Birmanie : la libération de prisonniers politiques reportée
source : liberation
Des prisonniers politiques devraient être libérés, au cas par cas, à la faveur de grâces présidentielles, selon les recommandations de la Commission nationale des droits de l’homme, et non plus dans le cadre d’une amnistie collective, a ajouté ce responsable.
“Cela viendra progressivement”, a confirmé une autre source. “Certains prisonniers seront transférés dans des prisons où l’accès à leur famille sera plus facile”.
Le 12 octobre, 6.300 personnes avaient été libérées, dont environ 200 prisonniers politiques. Parmi eux, le célèbre humoriste et dissident Zarganar et des membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND, dissoute) de Suu Kyi.
La deuxième vague, qu’observateurs et diplomates pronostiquent depuis des semaines, devait intervenir avant le sommet en fin de semaine de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean) à Bali, une réunion majeure pour le nouveau régime “civil” de Naypyidaw.
Le président et ancien général Thein Sein, qui a succédé en mars à la junte au pouvoir depuis plus de vingt ans, espère notamment y obtenir en 2014 la présidence du bloc régional, dont la Birmanie est membre depuis 1997.
Depuis la libération le 13 novembre 2010 de la lauréate du prix Nobel de la paix, alors la détenue la plus célèbre de Birmanie, l’élargissement de l’ensemble des prisonniers de conscience est la priorité de la communauté internationale.
Et la condition sine qua non pour crédibiliser les réformes de Naypyidaw et envisager la levée des sanctions occidentales en place depuis la fin des années 90.
“En considérant cette dernière année, je crois que je peux dire qu’elle a été riche en événements, stimulante et dans une certaine mesure encourageante”, a déclaré Suu Kyi, qui célébrait sa première année de liberté après sept ans de résidence surveillée.
Peu avant que le report de l’amnistie ne soit annoncée, elle a aussi rappelé “la grande importance” que revêtait, selon elle, la libération de tous les prisonniers politiques.
Le nombre exact d’opposants derrière les barreaux –militants, moines bouddhistes, journalistes, avocats, étudiants, artistes– n’est pas clairement établi.
Il y a quelques mois, des organisations de défense des droits de l’homme et les chancelleries occidentales parlaient de 2.000 personnes. Mais la LND les évalue désormais à un peu plus de 500, dont 200 issus de ses rangs.
Dans une lettre ouverte publiée dimanche par le quotidien officiel New Light of Myanmar, la Commission pour les droits de l’homme birmane avait elle même parlé d’environ 500 prisonniers politiques, dont les 200 libérés en octobre.
Cette commission a déjà appelé le mois dernier, par le même canal, à la libération des prisonniers politiques qui “ne mettent pas en danger la stabilité et la tranquillité publiques”.
La LND avait été dissoute en mai 2010 à la suite de sa décision de boycotter les élections du mois de novembre suivant. Elle doit se prononcer vendredi sur son retour dans l’arène politique officielle.
Mais Suu Kyi n’a pas fait de commentaire sur cette échéance, ni indiqué si elle même se présenterait aux élections partielles prévues dans les mois à venir.






