juin 27 2012

Aung San Suu Kyi “en vrai”

Amis lecteurs
que d’émotions, voir “en vrai “Aung San Suu Kyi” ….. je reste sans mot et le cœur en joie
on aurait tous voulu avoir un instant avec elle, la toucher, lui parler, lui raconter notre soutien et mille autres choses encore
mais ça ne peut pas se passer comme ça, et je vous jure que ça a été une sacré cohue
mais ce soir devant mon ordinateur, je me repasse le film
je la revois arriver, elle irradie, elle est belle, elle est lumineuse
applaudissement…
j’entends quelqu’un près de moi demander “on peut crier ?”
et puis la vague déferle, tout le monde crie sa joie de la voir, ici là près de nous, libre
les discours et puis quand elle part…. oui on aurait aimer que ça dure encore et encore
mais c’est maintenant que le travail commence, le chemin vers la Démocratie n’est pas simple…
Daw Suu, soyez assurée de notre soutien, à vous et au peuple birman, plus que jamais
longue vie à vous
PS : promis photos demain !!!
je vous laisse avec un article un peu plus formel
à demain
source : AFP
Aung San Suu Kyi reçoit le titre de citoyenne d'honneur de la ville de Paris par le maire Bertrand Delanoë (g), le 27 juin 2012 à l'Hôtel de VilleAung San Suu Kyi reçoit le titre de citoyenne d’honneur de la ville de Paris par le maire Bertrand Delanoë (g), le 27 juin 2012 à l’Hôtel de Ville Fred Dufour afp.com

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi a été célébrée mercredi par Paris, qui lui a remis le titre de citoyenne d’honneur de la ville, au deuxième des trois jours d’une visite en France clôturant une tournée européenne triomphale.

Après s’être entretenue mardi avec le président François Hollande, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, privée de liberté pendant 15 ans, a reçu des mains du maire de la capitale, Bertrand Delanoë (socialiste), cette distinction qui lui avait été décernée en 2004.

Devant une foule comptant de nombreux Birmans, elle a ensuite pris la parole en français pour saluer “le profond attachement de Paris à la justice et à la liberté qui ne sont pas le produit d’idées abstraites”.

Dans l’après-midi, Aung San Suu Kyi, 67 ans, a demandé aux prisonniers de conscience et politiques dans le monde de ne pas abandonner leur combat, lors d’une allocution devant des ONG.

“Vous ne devez pas abandonner vos principes. Si vous vous respectez, vous ne devez pas abandonner votre combat”, a-t-elle déclaré, lors de cette rencontre organisée sur une péniche au coeur de Paris.

Dans l’assistance figuraient Pavel Khodorkovski, fils de Mikhaïl Khodorkovski, ex-magnat du pétrole et détracteur du régime russe, en prison depuis 2003 pour officiellement des délits économiques, et Yevgenia Timochenko, fille de Ioulia Timochenko, condamnée en octobre à sept ans de prison pour avoir conclu en 2009, lorsqu’elle était Premier ministre, des accords gaziers avec la Russie considérés comme défavorables à l’Ukraine.

Aung San Suu Kyi a terminé sa journée dans les jardins du ministère des Affaires étrangères, où elle a jeté quelques pelletées de terre au pied d’un “arbre de la liberté” planté le matin même.

“Pour nous vous êtes la dame des droits de l’homme”, a lancé le ministre Laurent Fabius en louant “sa résistance morale et physique”.

Le PDG du pétrolier Total Christophe Margerie participait à la cérémonie. Paris a justifié l’activité de Total en Birmanie, où il est présent depuis 1992 et a été critiqué dans le passé par des ONG reprochant au groupe français d’enrichir la junte, en rappelant que Mme Suu Kyi elle-même avait récemment “relevé que Total était une entreprise ‘responsable’”.

Si des entreprises en Birmanie ne respectent pas les droits de l’homme, les normes environnementales et sociales, “Aung San Suu Kyi pourra à tout moment me joindre pour que nous puissions y mettre bon ordre”, avait affirmé mardi soir François Hollande.

Lors de sa visite en France, où elle a été reçue avec un protocole habituellement réservé aux chefs d’Etat, la “Dame” de Rangoun a réaffirmé sa confiance dans le processus de transition démocratique en Birmanie tout en soulignant qu’on en était “juste au début du chemin”.

“Le processus (de démocratisation) n’est pas irréversible, tant que les militaires n’ont pas fait preuve de leur engagement envers le processus, car ce sont encore eux les plus forts, mais au final c’est le peuple birman qui doit décider de la direction qu’il veut pour le pays”, a-t-elle déclaré mercredi.

En Birmanie, le président Thein Sein, un ancien général, espère obtenir la levée des sanctions de l’Union européenne, aujourd’hui seulement suspendues.

“Je préfère cette suspension à la levée totale des sanctions, c’est un moyen d’indiquer que l’Union européenne souhaite soutenir le processus démocratique, mais qu’elle a conscience qu’il est toujours possible d’assister à une régression”, a jugé Aung San Suu Kyi, élue députée lors des dernières élections législatives.

La tournée en Europe de Aung San Suu Kyi a débuté le 13 juin en Suisse, avant une étape à Oslo où elle a prononcé son discours d’acceptation du prix Nobel de la paix, 21 ans après avoir reçu cette distinction.

Jeudi, elle sera reçue à l’Assemblée nationale et au Sénat avant de participer dans l’après-midi à un débat avec des étudiants à l’université de la Sorbonne. Elle quittera Paris vendredi.


juin 27 2012

L’«irréductible» Aung San Suu Kyi ne cache pas les «nombreux défis»

source : liberation

Aung San Suu Kyi et François Hollande dans les jardins du Palais de l'Elysée, le 26 juin 2012.

Aung San Suu Kyi et François Hollande dans les jardins du Palais de l’Elysée, le 26 juin 2012. (REUTERS)

La députée birmane a entamé mardi une visite de trois jours en France où elle a été accueillie par François Hollande.

Par ARNAUD VAULERIN

Sous les ors des salons de l’Elysée, François Hollande a accueilli Aung San Suu Kyi comme un chef d’Etat mardi soir à Paris, qui achève en France une tournée européenne de 17 jours. Le président s’est amusé à remarquer que c’était la première fois qu’un de ses invités était applaudi avant de saluer le «sacrifice de tant d’années» de l’opposante birmane. Il a tenu à rappeler le qualificatif d’«irréductible» que lui avait attribué François Mitterrand dans les années 1990 au moment où Aung San Suu Kyi entamait une longue période d’assignation à résidence.

En affirmant que la «France soutiendra l’ensemble des acteurs de la transition» lancée depuis un an en Birmanie, François Hollande a souligné qu’il restait «encore de nombreux problèmes»: prisonniers politiques toujours détenus, droits syndicaux non reconnus et minorités ethniques pas respectées. «La France, avec l’Europe, fera toutes les pressions nécessaires, mais aussi les accompagnements en terme de coopération pour conforter le processus», notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Mais pour accompagner cette ouverture, contrairement au Premier ministre britannique David Cameron, le chef de l’Etat s’est bien gardé d’inviter officiellement le président birman Thein Sein, ancien général de la junte et aujourd’hui architecte des réformes. «S’il veut venir, il viendra» s’est contenté de dire François Hollande.

Au moment où le pays s’engage sur un second volet de réformes économiques voulues par le président Thein Sein, François Hollande a tenu à rappeler que la France afficherait une «très grande vigilance sur la transparence des transactions financières», notamment sur les «bonnes pratiques» des entreprises qui investissent en Birmanie, comme les sociétés «extractives». Le chef de l’Etat a d’ailleurs assuré mardi que le groupe pétrolier Total, présent en Birmanie depuis 1998, respectait les normes en matière d’environnement et de travail. «S’il advenait qu’il n’y ait pas ce respect, Mme Aung San Suu Kyi pourra à tout moment me joindre pour que nous puissions y mettre bon ordre», a promis le président.

La députée birmane de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) n’a pas masqué non plus les «nombreux défis» qui attendent son pays: «ça ne sera pas facile, car il y a eu trop d’années de pouvoir autoritaire». Elle a précisé que le «développement économique ne devait pas être un substitut à la démocratie». Elle a appelé à l’établissement de «véritables fondements pour la démocratie» afin «d’autonomiser notre peuple», notamment les jeunes et les nouveaux acteurs. Reprenant les grandes lignes d’un discours qu’elle tient depuis de nombreuses années, elle a demandé à ce que l’accent soit mis sur l’éducation. Avant d’évoquer une «révolution de l’esprit» pour mener à bien le processus de démocratisation. «Il faut que ceux qui ne sont pas encore engagés en faveur du processus de réforme le comprennent.»

Alors que le pays est confronté à une grave crise ethnique dans l’état du Rakhine (ouest du pays) qui a fait au moins 100 morts depuis le début du mois, la députée birmane s’est à nouveau montrée très prudente quant aux solutions pour résoudre les troubles entre musulmans et bouddhistes. Affirmant que le «problème ne pourra pas être réglé en 24 heure», elle a évoqué des questions juridiques, notamment des «lois sur la citoyenneté (en Birmanie) qui doivent être en phase avec les normes internationales» pour mieux protéger les minorités. Aung San Suu Kyi a également insisté sur «la corruption énorme au sein du ministère de l’immigration» pour expliquer la complexité de la crise.

Invitée mardi soir à un dîner à l’Elysée, la députée birmane a reçu des mains de François Hollande une colombe de la paix en baccarat et les oeuvres complètes de Simenon. Jusqu’à vendredi, elle va rencontrer les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que le maire de Paris et le ministre des Affaires étrangères. Dès le 30 juin, elle replongera dans le chaudron birman où le plus dur reste à faire.