mar 30 2012

Birmanie : Aung San Suu Kyi évoque des élections imparfaites mais nécessaires

source : lenouvelobs

Les législatives partielles en Birmanie ce week-end ne peuvent prétendre être réellement démocratiques, a regretté vendredi l'opposante Aung San Suu Kyi, prenant ses distances avec le processus tout en revendiquant la nécessité d'y participer. (c) Afp

Les législatives partielles en Birmanie ce week-end ne peuvent prétendre être réellement démocratiques, a regretté vendredi l’opposante Aung San Suu Kyi, prenant ses distances avec le processus tout en revendiquant la nécessité d’y participer. (c) Afp

Les législatives partielles en Birmanie ce week-end ne peuvent prétendre être réellement démocratiques, a regretté vendredi l’opposante Aung San Suu Kyi, prenant ses distances avec le processus tout en revendiquant la nécessité d’y participer.

Alors que le gouvernement d’anciens militaires réformateurs, au pouvoir depuis un an, espère démontrer par ces élections la sincérité du processus politique, la lauréate du prix Nobel de la paix a réitéré de vives critiques sur les irrégularités de la campagne.

“Je ne pense pas que nous puissions considérer que c’est une élection libre et juste si l’on tient compte de ce que l’on a observé ces derniers mois”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à son domicile de Rangoun, envahi par une horde de journalistes étrangers.

Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avait dénoncé plusieurs irrégularités, notamment des listes électorales comprenant des morts et “de très nombreux cas d’intimidations” et de vandalisme.

Des choses qui sont “au delà de ce qui est acceptable dans une élection démocratique”, a-t-elle ajouté.

L’opposante avait triomphé aux élections de 1990, sans que la junte ne reconnaisse jamais les résultats. Elle était encore en résidence surveillée vingt ans plus tard, en novembre 2010, lors de législatives boycottées par la LND et qualifiées de mascarade par l’Occident.

Mais le président et ancien général Thein Sein l’a depuis invitée à revenir dans le jeu politique légal dans l’espoir, selon les analystes, d’accroître la légitimité des réformes et d’obtenir la levée des sanctions économiques occidentales.

Vendredi, elle a justifié son choix de briguer un siège de députée, pour la première fois de sa vie, dans la circonscription rurale de Kawhmu près de Rangoun.

“Nous sommes toujours déterminés à aller de l’avant, parce que c’est ce que notre peuple souhaite”, a-t-elle justifié. “Nous n’avons jamais fait de compromis sur le plan des principes (…). Notre opinion est qu’une fois au parlement, nous pourrons travailler pour une véritable démocratisation”.

Répondant à des rumeurs persistantes sur une possible entrée dans le gouvernement actuel, elle a revanche exclu cette hypothèse qui lui imposerait d’abandonner son mandat électif. “Je n’ai aucune intention de quitter le parlement après avoir tant lutté pour l’intégrer”.

Un total de 45 sièges sont en jeu lors de ces partielles, dont 44 brigués par la LND. Mais quels que soient les résultats, “c’est la nouvelle conscience politique de notre peuple que nous considérons comme notre plus grand triomphe”, a-t-elle relevé.

Une façon d’indiquer qu’elle se plaçait aussi dans la perspective des prochaines législatives, en 2015, pour une plus forte implantation parlementaire.

Car si son élection dimanche ne semble guère faire de doutes, elle ne fera pas basculer l’équilibre des forces, entièrement en faveur du Parti de la solidarité et du développement de l’Union (USDP).

La formation, créé de toutes pièces par l’ancienne junte, avait revendiqué environ 80% des sièges en 2010 et peut compter sur la fidélité d’un quart des parlementaires, militaires d’active désignés en marge du processus électoral, en vertu de la Constitution de 2008.

Mais l’enjeu du scrutin n’en est pas moins crucial pour le régime birman, qui a invité des observateurs et accepté l’accréditation de plus de 170 journalistes étrangers, pour montrer que la Birmanie n’était plus le régime totalitaire et fermé qu’il est demeuré pendant un demi-siècle.

Thein Sein avait reconnu en début de semaine des “erreurs inutiles” dans le processus électoral, admettant ainsi de facto les critiques de la LND.

Il avait aussi demandé au pays d’accepter les résultats. “En respectant la décision du peuple, nous devons accepter de perdre”, avait-il insisté dans le quotidien New Light of Myanmar.


mar 29 2012

Birmanie : enfin l’ouverture ?

source : lepoint.fr

Les récentes évolutions en Birmanie laissent espérer un changement dans le pays même si les avancées sont très fragiles.

Rangoon le 29 mars.Rangoon le 29 mars. © Christophe Archambaut / AFP

Dans les rues de Rangoon, les trottoirs sont toujours criblés des glaviots rouges de bétel, les hommes portent toujours leurs éternels sarongs colorés, les femmes ont toujours le visage poudré de thanaka. Et pourtant, quelque chose a changé. Sur les étals débordés, la flopée de jeunes magazines n’hésite désormais plus à titrer sur Aung San Suu Kyi et la politique. Les images de la Prix Nobel de la paix 1991 et de son père Aung San, l’un des fondateurs de la nation birmane, sont certes discrètes mais bien présentes. Dimanche 1er avril, Aung San Suu Kyi se présentera devant les électeurs de la circonscription de Kawhmu, dans la périphérie sud de Rangoon, à l’occasion d’élections législatives partielles. Une première depuis l’apparition de “La Dame” sur la scène politique birmane dans le tumulte des révoltes de 1988.

Difficile d’imaginer qu’il y a cinq ans à peine, les militaires tiraient sur les bonzes dans ces mêmes rues lors de la mal-nommée “révolution de safran” (les parures des moines birmans étant, contrairement aux Thaïlandais, couleur pourpre ou bordeaux). Le dictateur d’alors, le généralissime Than Shwe, coule désormais une retraite paisible à Naypyidaw, la fantasque capitale du pays. La junte militaire s’est autodissoute. En novembre 2010, des élections législatives ont été convoquées sur le socle d’une nouvelle Constitution. Boycottées à l’époque par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi, elles ont vu arriver un nouveau Parlement dominé par les anciens militaires. En février 2011 un gouvernement semi-civil est nommé et l’ancien général Thein Sein mis à sa tête. À la surprise générale, celui-ci met en oeuvre un programme de réformes sans précédent dans le pays : les prisonniers politiques sont amnistiés ; les traités de cessez-le-feu avec les armées ethniques rebelles se multiplient ; le carcan de la censure se relâche peu à peu ; Aung San Suu Kyi recouvre sa liberté de mouvement et de parole ; les investissements étrangers sont encouragés…

“Gorbatchev birman”

Partout dans le pays, 45 sièges seront pourvus dimanche par les électeurs pour pallier au départ de parlementaires dans le gouvernement Thein Sein. Après les élections décriées de 2010, ce vote sera un premier indicateur du pouls de la Birmanie un an après le début de la mise en oeuvre des réformes. Si ce renouvellement ne modifiera pas l’équilibre des forces au Parlement, largement dominé par la vitrine politique de l’ex-junte, il sera scruté attentivement par les États-Unis et l’Union européenne. Car le défilé de diplomates de premier plan à Naypyidaw ces derniers mois (Hillary Clinton en décembre, William Hague et Alain Juppé en janvier…) illustre bien l’intérêt porté par les Occidentaux à l’évolution de cette nation longtemps ostracisée, d’autant plus stratégique en ce début de XXIe siècle du fait de sa proximité avec la Chine.

À plusieurs reprises dans son histoire, la Birmanie a connu des périodes d’ouverture mais aucune d’une telle envergure. À tel point que certains labellisent déjà le président Thein Sein, “le Gorbatchev birman”. Une position que partage, dans une certaine mesure, le chercheur Renaud Egreteau : “Thein Sein se pose en effet comme réformateur, et veut marquer de son empreinte la transition. Mais il ne cherche pas à remettre en cause la position dominante des forces armées dont il émane, ni à rompre avec le système prétorien qui est en place.” En réformant l’URSS, Gorbatchev avait entraîné sa chute. Bien malgré lui.

Mémorandum

Mais l’enthousiasme n’est pas partagé par tous. “Ce n’est pas parce que le gouvernement est civil et qu’un Parlement est élu qu’il faut penser que l’armée birmane est rentrée dans ses casernes”, pondère Egreteau. En février 2012, le journaliste d’investigation et spécialiste de la Birmanie Bertil Lintner révélait, sur le site Asia Times Online, un mémorandum militaire secret datant de 2003 curieusement similaire aux programmes de réformes actuellement mis en oeuvre. Le document dispose qu’une ouverture de façade serait nécessaire à la levée des sanctions occidentales et l’arrivée tant espérée de fonds étrangers Dans le même temps, l’arrivée des puissances occidentales permettrait de sortir de la tutelle économique chinoise dans laquelle la Birmanie se trouve, un état de fait insupportable pour des forces armées héritières d’un nationalisme virulent et xénophobe inspiré du Japon militariste des années 1930.

En 1962, le général Ne Win prenait le pouvoir dans un coup d’État, inaugurant par là une longue période de dictature militaire. Un demi-siècle plus tard, avec un PIB par habitant de 1 300 dollars par an, la fière Birmanie pointe au 200e rang dans les indicateurs internationaux de développement économique, derrière même le Bangladesh, le Laos ou le Cambodge. Résidant de longue date à Rangoon, un observateur occidental résume crûment son optimisme envers les réformes des nouveaux dirigeants birmans : “Leur économie est dans la merde, leur système éducatif est dans la merde, leur système de santé est dans la merde. Les officiels doivent se sentir embarrassés quand ils vont en Thaïlande, en Malaisie ou à Singapour. Ils ont envie que les choses changent pour leur peuple, faire enfin quelque chose de bien.”


mar 28 2012

Birmanie… ou Myanmar ?

source : courrier international

Nombre d’opposants refusaient d’employer la dénomination de “Myanmar”, imposée par la junte. Maintenant que le pays est engagé sur la voie des réformes, beaucoup se montrent plus enclins à l’utiliser.

En 1989, la junte militaire, dirigée par le général Ne Win, a changé “Burma” – le nom du pays en anglais – en “Myanmar” et rebaptisé une série de lieux comme Rangoon (désormais Yangon), Moulmein (Mawlamyine), Karen (Kayin) et Irrawaddy (Ayeyarwady).

Jusqu’à présent, le moyen le plus sûr de passer pour un opposant au régime, un dissident ou un rebelle était de ne pas utiliser la nouvelle nomenclature. Mais depuis que le gouvernement du président Thein Sein a acquis une certaine respectabilité, un nombre croissant de commentateurs semblent prêts à accepter ces dénominations. Au début du mois de janvier, le Financial Times a annoncé sa décision de ne plus utiliser “Burma” mais “Myanmar”. Il a expliqué ce changement par des raisons d’ordre politique (le gouvernement est désormais reconnu par la communauté internationale), étymologique (l’usage de “Myanmar” est antérieur à celui de “Birmanie”), et un sens d’équilibre journalistique.

Le magazine The Irrawaddy, pour sa part, continue à utiliser le terme “Burma”, même si le rédacteur en chef, Aung Zaw, n’écarte pas la possibilité de revenir sur sa position si le pays poursuit sa transition. D’autres médias birmans – et sûrement pas myanmarais ! – en exil, ainsi que la BBC et des publications internationales plus à gauche comme The Guardian, Le Monde et Der Spiegel, préfèrent “Burma” ou ses équivalents. Mais “Myanmar” a la faveur d’agences de presse comme Associated Press, Reuters et l’AFP [ainsi que Courrier International, qui se réfère à la terminologie officielle retenue par les Nations unies].

En termes d’égalité et de respect mutuel, de nombreux observateurs estiment que “Myanmar” est un terme plus restrictif que “Burma”, même si la plupart des Birmans se sont toujours désignés eux-mêmes sous le nom de “Bamar”. En 2010, Maung Tha Noe, le plus grand linguiste du pays, a précisé sur la radio BBC que “le terme Bamar recouvre toutes les ethnies du pays, alors que Myanmar n’inclut pas des minorités comme les Shan et les Kachin”. Pour beaucoup, le mot “Burma” a des connotations coloniales. Il a vraisemblablement été adopté par les Britanniques parce qu’il était plus facile à prononcer. Le terme “Myanmar” semble d’ailleurs avoir été longtemps banni des dictionnaires anglais, alors qu’en birman myanma et bamar étaient utilisés quotidiennement. Jusqu’à ce que la junte ressuscite le mot “Myanmar”, tous les Birmans appelaient leur pays “Burma” lorsqu’ils s’exprimaient en anglais.

Mais Aung San Suu Kyi et son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), n’entendent pas changer d’avis. “Les militaires ont rebaptisé le pays contre la volonté du peuple”, a déclaré le porte-parole de la Ligue, Ohn Kyaing. “Nous continuerons pour notre part de l’appeler ‘Burma’ et nous ne reviendrons pas sur cette décision.” Si la LND obtient des élus au Parlement après les législatives partielles d’avril prochain, il est tout à fait possible que cette question délicate soit mise en délibération. D’ici là, les lexicographes, rédacteurs en chef et diplomates pourraient juger plus sûr de rester neutres.


mar 26 2012

Birmanie : la santé de Suu Kyi s’améliore, repos confirmé

source : lenouvelobs

La santé de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, forcée de renoncer aux dernières étapes de sa campagne électorale, s’améliore mais continue de nécessiter quelques jours de repos avant le scrutin de dimanche, a annoncé lundi son parti politique.

La lauréate du prix Nobel de la paix, 66 ans, qui se présente aux législatives partielles du 1er avril, avait été prise de vomissements et placée sous perfusion après un voyage éprouvant dans l’extrême sud du pays.

“Elle est tombée malade d’épuisement après un long trajet en bateau”, a indiqué son médecin selon un communiqué de la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

L’opposante souffre notamment d’une baisse de tension. “Bien que sa santé s’améliore, son médecin de famille a conseillé qu’elle se repose pour quatre ou cinq jours”, précise la Ligue en relevant que des examens médicaux approfondis en février n’avaient rien révélé d’anormal.

Suu Kyi a vomi plusieurs fois et a dû être soignée après avoir été bloquée plusieurs heures samedi à bord d’un bateau échoué sur un banc de sable, qui l’emmenait vers Myeik (sud).

Elle a dû renoncer à la prochaine étape de la campagne qui devait la mener mardi à Magway, région du centre d’où son père, héros de l’indépendance, était originaire.

Suu Kyi avait déjà été victime d’un malaise début mars lors d’un discours prononcé à Mandalay, deuxième ville du pays. Elle avait dû temporairement interrompre son allocution devant 100.000 partisans.

Les législatives partielles du 1er avril sont considérées comme essentielles pour tester la sincérité des réformes du nouveau régime birman. Depuis un an, cette nouvelle équipe dirigée par d’anciens militaires a notamment encouragé le retour de Suu Kyi au coeur du jeu politique.


mar 25 2012

Birmanie : malade, Aung San Suu Kyi annule la fin de sa campagne

source TF1 news

La lauréate du prix Nobel de la paix, qui se présente dimanche prochain à des législatives partielles, a vu sa santé se dégrader fortement et a dû être placée sous perfusion après être restée bloquée samedi sur un bateau échoué. Elle a annoncé son retour imminent à Rangoun.

Dimanche matin, environ un millier de partisans d’Aung San Suu Kyi, emblème de l’opposition birmane et de la résistance à la junte militaire, étaient rassemblés autour d’une maison où elle était soignée après un voyage éprouvant dans l’extrême sud du pays, lorsque la nouvelle est tombée : trop malade pour poursuivre sa campagne électorale, la “Dame de Rangoun” a décidé d’annuler tous ses déplacements prévus et de rentrer à son domicile de la capitale. Elle a ainsi dû renoncer à la prochaine étape de la campagne qui devait la mener mardi à Magway, région du centre de la Birmanie d’où son père, héros de l’indépendance, était originaire. “Sur avis du docteur de la famille, Tin Myo Win, elle va se reposer chez elle. Elle ne devrait plus effectuer de longs déplacements“, a déclaré un porte-parole de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

La lauréate du prix Nobel de la paix, aujourd’hui âgée de 66 ans et qui se présente dimanche prochain à des législatives partielles, avait été prise de vomissements et placée sous perfusion après avoir été coincée plusieurs heures samedi à bord d’un bateau échoué sur un banc de sable. Selon le porte-parole de la LND, la santé d’Aung San Suu Kyi s’est significativement “détériorée” au cours du voyage vers Myeik. “Elle est épuisée d’être restée sur le bateau aussi longtemps“, a précisé le Dr Tin Myo Win.

Elle est épuisée

Les législatives partielles du 1er avril sont considérées comme essentielles pour tester la sincérité des réformes du nouveau régime birman. Un scrutin “libre et juste” fait partie des conditions nécessaires à la levée des sanctions économiques par la communauté internationale que vise ardemment le régime de Naypyidaw depuis l’auto-dissolution de la junte, en mars 2011. Les autorités birmanes ont invité des observateurs des Etats-Unis, de l’Union européenne, des Nations unies et d’Asie du Sud-Est à assister aux élections. Et c’est la première fois que la “Dame de Rangoun” brigue personnellement un poste de députée.

Le Parti de la solidarité et du développement de l’Union, créé de toutes pièces par la junte alors au pouvoir en 2010, ne craint, il est vrai, rien de cette partielle, dans laquelle 45 sièges sont en jeu dont 37 à la chambre basse du parlement. Un quart des parlementaires sont en effet des militaires désignés qui lui sont fidèles. Et elle avait revendiqué environ 80% des sièges en 2010. Mais le scrutin n’en a pas moins une forte portée symbolique, un an après l’avènement d’un régime dont les patrons, d’anciens militaires, veulent se présenter comme des réformistes convaincus et zélés. Une portée pourtant déjà minée par le report du scrutin dans l’extrême-Nord du pays en proie à des combats entre l’armée et des rebelles d’une minorité ethnique : des accrochages violents se poursuivent entre les militaires birmans et l’Armée pour l’indépendance kachine (KIA) dans l’Etat Kachin, à la frontière avec la Chine. Ce report, annoncé vendredi, concerne trois circonscriptions de cet Etat, qui devaient toutes les trois pourvoir des sièges vacants à la chambre basse du Parlement.

Depuis un an, la nouvelle équipe au pouvoir en Birmanie, dirigée par d’anciens, a non seulement encouragé le retour de Suu Kyi au coeur du jeu politique, mais elle a également entamé des négociations avec les groupes rebelles de minorités ethniques, dont certains n’ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948. Le gouvernement a même signé des cessez-le-feu avec plusieurs d’entre eux, mais les discussions avec les rebelles kachins n’ont pas donné de résultat. Malgré des inquiétudes concernant la sécurité, Suu Kyi avait visité deux des trois circonscriptions concernées le mois dernier dans le cadre de sa campagne.


mar 23 2012

Birmanie : les élections partielles reportées dans l’extrême-Nord en proie à des combats

source : lepoint.fr

Les élections partielles du 1er avril sont reportées dans l'extrême-Nord de la Birmanie en proie à des combats entre l'armée et des rebelles de la minorité ethnique kachine, ont annoncé vendredi les médias d'Etat.Les élections partielles du 1er avril sont reportées dans l’extrême-Nord de la Birmanie en proie à des combats entre l’armée et des rebelles de la minorité ethnique kachine, ont annoncé vendredi les médias d’Etat.

Les élections partielles du 1er avril sont reportées dans l’extrême-Nord de la Birmanie en proie à des combats entre l’armée et des rebelles de la minorité ethnique kachine, ont annoncé vendredi les médias d’Etat.

“Pour des raisons de sécurité, les conditions pour tenir des élections libres et justes ne sont pas réunies”, a précisé la télévision d’Etat, sans donner de nouvelle date.

Ce report concerne trois circonscriptions de l’Etat Kachin, qui devaient toutes les trois pourvoir des sièges vacants à la chambre basse du Parlement. Au total, 48 sièges devaient être pourvus lors de ce scrutin, dont 40 à la chambre basse.

Des combats intenses ont repris en juin dernier entre les militaires birmans et l’Armée pour l’indépendance kachine (KIA), combats qui ont déplacé des dizaines de milliers de civils auxquels l’ONU a réclamé accès.

Les élections partielles du 1er avril, auxquelles participera pour la première fois l’opposante Aung San Suu Kyi, sont considérées comme un test de la sincérité des réformes du nouveau gouvernement qui a succédé à la junte en mars 2011 et a depuis multiplié les réformes politiques spectaculaires.


mar 22 2012

Birmanie : la résistance s’organise contre un immense projet industriel

source : lenouvelobs

La colère monte peu à peu, dans le sud de la Birmanie, contre un projet industriel tentaculaire qui forcera des milliers de villageois à quitter leurs terres, une lutte qui symbolise un peuple longtemps muselé mais qui ose de plus en plus se faire entendre.

Dans l’esprit du gouvernement et des promoteurs, le port en eaux profondes de Dawei est une clé du développement de l’Asie du Sud-Est, un complexe relié à Bangkok et qui ouvre le chemin vers l’Europe en évitant Singapour et le détroit de Malacca.

A terme, le projet de 250 kilomètres carrés comprendra notamment une aciérie, une usine de pétrochimie et une raffinerie. De l’industrie lourde et sale, que ne font pas oublier les maisons promises aux villageois, avec écoles, hôpitaux, eau courante et électricité.

“On ne veut pas partir”, proteste San Nyein, paysan de 53 ans du village de Mayingyi. “Notre région a des noix de coco, des noix de bétel, des cajous et des tamarins. Nous avons tout ce qu’il nous faut”.

“La mer nous nourrit depuis notre enfance. Où irons-nous pêcher si nous devons aller dans une ville nouvelle”, renchérit Tin Hlaing, 56 ans, pêcheur d’un hameau voisin.

Depuis quelques mois, les promoteurs immobiliers ont fait exploser le prix de la terre.

“Quand nous nous sommes plaints, ils ont répondu que nous n’avions pas de documents de propriétés. Ils disent que le vrai propriétaire, c’est l’Etat, donc nous n’osons pas nous battre contre eux”, a avoué à l’AFP un villageois sous couvert de l’anonymat.

A terme, quelque 20.000 personnes sont censées être relogées, selon la presse gouvernementale. Mais avec la dissolution de la junte au pouvoir en mars 2011, après un demi-siècle d’un pouvoir militaire qui s’arrogeait le droit de disposer des terres à sa guise, la contestation n’est plus totalement taboue.

En septembre 2011, à la surprise générale, le gouvernement a suspendu un projet de barrage de 3,6 milliards de dollars construit par les Chinois en Etat Kachin (extrême-nord).

Le président Thein Sein, qui a multiplié les réformes depuis sa prise de fonction, a de facto donné raison aux revendications des populations locales et des environnementalistes, au détriment de Pékin, allié de toujours. Un geste impensable auparavant.

Plus récemment, c’est une centrale au charbon qui a été rayée du projet de Dawei.

Les villageois de Dawei sont donc prêts à se battre. D’autant que le complexe avance bien moins vite que prévu et que les bulldozers tant redoutés ne sont pas encore sur place.

Dans un pays éreinté par cinquante ans de gestion militaire, les experts soulignent que l’économie birmane toute entière doit être remodelée, avec des systèmes légal et bancaire et des infrastructures physiques à rebâtir.

Et même si son potentiel suscite des convoitises, il est encore trop tôt pour imaginer un boom économique.

La compagnie Ital-Thai, en charge du projet, “a de gros problèmes pour lever des fonds, et ce n’est pas surprenant car les chiffres sont vraiment énormes”, relève Sean Turnell, économiste à l’université Macquarie de Sydney.

“Il y a eu un vrai revirement du sentiment des investisseurs dans ce projet et je pense que c’est surtout ça ce qui le ralentit”.

Le groupe thaïlandais assure que les investissements - 4,5 milliards de dollars pour la première phase, 8,5 milliards pour la deuxième - iront jusqu’au bout. Il évoque un complexe final d’une valeur de 50 milliards.

“Notre projet a reçu l’approbation du gouvernement. Ils nous ont même demandé de l’accélérer et nous soutiennent sur le plan légal. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter”, relève Somchet Thinaphong, patron de la Dawei Development Company, filiale d’Ital-Thai.

Mais les villageois regardent la bande de terre immaculée à nulle autre pareille qui les a vus naître, et ne peuvent se résoudre à la voir disparaître. A l’image de Than Myint, paysan de 64 ans. “Je veux rester ici (…). Nous ne comprenons pas la ville. Elles sont toutes pareilles”.


mar 20 2012

La Birmanie autorise ses voisins à observer les élections en avril

source : lenouvelobs

Le régime birman a invité une vingtaine d'observateurs, tous asiatiques, à assister aux législatives partielles d'avril considérées comme un test de la sincérité des réformes, a indiqué mardi l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean). (c) Afp

Le régime birman a invité une vingtaine d’observateurs, tous asiatiques, à assister aux législatives partielles d’avril considérées comme un test de la sincérité des réformes, a indiqué mardi l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean). (c) Afp

Le régime birman a invité une vingtaine d’observateurs, tous asiatiques, à assister aux législatives partielles d’avril considérées comme un test de la sincérité des réformes, a indiqué mardi l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean).

Le gouvernement de Naypyidaw a invité les neuf autres membres du bloc régional à envoyer chacun deux observateurs, auxquels s’ajouteront cinq représentants du secrétariat de l’Asean. Soit un total de 23 représentants seulement pour 48 sièges mis en jeu.

La démarche avait été suggérée au président birman Thein Sein le mois dernier par le Dr. Surin Pitsuwan, secrétaire général de l’organisation, a précisé l’Asean dans un communiqué. Lors des élections controversées de 2010, aucun observateur étranger n’avait été admis.

Les Etats-Unis et l’Union européenne soutiennent aujourd’hui les réformes menées par l’ancien général. Et l’UE a notamment promis des gestes importants vers la levée des sanctions si le scrutin du 1er avril, auquel participe la célèbre opposante Aung San Suu Kyi, était “libre et juste”.

Mais l’Asean a longtemps été accusée par l’Occident de ne pas assez peser sur la Birmanie, qui en est membre depuis 1997. Le bloc régional reste fidèle à sa règle de non-ingérence dans les affaires intérieures de ses membres, et apporte désormais un soutien appuyé au gouvernement.

Le régime de Naypyidaw, longtemps privé de toute responsabilité régionale, a même obtenu le droit d’assumer pour la première fois, en 2014, la présidence tournante de l’Asean.

Parmi ses membres figurent notamment deux régimes communistes (Vietnam et Laos), et plusieurs autres souvent accusés par les organisations de défense des droits de l’Homme de harceler leurs dissidents (Singapour, Cambodge, voire Thaïlande).

Certains analystes doutent donc que ces observateurs fournissent un compte-rendu objectif du processus électoral.

L’Asean “s’est gardée de toute critique des pays membres, donc autoriser des observateurs de l’Asean est un bon début mais c’est très insuffisant”, a estimé Phil Robertson, de Human Rights Watch, accusant les Birmans de choisir les observateurs “qui lui poseront le moins de problèmes”.

Washington a récemment rappelé que la présence d’experts indépendants serait un geste apprécié de la communauté internationale, sans préciser s’il classait l’Asean dans cette catégorie.

Ces élections constituent “une étape très importante et nous l’observerons de très près (…) de même que le peuple de ce pays”, avait déclaré la semaine dernière Derek Mitchell, envoyé spécial de Barack Obama sur la Birmanie.

Mais il avait aussi sous-entendu que c’est vers l’opposition et sa chef de file Aung San Suu Kyi qu’il se tournerait au moment d’analyser le processus.

“C’est en réalité au peuple (…) de décider si (les élections) ont été conduites librement et s’ils ont pu, sans intimidation, exercer leur droit de vote”.

Lundi, le parti de Suu Kyi a affirmé faire campagne dans des “conditions inéquitables”, dénonçant des listes électorales incorrectes, ainsi que diverses pressions et irrégularités financières.



mar 14 2012

Des ONG dénoncent des exactions contre une minorité birmane

source : lacroix

De retour d’une mission conjointe en Birmanie, le CCFD-Terre solidaire et le Secours catholique alertent sur des violences à grande échelle perpétrées par l’armée contre des civils de la minorité kachin.

Quelle est l’origine du conflit entre l’armée birmane et l’ethnie kachin ?

Alors que le régime birman poursuit sa politique d’ouverture politique, les combats s’enlisent dans l’État Kachin, une province voisine de la Chine. Le conflit oppose depuis neuf mois l’armée gouvernementale aux rebelles kachins, une ethnie majoritairement chrétienne qui représente environ 7 % de la population de la Birmanie. La Kachin Independence Army (KIA) réclame l’instauration d’un système fédéral et la reconnaissance des droits des minorités au sein de la mosaïque birmane. C’est l’un des groupes insurgés les plus actifs et les plus anciens du pays.

La guérilla kachin illustre les difficultés du gouvernement central pour mettre fin aux conflits ethniques qui n’ont cessé de déchirer la Birmanie depuis son indépendance en 1948. Les Kachins s’étaient soulevés dès 1961, transformant leur province en État indépendant de facto jusqu’à la signature d’un cessez-le-feu en 1994. Avec le retour à la paix, ils estiment avoir perdu le contrôle de leur sous-sol riche en or et en jade. Les débuts de la construction d’un barrage et les déplacements de population qui l’accompagne ont mis le feu aux poudres.

Quelle est la situation humanitaire ?

Pillages, violences sexuelles, actes de tortures, exécutions sommaires, utilisation de villageois comme boucliers humains, usage de mines antipersonnelles… Les témoignages recueillis sur place par le CCFD-Terre solidaire et le Secours catholique font état de nombreuses exactions s’apparentant à des crimes de guerre, perpétrés par l’armée gouvernementale au cours des neuf derniers mois. « Deux cents villages ont été vidés de leur population, précise Juliette Louis-Servais, en charge du pays au CCFD. Il ne s’agit pas de simples dérapages. Les civils sont visés de manière systématique. »

Des dizaines de milliers d’habitants ont fui les combats vers les villes autour desquels des camps ont été installés. Dans les territoires contrôlés par le gouvernement, l’aide s’est organisée sous l’impulsion des Nations unies. Mais l’État birman interdit aux organisations internationales d’intervenir auprès des déplacés qui vivent toujours en zone rebelle et qui manquent de tout : abris, accès aux soins, nourriture. « Nous sommes face à une crise humanitaire durable et oubliée », avertit Tsedeye Girma, en charge des urgences au Secours catholique.

Olivier Tallès


mar 8 2012

En Birmanie, le viol continue d’être utilisé comme arme de guerre malgré les promesses de paix

source : lemonde

En Birmanie, la soudaine ouverture opérée par le gouvernement d’un pays connu pour être parmi les plus fermé au monde laisse présager un avenir meilleur. Alors que soixante années de dictature militaire ont plongé le pays et sa population dans une situation de pauvreté et de déchéance économique chronique, le vent de liberté et de démocratie qui semble souffler sur Rangoun et Naypyidaw suffira-t-il à relever toute une nation ?

L’espoir est grand, car le changement de cap opéré par les autorités du pays est inédit. En entamant un dialogue avec Aung San Suu Kyi et en réintégrant officiellement son parti au processus politique, les autorités ont ouvert une voie nouvelle. Aung San Suu Kyi et la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) ont ainsi pris la décision de participer aux prochaines élections partielles, qui auront lieu le 1er avril 2012, laissant présager une ouverture politique graduelle envers l’opposition.

Par ailleurs, le 16 janvier dernier le président Thein Sein a accordé une amnistie à environ 300 opposants. Parmi eux se trouvaient les principaux leaders de l’opposition birmane. Malgré les conditionnalités imposées aux prisonniers nouvellement libérés, et le maintien en détention de plusieurs centaines de prisonniers de conscience, ce geste représente la décision la plus significative du président depuis le début de son mandat. Enfin, les autorités ont entamé des pourparlers de paix avec les principaux groupes issus des minorités ethniques, qui se sont soldés par des accords préliminaires de cessez-le-feu.

Face à l’euphorie que déclenchent ces évolutions, l’optimisme prévaut. Pourtant, une autre facette de la réalité birmane semble être ignorée par le monde et ceux qui le dirigent : celle de la situation des minorités ethniques. Plusieurs régions sont encore en proie à une profonde instabilité, des attaques armées continuent d’être perpétrées par des soldats de l’armée birmane, et ce malgré l’ordre donné par le président Thein Sein de mettre un terme à ces attaques. Actuellement, le cas de l’Etat Kachin, au nord du pays, en est l’exemple le plus probant.

Juliette Louis-Servais, chargée de mission du CCFD-Terre Solidaire, revient d’une mission dans cet Etat. Elle témoigne d’exactions graves commises dans le cadre du conflit : “Tous nos partenaires et associations de développement non politisés, ainsi que plusieurs réfugiés m’ont fait état de pillages systématiques des villages, d’attaques contre les civils, d’acte de tortures et de violence sexuelle”. 70 000 personnes ont déjà été déplacées par ce conflit qui dure depuis juin 2011 et ne semble pas en voie de s’apaiser. Cette réalité amène à sérieusement relativiser les promesses de démocratie et de paix énoncées par le régime et largement relayées par les médias et les diplomates.

Dans les zones de conflits, qu’ils soient latents ou ouverts, les populations les plus vulnérables sont souvent les femmes et les enfants. Outre le travail forcé et les déplacements de populations, un autre crime ignoble continue d’être commis à leur encontre par les soldats de l’armée birmane, et ce, en tout impunité : l’utilisation du viol et de la violence sexuelle comme arme de guerre. L’utilisation systématique et généralisée du viol par les soldats de l’armée birmane à l’encontre des populations civiles des régions ethniques vise à soumettre et à briser les communautés que les autorités soupçonnent de soutenir les groupes armées de ces régions. Cette pratique a été documentée depuis 1996 par de nombreuses organisations issues de ces minorités ainsi que par les Nations unies.

Publié à l’occasion de la journée internationale de la femme, un rapport produit par l’association Info Birmanie et sa consœur suédoise le Swedish Burma Committee, relate, en se basant sur les informations et témoignages collectés par les organisations birmanes depuis de nombreuses années, pourquoi le viol est considéré comme une arme de guerre en Birmanie. Le rapport liste les mécanismes qui sont à la disposition des autorités nationales et internationales afin de mettre un terme à cette abomination.

Un rapport publié par la Kachin Women’s Association(KWAT) en octobre 2011 montre que l’utilisation du viol comme arme de guerre continue, en dépit de l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement dit civil en mars 2011. Entre juin et septembre 2011, dans l’Etat Kachin et le nord de l’Etat Shan, la KWAT a pu collecter les témoignages de “(…) trente-quatre femmes et fillettes [qui] ont été violées par des soldats de l’armée birmanes ou des par des individus apparentés au régime au pouvoir. Ces viols ont été perpétrés à l’encontre de femmes et de fillettes âgées de 9 à 50 ans. Beaucoup d’entre elles ont été violées de façon répétée, par plusieurs hommes. Au moins quinze des victimes ont été tuées après avoir été violées.” Etendue aux territoires karen et shan, la Ligue des femmes birmanes a recensé en 2011 plus de 80 cas de viols, dont 35 femmes exécutées.

Si le gouvernement birman affiche une volonté de changement et de réconciliation nationale, il continue cependant de nier les violations des droits de l’homme systématiques et généralisées commises par l’armée birmane à l’encontre des minorités nationales du pays. Lors d’un entretien avec le journal américain Wall Street Journal, Kyaw San, ministre de l’information et porte-parole du gouvernement birman déclarait : “Il y a beaucoup d’allégation sur la Tatmadaw [nom de l'armée gouvernementale birmane], sur le fait que les forces de l’ordre violent les droits de l’homme, particulièrement à l’encontre des races nationales. Ces accusations concernant les violations des droits de l’homme dans les régions ethniques sont complètement fausses. Il s’agit de campagnes négatives à but politique de l’opposition et d’autres groupes qui sont contre le gouvernement et l’armée.”

Malgré les preuves qui s’amoncellent, les appels à la justice et à l’établissement de la vérité portés par les organisations de femmes en Birmanie n’ont pour l’instant pas abouti. Une commission internationale d’enquête, soutenue il y a peu par plusieurs pays dont la France et les Etats-Unis, est aujourd’hui au point mort, la communauté internationale préférant concentrer ses efforts sur le processus d’ouverture politique. Pourtant, comme le rappelle M. Quintana, le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Birmanie : “[…] la justice et des mesures assurant la prise de responsabilité et l’accès à la vérité sont essentielles pour que le processus de réconciliation nationale puisse avancer au Myanmar.”

La justice et la lutte contre l’impunité ont fait défaut à la population de Birmanie pendant plus de 60 ans, et sont aujourd’hui des composantes indispensables au processus de réconciliation nationale et à la démocratisation qui semblent s’opérer en Birmanie. Combien de femmes devront encore être violées, combien de mères et de fillettes devront être assassinées avant que la communauté internationale ne réagisse ?