juin 29 2011

La junte birmane menace Aung San Suu Kyi

source : lacroix

L’avertissement est sans appel. Le ministre des affaires intérieures birman a écrit à Aung San Suu Kyi lui indiquant qu’elle violait la loi en laissant ouvert le siège de son parti, la Ligue nationale pour la Démocratie (LND, dissout depuis l’année dernière) et en publiant des communiqués politiques, lui suggérant même de transformer la LND en « organisation sociale ».

Et de mettre sérieusement en garde la Nobel de la paix 1991 contre son projet de voyage, imminent, dans les provinces du nord du pays. « Nous craignons que cela entraîne le chaos et des émeutes, comme de précédents événements l’ont prouvé ». L’allusion est on ne peut plus limpide : en 2003, Suu Kyi et son équipe avaient été agressées dans une embuscade orchestrée par la junte militaire, qui avait fait une centaine de morts.

La « Dame de Rangoun » reste active

Il semble que ce soit cette tournée dans le pays qui effraye le régime. De toute évidence, la « Dame de Rangoun » n’a rien perdu de sa popularité dans les campagnes, en dépit de ses arrestations et privation de liberté durant près de 15 ans sur les 21 dernières années. Depuis sa dernière libération l’année dernière, elle n’a cessé d’appeler au soutien de la communauté internationale en faveur d’une démocratisation de la Birmanie.

La semaine dernière encore, sur les ondes de la radio britannique BBC, elle a lancé que le peuple birman « enviait » le printemps arabe. « L’aspiration humaine universelle à la liberté nous a été ramenée par les récents développements au Moyen-Orient. Les Birmans sont aussi excités par ces événements que les autres peuples ».

Un tel discours mobilisateur ne peut une nouvelle fois qu’« effrayer les autorités », assure Renaud Egreteau, spécialiste de la Birmanie à l’Université de Hong Kong (1). À 66 ans, Aung San Suu Kyi poursuit son engagement pour la démocratie en dépit des sérieuses menaces qui pèsent à nouveau sur sa vie : « C’est un choix que j’ai fait et je ne vois pas du tout ma vie comme un sacrifice » (2).

(1) Histoire de la Birmanie contemporaine . Éd. Fayard 2010.

(2) Résistances pour une Birmanie libre . Dialogue entre Aung San Suu Kyi et Stéphane Hessel. Éd. Don Quichotte 2011.

DORIAN MALOVIC


juin 28 2011

Birmanie : Les damnés de la junte

source : parismatch - article : Julie Montagard

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La Birmanie en bus c’est un trajet constamment interrompu par des check points sourcilleux. | Photo Julie Montagard

Sur la côte ouest, dans l’Etat d’Arakan, la ­population birmane muselée assiste au hold-up de ses réserves naturelles. Sans aucun profit pour elle et avec de lourdes conséquences pour l’environnement. Ici, l’Inde et la Chine se font une guerre féroce pour ­décrocher des marchés énormes : gaz, ­pétrole, infrastructures… Et les militaires au pouvoir récoltent sans scrupules leurs parts de bénéfice.

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La plage est saccagée, et avec la prochaine mousson nous allons subir un désastre. » Malgré le verrouillage de la parole en Birmanie, le jeune étudiant Phru Gri laisse exploser sa colère. La douce Sittwe, capitale de l’Arakan (l’un des sept Etats de l’Union du Myanmar), est devenue Sittwe la mutilée. Jusqu’à ce jour, depuis View Point, extrémité d’une langue de terre, on découvrait l’un des plus beaux paysages maritimes du Sud-Est asiatique. Là où les eaux douces de l’ample Kaladan se jettent dans les profondeurs salées des fonds marins du golfe du Bengale, une plage de sable fin et gris s’étendait à perte de vue. Aujourd’hui, sur fond de deux îles se découpant sur un horizon légèrement embrumé, une noria de camions et de tracteurs creuse et emporte le sable. Les bennes ne vont pas loin. Juste à quelques kilomètres. Sur un énorme chantier : la construction par l’Inde d’un port en eaux profondes.

Mais pourquoi détruire cette plage, jusque-là préservée, plutôt que d’aller chercher ailleurs les matériaux ? Le Pr Mya Min, pull marine sur longyi à fins carreaux, le même que portent presque tous les hommes du pays, explique à voix basse : « Pots-de-vin, bien sûr ! Un Rakhaing* comme nous, mais de mèche avec les autorités, a obtenu ce marché contre 4 000 kyats (quelques euros). Somme dérisoire, mais compensée par les 500 kyats qu’il perçoit pour le moindre chargement de sable et 1 000 par gros camion. Vu le va-et-vient jour et nuit, c’est une bonne affaire ! »
Les dégâts à View Point ne sont pourtant qu’un faible avant-goût de ce qui attend les territoires de deux Etats de l’Ouest birman, l’Arakan et l’Etat Chin. Un Arakan devenu l’enjeu de convoitises internationales depuis qu’une série de forages offshore a révélé, en 2004, la présence d’énormes réserves de gaz au large de la ville de Sittwe. Gaz et pétrole constituent, après l’opium et les pierres précieuses, la principale source de revenus pour la junte au pouvoir.

19 compagnies étrangères… et en guerre

Selon le Réseau d’information et de documentation pour le développement durable et la solidarité internationale (Ritimo), les exportations de gaz birman ont augmenté de près de 30 % entre 2007 et 2008, représentant 43 % des exportations totales durant l’année. Explosion similaire dans le secteur des hydrocarbures puisque, selon le ministère birman de la Planification nationale et du Développement économique, l’investissement étranger dans le secteur pétrolier a, pour la même période, triplé. Toujours selon des sources officielles, 13 compagnies étrangères, dont Total, étaient impliquées en 2008 dans des projets pétroliers ou gaziers en Birmanie. Elles sont 19 aujourd’hui. Entre ces multinationales planétaires, c’est une guerre féroce. Quand le principal champ gazier est mis au jour à Shwe, au large de Sittwe, les compagnies indiennes, chinoises et coréennes se précipitent pour en décrocher la concession. Prêtes à investir des sommes colossales.

C’est finalement le groupe coréen Daewoo qui décroche l’exploitation de 100 milliards de mètres cubes de gaz. La Corée du Sud revendra le gaz de Daewoo à la Chine et l’acheminera par gazoduc vers le Yunnan. Pour rejoindre cette province du Sud-Ouest chinois, le gazoduc traversera tout le nord de la Birmanie. Il sera doublé d’un oléoduc qui transportera le pétrole que la Chine importe d’Afrique et du Moyen-Orient, évitant ainsi le détroit de Malacca** situé entre la Malaisie et l’île de Sumatra. Shwe Gas, ce sera ces deux pipelines construits côte à côte sur près de 1 200 kilomètres, au nez de la population birmane qui, elle, subit les restrictions. « Quand je pense que nous ne disposons d’électricité – pour les rares habitants qui y ont accès – que quelques heures par jour », s’insurge Aung Aung, un habitant de Mrauk U, la deuxième ville de l’Etat arakanais. « Comment nos dirigeants peuvent-ils ­exporter de l’énergie alors que notre pays en a tant besoin… »

Expropriations, confiscations, exactions

La construction de ces deux pipelines génère beaucoup d’inquiétude. Caritas (réseau international du Secours catholique) et Shwe Gas Movement, deux organisations non gouvernementales, avertissent : « Déjà 13 200 soldats de l’armée birmane auraient pris position aux abords de cette route large de 50 mètres, faisant craindre aux autochtones, comme par le passé, la confiscation de leurs terres, les déplacements forcés ou les travaux forcés ; sans compter les abus provoqués par les soldats. » Selon l’ONG EarthRights International (ERI), ce projet Shwe — le plus important jamais réalisé en Birmanie — va rapporter à la junte au pouvoir près de 48 milliards de dollars (32 milliards d’euros) sur trente ans.

Quant à l’Inde, en avril 2009 elle emporte le marché de la construction d’un port en eaux profondes à Sittwe (livraison prévue en 2013). Les raisons sont géopolitiques : concurrence avec la Chine, défense de ses intérêts commerciaux, accroissement spectaculaire de ses besoins énergétiques, ­développement de mouvements armés dans ses provinces frontalières avec la Birmanie, autant de facteurs qui la portent vers cet Etat en bordure du golfe du Bengale, stratégique pour elle. Ce port va en effet permettre aussi à l’Inde de ­relier les ports de sa côte orientale – Chennai (Madras) et surtout Calcutta – au marché asiatique. Et aussi de désenclaver ses Etats du Nord-Est, car ce projet – Kaladan Multi-Modal Transport (KMMT) – prévoit aussi la domestication de la rivière Kaladan jusqu’au port fluvial de Paletwa, puis la construction d’une autoroute jusqu’à l’Inde du Nord-Est.

Une nouvelle source de revenus pour la junte

Les bureaux du groupe indien Essar se sont installés à Sittwe, sur Strand Road, à proximité du futur port, où chaque jour les habitants se pressent au cœur du marché central qui  regorge de produits manufacturés made in China (que Delhi rêve de transformer en made in India grâce à ses futurs cargos). Leurs portes sont grandes ouvertes mais impossible d’engager une conversation avec les employés. Un « nous n’avons rien à dire » stoppe tout échange, avec des visages aussi verrouillés que ceux des soldats de Tatmadaw, l’armée birmane. « Composante majeure du contrat, a déclaré le porte-­parole d’Essar au quotidien indien “The Telegraph”, la construction du port de Sittwe aidera au développement des infrastructures en Birmanie, ce qui représente une chance pour ce pays et permettra de créer des emplois. » Ajoutant, comme s’il ne s’agissait pas d’une évidence : « Elle aidera aussi le gouvernement birman à gagner beaucoup d’argent. » Le contrat est évalué à 3,42 milliards de roupies (51 millions d’euros), selon Mizzima News, une agence de presse de New Delhi fondée par des Birmans en exil. L’Arakan Rivers Network s’indigne : « L’Inde apporte une nouvelle source de revenus à la junte birmane, semblant ignorer le discrédit jeté sur ce gouvernement pour son absence de démocratie. »

Pollution des mers et déforestation

Pour l’heure, le port de Sittwe ne peut accueillir que des bateaux de petit tonnage (2 000 à 3 000 tonnes) et conserve son activité traditionnelle dans un décor resté intact. Le matin, de longues barques déchargent leur cargaison à dos d’hommes, assaillies par une foule venue s’approvisionner et par des courtiers faisant monter les enchères du poisson étalé par terre. Une vision venue du fond des âges, bientôt anéantie par les nouvelles infrastructures et les bateaux à très lourd tonnage. Un homme d’affaires rakhaing qui – comme souvent les décideurs – a troqué le longyi traditionnel pour le pantalon à l’occidentale confie : « J’approuve ce chantier qui démarre, car nous avons besoin d’un grand port pour nous ouvrir au commerce international. Mais, poursuit-il en baissant la voix, je déplore que le gouvernement de notre pays se désintéresse des conséquences environnementales et écologiques de cet énorme chantier. » Et il ajoute, amer : « Nos dirigeants laissent faire parce qu’on leur graisse largement la patte ! »

Comme lui et le jeune Phru Gri, ou le Pr Mya Min, ils sont nombreux à s’inquiéter des conséquences de cet énorme projet KMMT sur l’environnement et les populations déjà fragiles de ces Etats d’Arakan et de Chin, dont beaucoup ne vivent que des ressources de la rivière. Arakan Oil Watch (AOW), organisation non gouvernementale indépendante basée en Thaïlande, dénonce « les milliers d’acres de terre d’ores et déjà confisquées, les bas salaires irréguliers pour les travailleurs locaux, le manque de participation à la prise de décisions, le déploiement des troupes et l’absence de bénéfice pour les populations locales ». A quoi s’ajoutent, selon plusieurs associations, pollution des espaces marins, accélération de la déforestation et de l’exploitation du bois de teck.

Exploités sur leur propre terre

Pendant ce temps, une bonne partie des habitants vit avec un revenu journalier de moins de 2 euros. Et, pauvres parmi les pauvres, des musulmans venus du Bangladesh à l’époque de la colonisation anglaise y exercent les tâches les plus rudes. On les retrouve donc, tout naturellement, sur ce chantier, à pelleter en équipes de jour ou de nuit, à transporter sur le dos les matériaux de base du futur port, tandis que, dans une autre partie de la ville, mais pour le même projet, leurs mères ou leurs sœurs déblaient les moellons apportés de la rivière Lemro dans de lourdes et vétustes embarcations. Toute la journée, coiffées d’un pesant panier-chargement, elles vont et viennent du bateau jusqu’au carré grossièrement constitué de quatre planches de bois, qui « étalonne » leur paie : 2 500 kyats (2,20 euros) quand elles en ont rempli quatre. Un salaire groupé, et non individuel. L’équipe peut varier de 6 à 8 ou 10 femmes. Le montant, lui, reste inchangé.

* Nom des habitants de l’Arakan.

** Etroit passage maritime fréquenté par plus de 50 000 navires par an, transportant un quart des biens échangés dans le monde et actuellement 80 % du 1,5 milliard de barils de pétrole importé chaque année par la Chine.


juin 27 2011

La Birmanie brûle pour 50 millions de dollars de drogue

source : AFP

Mais….

Des policiers birmans brûlent des sacs de drogues saisies, le 26 juin 2006 à Rangoun (AFP/Archives, Khin Maung Win)

Les autorités birmanes ont brûlé dimanche d’importantes quantités de drogue saisies en particulier de l’opium, pour une valeur totale d’environ 50 millions de dollars, afin de marquer la journée des Nations unies contre le trafic de drogue, a constaté une journaliste de l’AFP.

“Nous devons accroître nos efforts pour éradiquer les narcotiques par tous les moyens”, a déclaré le général Ko Ko, ministre des Affaires intérieures, lors d’une cérémonie dans la capitale Naypyidaw.

Les drogues saisies incluaient notamment 4,5 tonnes d’opium et 146 kilos d’héroïne. Le nouveau gouvernement civil, mis en place il y a trois mois après la démission de la junte et que les militaires contrôlent toujours, “poursuivra la guerre contre ce fléau jusqu’à ce que ses racines soient éradiquées de notre sol”, a promis l’officier.

La Birmanie affirme vouloir éradiquer tout trafic de drogue d’ici à 2014.

Mais elle est redevenue un producteur majeur d’héroïne, sa production ayant augmenté de 20% en 2010, a averti jeudi l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Avec le déclin momentané de l’opium afghan, la production birmane a ainsi représenté l’an dernier 12% de la production mondiale, contre 5% en 2007.

“La production de l’opium en Birmanie a un peu augmenté parce que nous avons eu beaucoup de difficultés, notamment sur le plan de la sécurité, pour détruire les fermes de pavot dans certaines régions”, a reconnu un haut-responsable birman sous couvert de l’anonymat.

Plusieurs régions du pays sont aux prises avec des rébellions de minorités ethniques, favorisant de multiples activités illégales.


juin 24 2011

Birmanie : la dictature de l’absurde, un webdoc sous licence CC

source : PCinpact (Nil Sanyas)

Génial !!!!

Les journalistes français Gaël Bordier et Tristan Mendès-France, accompagnés de leur illustrateur Antoine Errast et leur monteur Miguel Escobar, ont frappé très fort en lançant il y a peu le site Happy-World.com. On y retrouve un (excellent) documentaire vidéo sur la Birmanie (ou plutôt Myanmar), disponible gratuitement sous licence Creative Commons 3.0 qui plus est. Si ce n’est pas une première en soi, le projet innove de par sa présentation et son côté webdoc nouvelle génération.

Nommé « Birmanie : la dictature de l’absurde », ce documentaire, réalisé en 2009, est donc disponible gratuitement et en intégralité sur son site officiel, ainsi que sur Dailymotion, Vimeo, et bientôt YouTube et Facebook.

Initialement destiné à être diffusé à la télévision, ce documentaire a finalement été refusé par toutes les grandes chaînes affirme Pierre Cattan, producteur du documentaire, interrogé par notre confrère Owni. Le documentaire n’allait pas pour autant être jeté à la poubelle.

HappyWorld Birmanie partage

« Pour la diffusion, c’est WikiLeaks qui nous a inspiré. La mise en ligne progressive des contenus, les partenariats avec des médias sérieux et réputés » a-t-il ainsi expliqué à notre confrère. « La production finance un premier projet sur ses fonds propres et les fonds récoltés avec le premier film permettent, dans l’idéal, de financer le second film » précise Owni. Résultat, si Happy World fonctionne, d’autres webdocs suivront ces prochaines années, avec un rythme d’un documentaire par an.

S’il est donc disponible sur diverses plateformes, c’est bien sur le site officiel que ce documentaire prend tout son intérêt. En effet, pendant que vous visionnez le documentaire, la partie à droite s’actualise avec des liens vers des articles sur le sujet abordé « en direct », mais aussi des interviews audio, etc. Le documentaire ne se contente donc pas uniquement de la vidéo, l’audio et le texte sont aussi exploités. Un véritable web-documentaire en somme. Financièrement, les auteurs misent sur un soutien via Paypal et Flattr pour le moment.

HappyWorld Birmanie video  audio texte

Enfin, toujours dans l’esprit d’exploiter le Web pour faire sa publicité, les auteurs ont eu l’idée de mettre en place un module simulant la censure d’un compte Twitter. Ici, celui de PCINpact.


juin 21 2011

Birmanie : un patron de presse australien réclame l’acquittement

source AFP

Ross Dunkley, patron du groupe Myanmar Consolidated Media, le 21 juin 2011 à Rangoun, en Birmanie (AFP, Soe Than Win)

Un homme d’affaires australien, seul étranger à diriger un groupe de presse en Birmanie, a demandé mardi à être acquitté dans une affaire que des observateurs ont attribuée à une querelle de pouvoir.

Ross Dunkley, patron du groupe Myanmar Consolidated Media (MCM) dont l’hebdomadaire Myanmar Times paraît en anglais et en birman, est jugé à Rangoun notamment pour violences sur une femme de 29 ans et pour lui avoir donné des drogues illégales. Il risque 14 ans de prison.

“Je demande l’acquittement pour ces chefs d’accusations, parce qu’il n’a commis aucun crime”, a déclaré son avocat Aung Than Soe.

Le procureur Mone Mone a lui demandé au tribunal de prononcer “une peine appropriée”, sans autre précision.

Le jugement sera rendu le 30 juin, a indiqué le juge.

Dunkley avait été arrêté le 12 février, puis libéré sous caution le 29 mars.

La femme qu’il est accusé d’avoir agressée avait auparavant demandé à retirer sa plainte, expliquant qu’elle était enceinte et incapable de se rendre au tribunal, mais sa requête avait été rejetée.

David Armstrong, président du groupe Post Media Ltd qui publie le Phnom Penh Post et dont Dunkley est actionnaire, relève depuis le premier jour que l’affaire “coïncide avec des discussions tendues et prolongées” au sein de MCM et assure que son partenaire est innocent.

L’Australien, qui dirige aussi le quotidien cambodgien Phnom Penh Post, avait fondé MCM en 2000 avec Sonny Swe, le fils d’un ex-officier des renseignements militaires.

Mais en 2004, les services avaient été entièrement démantelés par la junte au pouvoir. Sonny Swe avait été arrêté, condamné, et ses parts (51%) transférées à Tin Tun Oo, éditeur de MCM, “proche du ministère de l’Information” selon ses adversaires.

Fin janvier, le respecté site internet birman en exil Irrawaddy avait déjà fait état d’une lutte d’influence entre Dunkley et Tin Tun Oo. Depuis, celui-ci a nié toute bagarre au sein du journal et a payé une partie de la caution de l’Australien.


juin 20 2011

Une délégation de l’UE en Birmanie pour rencontrer le nouveau gouvernement

source : AFP

L'opposante Aung San Suu Kyi mardi à Rangoun lors de la  célébration de 66e anniversaire.

L’opposante Aung San Suu Kyi mardi à Rangoun lors de la célébration de 66e anniversaire.

Photo: AP

Une délégation de l’Union européenne est arrivée en Birmanie pour des discussions avec le nouveau gouvernement civil, a indiqué lundi un responsable birman.

Robert Cooper, conseiller spécial de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, est arrivé dimanche dans la capitale Naypyidaw, un jour après Piero Fassino, envoyé spécial de l’UE pour la Birmanie, a indiqué ce responsable, sous couvert d’anonymat.

Les deux diplomates devaient rencontrer trois ministres, dont celui des Affaires étrangères, ainsi que la célèbre opposante Aung San Suu Kyi mardi à Rangoun.

L’UE n’a pas voulu donner de détails sur leur programme.

«Il s’agit d’une première étape consistant à écouter un peu les nouvelles autorités birmanes pour voir dans quel état d’esprit elles se trouvent», avait indiqué la semaine dernière un diplomate européen de haut rang sous couvert d’anonymat.

Depuis les élections décriées de novembre, la junte birmane a été dissoute fin mars et ses pouvoirs transférés à un nouveau président civil, l’ex-général Thein Sein.

Ces changements ont fait naître certains espoirs, même si les militaires ont conservé le contrôle des nouvelles institutions.

Dans ce contexte, l’UE avait décidé en avril d’alléger ses sanctions à l’égard du régime birman, en suspendant des gels d’avoir et des interdictions de visas pour un tiers des membres du gouvernement, et de recommencer à effectuer des «visites de haut niveau» dans le pays. L’UE avait toutefois renouvelé pour un an ses sanctions économiques.

La libération d’Aung San Suu Kyi de résidence surveillée une semaine après les élections avait entraîné un nouveau débat sur l’opportunité de lever les sanctions internationales contre le régime birman.

Mais la lauréate du prix Nobel de la paix elle-même a souligné que ces mesures devraient rester en place jusqu’à de véritables réformes démocratiques.


juin 19 2011

Birmanie : Aung San Suu Kyi fête ses 66 ans librement

source : lenouvelobs

et j’en profite pour vous souhaiter un bon anniversaire, Madame

Pour la première fois en près d’une décennie, l’opposante birmane Aung San Suu Kyi a pu célébrer dimanche son anniversaire sans entrave. Agée de 66 ans, la lauréate du Prix Nobel de la paix 1991 s’est offert un beau cadeau à cette occasion: accueillir à l’aéroport international de Rangoon son plus jeune fils, Kim Aris, qui vit en Grande-Bretagne.

Suu Kyi a fêté 15 anniversaires en détention ou en résidence surveillée ces 22 dernières années et c’est le premier en neuf ans qu’elle peut célébrer librement avec ses amis, sa famille et ses partisans. A cette occasion, elle devait offrir un repas à des bonzes, avant de participer à une petite fête au siège de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et donner une réception dans le jardin de sa maison sur le lac Inya.

“Si on m’avait demandé ce que j’aurais voulu pour mon anniversaire, j’aurais répondu: paix, stabilité et prospérité pour le pays”, a-t-elle dit au siège du parti. Elle a toutefois noté que des “étincelles de guerre volent” en Birmanie, sans doute en référence aux combats entre les forces gouvernementales et les rebelles Kachins dans le nord qui ont fait des milliers de déplacés.

L’opposante s’exprimait devant un demi-millier de militants, venus une bougie en main pour son anniversaire. Des ballons ont ensuite été lâchés dans le ciel, avant de des dizaines de moineaux et de colombes ne soient libérés de leur cage. Sur le trottoir d’en face, plus d’une cinquantaine de policiers en civil et de membres des services de renseignement filmaient ou prenaient des photos de tous ceux entrant dans les bureaux de la LND.

Aung San Suu Kyi entend entamer dans les prochains jours une tournée dans le pays, espérant que celle-ci ne connaîtra pas le même sort que la précédente en mai 2003. A l’époque, son convoi avait été attaqué par une foule aux ordres du pouvoir dans le nord-ouest du pays et elle avait dû rentrer à Rangoon.

La dissidente a vu son assignation à résidence levée en novembre dernier, peu après les élections législatives, que la LND a par ailleurs boycottées. La junte au pouvoir depuis 1962 a officiellement remis le pouvoir à des civils en mars dernier, même si les observateurs s’accordent à dire que ledit pouvoir reste aux mains des militaires.


juin 18 2011

Birmanie, l’Internet dangereusement civilisé

source : owni.fr

croyez-moi allez faire un tour sur ce site

La junte militaire est l’un des régimes les plus répressifs au monde à l’égard du Net. Blogueurs incarcérés, réseau coupé, le système local peut-il être contourné?

En Birmanie, le salaire moyen mensuel est de 30 dollars. Pour bénéficier de l’ADSL, il faut en débourser 120. Dans un pays où la majorité des habitants se connecte au réseau dans des cybercafés faute d’un équipement domestique, l’état de l’infrastructure nous ramène aux années 90, quand le haut débit n’existait pas, que la fibre optique était une utopie pas encore réalisée, et que le consommateur lambda s’accrochait à un forfait de 20 heures en mesurant sa chance.

Mais la vétusté du Myanmar ne fait pas tout : il faut également compter sur une censure extrêmement efficace, qui vaut au pays d’être classé dans la liste peu reluisante des “ennemis de l’Internet”, établie par Reporters Sans Frontières. Sur plus de 12 000 adresses IP distribuées aux fournisseurs d’accès locaux, tous inféodés au régime, seule une grosse centaine répond, une situation inique que le hacker et militant Jacob Appelbaum résume en ces termes:

Cela veut dire que tous les réseaux birmans, à l’exception de cette centaine, sont coupés du monde extérieur.

En tout et pour tout, le pays ne dispose que de trois fournisseurs d’accès, dont le plus important est représenté par le Ministry of Post and Telecommunications (MPT), donc l’Etat, qui garde la haute main sur le bouton d’alimentation du réseau.

Alors que l’Iran songe sérieusement à se doter d’un intranet national qui faciliterait encore un peu plus le travail des censeurs, le modèle birman s’affiche comme l’un des plus coercitifs au monde, sévèrement encadré par un arsenal de lois peu respectueuses des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Et c’est une entreprise française, Alcatel-Lucent, qui fournit l’infrastructure de contrôle.

Alors qu’il tournait un documentaire sur place, le journaliste français Paul Moreira a découvert que le géant des télécommunications avait vendu sa technologie d’”interception légale” en partenariat avec la Chine. Dans le jargon, ce matériel de pointe porte un autre nom poli, le “Deep Packet Inspection” (DPI). Concrètement, il permet à un Etat de filtrer et lire l’intégralité des échanges électroniques de sa population, soit une arme redoutable pour tracer les dissidents. Pour se défausser de l’implication d’Alcatel, un de ses responsables propose cette pirouette rhétorique : “Qu’est-ce qu’il vaut mieux ? Des communications restreintes ou pas de communications du tout ?”

Ce n’est probablement pas l’avis de Zarganar, Nay Phone Latt et “Nat Soe”, trois blogueurs emprisonnés pour avoir exprimé un peu trop publiquement leurs opinions. Ils purgent actuellement des peines comprises entre 10 et 35 ans. En 2007 puis 2010, la junte a affiné son appareil répressif, en rationnant par exemple l’utilisation du Net à des tranches de six heures. Ce n’est pas un hasard si certains parlent de “Myanmar Wide Web” – une référence ironique au World Wide Web – pour évoquer le verrou birman.

Pour essayer de contourner ce pare-feu, des initiatives se développent, comme les Barcamps, dont la première mouture birmane a été organisée à Rangoun les 23 et 24 janvier 2010, rassemblant pas moins de 2 700 participants. Leur objectif ? Sensibiliser la population aux questions numériques, par l’éducation et la pédagogie. Pour l’édition 2011, pas moins de 4 000 personnes se sont rassemblées à Info-Tech, un quartier dédié aux nouvelles technologies, afin d’y parler de Facebook et de Twitter. Un tour de force dans un pays où le débit du réseau wifi affiche des performances à peine meilleures que celles d’un modem 56K souffreteux. Et surtout, un formidable pied de nez aux autorités.


juin 17 2011

Venez souhaiter bon anniversaire à Aung San Suu Kyi sur la toile!

source : lepost

Pendant 3 jours, du 17 au 19 juin, tous les internautes qui le souhaitent, pourront envoyer un message de bon anniversaire et de solidarité à Aung San Suu Kyi . A vos claviers!

Opération “ Bon anniversaire, Aung San Suu Kyi!”: plusieurs  milliers de messages des internautes français sont attendus

Dimanche 19 juin, Aung San Suu Kyi fêtera pour la première fois, depuis plus de 20 ans, son anniversaire en liberté!

Pendant 3 jours, le site aungsansuukyi.fr accueillera tous les messages de sympathie des internautes. Plusieurs milliers de messages sont attendus. Ils lui seront tous transmis dimanche soir à 23 heures.


Après de si longues années en prison ou en résidence surveillée en raison de ses seules opinions démocratiques,
Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix et leader de la Ligue Nationale birmane pour la Démocratie, continue à oeuvrer inlassablement pour la libération de son pays et de son peuple. 

Des milliers de messages attendus de la France, de la Suisse et de la Belgique

L’équipe du site français d’information et de soutien à Aung San Suu Kyi et à la Birmanie s’y prépare depuis plusieurs jours et tous les moyens techniques nécessaires ont été mis en place pour recueillir les messages des internautes français, mais aussi belges et suisses.


L’Opération “Bon anniversaire, Aung San Suu Kyi!” durera de vendredi matin à dimanche soir sans interruption.


Il est possible d’y écrire son message aussi bien en français (Aung San Suu Kyi comprend le français!), qu’en anglais, ou, bien sûr, en birman!

Il est toutefois conseillé de faire des messages brefs afin d’y être le plus percutant possible et de ne pas saturer le réseau.

L’équipe d’
Aungsansuukyi.fr appelle tous ses lecteurs, abonnés et sympathisants à faire le buzz autour de cette opération en faisant circuler l’information au maximum sur les blogs, sites et pages Facebook, l’objectif étant, naturellement, de rassembler le plus grand nombre de messages avant dimanche soir, 23 heures, heure de clôture de l’opération.


Rappeler notre entier soutien à Aung San Suu Kyi  à la veille de sa dangereuse tournée dans toute la Birmanie


Libérée depuis novembre dernier, Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix et leader de la Ligue Nationale démocratique de Birmanie, continue à oeuvrer inlassablement pour la libération de son pays et de son peuple.

Loin de se satisfaire de sa propre liberté, elle demande la libération de tous les autres prisonniers et prisonnières d’opinion birmans qui seraient plus de 2000 et auxquels même la Croix Rouge Internationale ne peut avoir accès.

Le 22 juin prochain, seulement protégée par les jeunes militants de son organisation, elle partira sur les routes de Birmanie à la rencontre de toutes celles et tous ceux pour lesquels elle est le seul espoir et qui l’attendent depuis si longtemps! Mais 
la dernière fois qu’elle a tenté une telle tournée, en 2003, son convoi avait été attaqué et elle n’avait échappé que par miracle à cet attentat qui avait fait plus de 80 morts parmi ses sympathisants.

L’opération “Bon anniversaire Aung San Suu Kyi” est, bien entendu une façon de lui dire à quel point elle est aimée en France. Mais c’est aussi, et surtout, une façon de lui rappeler que nous sommes des dizaines de milliers de par le monde à penser à elle et à la soutenir de toutes nos forces et de tout notre coeur!

Bon anniversaire, Madame Aung San Suu Kyi!


Pierre MARTIAL - journaliste-écrivain

Président de France Aung San Suu Kyi


juin 16 2011

Birmanie : les rebelles kachins demandent l’intervention de la Chine

source : romandie.com

Les rebelles de la minorité ethnique kachin, qui affrontent depuis une semaine l’armée birmane dans l’extrême nord du pays, ont lancé un appel à la Chine pour qu’elle participe à un règlement de la crise, alors que Pékin appelait les protagonistes à la retenue.

Les combats, décrits comme violents, se sont étendus à l’Etat Shan, dans le nord-est de la Birmanie. Et l’Armée indépendante kachin (KIA) a estimé jeudi avoir besoin d’un arbitre pour de potentielles négociations.

Sans l’implication d’un autre pays comme témoin, comme facilitateur (…), il n’y a pas de solution, a ajouté un porte-parole de la KIA, Henry Branglai, joint au téléphone depuis le siège de la rébellion en Etat Kachin.

L’appel a peu de chance d’être entendu: la Chine a en effet renvoyé dos à dos les belligérants. Nous suivons de près la situation à la frontière (…) et appelons les parties en conflit (…) au calme et à la retenue afin d’éviter l’escalade, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei.

Nous les appelons instamment à régler leurs divergences par des négociations pacifiques.

Les combats ont commencé jeudi dernier après une offensive de l’armée birmane dans une zone contrôlée par la KIA, une initiative menée, selon Henry Branglai, pour lui permettre de gagner en influence dans cette zone.

Les autorités birmanes n’ont pas communiqué. Seul un responsable birman sous couvert de l’anonymat a reconnu l’existence de combats. Mais aucune information fiable et indépendante n’était disponible depuis cette région très isolée.

Et les décomptes de réfugiés ou déplacés variaient considérablement selon les sources.

Henry Branglai a indiqué que des milliers de personnes faisaient des allers-et-retours de part et d’autres de la frontière chinoise.

Pékin a de son côté démenti avoir refoulé des réfugiés. Depuis que le conflit a éclaté, certains à la frontière sont arrivés en Chine pour retrouver leurs proches et leurs amis, a assuré Hong Lei, en précisant qu’ils avaient été pris en charge en conformité avec les pratiques internationales.

Un responsable administratif du Yunnan a de son côté nié tout exode. Les portes sont ouvertes comme en temps normal. Les Birmans vont et viennent tous les jours. Nous ne pensons pas fournir des tentes et de la nourriture, car pour le moment ce n’est pas nécessaire, a-t-il assuré à l’AFP.

Mercredi, un porte-parole de l’agence de presse Kachin News Group (KNG) avait affirmé que les combats marquaient le premier jour de la guerre civile entre l’armée et la KIA.

La KIA, qui compterait au moins quelques milliers de combattants, a jadis été l’une des plus puissantes rébellions de Birmanie. Elle contrôle des pans entiers du nord de l’Etat Kachin, malgré un cessez-le-feu avec la junte en 1994.

De nombreux groupes minoritaires, qui représentent un tiers des 50 millions d’habitants de la Birmanie, n’ont jamais pacifié leurs rapports avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948. Depuis, une guerre civile oppose la capitale à certains de ces groupes, qui réclament plus de droits et d’autonomie.

Fin 2010, des analystes avaient indiqué craindre une offensive massive de l’armée birmane, accusée de vouloir mater les dernières rébellions une fois achevées ses réformes constitutionnelles post-électorales.