déc 30 2010

Birmanie : Aung San Suu Kyi rencontre d’ex-compagnons ayant fait sécession

source : leparisien

La célèbre opposante birmane a rencontré jeudi des dissidents de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), qui avaient créé un nouveau parti et dénoncé son boycott des élections de novembre, a indiqué l’un d’entre eux.
C’était la première fois que la lauréate du prix Nobel de la paix s’entretenait avec ses anciens compagnons de route depuis sa libération le 13 novembre.


Mais “c’était juste une rencontre d’ordre personnel. Nous n’avons pas parlé politique. Nous nous rencontrerons encore”, a déclaré Khin Maung Swe, un des trois responsables de la Force démocratique nationale (NDF) à avoir participé à cette rencontre d’environ une heure.
La semaine dernière, Khin Maung Swe avait indiqué que la NDF voulait expliquer ses choix à la lauréate du prix Nobel de la paix.
“Nous lui expliquerons que nous avons formé un nouveau parti pour la réconciliation nationale, étant donné que la voie de la confrontation est impossible pour aller vers la démocratie”, avait-il déclaré.
Lui et d’autres membres de la LND, parti avec lequel Mme Suu Kyi a mené tout son combat politique, l’avaient quitté pour créer la NDF et participer au premier scrutin dans le pays depuis 20 ans.
Ils s’opposaient au boycott du scrutin, qui a valu à la LND d’être dissous par le pouvoir. Ils ont remporté seulement 16 sièges lors de ces élections lors desquelles ils ont dénoncé des fraudes.
La “Dame” de Rangoun, isolée par sept années consécutives de privation de liberté, a été critiquée par de nombreux opposants et experts qui lui reprochent de n’avoir jamais su négocier avec la junte.
La LND avait remporté une écrasante victoire aux élections de 1990 sans jamais être autorisée à exercer le pouvoir.
Mme Suu Kyi, qui a été enfermée pendant 15 des 21 dernières années, a récemment indiqué qu’elle souhaitait rencontrer les responsables du Parti de la solidarité et du développement de l’Union (USDP), créé par les militaires pour le scrutin du 7 novembre, et qui a revendiqué une large victoire.


déc 29 2010

Thaïlande : 166 réfugiés birmans renvoyés

source : lefigaro

Les autorités thaïlandaises ont rapatrié de force en Birmanie 166 hommes, femmes et enfants qui fuyaient des combats dans leurs villages, a rapporté mardi le Haut Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) en adressant une réprimande à Bangkok. Cinquante femmes, 70 enfants et 46 hommes ont reçu l’ordre de quitter le site d’accueil de Wa Lay, dans la province de Tak, précise un communiqué du HCR.

Tout en reconnaissant à la Thaïlande le mérite d’accueillir des ressortissants birmans lorsqu’ont lieu des combats, le HCR souligne qu’ils ne doivent être renvoyés dans leur pays qu’avec leur accord et dans des conditions de sécurité appropriées. “Ils fuyaient des accrochages entre le gouvernement et des groupes ethniques rebelles dans le sud-est du Myanmar (Birmanie). Les personnes en fuite étaient des Karen”, a déclaré Babar Baloch, porte-parole du HCR, à Reuters à Genève.  Personne n’était joignable dans l’immédiat à la mission diplomatique thaïlandaise auprès de l’Onu à Genève.

La junte au pouvoir en Birmanie est accusée de longue date de persécuter les minorités ethniques du pays et de provoquer un exode incessant. Selon le HCR, quelque 150.000 réfugiés vivent dans des camps établis sur la frontière Thaïlande-Birmanie.  Depuis juin 2009, 3.000 au moins ont pénétré en Thaïlande alors que s’intensifiaient les combats dans la zone frontalière.  Le HCR a dit avoir déjà fait part de ses inquiétudes ces dernières semaines au gouvernement thaïlandais devant la manière expéditive dont certains réfugiés étaient renvoyés chez eux.


déc 27 2010

Ex-prisonniers politiques birmans en sursis

source : littleburma

Les ex-prisonniers politiques de Birmanie n’ont nulle part où aller. Tant que le gouvernement thaïlandais et le HCR refuseront de les reconnaître et de les protéger, les demandeurs d’asile birmans resteront des apatrides à l’avenir sans espoir. La plupart d’entre eux vivent dans les limbes, à Mae Sot (ville thaïlandaise frontalière de la Birmanie connue sous le nom de Petite Birmanie).

Un reportage d’Andrew (correspondant à Mae Sot de la Democratic Voice of Burma)

La libération de tous les prisonniers politiques de Birmanie est exigée par la communauté internationale alors qu’elle se désintéresse des ex-prisonniers politiques. Leur sort n’est guère enviable. L’un d’eux, à Mae Sot affirme :  « Nous avons Internet et du whisky, mais nous ne pouvons pas circuler librement. Même si nous pouvons avoir un téléphone portable et des cigarettes, nous sommes en situation illégale et nous risquons d’être arrêté par la police. Nous n’avons aucune chance de travailler pour gagner de quoi vivre et nous devons mendier notre pain quotidien à d’autres organisations. Nos enfants ne sont pas scolarisés de manière formelle. Nos droits d’être humain sont bafoués. »

Ils subissent également des tortures psychologiques dans la prison de Mae Sot, la première prison d’ex-prisonniers politiques. Ils ne bénéficient pas des soins dont ils ont besoin suite à leur détention dans les prisons birmanes et l’éducation de leurs enfants est précaire.

La Thaïlande et le HCR les incitent à s’installer dans les camps de réfugiés où ils font face à des situations très difficiles. Au sein des camps, les ex-prisonniers politiques, qui forment une minorité birmane au milieu des groupes ethniques bien plus nombreux comme les Karen et les Mon, sont victimes de discriminations. Il n’y a pas d’écoles en langue birmane et la plupart des acteurs de santé des camps parlent des langues ethniques et privilégient les membres de leur ethnie.

Mme Nwe Aye Aye, 60 ans, mère de Aye Min Soe, ex-détenu politique et journaliste du film Burma VJ, est décédé subitement en Mars 2010 en raison de l’inefficacité des soins de santé et de problème de langue. Alors qu’elle se mourrait, il fut impossible d’appeler une ambulance en raison d’incompréhensions linguistiques et de son identité birmane.

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Andrew dénonçant l’incarcération d’un prisonnier politique © James Mackay

Dans les camps, certains ex-prisonniers politique ont été accusés d’espionner pour le compte du gouvernement birman. Voilà pourquoi la plupart d’entre eux ont décidé de vivre, illégalement, en milieu urbain.

L’organisation thaïlandaise Jesyuit a publié un rapport sur les demandeurs d’asile birmans où il est mentionné : «  En Birmanie, où ils ont été persécutés, ils encourent de graves violations des droits humains s’ils y retournent. Du fait de l’absence de documents légaux, ils sont considérés par les autorités thaïlandaises comme des immigrants illégaux, donc susceptibles d’être arrêtés, détenus et reconduits à la frontière. Pour survivre, beaucoup d’entre eux travaillent illégalement, le plus souvent dans des conditions d’exploitation. Contrairement à ceux des camps, les réfugiés et les demandeurs d’asile qui vivent en zones urbaines ne bénéficient pas des services de base délivrés par les ONG. Beaucoup d’entre eux n’ont pas de logement adéquat. Leur alimentation est déficiente. Ils sont fréquemment arrêtés. Leur argent et leurs biens sont régulièrement confisqués.

La plus grande préoccupation concerne ceux qui n’ont pas eu accès à un processus d’enregistrement, qui n’ont aucune protection et qui sont sans espoir d’asile. Sans-papiers, non désirés et, pour beaucoup, invisibles, ces demandeurs d’asile birmans vivent en marge et dans les limbes.

Andrew.


déc 26 2010

Rendez-vous avec la Dame de Rangoon

source : parismatch

Rendez-vous avec la Dame  de Rangoon

Aung San Suu Kyi dans le bureaude sa maison du 54 University Avenue. Cette belle demeure coloniale est délabrée : elle a tenté de l’entretenir elle-même pendant ses longues années d’emprisonnement. | Photo Soe Zeya Tun/REUTERS

Paris Match. Qu’avez-vous fait ­depuis que vous avez été libérée ?
Aung San Suu Kyi. J’ai repris contact avec mes proches, puis avec le reste du monde. Cela explique que je ne trouve que difficilement des moments de calme, notamment pour lire. Avant, j’étais capable de rester des heures plongée dans un livre. Depuis ma libération, je n’ai pu consacrer que trois ou quatre heures à la lecture. Il va falloir que j’y remédie, et pas seulement parce que j’aime lire. Je pense qu’il est important de rester en prise avec les idées des autres, aussi bien à travers les livres qu’à travers les échanges avec les gens. Avant, ma vie était si calme… Maintenant, elle est chaotique ! C’est dur. Pas psychologiquement, bien sûr, mais physiquement. J’aimerais dormir une journée entière !

Quels sont les auteurs qui vous touchent ?
Il y en a beaucoup mais, parmi les auteurs français, j’aime particulièrement Victor Hugo à cause des “Misérables”. Parce que, dans son œuvre, il évoque ces révolutionnaires qui ne sont pas que des jeunes gens. Son héros, Jean Valjean, en était un dans un certain sens, et j’aime ça.

Qu’entendez-vous par “révolutionnaire” ?
Je n’ai pas besoin d’expliquer aux Français ce qu’est l’esprit révolutionnaire, ce sont eux qui l’ont inventé ! Ce que nous voulons, c’est que la Birmanie devienne libre. Ici, les gens ne sont pas libres parce que la pauvreté les maintient enchaînés, et d’autres ne le sont pas à cause de leurs idées. Mais la principale raison pour laquelle les gens ne sont pas libres ici, c’est parce que la loi n’y signifie rien. Les lois sont bien là, mais on ne sait jamais comment elles vont être mises en œuvre. Vivre dans un pays où la loi est appliquée correctement vous procure un sentiment de sécurité. Si vous tuez quelqu’un, vous êtes jugé et emprisonné. Mais nous, les membres de la LND, nous ne savons même pas pourquoi nous sommes arrêtés. Ici, nous ne sommes pas libres parce que la loi ne règne pas en maître.

Comment se passaient vos journées lorsque vous étiez recluse ?
Ma vie quotidienne était très organisée : je me levais tôt, vers 4 h 30, puis j’écoutais les programmes de la radio birmane, qui démarrent à 5 h 30, ainsi que ceux de Voice of America, Radio France international et Democratic Voice of Burma. Cela m’occupait durant trois heures environ. Ensuite, je prenais un bain et je faisais mes prières avant le petit déjeuner. Je passais le reste de la journée à lire et à faire des petits travaux d’entretien dans ma maison, qui est vieille et n’est plus en très bon état. Il y a toujours des choses à y faire. J’y effectuais notamment de petits travaux d’électricité. Pour les grosses pannes, je devais faire appel à quelqu’un. Mais je dois dire que je suis devenue assez compétente en ce qui concerne les petites réparations électriques !

Quels sont les principaux changements que vous avez perçus dans la société birmane ?
Le plus évident, c’est l’implication des jeunes. Ceux qui nous soutiennent semblent plus nombreux qu’il y a sept ans. Je pense que cela est dû à l’amélioration des communications, qui se sont énormément développées. Maintenant, tout le monde a un “téléphone à main” [portable], ils prennent des photos et, bien sûr, il y a Internet. Tout ce qui se passe ici se retrouve aussitôt sur Internet. Cette prolifération de l’information représente le plus gros changement, parceque les gens sont mieux informés sur la politique.

Un diplomate a déclaré que la LND était un parti “de vieux militants malades”. Qu’en dites-vous, et comptez-vous nouer des liens avec la jeune élite birmane ?
Bien sûr, c’est inévitable. Les gens disent toujours que les cadres du parti sont âgés, et il est évident que les jeunes doivent y avoir leur place. Cependant, on oublie une chose : à quel point nos “vieux leaders” ont travaillé dur et ont été loyaux en dépit de leur grand âge. Certains sont en très mauvaise santé, mais ils ont continué à faire ce qu’ils pouvaient, tout en encourageant les jeunes à prendre la parole et à s’impliquer. Dans un mouvement comme le nôtre, une fois que vous y êtes, c’est jusqu’à la victoire ou jusqu’à la mort. Vous ne le quittez pas. C’est ce que font nos anciens : ils continuent tout en protégeant les plus jeunes. Et, bien qu’ils soient en première ligne, cela n’empêche pas les jeunes de se faire régulièrement arrêter. Ceci est un de nos plus gros problèmes : les jeunes sont plus susceptibles d’être arrêtés que les anciens. Malgré cela, nous comprenons le besoin d’injecter du sang neuf dans notre parti, et c’est ce que nous faisons.

Quelle est aujourd’hui votre marge de manœuvre ?
Je pense que nous devons créer notre propre espace. Nous ne faisons rien d’inconsidéré ou d’irréfléchi, mais nous ne comptons pas rester passifs. Car, dans ce cas, nous n’aurions plus de raison d’être. Mais il n’y a aucune garantie que nous ne serons pas arrêtés : quoi que nous fassions, même si ça ne semble pas beaucoup, quand les autorités se sentent menacées, elles nous arrêtent. Donc, nous travaillons et mettons en œuvre notre politique sans garder perpétuellement un œil sur le fait que nous pouvons être arrêtés, sinon nous ne ferions rien.

Avez-vous un dialogue avec la junte, même par médias interposés ?
Ils écrivent parfois des articles sur nous dans la presse, et ce ne sont pas des compliments. Si vous cherchez les papiers où ils ont reconnu nos qualités, vous ne les compterez même pas sur les doigts d’une main. Ce n’est pas un “dialogue”, mais c’est au moins une réaction à ce que nous faisons, grâce à laquelle nous pouvons parier sur ce qu’ils pensent.

Vous avez déclaré que “ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur”. Pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie ?
Quand les gens ont le pouvoir, ils ne veulent pas le perdre. Cette peur de le perdre les corrompt. Cela les amène à des comportements injustes parce qu’ils se cramponnent au pouvoir. Et ceux qui sont soumis à ce pouvoir sont également corrompus par la peur. S’ils essaient de faire ce qu’ils estiment juste, ils peuvent être persécutés, emprisonnés. Cela signifie qu’ils sont corrompus : ils préféreront rester en sécurité et faire même ce qu’ils savent ne pas être juste. Dans notre société où le régimeest de nature autoritaire, je pense que la peur corrompt bien plus de gens que tout un tas de faits d’autre nature.

Pensez-vous qu’il faille maintenir les sanctions internationales contre la Birmanie ?
Nous devons réexaminer notre position sur cette question, regarder si les sanctions ont un véritable impact. Je pense qu’elles ont un impact politique, et qu’elles pourraient avoir aussi un impact commercial, mais des organisations internationales comme le FMI ont déclaré, dans un récent rapport, que les conséquences économiques de ces sanctions n’avaient qu’un effet minimum. Elles n’affectent pas vraiment la vie quotidienne des Birmans. Certains prétendent pourtant que des milliers de travailleurs auraient perdu leur travail… Nous devons nous pencher là-dessus. Ce n’est pas nous qui avons imposé ni même proposé les sanctions, mais nous les avons approuvées d’un point de vue politique.

Si la Birmanie devenait une terre de liberté, quel est le premier pays où vous iriez ?
J’irais en Norvège, car je l’ai promis. En 1991, quand j’étais dans une situation très difficile, après les élections que nous avions gagnées et après la répression que les militaires ont exercée à notre encontre, la Norvège a attiré sur nous l’attention internationale en m’attribuant le Nobel. Tout à coup, nous avons su que le monde ne nous oubliait pas, malgré l’arrestation ou l’exil de la plupart de nos militants. Pour cette raison, j’ai promis que le premier pays que je visiterais quand je le pourrais serait la Norvège. Mais j’adore Paris !

Quels souvenirs en gardez-vous ?
J’en ai beaucoup. J’ai souvent repensé à des crêpes à la crème de marron que j’avais mangées dans le quartier de Montparnasse. Je les avais achetées dans une petite baraque. J’étais jeune étudiante, je les avais mangées dans la rue, et je trouvais cela charmant. Je garde également de très bons souvenirs des Parisiens.

Regrettez-vous l’Europe ?
Mes amis me manquent et il y a de nombreux endroits que j’aime en Europe. Oxford, surtout, où vit ma famille ainsi que mon plus jeune fils, Kim. Souvent, j’aimerais y retourner.

Comment se sont passées les ­retrouvailles avec votre fils ?
Très agréablement. Je n’ai ressenti aucun décalage entre nous, alors que nous ne nous étions pas vus depuis dix ans.

Si vous aviez eu une autre vie, qu’aurait-elle été ?
L’un des plus beaux moments de mon existence, durant mon arrestation, c’est quand j’ai réalisé que je n’aurais vraiment pas voulu être quelqu’un d’autre. Pas parce que je me trouve merveilleuse, mais parce que chacun a ses propres problèmes. Je me suis dit qu’être quelqu’un d’autre ne serait pas mieux que d’être qui je suis. Comprendre
cela m’a donné de la force. Je suis préparée à faire face. Quels que soient mes problèmes, je ne les fuis pas. Dans tous les cas, je n’estime pas que j’ai tant souffert.

Cette année, le prix Nobel de la paix a été attribué à Liu Xiaobo, actuellement détenu en Chine. Quels conseils pourriez-vous lui donner ?
Je ne sais pas grand-chose de lui. J’en ai seulement entendu parler à la radio car, ces deux dernières années, mes lectures étaient censurées. Je ne me crois pas en position de conseiller qui que ce soit, mais je considère que chacun, où qu’il soit dans le monde, doit valoriser les droits de l’homme. Il ne faut pas travailler pour soi, mais pour l’ensemble du genre humain.

Quelle est la valeur la plus ­importante pour vous ?
La gentillesse. Elle a été très importante pour nous qui travaillons pour la démocratie en Birmanie. Nous en avons besoin. Il n’y a pas tant de gens gentils dans ce monde. Alors, quand nous en rencontrons, nous savons les apprécier. Point final



déc 23 2010

Les médias birmans à l’assaut de la censure (RSF)

source : thailande-fr.com

Ces dernières semaines, les journalistes birmans, basés à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ont couvert, dans des conditions difficiles, deux événements majeurs pour l’avenir de leur pays : les élections générales du 7 novembre 2010 et la libération d’Aung San Suu Kyi le 13 novembre.

Les autorités militaires ont envoyé des signaux contradictoires sur leurs intentions vis-à-vis de la liberté de la presse. Certes, le scrutin très peu démocratique a été marqué par la censure, des arrestations et des entraves, mais les journaux birmans ont pu donner la parole aux différents candidats en campagne. Les médias privés birmans et les correspondants étrangers ont été dans un premier temps autorisés à parler de la libération d’Aung San Suu Kyi. Jusqu’à ce qu’une dizaine de publications soient sanctionnées par le Bureau de la censure, et la surveillance des reporters étrangers renforcée.

Birmanie photo RSF

Reporters sans frontières, avec l’aide de son organisation partenaire Burma Media Association, a suivi le travail de la presse birmane et celui des reporters étrangers lors de ce mois de novembre historique. Un représentant de l’organisation s’est rendu sur place avant les élections pour évaluer la situation. Photo : Reporters sans frontières

Aujourd’hui, la junte militaire et les élus du nouveau Parlement ont le choix entre poursuivre une politique répressive ou engager un processus d’ouverture favorable aux libertés fondamentales. Les autorités birmanes doivent saisir l’occasion de répondre aux différents appels de ces Etats voisins et du secrétaire général de l’ASEAN en faveur d’une plus grande liberté d’expression.

La communauté internationale doit inciter les autorités à plus de tolérance, et soutenir les médias qui, à l’intérieur comme à l’extérieur, tentent de repousser les limites de la censure.

Reporters sans frontières, avec l’aide de son organisation partenaire Burma Media Association, a suivi le travail de la presse birmane et celui des reporters étrangers lors de ce mois de novembre historique. Un représentant de l’organisation s’est rendu sur place avant les élections pour évaluer la situation. Malgré la censure, la surveillance et les entraves, les médias birmans ont réussi à offrir à leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs une variété d’informations et d’analyses sans précédent depuis les élections de 1990. L’organisation a également voulu en savoir plus sur l’impact en Birmanie des médias dits exilés, notamment la Democratic Voice of Burma. Un sondage et une enquête, récemment menés dans le pays, confirment la très grande popularité des radios et des chaînes de télévision qui informent en birman depuis l’étranger. Plus de 2950 personnes de huit provinces différentes ont été interrogées sur leurs habitudes en matière d’information.

Les principaux enseignements de ce sondage sont encourageants. Ils démontrent qu’il est important que la communauté internationale continue à soutenir les médias birmans basés à l’étranger.

  1. Les Birmans, gros consommateurs de médias

Le sondage confirme avec force que les Birmans, notamment en zones urbaines, sont de gros consommateurs de médias. Le pourcentage d’interviewés qui lisent la presse écrite (36%) est élevé pour un pays en développement. De même, les médias officiels, notamment audiovisuels, et malgré leur piètre qualité, sont bien suivis. Ainsi, la chaîne la plus officielle MRTV est suivie ‘chaque jour’ ou ‘souvent’ par une majorité des sondés. Sur les 2 950 interviewés, 2 188 regardent donc fréquemment la télévision d’Etat. Ses résultats se retrouvent pour Myawaddy TV et MRTV 4, respectivement la chaîne de l’armée et celle dédiée à un public international.

  1. Les radios internationales, sources incontournables d’informations

66,5% des personnes interrogées écoutent ‘chaque jour’ ou ‘souvent’ une radio internationale, ce qui confirme que la BBC, VOA, RFA et DVB jouent un rôle fondamental dans l’accès de la population birmane à l’information. Certes, Internet fournit aujourd’hui une nouvelle fenêtre vers l’étranger et un nouvel espace d’expression, notamment avec l’explosion de la jeune blogosphère birmane. La radio reste néanmoins fortement enracinée et très populaire.

  1. La télévision satellitaire s’impose dans le paysage médiatique

66% des sondés (sur l’échantillon de 2 950 personnes) est le pourcentage de sondés qui regardent DVB TV ‘chaque jour’ ou ‘souvent’, ce qui traduit la bonne pénétration de la chaîne. Seuls 351 ne l’ont jamais regardée, et 528 (20,2%) ne la regardent que rarement. De fait, la DVB TV est pratiquement aussi regardée que les chaînes hertziennes nationales financées par l’Etat. Le satellite s’est imposé comme un vecteur stratégique et incontournable d’informations. Même si la vente de paraboles est officiellement interdite, les vendeurs clandestins sont nombreux, et les autorités semblent fermer les yeux. Il est maintenant clair que la chaîne DVB TV s’est imposée comme un média leader. Son contenu et son style sont appréciés. La chaîne est implantée dans tout le pays. Par ailleurs, les médias internationaux plébiscitent le professionnalisme de la DVB et reposent sur son réseau pour couvrir la situation en Birmanie.

Le renforcement des capacités des médias birmans basés à l’étranger, comme la DVB TV qui a réussi à diffuser des programmes électoraux en direct, est concomitant de celui des médias en Birmanie. Plusieurs groupes de presse privés renforcent leurs activités, notamment sur Internet, améliorent la forme et le fond de leurs publications, et repoussent les limites de la censure. Ainsi les groupes Myanmar Times ou Eleven Media Group ont débloqué de nouveaux moyens pour la couverture des élections.

Lire l’intégralité du rapport : http://fr.rsf.org/birmanie-rapport-birmanie-elections-aung-san-suu-kyi-22-12-2010,39120.html


déc 21 2010

Dans la lumière : premières photos du nouveau film de Luc Besson !

source : cinemovies .fr

bluffant !

Tourné récemment dans le plus grand secret en Thaïlande, Dans la lumière (The Lady) se dévoile aujourd’hui avec les toutes premières photos du film relatant la vie et le combat de Aung San Suu Kyi
Dans la lumière : premières photos du nouveau film de Luc Besson !

C’est Michelle Yeoh qui campe le rôle de Aung San Suu Kyi, l’opposante birmane prix Nobel de la paix en 1991 et symbole de la résistance démocratique à la dictature militaire sévissant dans son pays depuis 1988. Elle fut récemment libérée de la résidence surveillée où elle a été cloîtrée plus de 15 années au total. Dans la lumière devrait débuter son histoire en 1988, l’année où elle revint en Birmanie au chevet de sa mère malade, et devrait se terminer en 1999, l’année du décès de son mari.

David Thewlis fait également partie du casting. Il incarnera le Dr. Michael Aris, l’époux de Aung San Suu Kyi.

Dans la lumière est le 13ème long métrage de fiction de Luc Besson. Ce n’est pas la première fois que ce sujet est abordé au cinéma. Il le fut par John Boorman dans Rangoon (1995).

Aucune date de sortie n’est encore annoncée. Profitez pour l’instant des premières photos du film…

Dans La Lumière sur CineMovies.fr

Dans La Lumière sur CineMovies.fr

Dans La Lumière sur CineMovies.fr

Dans La Lumière sur CineMovies.fr


déc 17 2010

Birmanie : Aung San Suu Kyi exclut de réformer son parti historique

source : AFP

Aung San Suu Kyi dans les locaux de son parti, à Rangoun, le 17 décembre 2010

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi a exclu vendredi, dans un entretien avec l’AFP, de renouveler la direction de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), composée en majorité d’octogénaires et dépourvue de représentants des jeunes générations.

Cinq semaines après sa libération, intervenue après de premières élections dans le pays depuis vingt ans, la lauréate du prix Nobel de la paix a écarté une réforme profonde de l’organisation avec laquelle elle est entrée en politique, mais qui a été cette année dissoute par la junte en tant que parti.

“Nous n’allons pas réorganiser le Comité central exécutif (CEC) ou quoique ce soit d’autres”, a-t-elle déclaré, préférant une prise de responsabilité progressive de jeunes cadres pour remplacer ses compagnons de route, dont beaucoup sont octogénaires ou nonagénaires.

Certains analystes avaient spéculé que la dissidente tenterait d’apporter du sang neuf, au moment de reprendre contact avec un pays dont elle a été coupée pendant 15 des 21 dernières années.

“Bien sûr, nous devons les remplacer par des gens plus jeunes. (Mais) nous n’allons pas demander à nos vieux dirigeants de partir parce qu’ils veulent servir aussi longtemps qu’ils en ont la force”, a-t-elle ajouté.

“C’est une attitude très noble”.

L’opposante a été libérée le 13 novembre, après plus de sept ans consécutifs en résidence surveillée. La Ligue avait remporté les élections de 1990 mais n’a jamais été autorisée à exercer le pouvoir. Elle a choisi de boycotter le scrutin du 7 novembre et a été dissoute.

Mais ce choix a été vivement contesté, provoquant une scission de la Ligue avec la création de la Force démocratique nationale (NDF) et enfonçant le coin dans une opposition déjà très divisée.

En 2008, une note diplomatique américaine révélée par le site WikiLeaks décrivait un mouvement pro-démocratie “frustré par la direction sclérosée des vieux +oncles+ de la LND+”.

“Le parti est strictement hiérarchique, les nouvelles idées des jeunes ne sont ni sollicitées ni encouragées, et les +oncles+ expulsent régulièrement les membres jugés trop actifs”.

Deux ans plus tard, l’opposition est à genou et le régime militaire est plus solide que jamais, après des élections critiquées en Occident mais jugées réussies par le régime lui-même.

Les partis d’opposition qui ont participé au scrutin n’ont remporté qu’une poignée de sièges. Et aucune stratégie commune n’unit les partis pro-démocratie avec les mouvements représentant les minorités ethniques.

“Il est vrai que nous ne sommes pas unis de façon générale. Mais c’est normal et naturel”, a estimé Aung San Suu Kyi.

“Il y a beaucoup de gens qui travaillent pour le même objectif”, a-t-elle ajouté. “Donc nous devons essayer de parvenir à la plus grande unité possible. Mais je ne pense pas que nous devions nous décourager si cette unité n’est pas réussie”.

La “Dame” poursuit le combat en justice pour contester la dissolution de la LND et n’entend en aucun cas fonder un autre parti.

“La survie du parti, son efficacité dépend principalement du soutien du peuple. Tant que nous avons le soutien du peuple, nous continuerons à survivre”, a-t-elle assuré.

Interrogée sur sa possible intervention auprès des pays occidentaux pour faire lever les sanctions occidentales, elle a assuré ne pas utiliser le dossier comme un levier de négociations avec le pouvoir.

“Je ne considère pas les sanctions comme une monnaie d’échange mais comme une façon d’améliorer la situation”, a-t-elle dit.

La junte n’a, de toutes façons, ouvert la porte à aucune forme de discussions avec l’opposante.

Mais celle-ci a réitéré être prête au dialogue, y compris avec le Parti de la solidarité et du développement de l’Union (USDP), créé par la junte pour les élections et qui a revendiqué une large victoire.

“Je ne les ai pas rencontrés. Pas parce que je ne veux pas. Mais parce que je ne suis pas sûre qu’ils veuillent me voir”, a-t-elle indiqué.


déc 15 2010

Résultats d’un simulacre

source : bloglemonde

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Ces deux documents présentent l’intégralité des résultats des « élections » qui se sont déroulées en Birmanie le 7 novembre 2010.

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Pour éclairer ces chiffres, la lecture de Junte birmane cherche habits civils écrit par Renaud Egreteau dans les colonnes du Monde Diplomatique  de décembre 2010 est vivement conseillée.

Extrait : “Le problème de la Birmanie n’est donc pas de savoir comment promptement remplacer une dictature militaire par une démocratie accomplie, fût-elle portée par une Prix Nobel de la paix si populaire. Il est plutôt d’appréhender la façon dont la domination de l’armée va évoluer, passant d’un système de pouvoir - dit « prétorien » - direct et absolu à une forme de « prétorianisme » plus indirect, acceptant peu à peu la contestation de l’omnipotence militaire.


déc 14 2010

Birmanie : un expert de l’ONU veut la libération des prisonniers politiques

source : La Tribune de Genève

Le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme en Birmanie, Tomas Ojea Quintana, a appelé lundi la junte au pouvoir à libérer les plus de 2.200 prisonniers politiques encore détenus un mois après la libération du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.

“J’appelle le gouvernement de Birmanie a libérer tous les prisonniers politiques, estimés actuellement à 2.202, dont beaucoup connaissent de graves problèmes de santé en raison de la dureté des conditions de leur détention”, dit M. Quintana dans une déclaration écrite.

L’expert, mandaté par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, déplore ainsi avoir appris, le 8 décembre, “avec beaucoup de tristesse”, la mort d’un moine bouddhiste de 50 ans emprisonné pour ses opinions dissidentes.

“Il s’agit du 145e prisonnier politique à décéder en prison depuis 1988″, souligne-t-il, précisant que ce moine avait été condamné à 20 ans d’emprisonnement le 9 septembre 1999 pour avoir distribué des tracts sur une manifestation en faveur de la démocratie.

M. Quintana se dit également “profondément préoccupé” par des informations alléguant que plusieurs prisonniers incarcérés dans le bloc 4 de la prison d’Insein à Rangoun “semblent souffrir de maladies liées à la malnutrition et de tuberculose”.

Aung San Suu Kyi a été libérée le 13 novembre après sept ans d’assignation à résidence et moins d’une semaine après les premières élections en 20 ans en Birmanie, dénoncées comme une mascarade par l’Occident et l’opposition.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi a été dissoute après avoir boycotté les élections et dénoncé des règles électorales qui ont été selon elle édictées pour l’empêcher d’y participer.


déc 12 2010

Dialogue avec la junte : Aung San Suu Kyi sera “patiente”

source : lefigaro

La dirigeante de l’opposition Aung San Suu Kyi, a promis de faire preuve de “persévérance” dans la recherche d’un dialogue avec la junte militaire au pouvoir en Birmanie après les élections controversées du 7 novembre qui ont permis à cette dernière de se maintenir au pouvoir.

“Je pense que la crédibilité du gouvernement ne dépend pas des chiffres. Elle dépend de la volonté du peuple. Elle dépend du véritable soutien du peuple”, a déclaré l’opposante dans une interview récente à la chaîne de télévision publique japonaise NHK diffusée dimanche. “Et il faut déterminer dans quelle mesure ce (soutien) est authentique”, a estimé Mme Suu Kyi, qui a été libérée le 13 novembre après avoir passé sept ans de résidence surveillée.

“Quelle que soit mon influence, si j’ai de l’influence sur le peuple, je l’utiliserai pour la réconciliation nationale”, a ajouté l’opposante, prix Nobel de la paix 1991. “La junte n’a jamais été très encline au dialogue, mais nous devons persévérer”, a-t-elle souligné, faisant remarquer qu’elle n’était libre que depuis un mois, ce qui “n’est pas beaucoup”. “Et cette persévérance, nous en sommes capables”, a-t-elle assuré.

La junte avait revendiqué une victoire écrasante au scrutin du 7 novembre, qui avait été unanimement critiqué comme non conforme aux règles démocratiques par la communauté internationale. La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi a été dissoute après avoir boycotté les élections et dénoncé des règles électorales qui ont été selon elle édictées pour l’empêcher d’y participer.