mai 29 2012

Birmanie : premier voyage à l’étranger en 24 ans pour Aung San Suu Kyi, attendue à Bangkok

source : lacroix

La chef de file de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi est attendue mardi à Bangkok pour une visite de plusieurs jours, premier voyage à l’étranger depuis 24 ans de l’icône mondiale de la démocratie, enfin à même de renouer un lien avec l’extérieur.

Ennemie publique numéro un de la junte jusqu’à la dissolution de celle-ci en mars 2011, la lauréate du prix Nobel de la paix est désormais une personnalité majeure de la scène politique birmane, leader du premier parti de l’opposition, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

La chef de file de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi a quitté Rangoun mardi en début d’après-midi pour Bangkok, a constaté l’AFP.

Après avoir été enfermée à Rangoun et avoir refusé de quitter le pays de peur de ne jamais pouvoir y revenir, elle va goûter pour la première fois depuis 1988 à une authentique liberté de mouvement.

Et elle témoignera du même coup de sa confiance dans les réformes entreprises par le nouveau régime, d’anciens militaires réformateurs avec lesquels elle a décidé de travailler, au premier rang desquels le président et ex-Premier ministre de la junte, Thein Sein.

“Elle a confiance dans sa situation et dans le processus de réconciliation et de réformes politiques en cours”, a estimé Pavin Chachavalpongpun, chercheur au Centre d’études sur l’Asie du Sud-Est de l’université de Kyoto, au Japon.

Son voyage confirme aussi qu’elle dispose du soutien de ceux qu’elle a si longtemps combattu, et qui attendent d’elle aujourd’hui qu’elle participe au retour de la Birmanie sur la scène internationale.

“Avant que les sanctions ne soient levées, le gouvernement a besoin de légitimité comme jamais, donc c’est ce qu’il attend du voyage de Suu Kyi”, a ajouté Pavin, la décrivant comme “une ambassadrice de bonne volonté” du régime de Naypyidaw.

La députée, 66 ans, rencontrera la Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra à une date encore non précisée, a indiqué à l’AFP le secrétaire général de la chef du gouvernement, Thawat Boonfeung.

Mercredi, elle se rendra dans la province de Samut Sakhon, au Sud de Bangkok, pour rencontrer des immigrés birmans, ont précisé de leur côté des ONG spécialisées. Une façon pour elle “de renouer un lien brisé avec ceux qui vivent à l’extérieur du pays”, selon Pavin.

Les Birmans représentent 80% des deux millions d’immigrés enregistrés en Thaïlande. Bien d’autres y vivent sans papiers, et beaucoup sont victimes d’exploitations en tout genre dans un pays qui dépend lourdement de la main d’oeuvre étrangère.

Suu Kyi devrait également se rendre dans le Nord de la Thaïlande où une dizaine de camps de réfugiés abritent depuis des années quelque 100.000 Birmans, chassés de leur pays par les combats entre l’armée et des rebelles de minorités ethniques.

Elle s’exprimera enfin au Forum économique mondial pour l’Asie de l’Est auquel participeront de nombreuses personnalités, dont des chefs d’Etat de la région.

Thein Sein aurait également dû assister au Forum. Mais il a annoncé lundi avoir reporté sa visite à la semaine prochaine. Sans doute pour éviter que la “Dame” de Rangoun ne lui subtilise les flashes des photographes dans une capitale thaïlandaise suspendue à ses moindres faits et gestes.

Placée pour la première fois en résidence surveillée en 1989, Suu Kyi a passé au total 15 ans privée de liberté, avant d’être finalement libérée en novembre 2010. Elle a reçu début mai son premier passeport depuis 20 ans.

Ce premier voyage accompli, elle effectuera mi-juin une tournée historique en Europe lors de laquelle elle prononcera à Oslo le discours qu’elle n’avait pas pu donner lorsqu’elle avait reçu son prix Nobel, en 1991.

Elle se rendra aussi notamment en Grande-Bretagne, où elle a fait ses études et vécu plusieurs années avec son défunt mari et ses enfants. Avec l’insigne honneur de s’exprimer devant les parlementaires des deux chambres, à Londres, le 21 juin.


mai 22 2012

Birmanie : des membres de l’opposition interrogés après des manifestations

source : romandie.com

Des membres du parti de la chef de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi ont été brièvement interrogés mardi par la police après des manifestations contre les coupures d’électricité dans la deuxième ville du pays, a indiqué un de ses porte-parole à l’AFP.

Une dizaine de membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) ont été emmenés pour interrogatoire à Mandalay, a indiqué à l’AFP Ohn Kyaing, député et porte-parole du parti.

Les autorités les ont bien traités et les ont libérés après interrogatoire.

Quelque 1.500 personnes ont manifesté lundi soir à Mandalay contre les coupures de courant qui limitent parfois la livraison d’électricité à quatre heures par jour, ont indiqué des témoins à l’AFP.

Certains d’entre eux reprochent au gouvernement de vendre l’électricité au puissant voisin chinois au détriment de sa population. Chine, rend-nous notre électricité, pouvait-on notamment lire sur une pancarte.

Environ 1.000 personnes avaient déjà manifesté la veille au cours du mouvement le plus important du pays depuis la révolte Safran de 2007.

Dans une déclaration publiée mardi par le quotidien officiel New Light of Myanmar, le ministère de l’Electricité a demandé aux Birmans de comprendre la situation, jugeant nécessaire d’économiser de l’électricité en imposant des rotations.

Mais il n’a pas directement mentionné le mouvement de Mandalay.

Le ministère a expliqué que pendant la saison sèche, la consommation d’électricité dépassait largement la capacité de production. Des projets sont en cours pour construire plus de centrales, a-t-il ajouté, évoquant notamment une centrale à charbon et une au gaz.

Il a ajouté que la situation avait été aggravée par la destruction de pylônes de lignes électriques. Le New Light of Myanmar avait accusé dimanche les rebelles de la minorité ethnique kachin d’en être responsables.

Les manifestations demeurent très rares en Birmanie, en dépit de l’ouverture politique. Le nouveau gouvernement, d’anciens militaires réformateurs qui ont succédé à la junte en mars 2011 et ont multiplié les réformes depuis, a approuvé il y a quelques mois une loi légalisant les manifestations.

Le texte stipule que les manifestants doivent informer les autorités cinq jours à l’avance sous peine de risquer un an de prison. Mais les manifestants de Mandalay, qui se sont mobilisés sur internet, n’ont pas respecté ces règles.

Les derniers mouvements majeurs en Birmanie datent de 2007. La révolte Safran, emmenée par des moines bouddhistes, avait attiré jusqu’à 100.000 personnes dans les rues de Rangoun, constituant le plus sérieux défi à la junte alors au pouvoir depuis le soulèvement populaire de 1988.

Les deux mouvements avaient été réprimés dans le sang.


mai 21 2012

Birmanie : Aung San Suu Kyi donnera sa conférence Nobel à Oslo le 16 juin

source : lenouvelobs

L'opposante birmane Aung San Suu Kyi donnera sa conférence Nobel le 16 juin à Oslo, 21 ans après avoir été lauréate du prix de la Paix, a annoncé lundi le comité Nobel norvégien. (c) Afp

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi donnera sa conférence Nobel le 16 juin à Oslo, 21 ans après avoir été lauréate du prix de la Paix, a annoncé lundi le comité Nobel norvégien. (c) Afp

La députée d’opposition birmane Aung San Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée, donnera sa conférence Nobel le 16 juin à Oslo, 21 ans après avoir été lauréate du prix de la Paix, a annoncé lundi le comité Nobel norvégien.

“Elle donnera sa conférence le 16 juin à 13 heures (11h00 GMT) à l’hôtel de ville” d’Oslo, a déclaré à l’AFP une porte-parole du comité, Sigrid Langebrekke, précisant que Mme Suu Kyi devrait arriver le 15 juin dans la capitale norvégienne.

Le programme de Mme Suu Kyi, 66 ans, n’est pas encore arrêté, mais à l’occasion de ce voyage hors de Birmanie, le premier depuis sa libération en 2010, elle doit rencontrer le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères norvégiens, selon Mme Langebrekke.

L’opposante, qui a reçu le 8 mai son premier passeport depuis 20 ans, avait toujours dit qu’elle essaierait de réaliser en Norvège son premier voyage à l’étranger, en signe de gratitude.

Elle a été récompensée du prix Nobel de la Paix en 1991, décerné par le Comité Nobel norvégien “pour sa lutte non-violente en faveur de la démocratie et des droits de l’Homme”. Mais elle n’a jamais été en mesure de se rendre à Oslo pour recevoir son prix en personne.


mai 20 2012

Accord entre gouvernement birman et rebelles shans pour éradiquer la drogue

source : romandie.com

Le gouvernement birman et les rebelles de la minorité ethnique Shan ont signé un accord pour éradiquer la drogue dans l’Etat Shan, principal lieu de production d’opium et d’amphétamines du pays, a indiqué un ministre à l’issue d’une nouvelle séance de négociations de paix samedi.

Le Conseil de restauration de l’Etat Shan (RCSS), branche politique des rebelles shans, avait annoncé samedi matin, juste avant ces négociations, proposer un plan pour l’éradication totale des narcotiques.

Alors que les groupes ethniques armés et le gouvernement ont conclu des cessez-le-feu pour résoudre les problèmes politiques (…) le RCSS va coopérer avec le gouvernement pour un plan d’éradication de la drogue, avait-il précisé dans un document publié conjointement avec l’Armée de l’Etat Shan du Sud, un des principaux groupes armés du pays.

Ce texte, évoquant à la fois l’opium et les drogues de synthèse comme les méthamphétamines, plaidait notamment pour une coopération avec les pays voisins Chine, Laos et Thaïlande, pour lutter contre le trafic de stupéfiants et réclamait des aides à la reconversion pour les cultivateurs de pavot birmans.

Aung Min, ministre des Chemins de Fer et un des principaux négociateurs du gouvernement birman avec les minorités ethniques, a confirmé samedi soir tard qu’un accord avait été signé sur cette question, mais sans en préciser le contenu.

Les analystes estiment que les groupes rebelles ethniques du pays utilisent notamment les bénéfices du trafic de drogue pour financer leurs opérations.

Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) de 2011, la Birmanie est une source importante de cachets d’amphétamines et d’opiacés en Asie du Sud-Est et la majeure partie d’entre eux sont produits dans l’Etat Shan.

La Birmanie est le deuxième producteur d’opium dans le monde après l’Afghanistan, et 91% du pavot est cultivé dans l’Etat Shan, selon l’ONU.

De nombreux groupes minoritaires, qui représentent un tiers des 60 millions d’habitants, n’ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir depuis l’indépendance en 1948 et une guerre civile oppose depuis certains d’entre eux à l’armée birmane.

Le nouveau gouvernement, qui a succédé à la junte en mars 2011 et a depuis multiplié les réformes, a ouvert des négociations avec les groupes rebelles et conclu des cessez-le-feu avec plusieurs d’entre eux. L’un des premiers à avoir signé cette trêve était l’Armée de l’Etat Shan du Sud, en décembre.

Avec 9% de la population, les Shans sont le deuxième groupe ethnique derrière la majorité birmane.

Samedi, les représentants shans ont demandé à rencontrer pour la première fois le président Thein Sein et la chef de l’opposition Aung San Suu Kyi, a indiqué Aung Min. Nous continuerons les discussions à propos de cette visite, a-t-il précisé à l’AFP.


mai 18 2012

Washington lève des restrictions mais le cadre des sanctions reste

Washington a décidé de lever certaines restrictions aux investissements en Birmanie pour encourager les réformes, mais le cadre des sanctions américaines contre le pays reste pour l’instant en place.

«Nous permettrons certains types d’investissement dans les services financiers afin de permettre aux entreprises de faire des affaires en Birmanie», a déclaré jeudi à l’AFP un haut responsable américain, tout en soulignant que Washington continuerait à imposer des sanctions aux personnes liées à l’ancienne junte.

«Le gouvernement birman a fait des progrès dans de nombreux domaines»

«Il s’agit d’une reconnaissance des progrès (effectués), il s’agit d’une reconnaissance du fait qu’ouvrir davantage la porte à des échanges économiques entre nos deux pays est important pour soutenir les réformateurs», a ajouté ce responsable sous couvert de l’anonymat.

Plus tôt ce jeudi, le président Barack Obama avait annoncé avoir reconduit pour au moins un an le cadre juridique des sanctions contre la Birmanie en soulignant que les réformes engagées étaient encore à l’état «embryonnaire». «Le gouvernement birman a fait des progrès dans de nombreux domaines, dont la libération de centaines de prisonniers politiques, le fait de discuter de cessez-le-feu avec plusieurs groupes ethniques armés ainsi qu’avec le principal groupe d’opposition en faveur de la démocratie», a noté Barack Obama.

«Les Etats-Unis s’engagent à soutenir les efforts de réforme entrepris par la Birmanie, mais la situation en Birmanie continue à représenter une menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique étrangère des Etats-Unis», a ajouté Barack Obama, employant l’expression consacrée pour justifier la situation «d’urgence nationale», cadre juridique préalable aux sanctions.

Aung San Suu Kyi prête à accepter une suspension des sanctions

«La Birmanie a effectué des avancées importantes, mais l’ouverture politique est embryonnaire, et nous continuons à être inquiets, notamment au sujet des prisonniers politiques qui subsistent, des conflits en cours, et de graves violations des droits de l’homme» vis-à-vis de certaines ethnies, a encore précisé le président.

Selon le responsable précité, les Etats-Unis souhaitent maintenir le cadre général de ces sanctions pour encourager les réformes, et pouvoir agir rapidement en cas de «rétropédalage» du gouvernement birman.

Mercredi, l’opposante birmane Aung San Suu Kyi s’était dite prête à accepter une suspension des sanctions contre son pays mais avait averti que les changements politiques et les signes d’ouverture du régime n’étaient pas «irréversibles». Elle avait conseillé «d’agir avec précaution» et mis en garde contre un excès d’optimisme.

Lundi, le sénateur John McCain avait souhaité que les Etats-Unis gèlent temporairement la plupart des sanctions imposées à la Birmanie comme certains pays l’ont déjà fait et comme d’autres envisagent de le faire.


mai 17 2012

Birmanie : les rebelles kachins demandent des observateurs de l’ONU

source : lepoint

Les rebelles de la minorité ethnique des Kachins ont demandé à l'ONU d'envoyer des observateurs dans les zones de combats avec l'armée birmane, dans l'extrême-nord du pays, a-t-on appris jeudi auprès d'un de leurs responsables.Les rebelles de la minorité ethnique des Kachins ont demandé à l’ONU d’envoyer des observateurs dans les zones de combats avec l’armée birmane, dans l’extrême-nord du pays, a-t-on appris jeudi auprès d’un de leurs responsables.

Les rebelles de la minorité ethnique des Kachins ont demandé à l’ONU d’envoyer des observateurs dans les zones de combats avec l’armée birmane, dans l’extrême-nord du pays, a-t-on appris jeudi auprès d’un de leurs responsables.

Dans une lettre au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, dont un responsable de l’Organisation pour l’indépendance kachin (KIO) a envoyé jeudi une copie à l’AFP, le groupe l’”implore” d’envoyer “des équipes d’observateurs et des équipes d’intermédiaires dans les zones de guerre”.

“Cela fait déjà onze mois (que les combats ont repris) et nous voulons que des observateurs de l’ONU viennent voir ce qui se passe là bas, pour voir la réalité, avoir leurs propres informations”, a précisé à l’AFP le colonel James Lum Dau, responsable adjoint des Affaires étrangères de la KIO, basé en Thaïlande.

“Nous avons besoin de quelqu’un sans parti pris”.

Le conflit ouvert entre l’Armée pour l’indépendance kachin (KIA, branche armée de la KIO) et la puissante Tatmadaw - l’armée de Naypyidaw - fait rage depuis juin 2011 après 17 ans de paix.

Il a déjà provoqué, selon l’ONU, l’exode de 55.000 personnes, une tache au milieu de la série de réformes accomplies par le régime depuis la dissolution de la junte en mars 2011.

“Le moment est maintenant crucial pour une intervention de l’ONU, avant que le conflit ne n’étende et ne devienne plus complexe”, déclare encore la KIO dans son courrier.

Mais l’organisation ne demande pas à ce stade de casques bleus, a indiqué le colonel Lum Dau. “Des troupes de maintien de la paix de l’ONU, ce ne serait pas sage en ce moment”.

Le gouvernement birman, qui demeure contrôlé par les militaires, a entamé ces derniers mois des négociations avec les minorités ethniques, dont beaucoup n’ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948. Et il a conclu des cessez-le-feu avec plusieurs groupes.

Mais les négociations avec la KIO n’ont rien donné. Le président Thein Sein vient d’insuffler un nouveau souffle au processus de paix, en prenant la direction de l’équipe de négociation et en écartant certains de ses membres jugés trop conservateurs.


mai 15 2012

La Birmanie réfute à nouveau tout lien militaire avec Pyongyang

source : romandie.com

Le président sud-coréen, en visite historique en Birmanie, a indiqué avoir obtenu la promesse des autorités qu’elles s’abstiendraient de toute coopération militaire avec la Corée du Nord, une perspective qui inquiétait les Etats-Unis encore vivement l’an passé.

Lee-Myung Bak, qui avait rencontré lundi le président Thein Sein, l’a invité à ne pas entretenir avec Pyongyang de liens qui pourraient être considérés comme une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, a-t-il indiqué aux journalistes mardi.

L’ONU a imposé deux séries de sanctions à la Corée du Nord après ses essais nucléaires en 2006 et 2009. Il lui est notamment interdit de commercialiser tout matériel nucléaire et balistique et de procéder à des essais nucléaires ou balistiques.

La communauté internationale s’est inquiétée ces dernières années des liens entre Naypyidaw et Pyongyang, en particulier sur la possibilité d’un programme nucléaire.

Mais le nouveau régime birman a tenté de rassurer les Occidentaux. En novembre, lors d’une visite historique de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, un haut responsable américain avait ainsi indiqué que les Etats-Unis ne voyaient aucun signe de programme nucléaire majeur en Birmanie.

Thein Sein, au pouvoir depuis un an, a donc une nouvelle fois démenti tout programme nucléaire et assuré que son pays respecterait les résolutions de l’ONU, a précisé à l’AFP une porte-parole de la présidence sud-coréenne.

La visite de Lee-Myung Bak est la première d’un chef d’Etat sud-coréen depuis l’attentat manqué dans ce pays, en 1983, contre le président de l’époque Chun Doo-Hwan.

Une bombe posée par un agent nord-coréen avait tué 17 Sud-Coréens et quatre Birmans. Le président s’en était sorti indemne. La Birmanie avait alors rompu ses relations avec Pyongyang, avant de les rétablir en 2007.

La Birmanie a d’autre part accepté de libérer un réfugié nord-coréen, qui purge depuis 2010 une peine de cinq ans de prison pour être entré illégalement dans le pays, a ajouté la porte-parole.

La junte au pouvoir s’est autodissoute en mars 2011 et a transmis ses pouvoirs à un gouvernement civil d’anciens militaires, qui a multiplié les réformes.

L’Union européenne a suspendu en avril pour un an toutes ses sanctions, à l’exception de l’embargo sur les armes. Mais les Etats-Unis, qui ont allégé certaines restrictions aux investissements et promis la nomination rapide d’un ambassadeur, ont pour l’heure conservé les leurs.


mai 14 2012

Birmanie : malgré l’élection d’Aung San Su Kyi, l’ouverture démocratique n’est qu’une illusion

source : atlantico

article : Thierry Falise

Certains analystes comparent les réformes en cours en Birmanie à la perestroïka engagée par Mikhaïl Gorbatchev en Union Soviétique dans la deuxième moitié des années 1980. Mais les réformes et mesures adoptées relèvent surtout de l’emblématique même avec l’élection d’Aung San Suu Kyi. Après des mois d’euphorie, la Birmanie risque de connaitre une longue période de mélancolie…

La vague réformiste a surpris tous les observateurs.

Certains analystes comparent les réformes en cours en Birmanie à la perestroïka engagée par Mikhaïl Gorbatchev en Union Soviétique dans la deuxième moitié des années 1980. Il serait sans doute plus judicieux de faire un parallèle avec le démantèlement de l’apartheid en Afrique du Sud mené grâce à l’alliance a priori contre nature entre le chef d’une opposition radicale, Nelson Mandela, et un apparatchik issu du système, le président Frederik De Klerk. En Birmanie, on retrouve un duo semblable avec Aung San Suu Kyi - à la différence de Mandela elle a toujours prôné la lutte non violente - et le nouveau président Thein Sein.

Les réformes et gestes d’ouverture entrepris depuis 2011 par le nouveau pouvoir “démilitarisé” sont réels et sans précédent dans un pays soumis depuis près d’un demi-siècle à un régime totalitaire d’un autre âge: assouplissement de la censure dans la presse, libération de plus de 600 prisonniers politiques, droit de grève, cessez-le-feu avec des minorités ethniques, organisation modèle d’élections partielles qui ont permis entre autres l’élection d’Aung San Suu Kyi au Parlement, etc.

Cette vague réformiste a surpris tous les observateurs. Pourquoi maintenant ? Sans doute y-a-t-il d’abord la volonté du gouvernement birman de rééquilibrer, au profit entre autres de l’Occident, ses relations économiques avec une Chine devenue à ses yeux beaucoup trop envahissante. Souhait également de la part de certains dirigeants plus ouverts sur l’extérieur d’améliorer la réputation déplorable de leur pays, notamment dans la perspective de la présidence de l’Association des Nations d’Asie du Sud Est (ASEAN) en 2014. Cette réputation, nourrie jour après jour par d’incessantes violations des droits de l’homme s’était, si c’était encore possible, considérablement ternie à la suite de la violente répression contre des moines et civils désarmés lors des grandes manifestations de septembre 2007 et de la gestion catastrophique, au moins lors des premières semaines, des conséquences du cyclone Nargis en 2008.

Aung San Suu Kyi ne s’est à ce jour pas confiée dans les détails sur sa décision assez inattendue d’accompagner le changement. Quelques semaines avant sa première rencontre avec Thein Sein en août 2011, on la disait démoralisée et sans illusion sur les nouveaux dirigeants civils. Elle a toutefois tenu par la suite à affirmer publiquement sa confiance en Thein Sein. L’ancien général - et ex Premier ministre - a toujours bénéficié d’une relative bonne réputation comparé à ses pairs. Considéré comme un des officiers les moins corrompus de la junte, il avait aussi, lors de la crise post-Nargis, personnellement mis en oeuvre des projets de réhabilitation alors que plusieurs de ses collègues s’étaient remplis les poches avec l’aide internationale.

L’embouteillage ces derniers mois à Yangon (Rangoun)et dans la capitale Naypyidaw de chefs d’Etat, ministres, diplomates et hommes d’affaires étrangers, essentiellement Occidentaux et Asiatiques - dont beaucoup viennent d’abord pour se faire prendre en photo avec Aung San Suu Kyi - est encourageant mais il ne justifie pas une baisse de la vigilance. Plusieurs centaines de détenus politiques croupissent toujours en prison. Dans le nord du pays, un cessez-le-feu vieux de 17 ans avec les Kachins, importante minorité, a volé en éclat en juin 2011, provoquant la reprise d’un conflit avec son défilé de morts et de réfugiés.

Des questions centrales se posent toujours au sujet de l’armée. Y répondre devrait permettre de cerner davantage la marge de manoeuvre dont peut bénéficier Thein Sein. Quelle place les militaires veulent-ils s’approprier dans une Birmanie civile (au-delà des 25% de sièges que la constitution leur octroie automatiquement au parlement) ? Les officiers qui des décennies durant se sont constitués des rentes de situation parfois fabuleuses sont-ils prêts à y renoncer ? Quel rôle joue encore le vieux général Than Shwe, ancien numéro un de la dictature, dont la rumeur le dit un jour agonisant, le lendemain tirant les ficelles du théâtre politique ? La lutte entre réformateurs et durs du régime est-elle réelle ou n’est-elle, comme certains l’affirment, que de la poudre aux yeux destinée à donner l’illusion d’une ouverture et à masquer un rôle toujours prépondérant des militaires radicaux ?

Certains signaux ne portent guère à l’optimisme. Les injonctions de Thein Sein aux officiers détachés dans l’Etat Kachin de cesser le combat sont restées jusqu’à présent lettre morte. Le dernier budget national, même s’il augmente la part dédiée à l’éducation et la santé, parents pauvres des juntes successives, octroie toujours un quart des fonds à l’armée.

A ce jour, les réformes et mesures, si importantes qu’elles soient, relèvent plutôt de l’emblématique. Les programmes structurels restent à mettre en oeuvre. A commencer par une remise à plat de l’économie. Un demi siècle de gestion inepte a fait de ce pays, potentiellement un des plus riches de la région, un désert économique où les deux tiers de la population vivent dans la pauvreté.

Après des mois d’euphorie, la Birmanie risque de connaitre une longue période de mélancolie. La situation économique et sociale d’une grande majorité de la population ne s’est guère améliorée, le flou et le bricolage restent la règle en matière d’investissement, les infrastructures hôtelières sont saturées,… “Le nouvel Eldorado asiatique”, comme le vantent des affairistes, ne pourrait être qu’un miroir aux alouettes.

Thierry Falise

Thierry Falise est un photo-journaliste indépendant établi à Bangkok depuis 1991.

Il couvre l’Asie du Sud Est et l’Inde pour des journaux et magazines du monde entier ainsi que des télévisions francophones.

Il a écrit plusieurs livres (en français) sur la Birmanie, pays qu’il couvre depuis 25 ans dont :

-  Le jasmin ou la Lune (biographie d’Aung San Suu Kyi), 2007, Florent Massot, édité en poche chez J’ai Lu.

Burmese Shadows, livre photo sur 25 ans de reportage en Birmanie, à paraître (en anglais) chez McNidder & Grace, Septembre 2012.

www.thierryfalise.com


mai 10 2012

Birmanie : lueur d’espoir dans le processus de paix avec les rebelles Kachins

source : lenouvelobs

Les efforts du pouvoir birman pour relancer les négociations avec les rebelles de la minorité ethnique des Kachins, dans le nord du pays, jettent une lueur d’espoir sur l’obtention d’un cessez-le-feu après des mois plombés par le langage des armes et la suspicion mutuelle.

Le conflit ouvert entre l’Armée pour l’indépendance kachin (KIA) et la puissante Tatmadaw –l’armée de Naypyidaw– fait rage depuis juin 2011 après 17 ans de paix. Il a déjà provoqué l’exode de 50.000 personnes, une tache au milieu de la série de réformes accomplies par le régime.

Mais le président Thein Sein vient d’insuffler un nouveau souffle au processus de paix, en prenant la direction de l’équipe de négociation et en écartant certains de ses membres jugés trop conservateurs.

L’apparition en première ligne de l’ex-général, Premier ministre de la junte sortante devenu un réformateur convaincu et convaincant, constitue “une indication forte qu’un accord avec la KIA est possible”, estime Nicholas Farrelly, de l’Australian National University.

“Cela suggère la prise de conscience de ce que des pas timides n’apporteront pas la paix dans le nord de la Birmanie. Il faudra de l’audace et un océan de bonne volonté”.

Le gouvernement, qui a succédé à la junte en mars 2011 mais demeure contrôlé par les militaires, a entamé ces derniers mois des négociations avec les minorités ethniques, dont beaucoup n’ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948.

Mais celles avec l’Organisation de l’indépendance kachin (KIO), branche politique de la KIA, n’ont rien donné.

Win Min, expert du Vahu Development Institute, salue le remaniement de l’équipe gouvernementale, enrichie pour la première fois du nouveau chef des armées, le général Min Aung Hlaing, et du vice-président Sai Mauk Kham, membre de la minorité ethnique shan.

Les Kachins, relève-t-il, réclament un authentique accord politique pour éviter “le cercle vicieux” qui les a vu maintes fois signer un cessez-le-feu puis des accords économiques, avant de replonger dans les combats.

Un cadre de la KIA a lui aussi jugé la nouvelle équipe encourageante. Mais l’issue des discussions “dépendra de leur volonté de nous parler”, a-t-il souligné à l’AFP.

Selon les observateurs, la tentation est grande de part et d’autre de se conforter dans une logique de guerre, ne serait-ce que pour enregistrer quelques succès sur le terrain avant de s’asseoir.

Les commandants kachins ont retrouvé ce qu’ils avaient perdu en temps de paix: du prestige, de la puissance et pour certains d’entre eux le lucratif contrôle du trafic de bois et des contrats miniers avec les entreprises chinoises.

“La société kachin est très enflammée, très en colère (…). Pour la première fois depuis des années, la KIA est soutenue. Ils se sentent soudainement comme des héros”, analyse Richard Horsey, analyste indépendant.

En face, certains éléments de la Tatmadaw, qui a justifié son emprise sur le pouvoir depuis 1962 par le maintien de l’unité du pays face aux rébellions ethniques, ne sont pas prêts à renoncer au rôle central que leur confère le conflit.

“Sans un ennemi de l’intérieur, leur budget et leur force de frappe sont difficile à justifier”, relève Farrelly.

La première tâche des négociateurs sera donc d’obtenir une trêve dans les combats, qui ont eu tendance à s’intensifier. La KIA a dit craindre une offensive majeure sur la ville de Laiza, sur la frontière chinoise, tandis que le très officiel New Light of Myanmar, d’habitude muet sur le dossier, se faisait l’écho de “lourdes pertes” côté kachin.

Les analystes soulignent que les Kachins se sentent un peu seuls après la signature des autres cessez-le-feu, notamment celui obtenu par la très puissante Union nationale karen (KNU), à la tête d’une des plus anciennes guerres civiles de la planète.

“Après une guerre aussi destructrice, les Kachins vont espérer que le président y parvienne” aussi avec eux, estime Farrelly.


mai 9 2012

Birmanie : munie d’un passeport, Aung San Suu Kyi est libre de voyager

source : lenouvelsobs :

La députée de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée, a obtenu un passeport et peut désormais voyager à l'étranger pour la première fois depuis 1988, a indiqué mardi un responsable de son parti. (c) Afp

La députée de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée, a obtenu un passeport et peut désormais voyager à l’étranger pour la première fois depuis 1988, a indiqué mardi un responsable de son parti. (c) Afp

La députée de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée, a fait un pas de plus vers la normalisation totale de son statut en obtenant un passeport qui lui permettra d’aller recevoir, plus de vingt ans après, son prix Nobel de la paix.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) a été informée vendredi dernier que l’icône de la démocratie avait obtenu le précieux document, qui ouvre une ère nouvelle pour ses activités politiques internationales et sa vie personnelle.

“C’est son premier passeport depuis 20 ans, j’ai l’impression que tout est redevenu normal désormais”, a expliqué à l’AFP Nyan Win, porte-parole de la LND, précisant que ce voyage inaugural et historique aurait lieu mi-juin “comme prévu”.

Réintégrée l’an passé dans le jeu politique légal par le président Thein Sein, après 15 années de privation de liberté, Suu Kyi prévoit de se rendre en Norvège pour y réceptionner le prix Nobel reçu en 1991, en son nom, par Michael Aris en présence de leurs deux enfants.

Elle doit aussi se rendre en Grande-Bretagne où elle avait fait ses études et rencontré son futur mari, qui décèdera d’un cancer en 1999 sans qu’elle ait jamais pu le revoir.

Revenue en Birmanie en 1988 au chevet de sa mère malade, celle qui était entrée cette année là en politique à la faveur d’un soulèvement populaire réprimé dans le sang, avait en effet jusqu’ici toujours refusée de repartir, de crainte de donner aux militaires une occasion en or pour la maintenir en exil.

Mais le contexte s’est radicalement transformé. La junte au pouvoir s’est autodissoute en mars 2011 et a transmis ses pouvoirs à un gouvernement civil d’anciens militaires qui a multiplié les réformes politiques.

La “Dame” de Rangoun a même triomphalement remporté son premier siège de députée aux élections partielles du 1er avril, qui ont fait de la LND la première force d’opposition du Parlement. Elle y a prêté serment la semaine dernière.

Un responsable gouvernemental a confirmé à l’AFP mardi qu’aucune forme de restriction ne pesait désormais sur elle. “Elle peut se rendre librement à l’étranger”, a-t-il assuré sous couvert de l’anonymat.

Suu Kyi, 66 ans, devrait donc sans doute être bientôt assaillie de propositions.

Car son combat contre la junte birmane, son charisme et la volonté dont elle a su faire preuve, sans jamais renoncer à la non-violence, ont fait d’elle un des dissidents les plus connus de la planète.

Les plus hauts responsables étrangers se sont succédé à son domicile de Rangoun ces derniers mois, dont la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton en décembre, et le patron de l’ONU Ban Ki-moon tout récemment.

Les analystes estiment que l’annonce de ce voyage le mois dernier a témoigné d’une confiance toute nouvelle de l’opposante dans le régime actuel. Elle l’utilisera pour expliquer dans les capitales sa stratégie vis-à-vis des sanctions internationales qui pèsent contre le régime de Naypyidaw.

Suu Kyi souhaite leur levée progressive, afin de conserver un moyen de pression sur ceux, au sein du régime et notamment de l’armée, qui seraient tentés par une remise en cause des réformes.

L’Union européenne a suspendu pour un an toutes ses sanctions politiques et économiques, à l’exception de l’embargo sur les armes. Mais les Etats-Unis, qui ont allégé certaines restrictions aux investissements et promis la nomination rapide d’un ambassadeur, ont pour l’heure conservé leurs sanctions clés.