par l’ex-homme fort de la junte, le généralissime Than Shwee, et l’on assure que l’emplacement de cette capitale orwellienne, où des milliers de fonctionnaires ont été parachutés du jour au lendemain, a été déterminé par les astrologues.

Les Birmans sont en effet un des peuples les plus superstitieux au monde. Dans les années 1970, un dictateur a fait imprimer des billets dont la valeur devait obligatoirement être un multiple de neuf, son chiffre porte-bonheur, ce qui ne simplifiait pas les échanges commerciaux. Un autre a changé le sens de la circulation pour contrer la menace communiste (les communistes étant de gauche, les astrologues préconisèrent la conduite à droite). A Rangoon, des centaines de cabinets d’astrologues prédisent votre avenir professionnel ou personnel. La star incontestée du genre, dont l’ oeil de verre en impose, intervient quotidiennement sur les ondes et annonce à qui veut l’entendre qu’Aung San Suu Kyi sera élue présidente en juillet 2014 et que les rêves de démocratie des Birmans deviendront alors réalité. Pour l’heure, le président Thein Sein a passé un accord avec la célèbre opposante, désormais parlementaire, afin de pouvoir réformer dans un climat de paix sociale. Mais l’instabilité politique reste grande.

Au nord du pays, les chrétiens kachins, considérés par la majorité bouddhiste comme des citoyens de seconde classe, ont repris le combat contre l’armée birmane. Malgré les demandes répétées des Nations unies, aucun convoi humanitaire n’a accès à cette région isolée proche de la frontière chinoise, qui suscite la convoitise à cause de ses mines de jade et d’or, son bois précieux et ses ressources hydroélectriques. Les colons britanniques avaient baptisé cette région « l’enfer vert ». Des soldats s’y battent pendant qu’à Rangoon, punks et rappeurs déferlent sur scène et qu’une marée de journaux, dont un certain nombre appartient aux enfants de la nomenklatura, envahit les kiosques. Quant aux vendeurs de rue, pour eux rien n’a changé. Ils étaient pauvres, et ils le restent. La moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour, et le transfert de pans entiers de l’économie aux mains d’investisseurs privés affiliés aux généraux n’est pas sans rappeler le dépeçage post-soviétique.

Parler de « printemps birman » semble prématuré. Il y a, certes, une effervescence dans l’air, mais l’impression laissée par ces six reportages d’honnête facture est qu’elle se limite à l’ancienne capitale, Rangoon. Le reste du pays continue de ressembler à la Birmanie gracieuse et somnolente que décrivait Somerset Maugham dans les années 1920. Un pays sur lequel l’ombre des prédateurs galonnés plane avec insistance.

Eric de Saint Angel


fév 24 2013

La Birmanie, nouvel espoir des géants mondiaux des hydrocarbures

source : romandie.com

Certains pays sont plus prometteurs, plus fiables, mieux équipés, mais la Birmanie a pour elle ce goût inimitable de l’inconnu: elle captive les géants mondiaux des hydrocarbures même si nul ne sait ce que renferment ses réserves.

Depuis la levée des sanctions internationales et au gré des réformes politiques, les majors s’intéressent à ce pays niché entre Chine et Inde.

Les sociétés PTTEP (Thaïlande), EPI Holdings (Hong Kong), Geopetro International Holding (Suisse) et Petronas (Malaisie) notamment, ont signé des contrats d’exploration en juin dernier.

En septembre, le géant Français Total a pris 40% d’un permis d’exploration de PTTEP, réalisant ainsi son premier investissement d’envergure dans le pays depuis 1998, bientôt suivi par l’Australien Woodside. Quand aux majors américaines, elles sont sur toutes les lèvres à Rangoun.

Le mois dernier, le régime de Naypyidaw a lancé des appels d’offre pour 18 blocs onshore, avant que ne suivent une cinquantaine de blocs situés au large des côtes du pays.

Et en mars, Rangoun accueillera une conférence internationale sur le secteur, signe d’une puissante poussée de fièvre malgré - ou peut-être grâce à - l’inconnu qui demeure sur le potentiel birman.

A cause des sanctions, les investissements récents ont été très limités. Les réserves ont été insuffisamment explorées avec des technologies sismiques modernes, ce qui en fait une cible prospective excitante, explique Rajiv Biswas, du groupe IHS Global Insight.

Il n’y a plus énormément de bassins qui n’ont pas été explorés dans le monde donc forcément, il y a toujours un intérêt à aller explorer ce qu’on appelle des bassins-frontières, confirme le porte-parole d’un groupe étranger qui préfère garder l’anonymat.

On a très peu de données. Beaucoup de perspectives sont ouvertes.

La CIA américaine évalue les réserves à 50 millions de barils de pétrole et 283,2 milliards de m3 de gaz. Sur son site, le groupe public Myanma Oil and Gas Enterprise (Moge) fait état pour sa part de réserves prouvées en 2006 de 226 M de barils de pétrole, et 457 milliards de mètres cubes de gaz.

Mais les sources interrogées par l’AFP avouent n’en rien savoir. Tout juste perçoit-on une unanimité sur des promesses plus riches en off-shore qu’en on-shore, et pour le gaz plus que le pétrole.

Le pays tout entier attend donc avec impatience les majors, leurs méthodes ultra-modernes et leur transfert de technologies. Car pendant 20 ans, seuls les groupes asiatiques, Chine en tête, ont osé s’aventurer dans un pays banni pour ces violations des droits de l’Homme.

Quant aux groupes occidentaux Total et Chevron, présents avant la mise en place des sanctions, ils ont été accusés de servir les intérêts de la junte et de fermer les yeux sur le travail forcé.

Aujourd’hui, les sociétés birmanes se bousculent pour offrir un partenariat aux étrangers tentés par l’aventure. L’image du pays s’est transformée depuis l’arrivée au pouvoir de Thein Sein, un ex-général réformateur qui a promis de rompre avec les méthodes la junte, accusée d’avoir confisqué les revenus gaziers et pétroliers pendant 50 ans.

En 2012, un appel d’offre a ainsi été reporté. Le ministère voulait améliorer la transparence, explique Kyaw Kyaw Hlaing, président du groupe Smart et ancien géologue chez Moge. Ils veulent habiller les procédures d’un gilet pare-balles contre les critiques (…). C’est une très bonne nouvelle.

Tous les espoirs sont donc permis. Le secteur, qui représente 34% des exportations du pays, ne peut que grandir.

Une croissance qui devra profiter au pays tout entier car nous sommes sur le chemin de la démocratie, relève Chit Khaing, président du groupe Eden, qui a monté une société mixte avec le groupe public vietnamien PetroVietnam.

Dans notre jargon, nous appelons (les champs) des +cavernes d’Ali Baba+ car nous espérons qu’ils nous apporteront de nombreux trésors.


fév 19 2013

Birmanie : appel à la paix et au fédéralisme de l’évêque de Myitkyina

source : lacroix

Des femmes et des enfants kachin jouent dans un camp de déplacés de Myitkyina, dans l’État Kachin...

Gemunu Amarasinghe/AP

Des femmes et des enfants kachin jouent dans un camp de déplacés de Myitkyina, dans l’État Kachin (nord de la Birmanie).

Alors que, sous pression de la Chine et de la communauté internationale, le gouvernement birman a réengagé les négociations avec la Kachin Independence Organisation (KIO), Mgr Francis Daw Tang, évêque catholique de Myitkyina, capitale de l’État Kachin, a appelé en des termes très fermes à la paix et à la mise en place d’un véritable fédéralisme en Birmanie, rapporte l’agence Églises d’Asie.

Publié le 8 février dernier, le communiqué de Mgr Daw Tang s’inscrit à la suite du message publié le 17 janvier dernier par les dirigeants des Églises chrétiennes de Birmanie, appelant à « la construction de la nation », les différentes composantes de celle-ci étant capables de s’entendre « pour la paix ».

Dans son message du 8 février, l’évêque adopte un ton plus ferme, soulignant les dégâts considérables causés à l’État Kachin et à sa population par les combats de ces derniers mois. Expliquant que l’Église qu’il sert n’est pas un acteur du jeu politique, l’évêque appelle chacun « à revenir à la table des négociations car la paix est possible ». La paix est « la seule issue, sachant que cinq décennies de guerre n’ont rien produit d’autre que de la haine et des souffrances supplémentaires ».

« En tant qu’Église, nous marchons aux côtés des personnes déplacées »

Les négociations ne seront efficaces que si elles ont pour objet les racines du conflit dont « la préférence témoignée à l’égard d’une race, d’une religion et d’une langue, qui a infecté une blessure ouverte au cœur de l’identité culturelle de nombreuses communautés et qui ne pourra être refermée que par la mise en place d’un vrai fédéralisme, une participation effective aux prises de décision et un partage des ressources ».

À propos de l’impact immédiat de ces vingt derniers mois de guerre, Mgr Daw Tang écrit qu’« en tant qu’Église, nous marchons aux côtés des personnes déplacées, nous voyons leurs vies détruites par la guerre, leurs familles mises à mal par une vie de détresse dans les camps pour déplacés ».

Il poursuit en expliquant que ses collègues dans l’épiscopat et lui-même « sont profondément inquiets après l’escalade des combats de ces dernières semaines, l’usage d’armes lourdes, le recours à des bombardements aériens, le flou grandissant séparant les zones de conflit des zones civiles, les attaques menées durant les jours de fêtes (chrétiennes), les tactiques de combat qui poussent des milliers de personnes à fuir, exposant femmes et enfants aux maladies et à la rigueur de l’hiver ».

« Une vraie dévolution fédérale du pouvoir politique »

Au sujet d’un règlement définitif du conflit, Mgr Daw Tang souhaite que chacun revienne « au consensus élaboré à Panglong de manière à accepter le principe de “l’unité dans la diversité” », référence à l’accord conclu en 1947, quelques mois avant l’indépendance de 1948, par le général Aung San et les dirigeants de plusieurs organisations représentant les minorités ethniques, dont les Kachins (1).

Évêque d’un diocèse catholique situé au cœur d’une région dont la population est en grande partie de confession baptiste et où les catholiques forment une minorité d’environ 5 % de la population, Mgr Daw Tang ne s’était jamais montré aussi clair dans l’exposition des causes du conflit, expliquant que pour les Kachins, en majorité chrétiens, la domination ethnique des Birmans s’accompagne d’une volonté de voir s’étendre la religion bouddhique et d’imposer la langue birmane. Seule une vraie dévolution fédérale du pouvoir politique, poursuit l’évêque, permettra aux Kachins d’organiser leur administration ainsi qu’ils l’entendent, loin des institutions actuellement en place.


fév 18 2013

Les violations des droits continuent en Birmanie, selon l’Onu

source : lenouvelobs

Les atteintes aux droits de l’homme continuent en Birmanie malgré les réformes engagées par le pouvoir, a déclaré samedi le rapporteur spécial des Nations unies Tomas Ojea Quintana, en faisant état notamment d’arrestations arbitraires et d’actes de torture contre des rebelles de l’ethnie Kachin.

Tomas Ojea Quintana, chargé de la situation en Birmanie, s’exprimait au terme d’une mission de cinq jours à travers le pays, où le président Thein Sein a engagé des réformes depuis la fin du pouvoir militaire en 2011.

“Le processus de réformes a beau continuer dans la bonne direction, des manquements importants sur le plan des droits de l’homme persistent sans qu’aucune réponse n’y soit apportée”, a-t-il dit à la presse à Rangoun.

Le gouvernement actuel, essentiellement civil, a conclu des cessez-le-feu avec la majeure partie des groupes rebelles ethniques, mais des combats ont éclaté depuis juin 2011 dans l’Etat Kachin et le conflit s’est aggravé à la fin 2012.

Des discussions de paix se sont tenues à la frontière chinoise ce mois-ci et Quintana s’est déclaré encouragé par ce processus. Il a salué en outre la décision du gouvernement d’autoriser un convoi humanitaire de l’Onu à se rendre dans les territoires contrôlés par les rebelles Kachin.

(Min Zayar Oo; Eric Faye pour le service français)


fév 7 2013

Birmanie : 380 fonctionnaires emprisonnés

source : ouest france

Le gouvernement réformateur birman, qui a promis de lutter contre la corruption, a fait le ménage dans la fonction publique depuis son arrivée au pouvoir il y a près de deux ans, selon un rapport qui fait état de près de 17 000 fonctionnaires sanctionnés, dont 380 emprisonnés.

Dans ce document transmis au parlement, le gouvernement indique que pour assurer « la bonne gouvernance et un gouvernement propre, les ministères ont été soumis à des enquêtes et entre le 1er avril 2011 et le 31 décembre 2012, des actions ont été prises » contre 16 952 fonctionnaires.

La lutte contre la corruption : priorité du gouvernement

Parmi eux, « 380 ont été emprisonnés », indique le texte, sans donner de précision sur les charges retenues contre eux. D’autre part, près de 5 000 fonctionnaires dont des policiers ont été renvoyés. Le reste subissant des sanctions allant de la retraite anticipée à la suspension de salaire, en passant par la rétrogradation, le « remboursement d’argent » ou l’avertissement écrit, indique

En décembre, le président Thein Sein avait promis que la « bonne gouvernance » serait la troisième étape de la stratégie de réformes. La Birmanie est réputée pour être l’un des pays les plus corrompus au monde. Une loi est d’autre part en préparation, comprenant une « stratégie pour enquêter et poursuivre vigoureusement ceux qui sont impliqués dans la corruption ».


fév 5 2013

La Birmanie accueille son premier festival de littérature

source : liberation

La Birmanie accueille son premier festival de littérature

Parrainé par le prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi

Des dizaines d’écrivains birmans et étrangers se sont retrouvés à Rangoun, à l’occasion du premier Festival international de littérature de Birmanie, célébrant une liberté d’expression chaque jour un peu plus grande dans ce pays en plein bouleversement.
Les auteurs considèrent la tenue de ce festival, parrainé par le prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, comme une percée après des années de censure féroce sous la junte militaire.
“Il n’y avait aucune liberté auparavant”, a déclaré le poète Saw Wai, emprisonné sous la junte pour des écrits satiriques sur l’élite alors au pouvoir.
“Avec l’abolition de la censure, nous pouvons être plus libres et plus ouverts”, a-t-il ajouté, estimant que la poésie et les dessins humoristiques étaient de plus en plus “audacieux” dans la satire.
Sous la junte, qui a cédé le pouvoir en mars 2011 à une équipe d’anciens généraux réformateurs, les censeurs avaient tout pouvoir sur les articles, livres, photos et images avant leur publication et éliminaient tout ce qui était jugé offensant pour le pouvoir.
Depuis, le nouveau régime a multiplié les réformes et changé le visage du pays. La censure directe a été quasiment abolie.
Le Festival littéraire d’Irrawaddy, qui s’est étalé sur trois jours, a rassemblé 25 auteurs étrangers et 120 écrivains et poètes birmans.
Vendredi, les visiteurs feuilletaient des ouvrages signés Aung San Suu Kyi, l’opposante emblématique au régime militaire, une scène inimaginable il y a seulement deux ans.
La lauréate du prix Nobel de la paix, devenue députée, a animé samedi un débat avec l’auteur indien Vikram Seth (“Un garçon convenable”), l’historien britannique William Dalrymple (“Le moghol blanc”) et l’écrivaine d’origine chinoise Jung Chang (“Les cygnes sauvages”).
Les organisateurs souhaitent notamment encourager le débat et une écriture plus libre.
“Je me suis rendu compte à quel point c’était difficile d’acheter un livre, de nouveaux livres ou des romans modernes. C’est ce qui m’a donné l’idée de créer ce festival”, a raconté son organisatrice, Jane Heyn, épouse de l’ambassadeur britannique.
“Le but principal est d’apporter une plateforme pour échanger sur les idées, sur la manière d’écrire, pour discuter”.