mar 31 2011

En Birmanie et à l’étranger, la crédibilité du nouveau régime en question

source : AFP

Capture d’image de la chaîne d’Etat birmane MRTV montrant l’intronisation du nouveau président Thein Sein (C), le 30 mars 2011 à Naypyidaw

La transition politique en Birmanie suscitait jeudi un mélange de scepticisme et d’espoir prudent, dans un pays habitué à une succession de régimes militaires depuis 50 ans et convaincu encore une fois que les uniformes ont plus changé que les dirigeants eux-mêmes.

Alors que Washington affichait sa “préoccupation” et que l’ONU demandait au nouveau régime de “démontrer” la pureté de ses intentions, les Birmans s’arrachaient les journaux et découvraient un gouvernement dominé par des militaires en retraite, avec une forte présence de l’équipe sortante.

Les gens “ne pensent pas qu’il y aura des changements dans le pays car ils ont simplement changé d’uniformes”, a résumé à l’AFP un chef d’entreprise. “Nous avons beaucoup d’attentes, mais peu d’espoirs”.

Le Conseil d’Etat pour la Paix et le Développement (SPDC), qui présidait aux destinées du pays, a été officiellement dissous mercredi. Et son chef, le redouté généralissime Than Shwe, au pouvoir depuis 1992, a renoncé à son titre de chef des armées tandis que le président Thein Sein prêtait serment.

Le rôle du dictateur sortant demeure des plus flous.

Mais la Ligue nationale pour la démocratie (LND, dissoute) de l’opposante Aung San Suu Kyi, complètement marginalisée depuis qu’elle a boycotté les élections de novembre, a “pris acte de la formation du nouveau gouvernement” et exprimé le voeu “d’entamer un dialogue”.

La Force démocratique nationale (NDF), fondée par des dissidents de la LND opposés au boycott, a pour sa part qualifié de “très significatif” le premier discours de Thein Sein, axé notamment sur la santé et l’éducation.

“Nous pouvons voir son désir de réformes mais nous devons attendre de savoir si elles vont se matérialiser”, a estimé Khin Maung Swe, patron de la NDF.

L’accomplissement des réformes institutionnelles, issues de la Constitution de 2008, a accentué les divisions au sein de l’opposition entre les tenants de la confrontation systématique et ceux qui veulent composer avec l’armée, accepter ses règles et progresser au sein du système.

“Il faut s’abstenir de toute pensée rationnelle et de toute connaissance empirique pour ressentir le moindre optimisme”, a persiflé Maung Zarni, expert birman de la London Schools of Economics en dénonçant des “changements cosmétiques”.

Mais d’autres analystes assurent qu’au totalitarisme de Than Shwe succèdera un régime autoritaire composé de plusieurs personnalités qui se contrôleront mutuellement. De quoi rendre possible une évolution, certes lente mais en rupture avec l’immobilisme des 20 dernières années.

“J’ai parlé avec mes amis et beaucoup de responsables du gouvernement espèrent des changements”, a admis, sous couvert de l’anonymat, un haut-fonctionnaire.

En Occident, l’expérience des revers précédents semblait elle aussi dicter la prudence.

Les Etats-Unis, déçus par le dialogue avec la junte qu’ils ont initié fin 2009, se sont déclarés “préoccupés par le climat d’oppression politique”.

“Les autorités birmanes ont maintenant l’opportunité et, véritablement, une obligation à l’égard de leur peuple de démontrer que ce changement est réel et qu’il représente le début de l’abandon de presque cinquante ans de gouvernement militaire”, a de son côté réclamé le chef des Nations unies, Ban Ki-moon.

Seule la Chine, alliée de tous les instants, a félicité la Birmanie “pour ses efforts de promotion de la démocratie”, et enjoint la communauté internationale de “créer un environnement solide” pour la croissance économique.

Un appel explicite à lever les sanctions occidentales contre une junte qui, sur le papier au moins, a cédé le pouvoir.


mar 30 2011

Birmanie : la junte dissoute, le retrait de Than Shwe se dessine

source : AFP De Hla Hla HTAY

Le Premier ministre birman Thein Sein, le 27 février 2009 à Hua Hin, en Thaïlande

La junte birmane a été dissoute mercredi et ses pouvoirs transférés à un nouveau président, signifiant à terme le retrait du généralissime Than Shwe, homme fort du pays, même si les militaires conservent le contrôle des nouvelles institutions.

Thein Sein, Premier ministre sortant et ex-général, a été intronisé président au cours d’une cérémonie au parlement et 30 ministres ont été nommés.

Le général Min Aung Hlaing a assisté à la cérémonie en tant que nouveau commandant-en-chef des armées, poste occupé jusque là par Than Shwe.

“On ne sait pas encore s’il a déjà pris ses fonctions”, a cependant indiqué un responsable birman, témoignant du flou qui demeure sur l’avenir de celui qui a dirigé le pays d’une main de fer depuis 1992, et dont nul n’imagine qu’il va déserter la scène politique.

En revanche, le Conseil d’Etat pour la Paix et le Développement (SPDC, nom officiel de la junte) a bel et bien disparu, cédant le pouvoir aux nouvelles institutions “civiles” issues de la Constitution de 2008 et des élections législatives de novembre.

“Dès lors que le nouveau cabinet a pris ses fonctions, le SPDC a été officiellement dissous”, a indiqué la télévision gouvernementale en citant un ordre signé de Than Shwe.

Mais cette transformation apparente en régime civil ne convainc pas tout le monde. “Le grand public (…) n’est pas dupe de ces changements tout à fait cosmétiques”, a raillé Maung Zarni, de la London School of Economics.

“Nous n’avons vu aucune forme de démocratie ces 50 dernières années donc ça ressemble plus à une expérimentation”, a renchérit Aung Naing Oo, analyste birman en exil en Thaïlande.

Le site internet d’exilés birmans Irrawaddy a pour sa part décrit le nouveau patron de l’armée comme un “pur et dur” de la junte.

Agé de 54 ans, l’officier aurait notamment “joué un rôle de premier plan” dans la lutte contre les groupes armés rebelles dans l’est du pays.

La victoire écrasante en novembre du Parti de la solidarité et du développement de l’Union (USDP) avait permis à la junte de revendiquer sa mutation en un régime civil.

Les Occidentaux ont jusqu’à présent dénoncé une mascarade. Mais certains analystes expliquent qu’au totalitarisme d’un seul homme va succéder un régime autoritaire dont le pouvoir sera réparti entre plusieurs mains, au sein des pouvoirs législatif et exécutif, de l’USDP et de l’armée.

De cet éparpillement, disent-ils, peuvent naître des évolutions potentiellement en rupture avec l’immobilisme de la Birmanie depuis 20 ans.

Le nouveau régime, à la suite de la libération en novembre dernier de la célèbre opposante Aung San Suu Kyi, après sept années de résidence surveillée, pourrait relancer plus encore le débat sur la levée des sanctions occidentales, que réclament désormais plusieurs partis d’opposition.

Mais la lauréate du prix Nobel de la paix ne s’est pas jointe à ces appels. La Ligue nationale pour la Démocratie (LND), son parti dissous et totalement écarté du processus électoral, continue de plaider pour leur maintien.


mar 29 2011

Birmanie : le président civil prêtera serment d’ici 48 heures

source : lexpress

Le nouveau président birman, désigné en février, prêtera serment d’ici 48 heures, ouvrant la voie à une passation de pouvoir imminente entre la junte et les nouvelles institutions civiles, ont indiqué mardi des responsables birmans.

Le président prêtera serment demain (mercredi). Si ça ne peut pas avoir lieu demain, ce sera après demain“, a déclaré un de ces responsables.

Après cette prestation de serment, le Conseil d’Etat pour la Paix et le Développement (SPDC, nom officiel de la junte), “remettra le pouvoir au nouveau gouvernement“, a-t-il ajouté.

Ce transfert du pouvoir aura lieu “peut-être le 1er avril“, a ajouté un autre responsable, soulignant que le SPDC serait “automatiquement dissous“.

Le Premier ministre Thein Sein, ancien officier supérieur de l’armée, a été désigné au poste de président en février.

Aucune information n’a été divulguée sur le cas du généralissime Than Shwe, chef suprême du SPDC, au pouvoir depuis 1992.


mar 28 2011

Séisme en Birmanie : les sauveteurs toujours sans nouvelles de zones isolées

Source : AFP

Une femme dans les décombres de sa maison détruite par un séisme, le 26 mars 2011 à Tarley, en Birmanie

Les sauveteurs luttaient toujours dimanche pour parvenir à des zones isolées dans l’est de la Birmanie touché jeudi par un violent séisme, craignant une aggravation du bilan de 75 morts.

Selon des responsables, la secousse de magnitude 6,8 qui a frappé la frontière entre la Birmanie, la Thaïlande et le Laos jeudi après la tombée de la nuit, et qui a été ressentie jusqu’au Vietnam et en Chine, a tué 75 personnes: 74 en Birmanie et une en Thaïlande.

Mais “alors que nous en apprenons plus, il semble que le chiffre des victimes va continuer à augmenter” en Birmanie, a indiqué dimanche sous couvert de l’anonymat un travailleur humanitaire dans le pays.

Six communes de l’Etat shan dans lesquelles vivaient plus de 15.000 personnes, dont Tachilek, Tarlay et Mong Lin, ont été particulièrement touchées, avec des bâtiments publics et religieux abattus, des maisons en bois réduites à des amoncellements de débris et des habitants choqués contraints de dormir dehors.

“Nous ne savons pas encore combien de personnes ont été affectées. Nous essayons toujours d’obtenir des chiffres”, a indiqué dimanche un responsable birman sous couvert de l’anonymat.

“Nous n’avons toujours pas réussi à atteindre certaines zones. Nous ne savons pas ce qui leur est arrivé et nous ne savons pas combien de personnes vivent dans ces zones montagneuses”, a-t-il ajouté, soulignant la difficulté des déplacements en raison de routes coupées.

Des lignes téléphoniques ont été coupées. Et selon les rares images disponibles jusqu’à présent, certaines voies ont été complètement éventrées, les habitants tentant de colmater les brèches avec des ponts de fortune en sacs de sable.

Selon le magazine en ligne d’exilés birmans The Irrawaddy, citant un membre non identifié de la Croix-Rouge sur place, le bilan dépasserait les 150 morts. Mais le responsable birman a assuré que le bilan de 74 morts n’avait pour l’heure pas changé.

La Birmanie s’était illustrée par son affligeante inefficacité en 2008, lorsque tout le delta de l’Irrawaddy, dans le sud, avait été balayé par le cyclone Nargis (138.000 morts et disparus). La junte avait longtemps refusé l’aide étrangère, en se repliant dans un réflexe xénophobe et paranoïaque.

Mais elle n’a cette fois pas tenté de minimiser la catastrophe et semble laisser les ONG travailler.

En partenariat avec le ministère de la Santé, l’ONG Word Vision a commencé à envoyer des dizaines de milliers de comprimés de purification d’eau, ainsi que des kits de premiers soins et des abris d’urgence.

“Le besoin d’eau est critique. C’est le défi immédiat, avec les abris temporaires”, a expliqué Chris Herink, responsable de l’organisation à Rangoun.

Il a ajouté qu’un rapport des autorités avait estimé que les dégâts, uniquement à Tarlay, pourraient atteindre 3,5 millions de dollars (2,5 millions d’euros).

Dans son édition de dimanche, le journal officiel New Light of Myanmar a de son côté mis en avant les efforts des secours à la une, au lendemain du déplacement de plusieurs ministres dans les zones sinistrées.

“Ils ont réconforté les victimes du séisme et leur ont offert une aide financière”, a assuré le quotidien.

Mais de nombreuses victimes comptaient plutôt sur la radio thaïlandaise pour avoir des informations et un résident de Tachilek anonyme a dénoncé samedi sur un forum internet le manque d’”aide concrète des autorités”.


mar 25 2011

La Birmanie secouée par un tremblement de terre

source : RFI

Un moine bouddhiste thaï inspecte une pagode après le fort  tremblement de terre qui a frappé la Birmanie près de la frontière  thaïe, le 25 mars 2011.

Un moine bouddhiste thaï inspecte une pagode après le fort tremblement de terre qui a frappé la Birmanie près de la frontière thaïe, le 25 mars 2011.

AFP/ Photo

Le bilan du tremblement de terre en Birmanie s’alourdit. Au moins 74 personnes ont été tuées dans une petite ville du nord-est du pays, près de l’épicentre du séisme, et une autre dans le nord de la Thaïlande voisine. Ce séisme, mesuré à 6,8 sur l’échelle de Richter, s’est produit le 24 mars à une cinquantaine de kilomètres de la frontière thaïlandaise. Il a été ressenti fortement dans le nord de la Thaïlande, ainsi que par les habitants des gratte-ciel à Bangkok et à Hanoi.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Plusieurs dizaines de tués, des pagodes bouddhiques détruites, des dizaines de maisons effondrées. On commençait vendredi à mesurer l’ampleur des dégâts provoqués par le tremblement de terre qui a touché le nord-est de la Birmanie en début de soirée.

C’est la petite ville de Tarlay, la plus proche de l’épicentre, qui a été la plus touchée, tant au niveau du nombre de tués qu’à celui des dégâts matériels. La plupart des victimes ont été tuées dans l’effondrement de leur habitation. Des officiels birmans redoutent un bilan plus élevé, une fois les décombres dégagés.

La secousse initiale a été suivie par au moins six répliques. Elle a été fortement ressentie dans les provinces du nord de la Thaïlande. Les dégâts matériels sont légers. Les parois de plusieurs immeubles ont été craquelées par le choc et les flèches de deux pagodes sont tombées. Dans la ville frontalière de Mae Sai, une femme a été tuée lorsque le mur de sa maison s’est effondré.

Le séisme a aussi été ressenti par les résidents des immeubles élevés dans le sud-ouest de la Chine et dans la capitale vietnamienne Hanoi, à 600 kilomètres de l’épicentre, mais il n’a pas causé de dommages matériels.

  • L’épicentre du séisme, qui s’est produit à une profondeur d’une dizaine de kilomètres, a été localisé par l’Institut de géophysique américain (USGS) à 90 kilomètres au nord Chiang Rai (nord de la Thaïlande), en territoire birman. Mais il a été ressenti dans une très vaste zone, jusqu’à Hanoï, à l’extrême est de la péninsule, et dans la petite ville montagneuse de Dien Bien Phu, à 350 kilomètres de l’épicentre.
  • Bangkok, Naypyidaw, la capitale birmane située à plusieurs centaines de kilomètres plus au sud, Mandalay ainsi que Vientiane et des villes du Nord du Laos ont elles aussi tremblé.
  • En Chine enfin, le séisme a provoqué des fissures dans des bâtiments, les craintes de réplique poussant de nombreux habitants à passer la nuit dehors. Au total, quelque 6.000 personnes ont été affectées, selon le ministère chinois des Affaires civiles.

Le séisme est intervenu 13 jours après celui qui s’est produit au Japon mais Birmanie et Japon se trouvent sur des plaques tectoniques différentes et les deux séismes ne sont probablement pas liés.


mar 15 2011

Birmanie : des diplomates européens évoquent les sanctions avec Mme Suu Kyi

source: romandie.com

Une trentaine de diplomates européens ont débattu mardi de la possible levée des sanctions contre la junte birmane avec la célèbre opposante Aung San Suu Kyi et d’autres partis de l’opposition, première réunion du genre sur un sujet qui est loin de faire l’unanimité.

Quelque 25 diplomates de l’UE dont neuf ambassadeurs venus de Bangkok, ainsi que six diplomates en poste à Rangoun, ont participé à cette réunion, selon Khin Maung Swe, chef de la Force démocratique nationale (NDF), fondée par des dissidents du parti de Mme Suu Kyi.

Le Parti démocratique (PD) et trois formations représentant les minorités ethniques assistaient aussi au débat. “Nous avons surtout parlé de la levée des sanctions. Ils ont demandé si le gouvernement en tirerait profit”, a-t-il expliqué.

“Ils ne se sont pas mis d’accord sur quoi que ce soit, mais ils ont pris note. Ils avaient l’air d’y songer”.

La libération, une semaine après les élections de novembre dernier, de Mme Suu Kyi après sept ans de résidence surveillée a relancé le débat sur les sanctions imposées par les Etats-Unis et l’UE pour punir les violations des droits de l’Homme dans le pays asiatique.

Le parti de l’opposante, la Ligue nationale pour la Démocratie (LND, dissous), avait appelé en février à une discussion avec les Occidentaux sur le dossier, prenant clairement ses distances avec les appels en faveur de leur levée lancés par le reste de l’opposition et des pays voisins de la Birmanie.

Mardi, la LND a indiqué “ne pas avoir de détails” à communiquer sur la réunion.

Le sujet, manifestement, continue de diviser l’opposition, dont les analystes soulignent qu’elle est extrêmement divisée et sur les objectifs, et sur les moyens de les atteindre.

“Chacun est resté sur ses positions”, a relevé un diplomate, ajoutant que les discussions avaient aussi pour objectif de “créer des interactions” entre les protagonistes.

“Ils n’ont pas l’habitude de discuter entre eux et de négocier donc le dialogue n’est pas facile. Ce n’est pas dans leur culture”, a-t-il ajouté, considérant qu’il s’agissait “déjà d’une performance en soi” de les avoir réunis.

Le groupe d’analyses et de réflexion International Crisis Group (ICG) a récemment estimé que deux décennies de sanctions avaient échoué à impulser le moindre changement.

Les partisans des sanctions affirment qu’elles constituent la seule façon de faire pression sur les généraux, dans un pays qui compte 2.200 prisonniers politiques.

Mais leurs adversaires relèvent que plusieurs pays de la région, dont la Chine, l’Inde, la Thaïlande et la Corée du Sud, ont profité du vide laissé par les groupes occidentaux, ignorant les questions politiques et permettant aux militaires de continuer de s’enrichir.

Suite aux élections dénoncées par la communauté internationale, la junte a récemment convoqué des parlements nationaux et régionaux totalement contrôlés par les militaires.

Un nouveau gouvernement doit être nommé dans les semaines à venir, mais aucune réforme politique immédiate n’est attendue.


mar 14 2011

Zarganar, le Coluche birman, emprisonné jusqu’en 2033

source : lepost.fr

article : Pierre Martial

Le Coluche birman a été condamné en 2008 à 35 ans de prison.  Son crime: avoir apporté de la nourriture à des opposants au régime.

Zarganar, le Coluche birman, emprisonné jusqu'en 2033

Aung San Suu Kyi l’adorait. C’était un des acteurs et humoristes les plus connus de Birmanie. Il était réputé, à la fois pour ses sketchs à double sens qui n’épargnaient guère le gouvernement militaire, mais également pour son inlassable action humanitaire. 

Né en janvier 1961, Zarganar (de son vrai nom Thura), est né dans une famille d’écrivains et d’artistes et il prend, très jeune, le goût de la scène. Après de brèves études de dentiste, il se lance très vite dans le théâtre comique, le cinéma et les sketchs satiriques.

Se produisant un peu partout dans le pays et très présent à la télévision, il devient de plus en plus populaire et la junte militaire en prend ombrage, d’autant qu’il multiplie les actions humanitaires en dénonçant la situation économique catastrophique de son pays.


Il est arrêté une première fois en 1988 pour participation à des manifestations anti-gouvernementales et passe près de 5 années en prison.


Libéré en 1994, il lui est désormais interdit de se produire sur scène. Il se lance alors dans la production de films et anime un blog.


Le Coluche birman

Mais en mai 2006, à la suite d’une interview qu’il donne à la BBC sur la situation politique de la Birmanie, Zarganar est également interdit de toutes activités artistiques.


Il multiplie alors les actions humanitaires (lutte contre le SIDA, organisation d’aide humanitaire suite au cyclone Nargis, etc), et il est de nouveau interpellé, le 26 septembre 2007. On lui reproche d’avoir apporter de l’eau et de la nourriture à des moines boudhistes participant à ce que l’on a appelé la “révolution safran”.

Relaché, il est, une fois de plus, arrêté par la police spéciale le 4 juin 2008 et est condamné en novembre 2008 à 59 ans de prison, peine ramenée 3 mois plus tard à 35 ans ferme !


Zarganar est à la Birmanie, ce que Coluche était à la France: un humoriste qui n’avait pas sa langue dans sa poche et qui avait un coeur gros comme çà! 
Pour ses deux raisons, Zarganar croupit aujourd’hui en prison, comme 2200 autres prisonniers d’opinion.


Il a été transféré dans le Grand Nord, à Myitkyina, dans une des prisons les plus dures du pays. Et si une mobilisation internationale ne se met pas en place, il ne sortira pas avant 2033!

Plusieurs associations françaises se mobilisent pour lui venir en aide et populariser son cas, tels Amnesty international, le Collectif France Aung San Suu Kyi, Info-Birmanie, Reporters sans Frontières et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme. Et la chanteuse Fabell vient de sortir une chanson qui lui est tout spécialement consacrée.

C’est l’histoire d’un mec qui, hier encore, amusait tous les birmans. Mais dont le dernier sketch, écrit pour lui par les militaires, ne fait plus rire personne.

Pierre MARTIAL

www.aungsansuukyi.fr - site d’information et de soutien à Aung San Suu Kyi et aux démocrates birmans -


mar 11 2011

La dissidence sans peur d’Aung San Suu Kyi

source : tsrinfo.ch

Aung San Suu Kyi défend toujours la lutte par la non-violence. [Soe  Zeya Tun - Reuters]

Aung San Suu Kyi défend toujours la lutte par la non-violence. [Soe Zeya Tun - Reuters]
Elle est libre depuis quatre mois, mais reste attachée à la lutte pacifique contre la dictature de son pays, quel qu’en soit le prix à payer: la célèbre dissidente birmane Aung San Suu Kyi est sortie de sa troisième période d’assignation à résidence le 13 novembre dernier. Le correspondant de la RSR Rémy Favre a pu la rencontrer à Rangoon.

mar 8 2011

Le rapport accablant sur les 2028 prisonniers politiques birmans

source : lepost.fr - article Pierre Martial

Je sais, Olivier, tu as mis cet article dans ta revue de presse d’hier… mais on ne parlera jamais assez des prisonniers politiques birmans.

Les auteurs de ce rapport sont des jeunes, des syndicalistes et des moines birmans. Ils ont risqué leur liberté, et parfois leur vie, pour enquêter et publier clandestinement ce dossier noir des prisons birmanes. Ils nous appellent à l’aide.



 Le rapport accablant sur les 2028 prisonniers politiques birmans

Patiemment, discrètement et courageusement, jour après jour, mois après mois, les membres de 12 associations birmanes, réunissant des jeunes, des moines et des syndicalistes, ont préparé clandestinement ce rapport. Pour celà, ils ont enquêté auprès des familles de détenus, ils ont multiplié les recherches, ils ont recueilli des témoignages pour enfin “publier” ce rapport d’une vingtaine de pages. Traduit du birman à l’anglais par l’AAPP, l’Association d’Assistance aux Prisonniers Politiques birmans, ce document vient d’être rendu public par le Collectif France Aung San Suu Kyi.

Oui, Aung San Suu Kyi a bien été libéré le 13 novembre dernier et l’ensemble des démocrates birmans et tous ceux qui les soutiennent de par le monde en ont été immensément heureux. 
Mais, comme Aung San Suu Kyi l’a dit elle-même à la presse internationale, quelques heures à peine après sa libération: “Je ne peux pas me sentir libre, tant que d’autres sont encore détenus pour leurs seules opinions démocratiques“.


Des détenus maltraités, isolés, mal nourris et privés de soins médicaux

 Le rapport accablant sur les 2028 prisonniers politiques birmans

Selon les chiffres du rapport, les prisonniers d’opinion seraient actuellement au nombre de 2028 dont 175 femmes. On compterait parmi eux, 256 moines, 264 étudiants et 372 membres de la Ligue Nationale pour la démocratie, le Parti d’Aung San Suu Kyi. 

129 seraient en très mauvaise santé et non soignés. Et 142 détenus politiques seraient morts, l’an dernier, dans les prisons birmanes, victimes de malnutrition, de mauvais traitements ou faute de soins. 

Les peines auxquelles nombre d’entre eux ont été condamnés sont hallucinantes: Gen Hso Ten, leader du parti ethnique Shan a écoppé de 103 ans de détention, Bo Min Yu Ko, militant de l’ABFSU, représentant les syndicats étudiants de Birmanie, 104 ans! On se souvient également du cas de Zarganar, le Coluche birman, condamné en 2008 à 35 ans de prison! 

Les détenus sont systématiquement transférés vers des prisons très isolées où leurs familles ne peuvent venir leur rendre visite. 

Quant à leur alimentation, elle se résume le plus souvent à un riz de qualité très médiocre, d’un morceau de viande bouillie une fois par semaine et d’une soupe de haricots particulièrement liquide. 

Ne parlons pas de santé! Le plus souvent, il n’y a pas de médecin. Sur un total de 200.000 prisonniers (politiques et droits communs confondus), on compte un médecin pour 8000 prisonniers, selon Tate Naing, le secrétaire de l’Association d’Assistance aux Prisonniers birmans.


”La réconciliation nationale passe par la libération des prisonniers d’opinion”

 Le rapport accablant sur les 2028 prisonniers politiques birmans

“il est temps que le gouvernement suive la loi et respecte les droits de l’homme, écrivent les auteurs du rapport, sans quoi il ne pourra y avoir ni réconciliation nationale, ni levée des sanctions internationales contre la Birmanie.“ 

Et de lancer trois SOS. 

Le premier à la Croix Rouge Internationale afin qu’elle fasse tout son possible pour obtenir un accès aux prisons, ce qu’elle a dans presque dans tous les pays. 

Le second à Aung San Suu Kyi et à la LND auxquels ils adressent tous leurs remerciements pour leur action permanente tout en leur demandant de développer au maximum leur aide morale et matérielle. 

Et le troisième à toutes celles et tous ceux ceux qui soutiennent les démocrates birmans dans le monde entier afin qu’ils intensifient leurs actions de pression et qu’ils soient le plus efficacement “persuasifs” envers la communauté internationale. 

Ce dernier SOS, nous l’avons reçu cinq sur cinq. Avec notre coeur. Et nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir, inlassablement, pour ouvrir la porte des prisons birmanes aux 2028 femmes et hommes qui y sont aujourd’hui enfermés pour un seul crime: celui d’avoir voulu penser. 

Pierre MARTIAL - Président du Collectif France Aung San Suu Kyi


mar 7 2011

La Birmanie dit lutter contre l’opium

source : métro Montréal

La junte militaire qui gouverne la Birmanie affirme avoir détruit le sixième des champs de culture de pavot, dans le cadre d’une initiative de lutte à l’opium.

Le quotidien gouvernemental Myanma Ahlin a indiqué lundi que des centaines d’acres de champs de pavot ont été détruits pendant la seule dernière semaine de février, pour un total de quelque 15 000 acres éradiqués.

L’Afghanistan fournit plus de 90 pour cent du pavot mondial, l’ingrédient de base pour la production de drogues comme l’héroïne, avec quelque 300 000 acres cultivés chaque année, selon les Nations unies. La Birmanie arrive en deuxième place avec moins du tiers de cette superficie.

La culture de pavot en Birmanie a chuté de plus de 400 000 acres en 1996 à un peu plus de 50 000 acres en 2006, mais elle reprend graduellement du terrain depuis.

La junte militaire a promis d’éradiquer cette culture d’ici 2014. Lors d’opérations fortement médiatisées, elle a détruit plus de dix tonnes métriques de drogues illégales — ayant une valeur de 76 millions $ US — en quatre endroits différents l’an dernier.

Les États-Unis demeurent toutefois sceptiques quant à la volonté réelle de la junte d’éliminer cette activité. Le gouvernement américain affirme que la junte militaire birmane achète fréquemment la docilité de certains groupes ethniques, dont plusieurs disposent d’armées puissantes, en fermant les yeux sur leurs récoltes de pavot.