jan 30 2013

Birmanie : le quotidien officiel anglophone cherche un partenaire privé

source : lexpress

Le quotidien officiel anglophone New Light of Myanmar, considéré comme porte-parole de l’ancienne junte birmane, est en quête d’un partenaire privé pour rénover entièrement ses colonnes, a-t-on appris mercredi de sources officielles.

Birmanie: le quotidien officiel anglophone cherche un partenaire privé

Un vendeur présente le journal New Light of Myanmar, le 18 octobre 2012 à Naypyidaw, en Birmanie

afp.com/Soe Than Win

En octobre, le nouveau régime avait annoncé le lancement d’une réforme de ses trois quotidiens - le New Light of Myanmar, son édition birmane Myanma Alin et Kyemon (Le Miroir) - destinés à devenir des “médias de service public“, selon les termes du ministère de l’Information.

Nous nous sommes mis d’accord avec le ministère pour (lancer) un appel d’offres” pour le New Light of Myanmar, a indiqué à l’AFP un responsable du Département de gestion des médias publics.

Nous voulons donner une chance au secteur privé“, a-t-il ajouté. “Cela ne sera pas possible pour le ministère de le gérer efficacement en terme de ressources humaines. Nous pouvons espérer qu’il devienne un journal de qualité“.

La presse privée a largement bénéficié des réformes politiques entreprises depuis près de deux ans suite à l’auto-dissolution de la junte et l’avènement d’un régime d’anciens généraux réformateurs.

Tous les journalistes détenus ont été libérés. Et en août, la censure de rigueur pendant des décennies a été abolie.

Mais la presse d’Etat n’a que peu évolué, si ce n’est l’apparition de pages entières destinées à l’actualité “people” et de la couleur.

Ross Dunkley, manager de l’hebdomadaire Myanmar Times, le seul dans le pays à être dirigé par un étranger au sein d’une joint-venture, a exprimé son intérêt pour le projet alors même que son magazine veut devenir un quotidien.

Il y a une belle opportunité, actuellement, d’aider à remodeler la presse d’Etat dans ce pays. Pourquoi ne pas relever le défi“, a indiqué Dunkley à des journalistes mardi, estimant que cela renforcerait le “quatrième pouvoir“.

Mais il a évoqué des zones d’ombres quant au contrôle de la gestion financière et éditoriale du quotidien. “Ils voient ça comme un média de service public“, a-t-il relevé. Mais “ce doit être un projet commercialement solide, sinon je n’irai pas“.

Les premières licences à des quotidiens privés seront attribuées le 1er avril, deuxième anniversaire du nouveau gouvernement. Les demandes peuvent être déposées à partir de vendredi pour des quotidiens en langues birmane, minoritaires ou étrangères.


jan 28 2013

La Birmanie voit sa dette annulée de moitié

source : lemonde

Le gouvernement birman a indiqué lundi 27 janvier avoir obtenu un accord avec ses créanciers du Club de Paris pour l’annulation de la moitié de sa dette, nouveau signe de la confiance accordée par la communauté internationale au régime réformateur. L’accord, obtenu vendredi, réduit la dette extérieure de la Birmanie de quelque 6 milliards de dollars, selon un communiqué publié par le quotidien officiel New Light of Myanmar.

Le Japon a notamment tiré un trait sur 3 milliards de dettes et la Norvège en a effacé 534 millions. Le reste sera rééchelonné sur quinze ans. “D’autres bailleurs bilatéraux devraient suivre, avec de nouvelles annulations de dettes dans les six prochains mois”, est-il encore précisé dans le texte.

Le geste du Club de Paris, groupe informel de créanciers qui réunit notamment les Etats-Unis, le Japon et plusieurs pays européens, ouvre une nouvelle ère dans laquelle “la Birmanie s’engage à coopérer pleinement avec tous les membres du Club de Paris”, selon le ministre des finances birman, Win Shein.

Dans le même temps, le régime de Naypyidaw a réglé un total de 900 millions d’arriérés de dettes en souffrance avec la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement via un prêt-relais du Japon, ce qui facilitera la reprise de l’aide internationale à un pays qui en a longtemps été exclu. “La Birmanie a parcouru un long chemin dans sa transformation économique”, a relevé la directrice de la Banque mondiale en Birmanie, Annette Dixon, en soulignant pour autant que “beaucoup de travail [restait] à faire”.

RÉFORMES POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES AMBITIEUSES

Le nouveau régime du président et ancien général Thein Sein, au pouvoir depuis près de deux ans, a surpris le monde entier en pilotant un ambitieux programme de réformes politiques et économiques, à la suite du départ sans violence de la junte après un demi-siècle de dictature. Outre l’élection au Parlement de l’ancienne dissidente Aung San Suu Kyi, il a libéré des dizaines de prisonniers politiques, obtenant la levée ou la suspension des sanctions occidentales et la visite fin 2012 du président américain fraîchement réélu, Barack Obama.

Au plan économique, le Parlement planche actuellement sur une loi garantissant l’indépendance de la banque centrale. Le gouvernement a déjà adopté l’unification des multiples taux de change qui paralysaient sa devise nationale, le kyat, et a adopté une loi sur les investissements étrangers.

Le régime birman a reçu il y a dix jours à Naypyidaw les bailleurs de fonds internationaux. Il leur a présenté un document dans lequel sont décrits notamment ses choix stratégiques pour les années à venir et ses engagements en terme de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Selon ce document, le pays a enregistré une croissance de 5,5 % pour l’année fiscale 2011-2012 (avril à mars). La croissance devrait atteindre 6,25 % pour 2012-2013.


jan 24 2013

Birmanie : libération d’enfants soldats prisonniers des rebelles

source : leparisien

Les rebelles de la minorité ethnique kachin ont libéré huit enfants soldats enrôlés dans l'armée birmane et qui avaient été faits prisonniers sur le front, a indiqué jeudi l'Organisation internationale du travail (OIT).

Les rebelles de la minorité ethnique kachin ont libéré huit enfants soldats enrôlés dans l’armée birmane et qui avaient été faits prisonniers sur le front, a indiqué jeudi l’Organisation internationale du travail (OIT).
Les rebelles de la minorité ethnique kachin ont libéré huit enfants soldats enrôlés dans l’armée birmane et qui avaient été faits prisonniers sur le front, a indiqué jeudi l’Organisation internationale du travail (OIT).
“L’OIT a récemment agi en tant qu’intermédiaire entre le et les Kachins. Cela a mené à la libération par l’Armée pour l’indépendance kachin (KIA) de huit recrues mineures qui étaient détenues comme prisonniers de guerre”, a déclaré à l’AFP Steve Marshall, responsable de l’agence onusienne à Rangoun, qui les a récupérés le 14 janvier.

Les huit soldats, dont plusieurs sont toujours mineurs, attendent de recevoir leurs documents officiels de retour à la vie civile, a-t-il ajouté, saluant “l’approche positive” des protagonistes.
Le porte-parole du gouvernement a indiqué ne pas avoir d’informations.

Les combats entre la KIA et l’armée, qui avaient repris en juin 2011 après 17 années de trêve, se sont intensifiés ces dernières semaines dans l’extrême nord du pays.
Le pouvoir n’a jamais reconnu la capture de soldats. Mais l’ONU et le gouvernement avaient signé en juin dernier un “plan d’action” pour empêcher le recrutement d’enfants sous les drapeaux et permettre le retour à la vie civile des mineurs déjà enrôlés. Dans le cadre de ce mécanisme, 42 enfants ont été rendus à la vie civile, selon l’OIT. Mais le recrutement n’a pas totalement cessé, a reconnu Marshall.
“Le gouvernement a pris et prend des mesures pour essayer d’arrêter le flux de nouvelles recrues mineures, mais cela n’a pas résolu totalement le problème. Il y a toujours des enfants qui passent à travers”, a-t-il admis, évoquant le non respect des ordres par des officiers locaux ou les mensonges de certains mineurs pour s’engager.
D’autres groupes du pays utilisent également des enfants soldats, a-t-il ajouté, sans avancer de chiffres précis.
Dans un rapport publié mercredi, l’ONG Child Soldiers International a dénoncé la poursuite du recrutement par l’armée et les groupes rebelles.
“Les officiers de l’armée et les agents de recrutement continuent d’utiliser l’intimidation, la coercition et la violence physique pour trouver de nouvelles recrues, y compris des enfants de moins de 18 ans”, a-t-elle souligné.


jan 23 2013

Le Women’s Forum part en Birmanie en 2013

source : terrafemina

Le Women’s Forum poursuit son déploiement en 2013. Destination : la Birmanie. Le « Women’s Forum Myanmar », organisé en concertation avec le ministère des Affaires Sociales de la République de l’Union de Birmanie, aura lieu les 6 et 7 décembre prochains. En présence d’Aung San Suu Kyi.

Le Women's Forum part en Birmanie en 2013

L’événement a une forte portée symbolique. Le plus important forum mondial des femmes se rendra au Myanmar les 6 et 7 décembre 2013, pour inaugurer une édition locale et inédite. Le « Womens Forum Myanmar » devrait réunir pendant ces deux jours des femmes birmanes « issues des milieux politiques, économiques, humanitaires, et de la société civile en général », mais également des participantes internationales. L’objectif ? « Débattre de la vision des femmes et de leur place face aux enjeux liés à la transition que connaît le pays ».

Depuis la dissolution de la junte militaire au pouvoir en mars 2011, le régime birman na cessé en effet denvoyer des signes de sa bonne volonté pour une transition démocratique. Le président Thein Sein annonçait il y a quelques jours le lancement d’un programme de développement économique pour augmenter le niveau de vie de la population, demandant notamment l’aide du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale. L’ouverture politique du pays a d’ores et déjà profité à l’économie qui a enregistré une croissance de 5% en 2011-2012, et qui devrait grimper à 6% pour 2012-2013. Autre signal fort pour la Birmanie : la fréquentation touristique a fait un bond de 30% en 2012. Le régime de Naypyidaw s’enlise néanmoins depuis quelques mois dans le conflit qui l’oppose dans le nord-est du pays à la KIA, l’Armée pour l’indépendance kachin, minorité chrétienne qui revendique son autonomie depuis près d’un demi-siècle.

Pour le Womens Forum, cette édition régionale s’inscrit dans le prolongement des initiatives lancées en 2012. Après le succès du tout premier forum régional à Sao Paulo, au Brésil, en juin, toute l’équipe du Forum avait accueilli l’opposante et députée birmane Aung San Suu Kyi lors d’un dîner au Musée Marmottan-Monet à Paris. Rencontre qui a donné naissance au projet « Women’s Forum Myanmar ». Pour Véronique Morali, présidente du Forum, « aller en Birmanie est une occasion formidable de réunir des Européennes et des actrices de la société birmane pour échanger et travailler ensemble pour la promotion des femmes dans cette région. »


jan 22 2013

Déclaration sur les attaques de l’armée birmane toujours en cours contre la population kachin

source : fidh

Nous, les organisations soussignées, membres du réseau européen pour la Birmanie, condamnons les attaques en cours contre la population kachin et appelons la communauté internationale à faire pression sur le Président Thein Sein et l’armée birmane pour mettre fin à l’offensive militaire dans le Nord de la Birmanie et permettre un accès humanitaire sans entrave aux personnes déplacées internes.

Les attaques ont continué en dépit de l’annonce faite vendredi dernier par le gouvernement birman annonçant l’arrêt des offensives.

Depuis la fin du mois de décembre, l’Etat Kachin connaît une grave intensification du conflit, l’armée birmane utilisant des avions de combat, des hélicoptères et de l’artillerie lourde pendant ses opérations militaires. Le 14 janvier, l’armée birmane a pour la première fois attaqué la ville de Laiza, quartier général de l’Armée d’indépendance kachin (KIA), située à la frontière chinoise. Trois obus sont tombés au cœur de la ville faisant trois morts et quatre blessés parmi les civils. L’armée semble donc à présent cibler délibérément les populations civiles, Laiza regroupant 6000 habitants ainsi que 14 000 déplacés internes réfugiés dans des camps autour de la ville.

Il s’agit de la plus grave intensification du conflit dans l’Etat kachin depuis le début de la guerre en juin 2011, quand l’armée birmane a rompu un cessez-le-feu long de 17 ans. Plus de 100 000 civils ont dû fuir leurs foyers depuis que la guerre a commencé, et vivent dans des conditions terribles alors que les autorités continuent à empêcher les agences d’aide internationale de fournir d’urgence une aide humanitaire.

L’armée birmane est accusée de graves violations des droits de l’homme contre les populations civiles, pouvant être considérées comme des crimes de guerre et crimes contre l’humanité selon la loi internationale. Le Rapporteur spécial des Nations unies pour la Birmanie, Tomás Ojea Quintana, dans son rapport présenté à la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2012, a déclaré avoir reçu des allégations relatant la persistance des graves violations des droits de l’homme dans les zones frontalières ethniques touchées par le conflit, notamment : « les attaques contre les populations civiles, les exécutions extrajudiciaires, la violence sexuelle, les arrestations et les détentions arbitraires, les déplacements de population, les confiscations de terres, le recrutement d’enfants soldats, le travail forcé et l’utilisation de mines terrestres ».

Le cessez-le-feu, long de 17 ans, n’a instauré qu’une paix fragile dans l’État Kachin, et n’a jamais permis de résoudre les problèmes de fond, à savoir le manque de démocratie et d’égalité pour le peuple kachin. Il n’a aussi jamais donné lieu à un véritable dialogue politique..

Nous appelons la communauté internationale, notamment les Nations unies et l’Union européenne, à adopter une position ferme afin de persuader le président Thein Sein, son gouvernement et l’armée birmane de mettre fin aux violences contre la population Kachin et permettre un libre accès à l’aide humanitaire dans les zones touchées.

C’est pourquoi nous prions l’Union européenne de prendre en considération les propositions suivantes :

  • Aucune nouvelle sanction ne doit être assouplie.
  • Au moment du renouvellement de la décision commune de l’Union Européenne sur la Birmanie, une interdiction de visa doit être réintroduite concernant tous les membres supérieurs de l’armée birmane, tous les ministres du gouvernement et les députés membres de l’armée.
  • Toutes les mesures restrictives suspendues lors de la dernière position commune européenne doivent continuer à être suspendues pour une nouvelle année, et non pas levées.
  • Tous les membres de l’Union Européenne doivent retirer leurs invitations lancées au président Thein Sein pour effectuer des visites officielles dans leur pays.
  • Tous les financements et les autres formes de soutien au renforcement des capacités du gouvernement birman doivent être suspendus.
  • Les mécanismes de suivi de l’application de l’embargo sur les armes doivent être revus, des sanctions pour les États membres impliqués dans des violations de l’embargo sur les armes doivent être mises en place.
  • L’Union européenne et les Etats membres doivent fournir une aide financière aux Organisations non gouvernementales communautaires situées dans les zones contrôlées par la KIA afin d’atteindre les dizaines de milliers de personnes déplacées qui n’ont pas accès à l’aide car les autorités birmanes continuent à empêcher l’accès des agences d’aide internationale dans la région.

Organisations signataires :

Actions Birmanie (Belgium)

Association Suisse Birmanie

Austrian Burma Center

Burma Aktion (Germany)

Burma Action Ireland

Burma Campaign UK

Burma Partnership

Burmese Rohingya Organisation UK

Christian Solidarity Worldwide

Denmark Karen Organisation

European Karen Network

International Federation for Human Rights (FIDH)

Info Birmanie (France)

Norwegian Burma Committee

Society for Threatened Peoples - Germany

Swedish Burma Committee

SDS - Swedish Social Democratic Students´ Burma Project


jan 21 2013

Birmanie : les rebelles accusent l’armée de reprendre l’offensive

source : romandie.com

Les rebelles de la minorité ethnique kachin, dans l’extrême-nord de la Birmanie, ont accusé l’armée d’attaquer leurs positions dimanche, deux jours après l’annonce par le régime que son offensive était terminée.

Ils se battent toujours, a indiqué à l’AFP James Lum Dau, un porte-parole de l’Organisation pour l’indépendance kachin (KIO), basé en Thaïlande, précisant que l’armée tentait de reprendre le contrôle d’un colline importante à quelques kilomètres de la ville de Laiza, sur la frontière chinoise.

Ils veulent emporter toute leur artillerie au sommet, ils essaieront ensuite d’occuper Laiza, a-t-il ajouté à l’AFP par téléphone. Des témoins ont pour leur part affirmé avoir vu des centaines de soldats impliqués dans les opérations.

Un homme d’affaires kachin impliqué dans les négociations a confirmé. Il y a toujours des combats, a-t-il regretté. Nous essayons de rencontrer les deux parties.

Le gouvernement de Naypyidaw avait annoncé vendredi l’arrêt de son offensive à partir du lendemain matin, assurant que l’armée respecterait l’ordre du président de ne plus mener d’offensives sauf en cas de légitime défense. Une annonce accueillie avec scepticisme et violée dès samedi, selon les Kachins.

La Chine, où plusieurs obus sont tombés, l’ONU, les Etats-Unis et l’Union européenne ont tour à tour réclamé la reprise des négociations ces derniers jours. De même que la chambre basse du parlement, qui a voté une motion en ce sens quelques heures avant l’annonce du pouvoir.

Dimanche, le président Thein Sein a renouvelé son appel aux négociations, sans faire de commentaires sur les combats en cours.

Les pertes des deux parties (…) sont des pertes pour tout le pays, a-t-il déclaré lors d’un discours à des organisations de la société civile réunies dans le parlement régional de Rangoun. Il n’y a pas d’autre voie que la discussion autour d’une table.

Le quartier général (des Kachins) est à portée de main de l’armée. Mais j’ai ordonné à l’armée de ne pas le détruire, a-t-il précisé, présentant cette décision comme la preuve de sa sincérité à obtenir la paix.

Le conflit s’est intensifié depuis trois semaines entre la rébellion et les soldats birmans.

C’est la dernière guerre civile encore en activité dans le pays, un dossier qui fragilise le gouvernement réformateur en place depuis mars 2011. Ce dernier revendique la signature de dix accords de cessez-le-feu avec les autres rébellions, dont certaines duraient depuis l’indépendance en 1948.

Pour la première fois, le gouvernement a présenté un bilan officiel du conflit avec les Kachins. Au total, 35 soldats ont été tués et 190 blessés depuis la reprise des combats en juin 2011, après 17 ans de trêve, a-t-il indiqué.

Les rebelles n’ont, pour leur part, jamais avancé de chiffre.


jan 18 2013

Birmanie : fin de l’offensive contre les rebelles

source  : lemonde

En Birmanie, les soldats de l'ethnie kachin sont en guerre contre le régime de Naypyidaw depuis un an. En Birmanie, les soldats de l’ethnie kachin sont en guerre contre le régime de Naypyidaw depuis un an. | Capture d’écran AFPTV

Le régime birman a annoncé, vendredi 18 janvier, la fin de l’offensive contre les rebelles de la minorité ethnique des Kachins, dans l’extrême nord du pays, quelques heures après un appel en ce sens de la chambre basse du Parlement. Depuis fin décembre, l’intensification des combats a soulevé une inquiétude grandissante au sein de la communauté internationale.

Le conflit s’est intensifié depuis trois semaines entre l’Armée pour l’indépendance kachin (KIA) et les soldats birmans. C’est la dernière guerre civile encore en activité dans le pays, un dossier qui fragilise le gouvernement réformateur en place à Naypyidaw depuis près de deux ans.

La rébellion “doit ordonner à ses troupes de ne plus attaquer les troupes de Tatmadaw”, a précisé le ministère de l’information en utilisant le nom officiel de l’armée birmane, demandant aussi la fin des blocus de routes et voies de chemin de fer.

CONFLIT REPRIS EN JUIN 2011

Dans l’après-midi, la chambre basse du Parlement avait demandé “aux organisations responsables et au gouvernement d’entamer le dialogue dès que possible après l’arrêt immédiat des combats”, selon les termes du président de la chambre, l’ancien général Shwe Mann.

Le président Thein Sein avait ordonné à l’armée, il y a un an, de ne plus tirer qu’en cas de légitime défense. Mais le conflit, qui avait repris en juin 2011 après dix-sept ans de trêve, n’a depuis jamais cessé. Alors que le gouvernement a signé des accords avec la plupart des groupes ethniques rebelles, il n’a pas progressé avec les Kachins malgré plusieurs sessions de négociations.

Lundi, les rebelles avaient accusé les militaires d’avoir tué trois civils et en avoir blessé plusieurs autres dans une attaque à l’arme lourde contre la ville de Laiza, située à la frontière chinoise et qui abrite le quartier général des Kachins. Le gouvernement a nié toute implication de l’armée dans ces “explosions”.


jan 17 2013

RSF presse la Birmanie d’abroger ses lois “liberticides” sur la presse

source : lexpress

Reporters sans frontières a pressé mercredi la Birmanie d’abroger ses lois “liberticides” sur la presse pour instaurer une loi “respectueuse de la liberté de l’information” dans ce pays, longtemps contrôlé par une junte militaire et fermé aux médias.

RSF presse la Birmanie d'abroger ses lois "liberticides" sur la presse

Un kiosque à journaux à Rangoon le 15 janvier 2013

afp.com/Soe Than Win

L’association RSF, basée à Paris, “attire l’attention sur les risques d’une transformation du marché de l’information sans un cadre légal approprié, les problèmes spécifiques rencontrés par les médias en exil, (…) et le manque d’information sur la crise humanitaire” dans la province d’Arakan (ouest).

L’annonce du ministère de l’Information, le 28 décembre dernier, d’autoriser la publication de quotidiens privés à partir du mois d’avril 2013, illustre l’engagement du pouvoir à poursuivre les réformes. Mais nous attendons maintenant que les actes et notamment la création d’une presse quotidienne indépendante concrétisent les engagements“, affirme RSF dans un communiqué.

RSF recommande notamment au gouvernement birman “de réfréner ses actions en justice à l’encontre de la presse et de soutenir, dans les plus brefs délais, l’abrogation des lois liberticides et la promulgation d’une loi sur la presse respectueuse de la liberté de l’information“.

L’association rappelle que, malgré la levée de la censure, “la division de vérification et d’enregistrement de la presse (PSRD) n’a pas été supprimée et dispose toujours d’un fort pouvoir de répression sur les médias“.

Or “en l’absence de loi protégeant efficacement les médias, le risque est réel que certains journalistes recourent à l’autocensure, après avoir été soumis à la censure pendant des décennies“, prévient RSF.

La Birmanie a entrepris depuis un an et demi des réformes de fond de son système politique. La presse d’Etat a rapporté mercredi qu’une loi utilisée par le passé pour emprisonner des opposants à l’ancienne junte, avait été abrogée. Plusieurs textes, dont certains utilisés contre l’opposante Aung San Suu Kyi, n’ont en revanche pas été abolis.


jan 16 2013

Birmanie : Aung San Suu Kyi sous le feu des critiques

source asieinfo

Il est reproché à la Dame de Rangoon d’accepter le soutien financier des cronies de l’ancien régime militaire.

En recourant à l’argent d’hommes d’affaires connus pour leurs liens avec l’ancienne junte pour financer son action politique, l’icône de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi crée la controverse. Selon The Irrawaddy, la compagnie Htoo a notamment contribué à hauteur de 58,000 dollars au programme de reconstruction du système éducatif lancé par le Prix Nobel de la paix en décembre dernier à Rangoon. Son propriétaire, Tay Za, passe pour être l’homme le plus riche du pays et est soupçonné de trafic d’armes. Au travers de sa compagnie Sky Net, Kyaw Win a versé pour sa part 158,000 dollars à la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Son nom est lié à de récentes confiscations de terres. Enfin, Aung San Suu Kyi a visité il y a peu un hôpital subventionné par Max Myanmar, une entreprise longtemps visée par les sanctions de l’Union européenne et des Etats-unis, et dont le propriétaire est Zaw Zaw. Tous ces hommes d’affaires passent pour être des proches de l’ancien pouvoir en Birmanie et auraient amassé leurs fortunes grâce à leurs relations étroites avec la junte.

Aung San Suu Kyi n’a pas tardé  à répondre à ces critiques : « Ceux que l’on désigne comme des cronies soutiennent les activités sociales de la LND. Qu’ils nous contactent, nous ou d’autres organisations, ne me dérange pas aussi longtemps que leur soutien est bénéfique à notre peuple, aux réformes démocratiques et aux besoins en matière de santé et d’éducation de notre pays. »

Ce n’est pas la première fois qu’Aung San Suu Kyi essuie des critiques ces derniers mois. Ses silences à propos des persécutions subies par les Rohingyas (minorité musulmane de l’ouest du pays) et de la guerre menée par l’armée gouvernementale contre la minorité kachin ont été mal perçus par les groupes de défenses des droits de l’homme.


jan 14 2013

Birmanie : 3 civils tués dans la première attaque contre le QG kachin

source : lacroix

L’armée birmane a pour la première fois attaqué lundi la ville de Laiza, quartier général de la rébellion kachin, faisant trois morts et six blessés parmi les civils et confirmant une intensification brutale du dernier foyer de guerre civile encore actif dans le pays.

“Trois obus sont tombés au coeur de Laiza, tuant trois civils et en blessant six autres” au petit matin, a indiqué à l’AFP le colonel James Lum Dau, porte-parole de la branche politique des rebelles de la minorité ethnique kachin, basé en Thaïlande.1

Selon lui, un adolescent de 15 ans compte parmi les morts, et deux fillettes de 2 et 8 ans parmi les blessés. “C’est la première fois qu’ils bombardent directement Laiza”, a-t-il ajouté. “Ils sont supposés attaquer la KIA (Armée pour l’indépendance kachin, ndlr), pourquoi tirent-ils sur les civils?”.

Les affrontements ont redoublé de violence depuis fin décembre avec l’utilisation par l’armée d’avions et d’hélicoptères, et des opérations qui se sont rapprochées de Laiza. Les rebelles ont également accusé l’armée d’utiliser des armes chimiques, ce qu’ont nié les autorités.

Le porte-parole du régime a indiqué à l’AFP ne pas être au courant de l’attaque de lundi. “Une chose est sûre, nous ne tirons pas en visant des cibles civiles”, a précisé Ye Htut.

Des témoins ainsi qu’un journaliste étranger, pigiste vidéo pour l’AFP, ont toutefois confirmé l’attaque sur cette petite ville posée sur la frontière chinoise, dans l’extrême-nord de la Birmanie. Les obus ont touché un “quartier densément peuplé qui ne comporte aucune cible militaire” et où vivent “beaucoup de femmes et d’enfants” a-t-il indiqué.

La Rip, coordinateur du Réseau d’aide aux déplacés et réfugiés (RANIR), qui s’occupe des camps situés en territoire rebelle, a pour sa part vu deux obus tomber et confirmé le bilan des trois morts.

“Les gens ont peur. Pour le moment, (les bombardements) se sont arrêtés, mais j’ai peur qu’ils continuent. Ils ne visent pas seulement des cibles militaires”.

Ce travailleur humanitaire, un Kachin, a également craint pour l’avenir des habitants de Laiza — 20.000 résidents et 15.000 déplacés selon lui — qui n’ont “nulle part où aller” sauf en Chine, où ils ne seront pas forcément “bienvenus”.

Les autorités chinoises avaient en effet forcé en août plusieurs milliers de réfugiés à repartir en Birmanie.

Au total, quelque 75.000 personnes ont été déplacées par les combats qui ont repris en juin 2011 après 17 ans de trêve. La majorité d’entre elles sont en zone contrôlée par les rebelles, où l’ONU n’a pu accéder depuis des mois.

Le gouvernement, d’anciens officiers réformateurs qui ont succédé à la junte en mars 2011, a entamé il y a plus d’un an des négociations avec les groupes ethniques rebelles, en conflit avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948.

Il est parvenu à des accords de cessez-le-feu avec la majorité d’entre eux mais pas les Kachins. Un échec cuisant qui empoisonne ses efforts pour convaincre la communauté internationale de la sincérité de ses initiatives de paix.

L’attaque de lundi “contredit le discours dominant sur les réformes en Birmanie”, a relevé Matthew Smith, de l’organisation Human Rights Watch (HRW), dénonçant le “mépris des lois de la guerre et des droits de l’Homme” de la part du régime de Naypyidaw.

“Ce type d’escalade, sans règlement politique d’aucune sorte en vue, est très inquiétant du point de vue des droits de l’Homme” et pour l’avenir des déplacés.

Des observateurs ont également émis des doutes quant au réel contrôle du président Thein Sein sur une armée qui contrôlait tous les rouages du pouvoir il y a encore deux ans, et à qui il a donné l’ordre fin 2011 de ne tirer qu’en cas de légitime défense.

Le chef de l’Etat lui a en tout cas rendu hommage vendredi, affirmant qu’elle avait “non seulement fait des sacrifices en sang et en sueur pour la sécurité de l’Etat, mais également fait tout ce qu’elle pouvait (…) en faveur du processus de paix”.