mai 31 2011

Birmanie : première tournée politique pour Aung San Suu Kyi en juin

source : AFP

Si Aung San Suu Kyi n’a pas peur, ben là, moi je suis pas rassurée…

La célèbre opposante birmane Aung San Suu Kyi a annoncé lundi par visioconférence qu’elle allait effectuer le mois prochain sa première tournée politique depuis sa libération il y a six mois, dans un test grandeur nature de sa popularité dans le pays.

La lauréate du prix Nobel de la paix, libérée en novembre après sept ans de résidence surveillée, a indiqué qu’elle espérait effectuer cette tournée en juin mais n’a pas fourni de détails.

“Je ne peux pas vous dire les endroits où je vais aller. Nous essayons de mettre au point l’itinéraire”, a-t-elle déclaré.

Mme Suu Kyi s’adressait à plus d’un millier d’universitaires et d’étudiants à l’Université de Hong Kong.

“On ne m’a donné aucune garantie concernant la sécurité”, a-t-elle encore indiqué, précisant que c’était “le devoir du gouvernement” de protéger tout citoyen birman.

La prix Nobel de la paix avait été libérée une semaine après des élections décriées en Occident, et auxquelles elle n’avait pas participé. Sa libération avait été été décrite par les militaires comme sans restriction d’aucune sorte.

Depuis, d’importantes réformes institutionnelles ont été effectuées. La junte a été dissoute fin mars et ses pouvoirs transférés à un nouveau président civil, l’ex-général Thein Sein. Mais les militaires ont conservé le contrôle des nouvelles institutions.

L’opposante a connu par le passé des tournées particulièrement difficiles.

En 2003, son équipe avait été agressée dans une embuscade semble-t-il orchestrée par la junte, alors effrayée par l’immense popularité de celle qui avait remporté haut-la-main les élections de 1990 sans jamais être autorisée à exercer le pouvoir.

Elle était alors considérée comme la plus grande menace contre le régime militaire. Le pouvoir avait fait état de quatre morts, mais la Ligue nationale pour la démocratie (LND, aujourd’hui dissoute) de la dissidente avait évoqué une centaine de victimes.

A l’issue de l’incident, Suu Kyi avait été arrêtée avec plusieurs membres de son parti. Elle avait été placée peu après en résidence surveillée, jusqu’à sa libération en novembre dernier.

Mais la réalité de sa popularité actuelle est plus complexe à évaluer, même si la “Dame” de Rangoun avait été acclamée par quelques milliers de personnes en liesse devant les grilles de son domicile, le jour de sa libération.

La pasionaria de la démocratie birmane, érigée en symbole de la liberté en Occident, a en effet choisi de boycotter les dernières élections, pour dénoncer les lois électorales. Son parti a été immédiatement dissous.

Une partie de la LND a fait sécession et conquis quelques sièges sous la bannière de la Force démocratique nationale (NDF).

Et plusieurs experts et membres de l’opposition, en Birmanie comme à l’étranger, ont dénoncé une absence de vision et une stratégie suicidaire, qui l’exclut de facto de tout processus politique.


mai 30 2011

La Birmane Aung San Suu Kyi invite Pékin à davantage d’ouverture

source : lexpress

La Birmane Suu Kyi invite Pékin à davantage d'ouverture

A cinq jours du 22e anniversaire de la répression du “printemps de Pékin” sur la place Tiananmen, la chef de file du mouvement pour la démocratie en Birmanie, Aung San Suu Kyi, a appelé lundi les autorités chinoises à une plus grande ouverture, lors d’une vidéoconférence entre Rangoun et Hong Kong. (Reuters/Tyrone Siu)

Aung San Suu Kyi, chef de file du mouvement birman pour la démocratie, a invité lundi les dirigeants communistes chinois à une plus grande ouverture.

Mon message aux dirigeants chinois est très simple“, a déclaré la lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, dont l’assignation à résidence a été levée en novembre dernier par la junte birmane après plusieurs années de privation de liberté.

La Chine est un grand pays, le peuple chinois est un grand peuple avec derrière lui une merveilleuse et longue histoire. Ils peuvent se permettre de nouvelles mesures, ils peuvent se permettre d’être audacieux, ils peuvent se permettre de laisser davantage de place à toutes sortes d’opinions“, a dit Suu Kyi lors d’une vidéoconférence à l’université de Hong Kong.

Alors que la Birmanie est soumise à des sanctions internationales, la Chine est restée son principal allié économique et politique et elle y a maintenu une politique d’investissement. Le “printemps arabe” a rendu les autorités chinoises très sensibles à tout signe d’instabilité et plusieurs dissidents en vue ont été arrêtés ces derniers mois.

La déclaration de Suu Kyi intervient quelques jours avant le 22e anniversaire, le 4 juin, de l’écrasement par l’armée chinoise du “printemps de Pékin” sur la place Tiananmen.

Toute commémoration publique est interdite en Chine continentale, mais des groupes de Hong Kong ont l’intention d’organiser une veillée et espèrent y attirer une assistance nombreuse en raison de la répression en cours.

Je pense qu’il ne faut pas désespérer, a dit Suu Kyi. Le peuple chinois s’intéresse tellement aux progrès économiques qu’il ne s’est pas encore complètement penché sur le volet politique de la question. Je pense que cela viendra, et peut-être plus vite qu’on ne le pense“.

En ce qui la concerne, Suu Kyi a déclaré, sans donner de précisions, qu’elle avait l’intention d’effectuer d’ici un ou deux mois une tournée en Birmanie pour rencontrer ses partisans.

A propos des soulèvements dans le monde arabe et des leçons qu’il pourrait tirer de la longue lutte de la Birmanie pour la démocratie, Suu Kyi a estimé qu’il était trop tôt pour dire si ces insurrections populaires étaient un succès.

C’est quelque chose que nous souhaitons particulièrement (en Birmanie). Nous voulons parvenir à une réconciliation nationale“, a-t-elle dit.

Le nouveau président birman Thein Sein, issu des élections de l’an dernier considérées par beaucoup comme une mascarade, est lié à l’ancien chef de la junte, Than Shwe, et les observateurs ne s’attendent pas à de grands changements.


mai 26 2011

Deux pipelines vers la Chine renforcent la dictature birmane

source : lacroix

L’essentiel des revenus en hydrocarbures de la dictature militaire va à l’armée.

Les dépenses d’éducation et de santé ne représentent que 6 % du PIB birman.

Entouré de barbelés, dissimulé entre une barrière montagneuse et une rivière, le chantier ressemble à un camp militaire. Le portique d’entrée est gardé par des policiers ainsi que par des ouvriers des compagnies pétrolières publiques de Birmanie et de Chine. Ils ne laissent passer que des camions, chargés de béton destiné à la construction d’un pont qui supportera bientôt deux pipelines.

« La compagnie chinoise a prélevé des échantillons de terre pour étudier le sol avant d’installer les tuyaux », explique un riverain (1) de ce chantier de Patheingyi, près de Mandalay, au centre de la Birmanie. Son champ a été retourné. Sa récolte, détruite.

Parallèles sur plus de 1 100 km, les deux gigantesques pipelines en construction traverseront tout le pays pour, d’ici à deux ans, transporter du pétrole exploité au Moyen-Orient, et du gaz extrait au large des côtes birmanes vers la Chine. Ils permettront à Pékin de s’approvisionner en hydrocarbures par voie terrestre, en évitant le dangereux détroit de Malacca, au large de l’Indonésie, par où transitent les tankers.

Quatre fois plus de budget pour l’armée que pour l’éducation

« Les exportations d’hydrocarbures constituent la première recette du pouvoir birman : plus de 1,4 milliard d’euros par an, évalue Jockai Khaing, directeur d’ Arakan Oil Watch, une association birmane en exil qui suit la construction de l’oléoduc et du gazoduc. Une fois qu’ils seront opérationnels en 2013, le gouvernement birman encaissera plus de 700 millions d’euros supplémentaires par an. »

Cette année, la dictature a reconnu consacrer moins de 6 % de son budget à l’éducation et à la santé. Mais elle dépense quatre fois plus pour son armée, forte d’un demi-million de soldats. La manne gazière et pétrolière sert donc en priorité au secteur de la défense et finance donc la répression contre l’opposition.

Dans l’État totalitaire birman, tout projet d’infrastructure fait craindre des violations des droits de l’homme. À Kyaukpyu, l’édification des pipelines s’accompagne d’expulsions forcées. Une jeune activiste (1), originaire de cette ville côtière, filme les abus.

« Là, regardez, un, deux, trois bulldozers, explique-t-elle, en commentant ses vidéos. Ils coupent les arbres et rasent les rizières. Ils cassent tout. Il y a de plus en plus de militaires dans la région. Ils m’empêchent de visiter les chantiers. Je dois cacher ma caméra sous mon vêtement de pluie. »

Les revenus du pétrole reviennent aux élites

En Birmanie, le travail forcé est une pratique courante. En novembre dernier, la représentation du Bureau international du travail à Rangoun a proposé d’assister le gouvernement birman afin de prévenir tout recours à la main-d’œuvre gratuite sur les chantiers des pipelines. « Nous attendons la réponse des autorités », dit Steve Marshall, officier de liaison pour le BIT à Rangoun. Mais les mois se sont écoulés et les travaux se poursuivent.

Les revenus en hydrocarbures ne bénéficient qu’à une élite grippe-sou. À Nga Shan Taung, un village du centre du pays, les habitants extraient depuis quatre ans du pétrole à faible profondeur. Le sol du bourg est perforé de milliers de puits, surmontés de chevalets branlants.

Équipés de tuyaux de PVC, de cordes et de compresseurs bruyants, ces ouvriers transpirent sang et eau. Ils doivent obligatoirement vendre leur brut à une entreprise proche du gouvernement. « Nous ne pouvons garder que quelques gallons pour notre usage personnel, c’est tout, précise Kyaw Min, qui manœuvre au pied de son installation. Certains ont vendu ailleurs en ville et ils se sont fait attraper. Leurs puits ont été confisqués. »

Ces exploitants indépendants doivent céder leur production à un prix fixé par la société, 40 à 70 % inférieur aux cours du marché. C’est à prendre ou à laisser. Kyaw Min s’en sort. Mais beaucoup d’autres ont préféré quitter Nga Shan Taung. Les champs pétrolifères environnants, plus grands, sont contrôlés par une entreprise indonésienne liée au gouvernement. De grandes pancartes rouges plantées aux abords des derricks préviennent : tout vol de pétrole est puni de dix ans de prison.

(1) Les témoignages ont été recueillis sous le couvert de l’anonymat

REMY FAVRE, à Patheingyi, Nga Shan Taung et Rangoun (Birmanie)


mai 24 2011

Birmanie : détenus en grève de la faim

source : lefigaro

Une trentaine de prisonniers politiques ont entamé une grève de la faim en Birmanie pour protester contre une récente amnistie jugée insuffisante et exiger de meilleurs conditions de détention, a indiqué une organisation d’exilés basée aux Etats-Unis.

Selon l’organisation US Campaign for Burma (USCB), sept femmes de la tristement célèbre prison d’Insein, à Rangoun, ont cessé de s’alimenter il y a une semaine pour protester contre cette amnistie. Hier, elles ont été rejointes par 22 hommes dont trois moines bouddhistes, avec des revendications en six points qui comprennent notamment l’amélioration des droits de visite pour les familles et de meilleures conditions de vie.

17.000 détenus sortis de prison

Quelque 17.000 détenus sont sortis de prison mardi dernier après une réduction collective de peine d’un an, une mesure très en deçà des attentes de l’opposition et des Occidentaux. ”De notoriété publique, les prisons en Birmanie sont un enfer”, a estimé dans un communiqué Aung Din, directeur de l’USCB, qui a lui même passé quatre ans derrière les barreaux. ”Il n’y a pas d’approvisionnement suffisant en nourriture, pas d’eau propre, pas de véritable traitement médical (…). Les cellules et salles sont pleines de moustiques, puces, mouches, fourmis et autres insectes”.

L’organisation s’inquiète de possibles punitions contre les grévistes et demande à la communauté internationale d’intensifier les pressions sur le régime de Naypyidaw pour faire libérer les quelque 2200 détenus politiques du pays. Le nouveau gouvernement “civil” birman avait suscité des espoirs timides après avoir été investi en mars, même si les militaires n’ont jamais caché conserver le contrôle du pouvoir.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l’opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a indiqué que 55 prisonniers politiques, à qui il restait moins d’un an à purger, avaient été élargis dont 27 membres de ce parti aujourd’hui dissous.
Suu Kyi, victorieuse des élections de 1990 sans jamais exercer le pouvoir, a été libérée en novembre 2010 de résidence surveillée. Hier, à Bangkok, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’Homme en Birmanie, Tomas Quintana, avait évoqué sa “déception” quant à cette amnistie.


mai 18 2011

Birmanie : deux morts dans un attentat dans un train près de la capitale

source : AFP

Une femme dans une gare à Naypyidaw, en Birmanie, le 26 mars 2010 (AFP/Archives, Christophe Archambault)

Au moins deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées en Birmanie lorsqu’une bombe a explosé dans un train à proximité de la capitale Naypyidaw, où un haut responsable américain se trouvait en visite, a-t-on appris mercredi de sources officielles.

“Deux personnes dont une femme ont été tuées et sept blessées”, a indiqué un haut responsable birman sous couvert de l’anonymat.

Le train reliait l’ancienne capitale Rangoun à Mandalay (nord). L’explosion est intervenue vers 16h10 (09h10 GMT) près de la gare de la commune de Tatkone, dans la banlieue de Naypyidaw.

La même source a identifié les personnes tuées comme étant une femme de 23 ans et un homme de 18 ans.

“C’était une bombe à retardement. Nous présumons que ce sont les insurgés de la KNU”, a-t-elle ajouté, évoquant l’Union nationale karen (KNU), une rébellion ethnique qui se bat contre l’armée birmane depuis un demi-siècle pour obtenir son autonomie.

L’attentat est le premier à frapper le pays depuis la dissolution de la junte du généralissime Than Shwe, le départ à la retraite de l’homme fort du pays, puis l’avènement fin mars d’un régime dit “civil”, quoique entièrement aux mains des militaires.

Il intervient aussi au moment où Joseph Yun, secrétaire américain adjoint pour l’Asie de l’Est et le Pacifique, devait s’entretenir dans l’après-midi avec le nouveau ministre des Affaires étrangères Wunna Maung Lwin à Naypyidaw.

Ces discussions interviennent au surlendemain de la reconduction, lundi, par les Etats-Unis de leurs sanctions économiques contre la Birmanie, Washington demandant au pouvoir birman d’aller plus loin dans ses réformes politiques.

L’avènement du nouveau régime a été accueilli avec beaucoup de scepticisme en Occident et parmi les opposants, qui dénoncent des changements cosmétiques et un maintien au sommet des mêmes responsables issus des rangs de l’armée.

Fin février, huit personnes avaient été blessées dont une grièvement par le déclenchement peut-être accidentel d’un engin explosif dans le nord de Rangoun.

Des attentats à la grenade pendant la fête de l’eau à Rangoun, en avril 2010, avaient par ailleurs fait 10 morts et plus de 170 blessés. Les autorités les avaient attribués à un groupe d’opposants en exil.


mai 17 2011

La Birmanie libère 17 000 détenus

source : cyberpresse AFP Hla Hla HTAY

Des enfants attendent la libération de leurs proches, en  prison depuis des années.

Des enfants attendent la libération de leurs proches, en prison depuis des années.

Photo: Reuters

Quelque 17 000 détenus birmans devaient sortir de prison mardi, dont d’ex-membres des services de renseignement militaires purgés il y a quelques années, au titre d’une amnistie collective attendue de longue date mais très en deçà des attentes des Occidentaux.

Alors que de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer du nouveau régime birman une libération des prisonniers politiques, le gouvernement n’a annoncé lundi soir qu’une réduction collective de peine d’un an.

Les pensionnaires de la célèbre prison d’Insein, à Rangoun, ont ainsi retrouvé leurs proches en milieu de journée après un discours des autorités, selon un photographe de l’AFP. Certaines femmes détenues portaient leurs enfants dans les bras.

«Environ 2.600 détenus vont sortir d’Insein», a indiqué ce responsable birman. «Au total, 17.000 détenus dans tout le pays sont libérés. D’anciens membres des services de renseignement en font partie».

Les renseignements militaires birmans avaient été purgés au milieu des années 2000 par le généralissime Than Shwe, homme fort de la junte aujourd’hui dissoute.

Leur démantèlement avait succédé au limogeage en 2004, puis la condamnation pour corruption, de leur puissant patron et Premier ministre, le général Khin Nyunt, qui est toujours en résidence surveillée.

Mais la sortie d’une poignée de cadres déchus n’a modifié en rien le sort des quelque 2.200 prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles du pays.

«Ces actions sont bien loin de la libération complète de tous les prisonniers de conscience, dont la Birmanie a tant besoin», a estimé Benjamin Zawacki, un porte-parole d’Amnesty International.

La semaine dernière, Vijay Nambiar, chef de cabinet du secrétaire général des Nations unies, s’était rendu en Birmanie pour la première fois depuis l’avènement du régime «civil» fin mars.

Il avait noté des «signes encourageants» mais émis le souhait de voir des gestes concrets, notamment en ce qui concerne les opposants emprisonnés. Une demande restée sans effet, confirmant que le régime reste largement insensible aux pressions étrangères.

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a estimé que cette amnistie constituait «une gifle» pour le responsable de l’ONU, décrivant «une réponse pathétique aux appels internationaux».

Lundi soir, le président Barack Obama a annoncé qu’il reconduisait les sanctions qui devaient expirer ce mois-ci. Utilisant un langage pratiquement identique aux années précédentes, il a critiqué notamment «la répression à grande échelle de l’opposition démocratique».

«Nous réitérons notre appel pour que tous les prisonniers politiques soient libérés immédiatement», a affirmé le porte-parole du Département d’État, Mark Toner.

Un haut responsable américain, Joseph Yun, est attendu mercredi en Birmanie pour des entretiens, a indiqué à l’AFP une source birmane.

Washington avait décidé fin 2009 d’entamer un dialogue avec la junte tout en maintenant les sanctions. L’administration américaine s’est déclarée depuis déçue par ce dialogue, rejetant l’appel de certains pays asiatiques d’alléger les sanctions après les élections contestées de novembre dernier.

Le seul dissident de poids libéré ces derniers mois est la plus célèbre d’entre eux, l’opposante Aung San Suu Kyi, dont la résidence surveillée avait été levée en novembre, juste après ces élections. Elle juge la libération des opposants nécessaire à toute levée des sanctions.

Les récentes réformes politiques dans le pays ont été accueillies avec beaucoup de scepticisme. Opposants et chancelleries occidentales ont notamment dénoncé le maintien au pouvoir des mêmes hommes et le contrôle de l’appareil civil par une armée surpuissante.


mai 13 2011

Un émissaire de l’ONU rencontre l’opposante birmane Aung San Suu Kyi

source : AP

Aung San Suu Kyi Vijay Nambiar. Khin Maung Win / The Associated Press

La militante birmane pour la démocratie Aung San Suu Kyi a déclaré jeudi après une rencontre avec un émissaire de l’ONU qu’elle souhaitait comme lui que le nouveau gouvernement civil ait une chance de faire ses preuves.

La lauréate du prix Nobel de la paix, qui reste considérée comme la cheffe de file de l’opposition bien que son parti ait été officiellement démantelé, s’est entretenue à Rangoon avec Vijay Nambiar, chef de cabinet du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et conseiller spécial pour la Birmanie.

M. Nambiar était le premier haut responsable onusien à se rendre en Birmanie depuis qu’un gouvernement composé de civils a succédé fin mars à la junte au pouvoir depuis 1962.

Mme Suu Kyi a affirmé qu’elle était tombée d’accord avec son visiteur pour «attendre de voir comment évoluent les choses». «Nous ne voulons pas être négatifs», a-t-elle dit.

De nombreux opposants à la junte estiment que les militaires continueront de tirer les ficelles en coulisses, le gouvernement n’étant guère que leur marionnette et un leurre de démocratie.

Vijay Nambiar, qui a également rencontré des responsables gouvernementaux lors de ce déplacement en Birmanie, a déclaré sans plus de précisions que le gouvernement avait fait «quelques déclarations très intéressantes (….) qui sont très encourageantes».


mai 10 2011

Un représentant des Nations unies est attendu en Birmanie cette semaine

source : AP

Un collaborateur du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon va effectuer cette semaine une visite officielle en Birmanie pour rencontrer des membres du nouveau gouvernement élu et la lauréate du prix Nobel de la paix, l’opposante Aung San Suu Kyi.

Vijay Nambiar, chef de cabinet de Ban Ki-moon et conseiller spécial pour la Birmanie, sera le premier haut responsable de l’ONU à se rendre dans le pays depuis qu’un gouvernement composé de civils a succédé à la junte au pouvoir fin mars.

À New York, le porte-parole de l’ONU Farhan Haq a annoncé que M. Nambiar arriverait mercredi en Birmanie pour une visite de trois jours à l’invitation du gouvernement.

M. Nambiar aura une série d’entretiens à Naypyitaw et Rangoon avec des membres du gouvernement, des représentants des partis politiques, d’organisations de la société civile et plusieurs personnalités, a souligné le porte-parole, précisant que le responsable onusien avait hâte de rencontrer à nouveau Daw Aung San Suu Kyi et des membres de la Ligue nationale pour la démocratie.

Un diplomate en poste à Rangoon a précisé sous couvert d’anonymat que cette visite s’inscrivait dans le cadre des efforts de l’ONU en faveur du processus de réconciliation nationale en Birmanie.


mai 7 2011

Sommet de l’Asean à Jakarta dominé par le conflit Thaïlande-Cambodge

source : romandie.com

Le conflit frontalier opposant la Thaïlande et le Cambodge a dominé samedi les débats au premier jour du 18ème sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), soucieuse de régler au plus vite ce différend entre deux de ses membres.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont été surpris par l’animosité exprimée samedi matin par le Premier ministre cambodgien Hun Sen, qui a tenu des propos plutôt agressifs envers la Thaïlande durant la réunion à huis clos, a rapporté un ministre des Affaires étrangères sous couvert de l’anonymat.

Le porte-parole du gouvernement thaïlandais, Panitan Wattanayagorn, a confirmé que Hun Sen avait provoqué la surprise en abordant le sujet, qui n’était pas à l’ordre du jour. Il a précisé que le Premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, était déçu que son homologue cambodgien ait de nouveau accusé la Thaïlande d’avoir eu recours à la force contre son territoire.

Les deux pays se disputent le contrôle d’une zone autour du temple khmer de Preah Vihear qui, selon un arrêt de la Cour Internationale de Justice de 1962, relève de la souveraineté du Cambodge. Les derniers affrontements ont fait 18 morts et plusieurs dizaines de milliers de déplacés depuis le 22 avril.

En ouvrant le sommet, qui se tient jusqu’à dimanche à Jakarta, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono avait rappelé que l’un des objectifs de l’Asean était de faciliter les échanges diplomatiques en cas de conflit entre membres de ce bloc de dix pays.

L’Indonésie, qui préside l’Asean cette année, a proposé d’envoyer une équipe d’observateurs dans la zone contestée. Le principe de cette mission a été accepté par le Cambodge et la Thaïlande mais les modalités restent à établir, selon son ministre des Affaires étrangères, Marty Natalegawa.

Ce conflit risque d’occulter les autres sujets au menu du sommet, en particulier la création d’une communauté économique à l’horizon 2015, un projet qui tarde à se concrétiser.

La Birmanie a par ailleurs provoqué une polémique en proposant vendredi de prendre pour la première fois la présidence tournante de l’association en 2014, une perspective dénoncée par des organisations de défense des droits de l’Homme.

Récompenser la Birmanie avec la présidence de l’Asean, après qu’elle a organisé des élections truquées et alors qu’elle détient toujours 2.000 prisonniers politiques, serait une source d’embarras pour la région, a estimé Human Right Watch (HRW).

Fondée en 1967 à Bangkok, l’Asean comprend la Malaisie, l’Indonésie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, Bruneï, le Laos, le Vietnam, le Cambodge et la Birmanie. L’inclusion du Timor oriental est en discussion.


mai 5 2011

Une télé birmane en exil demande la libération de 17 journalistes

source : nouvelobs

La Democratic Voice of Burma (DVB), un groupe audiovisuel birman en exil à Oslo, vient de lancer une campagne pour obtenir la libération de 17 collaborateurs détenus en Birmanie, pays dans lequel la presse est soumise à la censure.

Rapporter la vérité n’est pas un crime” , a estimé Toe Zaw Latt, directeur du bureau de Bangkok de la DVB, lors d’une conférence de presse. “Personne ne devrait être emprisonné pendant 20 ans pour le seul fait d’être un journaliste”.

Le groupe a demandé à la communauté internationale “d’utiliser toutes les opportunités possibles” pour demander au régime la libération de ses collaborateurs, dont deux ont été condamnés lors des six derniers mois.

Selon l’organisation installée à Oslo et qui s’illustre régulièrement par des enquêtes en Birmanie en dépit de la surveillance policière, au moins 25 journalistes y sont actuellement détenus dont Hla Hla Win, reporter du groupe qui purge une peine de 27 ans de détention. La journaliste avait notamment été condamné à 20 ans de prison pour avoir interviewé un moine lors des émeutes de 2007 connues sous le nom de “révolte Safran”.

Les observateurs relèvent que la situation ne s’est pas améliorée depuis les élections controversées de novembre dernier et l’avènement du nouveau régime civil, que les militaires contrôlent entièrement. “La période post-électorale est en réalité pire qu’auparavant pour les journalistes” , explique David Mathieson, de l’organisation Human Rights Watch (HRW).