oct 31 2012

Sans espoir en Birmanie, les Rohingyas se préparent à l’exode

source : leparisien

Dans un camp boueux de l'ouest birman, Rahima laisse éclater son désespoir:

Dans un camp boueux de l’ouest birman, Rahima laisse éclater son désespoir: “Nous sommes presque déjà morts. Je veux partir dans un autre pays!”. Comme elle, des milliers de Rohingyas, musulmans apatrides déplacés par les violences communautaires, ne rêvent plus que d’exil. | Soe Than Win
“Je n’ai pas assez à manger”, poursuit cette femme de 55 ans, dont le mari et le fils de 25 ans ont été tués lors des violences entre musulmans et bouddhistes en juin.

“Combien de temps pouvons-nous continuer à vivre ici ?”.
Ici, c’est le camp de déplacés de Say Thamagyi: des alignements de tentes de toile blanche, d’abris en bambou ou de simples bâches tendues, où survivent près de 10.000 Rohingyas.
Plusieurs dizaines de milliers d’autres ont fui les violences meurtrières de juin entre musulmans et bouddhistes de l’ethnie rakhine. Ils vivent dans des conditions déplorables juste à l’extérieur de Sittwe, capitale de l’Etat Rakhine.

A seulement quelques kilomètres du centre-ville, l’accès à Say Thamagyi est difficile, à travers des rizières inondées par les dernières pluies de mousson.
L’AFP a visité ce camp juste avant que de nouveaux affrontements fin octobre ne fassent des milliers d’autres sans-abri. A l’époque déjà, les déplacés manquaient de tout, nourriture, médicaments, sanitaires.
“C’est un calvaire dans les camps. Quand nous sommes arrivés ici, nous avions dû tout abandonner”, raconte Mohammed Ismail, les larmes aux yeux. Mais le jeune homme de 32 ans au petit bouc noir a surtout perdu espoir.
“Dès que la saison des pluies se termine, nous partirons”, promet-il, au diapason d’une grande partie de sa communauté. Un dernier recours qui fait craindre à l’ONU et aux ONG des départs massifs de “boat people” dans les prochains mois.
“Il est probable que nous assistions à une augmentation massive du nombre de Rohingyas qui prendront la mer cette année”, prédit ainsi Matthew Smith, de Human Rights Watch. Un voyage périlleux qui témoigne du “niveau de désespoir de cette population”.
Les 800.000 Rohingyas confinés dans l’Etat Rakhine, apatrides, sont considérés par l’ONU comme une des minorités les plus persécutées de la planète, victimes depuis des décennies de restriction de déplacements, d’accès limité à la et à l’, de confiscation de terre et de travail forcé.
Cette situation a poussé par le passé nombre d’entre eux à s’exiler.
Deux vagues d’environ 250.000 réfugiés chacune étaient arrivées ainsi au Bangladesh en 1978 et en 1991-92, suivies de rapatriements. Mais le pays, qui estime accueillir 300.000 Rohingyas sur son sol, ne veut plus de ces réfugiés.
Alors la Malaisie est devenue leur nouvel eldorado.
Entre l’automne 2011 et mai 2012, 7.000 à 8.000 Rohingyas ont quitté l’Etat Rakhine ou le Bangladesh en bateau pour tenter de rejoindre ce pays où vivent déjà officiellement plus de 20.000 d’entre eux, explique Chris Lewa, directrice de l’ONG The Arakan Project, précisant que ce chiffre est le plus important depuis qu’elle suit ces mouvements migratoires depuis 5 ans.
Et cette saison, signe d’un désespoir accru, la migration a commencé avant la fin de la mousson.
Nur Islam, 23 ans, a ainsi quitté Sittwe il y a quelques semaines. “J’étais sur le bateau pendant quinze jours, sans nourriture (…). J’ai cru que j’allais mourir”, raconte-t-il à l’AFP à Kuala Lumpur.
“A cause du danger, je suis simplement parti (…). Je ne retournerai jamais là-bas”, promet-il, espérant pouvoir faire venir ses parents dont il est sans nouvelles.
Mais les Rohingyas, qui sont des centaines de milliers éparpillés dans le monde, ne sont bienvenus nulle part.
Les nouveaux exilés, plus nombreux, risquent de se frotter à un accueil encore moins chaleureux, même dans des pays musulmans qui ont pris leur défense ces derniers mois.
“La Malaisie et l’OIC (Organisation de la Conférence islamique, ndlr) seront peut-être bienveillants pour les premiers milliers, mais les gouvernements et les habitants vont très vite se lasser et avoir peur de cet massif”, prévient ainsi Sarnata Reynolds, de Refugee International.
Une perspective qui ne décourage pas les Rohingyas de Birmanie.
“Il n’y a rien à faire ici. Alors c’est naturel d’essayer de trouver mieux”, constate Kyaw Hla Aung, un des leaders de la communauté à Sittwe.
Mais pour cet avocat à la retraite, partir est également un déchirement. “Comment pouvons-nous abandonner les mosquées en ville ? Comment abandonner notre terre ?”.


oct 28 2012

Birmanie : 22.000 personnes déplacées après des violences ethniques, selon l’ONU

source : lenouvelobs

Les victimes de la dernière explosion de violence dans l’ouest de la Birmanie fuient par milliers après le conflit sanglant qui a opposé bouddhistes et musulmans la semaine dernière dans l’Etat de Rakhine, s’est inquiétée l’ONU dimanche en parlant de plus de 22.000 déplacés et de 4.600 habitations détruites.

Le gouvernement birman a évalué le nombre de morts à 67 la semaine dernière, précisant que 95 personnes avaient également été blessées entre le 21 et le 25 octobre dans sept villes de cette province voisine du Bangladesh. Mais d’après l’ONG Human Right Watch, le nombre de morts serait bien plus élevé que le bilan officiel. L’ethnie rohingya de confession musulmane aurait majoritairement souffert des violences, d’après HRW.

Interrogé par l’Associated Press, Ashok Nigam, le délégué de l’ONU en Birmanie, a expliqué qu’apporter de l’aide à la nouvelle vague de réfugiés sera un réel défi car de nombreux exilés se sont enfuis à bord de bateaux ou ont trouvé refuge sur des collines isolées. “La situation est vraiment très grave et nous collaborons avec le gouvernement pour fournir une aide urgente à ces personnes”, a-t-il assuré.

Parmi les milliers de réfugiés, certains sont arrivés par mer dans la capitale de l’Etat, Sittwe. Ils se sont rendus jusqu’au camp de Thechaung, qui abrite déjà des milliers de Rohingyas. Les membres de cette minorité ethnique s’étaient réfugiés dans cet abri en juin dernier, suite à une nouvelle vague de violences confessionnelles qui avaient forcé 70.000 personnes à fuir.

Ce conflit dans l’ancien royaume d’Arakan perdure depuis des décennies et trouve ses racines dans les origines présumés de l’ethnie rohingya. Le gouvernement birman considère les membres de cette ethnie comme des immigrés clandestins venus du Bangladesh et leur refuse la nationalité birmane. Bien que certains soient arrivés récemment, la plupart vivent en Birmanie depuis des générations. Selon les organisations de défense des droits de l’Homme, les Rohingyas subissent régulièrement de graves discriminations -travail forcé, violences contre les femmes, restrictions sur le déplacement, le mariage ou les naissances.

Cette crise représente un défi majeur pour le gouvernement de Thein Sein et la chef de l’opposition et prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, qui a été critiquée récemment par d’autres pays pour ne pas avoir réussi à arrêter la répression des Rohingyas. “La violence, la peur et le manque de confiance vont à l’encontre du développement de la transition démocratique, sociale et économique dans laquelle s’est engagée la Birmanie”, a souligné M. Niga dans un communiqué. “Il ne faudrait pas que cela devienne un obstacle au progrès”.


oct 27 2012

Birmanie : le calme est revenu dans l’Etat de Rakhine, selon les autorités

source  : lenouvelobs

Les affrontements entre bouddhistes et musulmans se sont calmés dans l’Etat birman de Rakhine (côte ouest), a assuré samedi un porte-parole des autorités provinciales. L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Right Watch a pour sa part appelé les autorités à tout faire pour juguler les violences communautaires.

Les combats ne se sont pas reproduits samedi matin entre les habitants bouddhistes de cette région voisine du Bangladesh, également appelée Arakan, et la minorité musulmane des Rohingya, d’après le porte-parole de l’Etat de Rakhine, Win Myaing.

L’ONG Human Right Watch basée à New York a publié des photos par satellite qui montrent un paysage de destruction dans les régions habitées par la communauté Rohingya. Elle a exhorté le gouvernement birman à protéger les populations.

Soixante-sept personnes sont mortes, 95 ont été blessées et 2.818 maisons ont été incendiées entre dimanche et jeudi, avait rapporté vendredi soir la télévision d’Etat.


oct 23 2012

Nouveaux heurts communautaires en Birmanie

source : lemonde

Les 800 000 Rohingyas de Birmanie, confinés dans l'Etat Rakhine, sont privés de nationalité et sont considérés par les autorités comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin.

Les 800 000 Rohingyas de Birmanie, confinés dans l’Etat Rakhine, sont privés de nationalité et sont considérés par les autorités comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin. | AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Trois personnes ont été tuées dans de nouveaux affrontements entre membres de l’ethnie rakhine, des bouddhistes, et des musulmans Rohingyas dans l’ouest de la Birmanie, en proie à de graves violences communautaires depuis juin, a-t-on appris mardi de sources officielles.

“On nous a informé que trois personnes – un Rakhine et deux femmes musulmanes – avaient été tuées dans le village de Pandeinkone pendant les affrontements” de lundi, a indiqué Hla Thein, chef de la cour suprême de l’Etat Rakhine. Des centaines de maisons ont été brûlées dans ces heurts qui se sont propagés dans deux villages voisins.

AU MOINS 90 MORTS DEPUIS JUIN

Les violences entre Rakhines et Rohingyas, une minorité apatride considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées au monde, ont fait au moins 90 morts depuis juin selon des chiffres officiels que beaucoup d’organisations jugent sous-estimés. Plus de 50 000 musulmans et 10 000 Rakhines ont été déplacés.

Une source policière a indiqué que le couvre-feu avait été imposé dans la zone entre 19 heures et 5 heures et que les mesures de sécurité avaient été renforcées. Les violences se poursuivaient mardi matin, a-t-il par ailleurs ajouté. “Une cinquantaine de maisons ont été incendiées” en début de journée.

Les 800 000 Rohingyas de Birmanie, confinés dans l’Etat Rakhine, sont privés de nationalité et sont considérés par les autorités comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin. Beaucoup de Birmans ne cachent pas une réelle hostilité à leur encontre. Les autorités birmanes ont récemment décidé de ne pas donner leur feu vert à une représentation de l’Organisation mondiale des pays musulmans (OCI), après que des milliers de moines bouddhistes ont protesté contre ce projet dans plusieurs villes du pays.

Mais dimanche, le président Thein Sein a estimé dans une conférence de presse qu’il devait accepter l’aide de la communauté internationale. “Si nous rejetons l’aide humanitaire, la communauté internationale ne nous acceptera pas”, a déclaré Thein Sein. “Nous devons nourrir les gens. Cela coûte 10 000 dollars par jour (…). Notre gouvernement n’en a pas les moyens.” Il a assuré qu’il continuerait à accepter aussi l’aide des pays musulmans. “Concernant l’OCI, je ne fais pas de différence entre les religions ou les ethnies. Ils veulent donner de l’aide humanitaire et ils en ont donné”, a indiqué Thein Sein.


oct 21 2012

Birmanie : IDE bientôt possibles

source : lefigaro

Une loi très attendue sur les investissements étrangers en Birmanie pourrait être finalisée “d’ici quelques jours”, a déclaré dimanche le président Thein Sein, alors que le nouveau régime espère attirer les entreprises étrangères pour développer son économie.

Le parlement avait adopté cette loi le mois dernier, mais le président, qui doit l’approuver également, l’avait renvoyée aux députés, alors que certains experts la jugeaient trop conservatrice. “Les opportunités d’emplois sont rares dans notre pays”, a déclaré Thein Sein lors de sa première conférence de presse en Birmanie depuis qu’il a succédé à la junte dissoute en mars 2011. “Pour obtenir ces opportunités, nous avons vraiment besoin d’investissements étrangers. Alors nous avons révisé la loi sur les investissements directs étrangers et l’avons soumis au parlement. Je pense qu’elle sortira d’ici quelques jours”, a-t-il ajouté.

La loi doit être en accord avec les pays voisins, a-t-il précisé. “Si c’est le cas, les investisseurs viendront”. Le texte voté en octobre facilitait l’investissement dans l’agriculture, la pêche, l’industrie et le tourisme. Il autorisait aussi les entreprises étrangères à acquérir 50% des parts de sociétés birmanes dans certains secteurs, un seuil jugé par certains analystes insuffisant, mais aussi potentiellement créateur de blocages.

Dans un marché désormais reluqué ouvertement par les groupes européens et américains, le débat fait rage entre une véritable ouverture et un certain degré de protectionnisme, que préconisent responsables conservateurs et hommes d’affaires liés à l’ancienne junte.


oct 16 2012

Birmanie : le président Thein Sein conserve la tête du parti majoritaire

source : lemonde.fr

Le président Thein Sein, chef du parti majoritaire conserve la présidence.

Les dirigeants de l’USDP, le parti majoritaire en Birmanie, ont tous présenté leur démission mardi, prélude à la refonte totale d’une formation qui entend préparer les prochaines échéances électorales après la déroute du mois d’avril. Pourtant, le président Thein Sein, démissionnaire, conserve la tête du parti majoritaire, marquant une relative surprise sous forme de compromis.

Le Parti pour la solidarité et le développement de l’union, dominateur au parlement après les élections contestées de novembre 2010, devait désigner, à l’issue d’un congrès censé le préparer aux futures échéances politiques, un nouveau chef pour succéder à Thein Sein, en retrait depuis qu’il est devenu chef de l’Etat en mars 2011. Tous les cadres, dont Thein Sein et son grand rival et président de la chambre basse Shwe Mann, ont démissionné.

Depuis 18 mois, sous l’impulsion de l’ancien général Thein Sein, des centaines de dissidents ont été libérés, la LND de Suu Kyi - jadis en résidence surveillée - est devenue le premier parti d’opposition et les médias ont joui d’une liberté croissante.

“NOUS NOUS TRANSFORMERONS EN PARTI DU PEUPLE”

“Aujourd’hui est un jour très important”, avait pour sa part déclaré Shwe Mann, grand favori pour prendre les rênes du parti, en ajoutant que “l’ensemble du pays suivait avec intérêt” son premier congrès. L’ancien général, ex-numéro trois de la junte sortante devenu fervent réformateur, a appelé les délégués à soutenir le processus de réformes. “Quand nous aurons réorganisé le parti, nous nous transformerons en parti du peuple”.

Le grand favori Shwe Mann a été désigné vice-président et “président par intérim”. Le président Thein Sein reste lui dégagé de la gestion quotidienne du parti. Un cadre du parti a expliqué, sous couvert de l’anonymat, que ce choix du statu quo s’était imposé pour conserver de bonnes relations entre le pouvoir exécutif et l’USDP. “Si nous avions changé trop de choses, les relations auraient été compliquées entre le gouvernement et le parti”, a-t-il précisé.

Selon des participants, le statut de favori dont jouissait Shwe Mann, 65 ans, s’est affaibli à partir de dimanche, lorsque Thein Sein, de deux ans son aîné, est venu saluer les délégués avec son gouvernement.
Thein Sein “ne semble pas vouloir abandonner la fonction de président”, relevait un député avant le vote, confirmant de “longues” discussions avant que Shwe Mann ne puisse conserver la direction par intérim qu’il occupait déjà de facto.

Créé de toutes pièces par la junte en 2010 pour entrer en force au parlement, l’USDP est aujourd’hui dans cette situation paradoxale de devoir orchestrer et voter des réformes qui, si elles sont menées à leur terme, pourraient conduire à sa perte.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi, qui avait boycotté le scrutin de 2010 avant de se rattraper de façon spectaculaire aux partielles d’avril, sera en effet la grande favorite des élections de 2015, les premières en principe réellement libres et justes depuis des décennies.


oct 15 2012

La Birmanie refuse un bureau à l’organisation des pays musulmans

source : lenouvelobs

La Birmanie ne donnera pas son feu vert à une représentation de l’organisation mondiale des pays musulmans (OCI), a indiqué lundi une source à la présidence, alors que des milliers de moines bouddhistes ont protesté contre ce projet ces derniers jours.

“Le président n’autorisera pas l’ouverture d’un bureau de l’Organisation de la conférence islamique”, a déclaré cette source à l’AFP. “Ce n’est pas en accord avec la volonté du peuple”.

Des milliers de moines ont manifesté lundi dans plusieurs villes du pays, en protestant contre cette éventualité, selon les organisateurs.

Ils étaient 3.000 à Rangoun, le poumon économique de Birmanie, à défiler en portant des panneaux sur lesquels on pouvait lire “Non à l’OCI”, d’après un photographe de l’AFP. D’autres manifestaient aussi dans la capitale Naypyidaw, ainsi qu’à Mandalay et à Pakokku, dans la région de Magway (centre).

Plusieurs rassemblements moins importants avaient été organisés ces derniers jours. Une source à l’OCI avait confirmé à l’AFP la semaine dernière qu’elle avait obtenu l’autorisation d’ouvrir un bureau en Birmanie.

Le dossier est devenu extrêmement sensible dans la société birmane. Dans l’ouest du pays, à majorité bouddhiste, des violences ont fait au moins 90 morts en trois mois entre membres bouddhistes de l’ethnie rakhine et Rohingyas, une minorité musulmane apatride considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées au monde.

Le mois dernier, l’OCI avait envoyé une délégation dans la région touchée par les violences. Le dernier sommet du groupe, en août à La Mecque (Arabie saoudite) avait décidé de porter le dossier devant l’Assemblée générale de l’ONU.

“Nous ne pouvons accepter un bureau de l’OCI ici”, a déclaré à l’AFP un moine de Mandalay en charge de l’organisation de la manifestation. “Ni un bureau temporaire, ni un bureau permanent”.

Les religieux birmans avaient été en première ligne des manifestations brutalement réprimées par la junte en 2007. Ils sont très actifs depuis quelques semaines pour réclamer la protection du bouddhisme et des droits des Rakhines face aux musulmans.

Parlant un dialecte similaire à celui qui est parlé au Bangladesh, les quelque 800.000 Rohingyas de Birmanie sont considérés par le gouvernement et de nombreux Birmans comme des immigrants illégaux.

Et même les personnalités les plus ouvertes du pays s’abstiennent de tout commentaire public, tant le sujet est susceptible d’exploser à tout moment. Des violences communautaires ont aussi éclaté plus récemment de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh, à majorité musulmane.


oct 10 2012

Quel avenir pour la Birmanie?

source : lexpress.fr

Après des années de dictature, la Birmanie avance vers la démocratie: en témoigne l’élection récente au parlement de la dissidente Aung San Suu Kyi, après une quinzaine d’années passées en résidence surveillée. Thierry Falise, grand reporter, qui sillonne la Birmanie depuis 25 ans a répondu à vos questions sur cette transition.

Quel avenir pour la Birmanie?

RANGOON (BIRMANIE) - Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, a passé une quinzaine d’années passées en résidence surveillée. Libéré en novembre 2010, elle franchit un pas décisif en se présentant à une élection partielle en avril 2012. Elle est élue au parlement.

Thierry Falise

Langlais : Faites-vous confiance aux militaires birmans qui restent au pouvoir et ont bâti un des pires régimes en Asie, pour mener à bien la démocratisation et l’ouverture ?

Pour l’instant, les réformes sont menées sous la houlette du président Thein Sein. Certes c’est un ancien général mais c’est aussi un homme qui semble avoir compris que la Birmanie, si elle voulait se développer et intégrer le monde moderne, ne pouvait plus évoluer dans le cadre d’une dictature militaire brutale. Le rôle de l’armée -qui détient selon la constitution 25% des sièges au parlement et des pouvoirs énormes- reste toutefois un enjeu majeur. Jusqu’à présent, l’armée est restée très ambigue sur ses intentions, notamment dans le dossier complexe des minorités ethniques.

mb 2012 : Il est difficile de percevoir quel est le programme de Aung Sang Su Kyi. Le pensez-vous adapté aux réalités de la Birmanie et du monde actuel ?

Comme tous les intervenants dans le nouveau jeu politique birman, Aung Sang Su Kyi doit apprendre. Nous vivons encore une période de transition sous le règne de l’empirisme. De nouvelles structures sont mises en place, d’autres devront l’être. Le programme d’Aung Sang Su Kyi est pour le moment plutôt local et davantage centré sur sa circonscription. Au niveau national, elle est certainement consciente des priorités à mettre en oeuvre mais pour cela il faut des cadres, des cerveaux et cela prend du temps. On peut espérer que d’ici aux élections de 2015, elle et son parti se présenteront avec un programme national digne de ce nom.

Langlais : Aung San Suu Kyi a plus de 60 ans et une santé fragile. De plus, elle a longtemps vécu en dehors de la Birmanie. Serait-elle capable, si les circonstances le permettaient, de diriger le pays ?

Sa santé est peut-être fragile mais à ma connaissance ce ne serait pas un obstacle majeur à son épanouissement politique. Le fait qu’elle a vécu longtemps à l’étranger constitue plutôt un atout à mon sens, cela lui donne une meilleure connaissance des modes de fonctionnement occidentaux -et orientaux car elle a aussi vécu au Japon. N’oublions pas tout de même qu’elle vit en Birmanie de façon permanente depuis 1988. Je pense qu’elle serait capable de présider aux destinées du pays, c’est ce qu’elle souhaite sans doute, mais il faut qu’elle étoffe son entourage et bien sûr que la constitution -qui lui interdit de se présenter à la présidence- soit amendée.

Rufus : Avec toutes ses minorités, y a t-il dans ce pays un sentiment de nation ?

C’est bien sûr un enjeu crucial pur l’avenir du pays. Notons qu’aucune des minorités n’exige aujourd’hui l’indépendance et que toutes se disent prêtes à intégrer une forme de fédération du Myanmar où elles bénéficieraient de droits sur l’exploitation de leurs ressources naturelles, leurs traditions, etc. Le problème est que, aux yeux des militaires, le mot “fédération” signifie encore éclatement du pays. Il faudra je pense au moins une génération avant qu’un niveau suffisant de confiance s’installe entre la majorité birmane et les minorités ethniques.

Romuald : 25 ans de reportages en Birmanie ! Et dans des conditions pas évidentes, j’imagine ! Qu’est-ce qui vous attire tant dans ce pays ?

Vaste question ! J’y suis allé une première fois en 1987 pour un reportage avec les rebelles karens. C’était à l’époque une manière “excitante” de vivre une aventure personnelle tout en rapportant des réalités lointaines et ignorées. 25 ans plus tard, beaucoup de ces réalités et les aventures qui permettent d’y accéder existent toujours peu ou prou. Pour un journaliste, c’est un pays qui offre des plongées dans des mondes fascinants -les rituels animistes, l’opium, les enfants soldats, etc.- et permet des rencontres exceptionnelles. J’ai rencontré, plus que dans d’autres pays de la région, beaucoup de gens passionnants, du paysan qui se cache dans la jungle à un vieil homme qui fut le “roi du café” en passant par des seigneurs de guerre. C’est aussi un pays qui semble s’être arrêté il y a un demi-siècle

BozoLeClown : La junte birmane a longtemps bénéficié du soutien de la Chine, même si ces relations ont été compliquées et parfois faites d’agacement mutuel. Quels sont aujourd’hui les alliés et soutiens extérieurs du pouvoir Birman ?

La Chine est toujours très présente même si certains de ses projets économiques sont suspendus ou menacés de l’être. L’Inde, après avoir soutenu l’opposition en exil, a décidé il y a plusieurs années, de se rapprocher du régime birman -à l’instar d’autres pays régionaux et/ou frontaliers comme la Thaïlande et plus largement tous les pays de l’ASEAN. Aujourd’hui, nous assistons à un rééquilibrage davantage tourné vers l’Occident -qui correspond notamment à la volonté des Etats-Unis de se réinvestir en Asie du Sud Est.

Zen : Quand on pense à la Birmanie, on a en tête des images de moines qui manifestent. Quel est leur poids et leur rôle dans le pays ?

Le poids des moines et plus largement du bouddhisme est considérable -90% de la population serait bouddhiste. Comme dans tous les pays bouddhistes, les moines, au-delà du rôle spirituel, ont une fonction sociale essentielle -le monastère sert aussi d’école, de centre communautaire, etc. En Birmanie ils jouent depuis longtemps également un rôle politique dont le culminement récent fut le soulèvement de septembre 2007. Ils ont payé le prix fort pour ce rôle, beaucoup de moines ont été tués, emprisonnées, torturés.

Langlais : On a longtemps décrit la Birmanie comme très dépendante de la Chine. Comment Pékin réagit-il aux changements en cours ?

Pékin doit voir d’un oeil pas très rassuré les changements en cours. Jusqu’à présent, les Chinois travaillaient main dans la main avec les généraux les plus hauts placés et les “cronies” de ces derniers -les “cronies” sont un groupe d’hommes d’affaires sans foi ni loi qui ont fait fortune, notamment en pillant les ressources naturelles du pays pour leur compte et ceux des généraux. Aujourd’hui, alors que les généraux sont officiellement à la retraite ou rendus à la “vie civile”, le rôle de ces “cronies” reste indéterminé. Les Chinois vont donc sans doute à l’avenir se retrouver en concurrence avec de nouveaux investisseurs, notamment occidentaux, ce qui ne doit bien sûr pas leur plaire. Il ne faut pas non plus oublier que les investissements chinois en Birmanie -barrages, pipe line, minerais- étaient -sont toujours…- avant tout destinés à la Chine elle-même.

Bodo : Comment expliquer le peu d’attention apporté par Aung San Suu Kiy à la question des minorités et en particulier des Rohingyas.

C’est certes une déception. Comme beaucoup j’attendais d’elle des positions plus fortes à propos des Rohingyas, pas néssairement partisanes mais empreintes de l’humanisme que lui confèrent son prix Nobel de la paix, son charisme et son histoire. Aujourd’hui Aung San Suu Kyi est devenue une femme politique, ce qui est son choix, mais ce faisant elle perd certainement de cette capacité qu’elle avait de se situer au-dessus de la mêlée.

In Gyin : Comment voyez-vous l’évolution du pays ? une vraie démocratie ou plutôt un grand cahot pour la population ? Ne craigniez vous pas que ça devienne comme l’Inde ?

Je ne me suis jamais hasardé à faire des prédictions sur la Birmanie, je ne commencerai pas aujourd’hui ! Une “vraie” démocratie ? Pourquoi pas, mais pas avant de nombreuses années. Les priorités sont pour le moment gigantesques, il faut tout reconstruire : l’économie, l’éducation, la santé, il faut régler le dossier des minorités ethniques, etc. Un changement essentiel est déjà survenu et qui me semble irréversible, les gens ont cessé d’avoir peur. C’est un progrès majeur et indispensable sur la voie de la démocratie. Le danger aussi est de voir se consolider un développement à double ou triple vitesse: un enrichissement dans les villes, un appauvrissement dans les campagnes et les zones ethniques reculées.

alicealice : Bonjour, j’étais en Birmanie il y a un an et mon guide birman me disait que le “printemps birman” n’était pas du tout une situation acquise. Est-ce toujours le cas ?

Il a sans doute en partie raison, il faut être raisonnablement optimiste et ne pas penser, comme certains pays et institutions occidentaux, que tout est aujourd’hui réglé. La route est encore longue et sera chaotique. Mais comme je le disais précédemment, une chose fondamentale s’est produite, les gens n’ont plus peur de s’exprimer, de manifester et cela c’est un acquis considérable et à mon sens irréversible.

Trader72 : Sur quels produits portent les échanges commerciaux du Myanmar avec les autres pays du monde et quels en sont les volumes ?

Difficile, voire impossible d’avoir des statistiques fiables sur les échanges commerciaux du Myanmar. Les principaux produits d’exportation sont le gaz naturel, les mineraux (jade, pierres précieuses), le bois, la pèche, etc.


oct 9 2012

Entre la Birmanie et la Chine, l’errance des réfugiés kachin

Source : lemonde.fr

Des enfants de l'ethnie kachin dans un camp de réfugiés près de Laiza, le 19 septembre.

En à peine plus d’un an, Mungji Hkawn Nan a déménagé à trois reprises. La première, c’était le 10 juin 2011, pour quitter Lusu Edin, son village à cheval entre les zones sous contrôle du gouvernement birman et de l’Armée de l’indépendance kachin.

Après dix-sept ans, le cessez-le-feu dans cet Etat du nord de la Birmanie a vécu. Alors que le reste du pays s’extirpe de la dictature, les Kachin sombrent dans la guerre. Les troupes gouvernementales lâchent leurs chiens, qui tuent porcs et volailles, maigres ressources des paysans de ces forêts montagneuses. Dans leur avancée, les soldats birmans font des villageois leurs porteurs forcés. Les femmes craignent ces hommes en armes, des cas de viols ont été rapportés, certains militaires sont sous méthamphétamines.

“Nous ne pouvions rien dire, nous avions peur, alors nous sommes partis pour la Chine, se souvient cette mère de six enfants. La famille demeurera dans un camp temporaire côté chinois jusqu’au 8 décembre 2011, date à laquelle elle s’installe au camp de Laying. Sous la pression du gouvernement chinois, son séjour ne durera pas, quand bien même la Chine est partie prenante de la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés qui, rappelle Human Rights Watch, interdit les rapatriements forcés en zone de guerre “de quelque manière que ce soit”.

La pression monte dès février 2012. Des officiels chinois viennent au camp. Ils répètent avec insistance qu’un des belligérants finira bien par gagner, il est donc temps de déguerpir. L’argument est bien mal fondé. Les combats ne cessent de s’intensifier. Depuis l’été 2012, les troupes birmanes se sont rapprochées de la petite capitale rebelle, Laiza, collée à la frontière de la Chine.

La situation est assez préoccupante du point de vue kachin pour que l’état-major ait déménagé. Par sécurité, le quartier général, situé sur une colline dominant la ville, a été transféré dans un hôtel à une trentaine de mètres des gardes-frontières chinois. Au deuxième étage, les sacs de sable sont empilés pour protéger le bureau du plus haut gradé. Au quatrième, la salle de bal est devenue cellule de crise, couronnée d’une banderole aux couleurs de l’insurrection – le rouge du sang versé, le vert des paysages et des mines de jade.

Sur une carte, le directeur de la recherche de l’armée kachin, Maran Zau Tawng, évalue la distance : à douze kilomètres à l’ouest, le village de Laja Yang est pilonné depuis trois positions birmanes pour ouvrir une route jusqu’au fief des insurgés. Le front le plus violent est certainement celui du contrôle du jade, le nerf de la guerre kachin. Les tirs sont nourris autour de la première mine de jadéite de la planète, Hpakant.

Au début, les réfugiés ne prennent pas trop au sérieux les exhortations chinoises. Mais en avril 2012, les agents chinois sont là tous les jours : “Ils sont venus si souvent que je serais incapable de compter”, se souvient Mungji Hkawn Nan. Les injonctions se font plus concrètes. Dans trois jours, le camp sera brûlé, menace-t-on. Voilà les réfugiés contraints de reprendre la route : “Le jour du départ, il y avait de nombreux policiers dans le camp, ils prenaient des photos.” Certains repasseront pour tenter de récupérer les matériaux de construction des abris et constateront que le camp a été détruit.

Sur environ 7 000 réfugiés qui avaient franchi la frontière, plus de 3 100 ont été expulsés au cours de l’été. Il en resterait 3 900 côté chinois, dont 2 000 dans un camp assis sur le “poste frontière numéro six supérieur”, que la Chine laisse tranquille sans apporter d’aide, explique-t-on côté kachin. Les autres ont eu les moyens de louer un logement en Chine ou se sont dissimulés dans la nature. Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a argumenté au printemps qu’il ne s’agissait pas formellement de réfugiés, qu’ils ont généralement été tolérés par la Chine, qui leur a apporté de l’aide humanitaire.

La Chine a-t-elle renvoyé des réfugiés en zone de guerre ? La rébellion kachin se fait discrète sur le sujet, elle dépend de ce puissant voisin pour tout : de l’essence à la connexion Internet en passant par le riz et le réseau de téléphonie mobile. “Ils ont leurs propres fermes en terre kachin. Nous comprenons qu’ils ont eu à fuir en Chine mais lorsque nous aurons ici une situation stable nous les ferons revenir”, explique La Nan, porte-parole de l’Organisation pour l’indépendance kachin (KIO). Le secrétaire du bureau d’aide humanitaire de la KIO, Lama Zau Rau, est plus explicite : “Oui, par exemple, ceux originaires du village de Man Wing, à une quinzaine de kilomètres de la Chine, qui n’est plus sûr.”

La région est passée sous contrôle birman depuis que les 12e et 27e bataillons kachin y ont été défaits. En privé, les Kachin voient plusieurs raisons au reflux chinois, l’approche du très sensible 18e Congrès du Parti communiste chinois ou la ferveur religieuse chrétienne qu’il ne faudrait pas transmettre.

Ils sont désormais 57 965 déplacés à s’amasser dans des camps côté kachin, “probablement plus de 100 000 si l’ont compte les déplacés en territoire sous contrôle birman”, précise Lama Zau Rau. Or l’aide humanitaire est bloquée côté birman et les visites d’agences des Nations unies et d’ONG sont limitées en provenance de Chine puisque le passage est contrôlé. La rébellion kachin distribue des vivres mais l’hiver arrive.

Le soir, on entend les obus au loin depuis le camp au sortir de Maija Yang, seconde ville sous contrôle kachin, où est arrivée Mungji Hkawn Nan le 25 août avec ses six enfants. 2 433 personnes y vivent, dont 33 familles expulsées de Chine. La mère de famille de 37 ans s’y sent paradoxalement plus en sécurité que sous la pression côté chinois. La guerre, elle y songe tout le temps, elle se demande s’il faudra de nouveau prendre la route. Elle repense parfois aussi aux officiels chinois : “Ils doivent être bien satisfaits que nous soyons partis.”

Même Aung San Suu Kyi suscite le doute

C’est un étrange dilemme pour la rébellion kachin: l’ennemi devient respectable mais il lance simultanément l’offensive sur ses collines du nord. Le conflit n’est pas nouveau. Il date du départ des colons britanniques. Les régions peuplées par les minorités sont à l’époque jugées trop sous-développées pour former des Etats indépendants. A Panglong, le 12février 1947, les représentants du gouvernement birman et des ethnies périphériques signent un accord ouvrant la voie à la création de l’Union birmane, en 1948. Il précise que «le principe de la pleine autonomie dans l’administration des régions frontalières est accepté».
Les minorités rejettent rapidement la domination birmane. L’Organisation pour l’indépendance kachin (KIO) est fondée en 1961. D’autres financeront leurs troupes par la production d’héroïne; chez les Kachin, c’est le jade. Il faut attendre 1994 pour voir la signature d’un cessez-le-feu, qui a volé en éclats au mois de juin2011. Les Kachin ont refusé l’offre perçue ici comme une provocation en l’absence de négociation politique: intégrer l’armée nationale ou être contraints par la force de rendre les armes, proposition que le président Thein Sein abandonnera en signe de bonne volonté.
Depuis, le pays a bien changé: libération de prisonniers politiques, levée de la censure de la presse, etc. «Les changements en cours sont ce que devait être un réel processus de démocratisation, juge La Nan, porte-parole de la KIO. Mais il n’y a rien jusqu’à présent concernant nos problèmes.»
Les Kachin reprochent à la Birmanie de monter davantage de troupes au front kachin et de recourir à l’artillerie. «La manière dont Thein Sein parle et celle qu’ont les Birmans d’agir sont très différentes», dit un membre de la KIO. Même les personnages les plus consensuels sont ici décriés. En 1947, le père de la Birmanie, Aung San, a été l’un des signataires des accords de Panglong. Un texte dont les imprécisions sont perçues comme le péché originel. «Il nous a trahis», lance le Père Joseph, curé catholique de la capitale rebelle, Laiza. Même sa fille n’échappe pas aux soupçons. «Aung San Suu Kyi, son cœur est bon, son esprit est brillant, reconnaît volontiers James, employé d’un «ministère» de la KIO, mais fondamentalement, elle est Birmane.»

Harold Thibault (Laiza, Etat kachin, Birmanie, envoyé spécial)


oct 8 2012

Aung San Suu Kyi prête à devenir présidente

source : romandie.com

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi a affiché lundi sa volonté de devenir présidente de son pays, “si le peuple le souhaite”.

“Je suis responsable d’un parti politique. En tant que responsable d’un parti politique, je dois également avoir le courage d’être présidente. Si c’est que veut le peuple, je le ferai”, déclaré la responsable de la Ligue nationale pour la Démocratie, lors d’une conférence de presse. Les prochaines élections auront lieu en 2015.

Interrogée sur le sujet, le prix Nobel de la Paix a expliqué que l’article de la Constitution qui l’empêche de briguer le mandat présidentiel figure parmi ceux que son parti compte modifier.

Aung Suu Kyi a effectué une visite aux Etats-Unis la semaine dernière, où elle a été accueillie comme une héroïne de la démocratie. Le président actuel, qui a amorcé les réformes politiques du pays, Thein Sein, a évoqué la possibilité de laisser sa place à l’opposante birmane. Dans une interview à la BBC lors de son propre séjour aux Etats-Unis, l’ancien général a noté que la possibilité qu’”elle devienne une responsable du pays dépend de la volonté du peuple. Si le peuple l’accepte, alors je devrais l’accepter”, a-t-il assuré.