nov 27 2010

L’émissaire de Ban Ki-moon rencontre Aung San Suu Kyi

source : nouvelobs

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi a rencontré samedi Vijay Nambiar, l’émissaire spécial du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon en Birmanie.

La prix Nobel de la paix, qui a retrouvé la liberté le 13 novembre après sept années d’affilée d’assignation à résidence, s’est entretenue pendant plus d’une heure après l’émissaire onusien. Ce dernier comptait également avoir des entretiens avec des responsables de la junte militaire au pouvoir lors de sa visite ce week-end.

Devant la presse à sa résidence, Aung San Suu Kyi a parlé d’entretiens “très précieux”. “Mais une rencontre ne suffit pas. J’espère que c’est la première de nombreuses rencontres. Je pense que nous devrions avoir besoin de rencontres nombreuses et fréquentes pour régler tous les problèmes auxquels nous faisons face”, a-t-elle souligné.

Depuis sa libération, l’opposante birmane a eu plusieurs entretiens avec des diplomates, responsables politiques et d’agences internationales. Elle a clairement marqué sa volonté de poursuivre sa lutte pour la démocratie en Birmanie, tout en se gardant de défier verbalement la junte.


nov 26 2010

Birmanie : un responsable de l’ONU va rencontrer des dirigeants et Aung San Suu Kyi, selon des diplomates

source : nouvelobs

Un haut responsable des Nations unies se rendra en Birmanie ce week-end pour rencontrer des dirigeants de la junte et l’opposante Aung San Suu Kyi, symbole de la lutte pour la démocratie, récemment libérée, ont déclaré vendredi des diplomates.

Vijay Nambiar, chef de cabinet du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, vient probablement pour prendre la “température” en Birmanie après les élections du 7 novembre -les premières depuis vingt ans- et la libération, six jours plus tard, d’Aung San Suu Kyi, en détention ou en résidence surveillée pendant plus de 15 des 21 dernières années, a précisé un diplomate sous couvert de l’anonymat.

M. Nambiar doit arriver samedi à Rangoon, la principale ville du pays, a-t-on appris de même source.

Depuis sa libération, Aung San Suu Kyi a eu un emploi du temps chargé, rencontrant des diplomates, des représentants de l’ONU, d’agences internationales et des personnalités politiques.

L’opposante âgée de 65 ans a affiché sa détermination à poursuivre sa lutte pour une Birmanie démocratique, mais a pris soin de ne pas contester verbalement la junte.

Les généraux au pouvoir et la lauréate du prix Nobel de la paix n’ont eu aucun contact depuis qu’Aung San Suu Kyi est libre. L’icône de la lutte pour la démocratie a appelé à des discussions de réconciliation avec le chef de la junte, le général Than Shwe.


nov 25 2010

Birmanie : nouvel appel d’Aung San Suu Kyi contre la dissolution de son parti

source : AFP

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi en prière à la pagode, le 24 novembre 2010 à Rangoun

La dissidente birmane Aung San Suu Kyi va déposer un troisième recours judiciaire contre la dissolution de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti avec lequel elle a mené tout son combat politique, a indiqué jeudi son avocat.

La LND a été dissoute en mai après avoir annoncé son boycott des élections du 7 novembre, les premières depuis 20 ans. Le parti avait refusé de se prêter aux nouvelles règles électorales de la junte en les interprétant comme destinées à exclure sa figure de proue et secrétaire générale.

Dans un pays où la justice est totalement inféodée au pouvoir exécutif, ses recours ont déjà été rejetés deux fois, dont la dernière lundi, lorsque la cour suprême a refusé d’examiner l’affaire.

La lauréate du prix Nobel de la paix “a dit qu’elle continuerait le processus judiciaire jusqu’à son terme”, a indiqué à l’AFP son avocat, Nyan Win. “Nous allons déposer un appel spécial auprès de la cour suprême de Naypyidaw pour que l’affaire soit entendue”.

Les appels déposés par l’opposante contre sa dernière condamnation à la résidence surveillée, prononcée en août 2009, ont également été rejetés, sans empêcher la “Dame” de Rangoun d’en déposer un nouveau à chaque fois.

Mme Suu Kyi, qui a passé près de 15 des 21 dernières années assignée à résidence, a finalement été libérée le 13 novembre, à l’expiration de sa dernière condamnation.

La LND avait été co-fondée par l’opposante en 1988, après un soulèvement populaire contre la junte dont la répression avait fait des milliers de morts. Elle avait largement remporté les élections de 1990, sans être autorisée à exercer le pouvoir.



nov 24 2010

Inde/junte: Aung San Suu Kyi “attristée”

source : lefigaro

La dissidente birmane récemment libérée Aung San Suu Kyi se dit “attristée” par les relations que l’Inde a entretenues avec la junte birmane pendant ses années de détention, demandant que New Delhi s’engage auprès de son parti, dans un entretien aujourd’hui à un quotidien indien.

“Je suis attristée par l’Inde. J’aurais aimé penser que l’Inde se serait tenue derrière nous. Cela aurait été dans la lignée du Mahatma Gandhi et Jawarharlal Nehru”, regrette la célèbre figure de l’opposition dans un entretien téléphonique avec le quotidien The Indian Express.

Cofondatrice du parti de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), la dissidente, 65 ans, a été libérée le 13 novembre après plus de sept ans de résidence surveillée. “Nous voudrions que l’Inde travaille en étroite collaboration avec nous, avec mon parti”, ajoute-t-elle. “Je ne m’oppose pas aux relations avec les généraux mais j’espère que le gouvernement indien discutera aussi avec nous. Je voudrais que les discussions commencent immédiatement”, plaide-t-elle.

Auparavant fervente partisane de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, l’Inde a commencé à se rapprocher de la junte au milieu des années 90 lorsque les priorités énergétiques et stratégiques l’ont emporté sur les préoccupations en matière de démocratie et de respect des droits de l’Homme.

L’Inde cherche à concurrencer dans la région son principal rival économique, la Chine, partenaire commercial et investisseur clé pour la junte. L’Inde est le quatrième partenaire commercial de la Birmanie, derrière la Thaïlande, la Chine et Singapour.

En juillet dernier, le chef de la junte birmane avait été accueilli avec les honneurs lors d’une visite officielle à New Delhi, suscitant les critiques des associations des droits de l’Homme. Lors de sa visite en Inde début novembre, le président américain Barack Obama a critiqué le silence de New Delhi concernant la situation des droits de l’Homme en Birmanie.

“Quand des mouvements démocratiques pacifiques sont supprimés, comme en Birmanie, alors les démocraties du monde ne peuvent rester silencieuses”, avait-il lancé lors d’un discours devant le parlement.


nov 20 2010

L’armée a un rôle à jouer en Birmanie, estime Aung San Suu Kyi

source : Reuters  par Jason Szep,

Aung san suu kyi estime que l'armée à un rôle à jouer

© Reuters

Dans un entretien accordé à Reuters, Aung San Suu Kyi se dit disposée à travailler avec la junte militaire birmane qui l’a privée de sa liberté pendant 15 ans avant de la libérer il y a une semaine. /Photo prise le 19 novembre 2010/REUTERS/Soe Zeya Tun

Dans un entretien accordé à Reuters, Aung San Suu Kyi se dit disposée à travailler avec la junte militaire birmane qui l’a privée de sa liberté pendant 15 ans avant de la libérer il y a une semaine.
Par ces propos, la lauréate du prix Nobel de la paix 1991, âgée de 65 ans, signe sa volonté et son intention d’inciter la junte à s’engager dans la voie démocratique.
“Nous n’écartons pas le fait de coopérer avec l’armée”, dit-elle au téléphone. “Mais nous devons en parler, voir comment nous pouvons obtenir une transition en douceur et en combien d’étapes. Nous ne disons pas que nous voulons plus d’armée maintenant.”
Confirmant sa volonté de revenir à la politique, l’icône de l’opposition birmane se présente comme un responsable politique avant tout.
“Je suis une femme politique”, a-t-elle dit. “Les gens ont choisi de m’appeler de multiples façons. Je travaille en politique, donc je suis un responsable politique.”
De sa villa de Rangoun où elle a été assignée jusqu’à récemment à résidence pendant sept ans, elle se dit “trop occupée” pour s’inquiéter de sa sécurité et prévoit de voyager de nouveau dans les campagnes pour rencontrer ses partisans.
Un tel déplacement serait le premier depuis mai 2003 quand son véhicule était tombé dans un guet-apens tendu par des voyous à la solde du régime militaire à Depayin. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, 70 membres de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avaient été tués dans cette attaque.
Assignée à résidence, la fille du général Aung San, héros de l’indépendance birmane, a passé 15 ans des 21 dernières années privée de liberté.
“COPINAGE RAMPANT”
Libérée la semaine dernière, elle plaide en faveur d’un rôle de l’armée “honorable” après près d’un demi-siècle de régime militaire mais estime qu’elle ne sera pas capable, seule, de ramener les généraux à la table des négociations.
Elle dénonce par ailleurs “le copinage rampant” en Birmanie, véritable fléau dans un pays qui était il y a 50 ans l’un des plus riches d’Asie du Sud-Est et dont les 50 millions d’habitants vivent aujourd’hui dans la misère quand la junte dépense sans compter.
“Le copinage renaît. Le copinage entraîne davantage de copinage”, a-t-elle estimé.
Elle n’est toutefois pas allée jusqu’à rejeter la nouvelle stratégie politique ébauchée par la junte après les élections législatives du 7 novembre, les premières en 20 ans, considérées comme un simulacre de processus démocratique par les capitales occidentales.
Le résultat des précédentes élections, remportées par la LND en 1990, n’avait pas été reconnu par la junte.
“Nous ne parlons pas de soutien ou de rejet”, indique-t-elle, tout en se disant prête à appuyer le projet “s’il va dans la bonne direction, celle souhaitée par le peuple”.
La commission de la LND chargée de faire la lumière sur les fraudes électorales devrait rendre son rapport dans “quelques semaines”.
L’opposante a, par ailleurs, appelé à la tenue de négociations pour éviter un affrontement entre l’armée et les groupes séparatistes ethniques qui ont refusé de déposer les armes et de participer au processus politique.
Elle s’est dite prête à jouer le rôle de médiatrice dans ces discussions tout en estimant qu’il y avait peu de chance que la junte accepte.
“Les Birmans veulent le changement. Ils ne pensent pas que les choses peuvent continuer comme ça”, a-t-elle conclu.
Marine Pennetier pour le service français


nov 19 2010

Birmanie : Ban Ki-moon et Aung San Suu Kyi demandent la libération des opposants

source : AFP

La dissidente birmane Aung San Suu Kyi à Rangoun, le 17 novembre 2010

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a parlé jeudi par téléphone à la dissidente birmane Aung San Suu Kyi, a indiqué un porte-parole onusien, précisant que les deux personnalités avaient appelé à libérer les prisonniers politiques birmans.

Le secrétaire général et Aung San Suu Kyi, libérée samedi après sept ans d’assignation à résidence, “ont tous les deux souligné la nécessité pour les autorités birmanes de libérer tous les prisonniers politiques” de manière à ce que le pays puisse “avancer sur les projets de réconciliation nationale et de transition démocratique”, a déclaré le porte-parole.

M. Ban Ki-moon “a dit à Aung San Suu Kyi qu’il était encouragé par l’esprit de réconciliation venant de ses déclarations et de ses appels au dialogue”, depuis sa libération, lors de cette conversation téléphonique qui semble être la première de Mme Suu Kyi avec un responsable étranger depuis sa libération.

Le secrétaire général a réitéré l’engagement des Nations unies de “continuer à soutenir la cause des droits de l’homme et tous les efforts du gouvernement, d’Aung San Suu Kyi et des autres parties pour construire un avenir d’unité, de paix et de démocratie” pour leur pays, selon le porte-parole.

Mme Suu Kyi a appelé M. Ban à se rendre prochainement en Birmanie. Elle a également suggéré “une rencontre prochaine” entre elle et le chef du bureau de l’ONU à Rangoon.

Le secrétaire général a réitéré l’engagement des Nations unies de “continuer à soutenir la cause des droits de l’homme et tous les efforts du gouvernement, d’Aung San Suu Kyi et des autres parties pour construire un avenir d’unité, de paix et de démocratie” pour leur pays, selon le porte-parole.

M. Ban “a dit qu’il continuerait à encourager toutes les parties à saisir la chance de travailler ensemble dans l’intérêt national par l’intermédiaire du dialogue”.

M. Ban Ki-moon a exprimé “son admiration pour le courage et la diginité d’Aung San Suu Kyi, une source d’inspiration pour des millions de gens dans le monde entier”.

La “Dame de Rangoon” a exprimé son appréciation du rôle des Nations unies en Birmanie et a souligné l’importance de ce rôle dans les circonstances actuelles”.

La prix Nobel de la paix a récemment déclaré à des diplomates à Rangoon qu’elle désirait concentrer son action sur les prisonniers politiques et n’a pas demandé la levée des sanctions contre la junte.

Aung San Suu Kyi a été libérée de son assignation à résidence le 13 novembre et sa libération n’a semble-t-il été assortie d’aucune condition.

D’autre part, la troisième commission des droits de l’homme de l’Assemblée générale de l’ONU a sévèrement critiqué la Birmanie pour son bilan dans une résolution, soulignant qu’il était la source “d’inquiétudes les plus graves”.

La résolution “exprime sa grave inquiétude à propos de la poursuite de la pratique des détentions arbitraires, des disparitions, des viols et des autres formes de violence sexuelle, de la torture, des traitements et punitions cruelles, inhumaines ou dégradantes”.


nov 18 2010

Aung San Suu Kyi ne voit aucun signe d’assouplissement de la junte birmane

source : nouvelobs

Et à vrai dire… nous non plus ! Et on se demande tous qu’est ce qu’ils pensent, quelle est leur stratégie et qu’est ce qu’ils vont nous sortir de leur chapeau vert ??

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi a souligné jeudi que la récente levée de son assignation à résidence ne traduisait pas un assouplissement du régime de la junte birmane.

Aung San Suu Kyi a qualifié dans un entretien à l’Associated Press sa détention d’illégale et estimé qu’elle avait été relâchée simplement en raison de l’expiration du délai légal pour son assignation à résidence. “Je ne vois pas d’autres raisons”, dit-elle, en réaffirmant sa détermination à poursuivre son combat pour les droits de l’homme et l’état de droit en Birmanie.

La libération d’Aung San Suu Kyi est intervenue le 13 novembre, un peu moins d’une semaine après les premières élections organisées dans le pays depuis 20 ans. Ce scrutin contesté et verrouillé par la junte a été marqué par l’annonce de la victoire écrasante au Parti de la solidarité et du développement de l’Union (USDP, pro-junte).

Lors des précédentes élections, en 1990, Aung San Suu Kyi avait conduit la LND à une éclatante victoire. Mais la junte avait ignoré le résultat du vote.

L’assignation à résidence à laquelle l’opposante était soumise avait débuté en mai 2003, après que le véhicule d’Aung San Suu Kyi avait été pris dans une embuscade dans le nord de la Birmanie par une foule manipulée par le gouvernement. Sa détention, qui devait se terminer en mai 2009, avait été prolongée sur décision de justice. “Je n’aurais jamais dû être détenue”, souligne la lauréate du prix Nobel de la paix 1991.

Depuis sa libération samedi, “je n’ai eu au aucun signe de la junte (…) ils n’ont fait aucun geste pour nous faire savoir ce qu’ils pensent de la situation”. Exprimant son souhait de “travailler avec toutes les forces démocratiques”, elle a demandé dimanche la tenue d’entretiens en face-à-face avec le chef de la junte au pouvoir et a appelé ses partisans à œuvrer en faveur de la réconciliation nationale.

Lors d’un autre entretien, diffusé sur Radio France Internationale, Aung San Suu Kyi a confié qu’elle n’avait pas l’intention pour l’instant de voyager à l’étranger, de crainte de ne pouvoir regagner ensuite la Birmanie. Pour le reste, “jusqu’ici, j’ai pu faire tout ce dont j’avais envie”, a-t-elle dit. “Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Donc j’ai intérêt à en tirer le meilleur parti”.


nov 17 2010

La Chine se dit confiante dans le processus de paix en Birmanie

source : lexpress.fr

Du bout des lèvres…

La Chine est confiante dans la poursuite du processus de paix et de réconciliation en Birmanie, a déclaré mardi son ministère des Affaires étrangères, réagissant pour la première fois à la libération de l’opposante Aung San Suu Kyi au cours du week-end.

Nous espérons et sommes convaincus que le Myanmar (nom officiel de la Birmanie) continuera de mettre en oeuvre sa feuille de route en sept points, et maintiendra la paix et la stabilité, en favorisant la réconciliation ethnique et le développement économique et social“, a déclaré le porte-parole du ministère Hong Lei.

Il a refusé de répondre à d’autres questions concernant la lauréate du prix Nobel de la paix 1991, y compris lorsqu’on lui demandait si la Chine encourageait un dialogue entre l’opposante et la junte au pouvoir.

La Chine est le principal allié des généraux birmans, au pouvoir depuis 1962. La junte a mis au point une feuille de route qui doit assurer selon elle la transition vers un régime civil et a culminé le 7 novembre avec les premières élections législatives organisées dans le pays depuis vingt ans. Les pays occidentaux considèrent le scrutin comme une mascarade destinée à renforcer en sous-main les militaires.

Pékin tient à la stabilité de son voisin birman, en particulier le long de la frontière commune entre les deux pays. Des accrochages entre trafiquants de drogue, armées rebelles et troupes gouvernementales birmanes ont parfois débordé en territoire chinois.

En dépit des relations étroites qu’elle entretient avec les militaires au pouvoir, la Chine a gardé contact avec l’opposition.

Aung San Suu Kyi, qui a prononcé dimanche son premier grand discours public après sept années d’assignation à résidence, a déclaré ne pas considérer la Chine comme une ennemie.

Selon les médias birmans, Pékin a considérablement augmenté ses investissements en Birmanie au titre de l’année fiscale en cours. Ceux-ci auraient représenté 8,17 milliards de dollars, soit les deux tiers de son investissement total des deux dernières décennies.

Le gros de ces investissements est constitué par des projets énergétiques - 5 milliards de dollars dans l’hydroélectrique et 2,15 milliards dans le secteur pétrolier et gazier. Les analystes soulignent cependant que les statistiques officielles d’investissement en Birmanie sont notoirement peu fiables.

La Birmanie offre à la Chine un accès à l’océan Indien, pour ses importations d’hydrocarbures et ses exportations de produits fabriqués dans les provinces enclavées du Sud-Ouest, mais aussi potentiellement pour des bases militaires.

Chris Buckley, Jean-Stéphane Brosse pour le service français


nov 16 2010

Birmanie : Aung San Suu Kyi veut porter ses efforts sur le sort des détenus politiques

source : AFP

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi, le 16 novembre 2010 à Rangoun

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi a dit vouloir concentrer son action sur les prisonniers politiques lors de sa première rencontre lundi avec des diplomates, auxquels elle n’a pas demandé la levée des sanctions contre la junte, selon une source diplomatique.

Aung San Suu Kyi a rencontré des diplomates à Rangoon, deux jours après sa libération, a indiqué une source diplomatique sous couvert de l’anonymat.

Elle leur a dit que “sa liberté n’avait été assortie d’aucune condition”, mais qu’elle n’avait pas de projet de voyage dans l’immédiat. Elle a également “remercié les pays qui l’ont soutenue”, selon cette source.

Mme Suu Kyi a affirmé qu’elle était “déjà concentrée sur les autres 2.100 prisonniers politiques” détenus dans les prisons birmanes.

Elle a exhorté la communauté internationale “à jouer un rôle actif et constructif, dans l’immédiat, en faisant pression sur les autorités (birmanes) pour qu’elles (les) libèrent”.

Les Nations unies et plusieurs pays dans le monde ont demandé à la junte au pouvoir de libérer les autres prisonniers politiques, mais les autorités birmanes soutiennent qu’il n’y a pas de prisonniers politique dans le pays.

Mme Suu Kyi a également “dit qu’elle déciderait quelle position adopter sur les sanctions (internationales contre la junte) en temps voulu, à la lumière de ce qui sera bon pour le peuple (birman). Elle n’a donc fait aucune demande”, a ajouté la source diplomatique.

Celle-ci a encore indiqué que si Aung San Suu Kyi demandait la fin des sanctions, “à l’évidence nous devrons l’écouter”.

Le diplomate a assuré que si la libération de Mme Suu Kyi avait été “bien accueillie”, la communauté internationale serait particulièrement attentive à “la manière dont sera traitée” la prix Nobel de la paix, et “à quel point elle sera libre de faire ce qu’elle veut dans les prochains jours”.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit discuter de la Birmanie mardi et un projet de résolution sur les droits de l’homme en Birmanie, rédigé par les pays européens avec les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, doit être voté par l’Assemblée générale des Nations unies jeudi.

Il exprime une grave inquiétude sur “les détentions arbitraires, les disparitions, les viols et les autres formes de violences sexuelles, la torture et les traitements ou punitions inhumaines ou dégradantes” en Birmanie.

Aung San Suu Kyi a été libérée samedi après sept ans d’assignation à résidence. Sa libération est intervenue moins d’une semaine après les premières élections en 20 ans en Birmanie, dénoncées comme une mascarade par l’Occident et l’opposition.


nov 15 2010

Birmanie : Aung San Suu Kyi souhaite une “révolution non violente”

source : AFP

Aung San Suu Kyi, à son arrivée au siège de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, le 15 novembre 2010 à Rangoon

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi, libérée samedi après sept ans d’assignation à résidence, a appelé lundi à une “révolution non violente” en Birmanie, s’affirmant certaine que la démocratie finirait tôt ou tard par triompher dans son pays.

Dans une interview publiée sur le site internet de la BBC, Aung San Suu Kyi, 65 ans, a souligné qu’elle était prête à saisir la moindre occasion pour discuter avec la junte militaire au pouvoir.

“Je ne souhaite pas la chute des militaires”, a-t-elle assuré. “Je souhaite que les militaires se hissent sur les hauteurs pleines de dignité du professionnalisme et du patriotisme authentique”, a-t-elle dit dans cette interview accordée au siège de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

“Ce que les gens veulent est évident : les gens veulent une existence meilleure basée sur la sécurité et la liberté”.

Elle a souligné qu’elle souhaitait une fin non violente du régime militaire actuel. “Nous aussi devons tenter de faire en sorte” qu’advienne cette “révolution non violente”, a-t-elle ajouté, en se déclarant certaine que la Birmanie connaîtrait un jour la démocratie, même si elle ne savait pas quand.

Mme Suu Kyi a passé plusieurs heures au siège de la LND, rencontrant notamment les responsables régionaux du parti et achevant sa première journée de travail depuis sa libération par la visite d’un monastère de Rangoun.

Elle a également indiqué qu’elle n’était pas soumise à des restrictions depuis sa libération tout en mettant en garde la junte contre les conséquences d’une nouvelle détention.

Dimanche, lors de sa première conférence de presse après sa libération, l’opposante avait réitéré une requête formulée en vain, fin 2009, pour rencontrer en tête-à-tête le généralissime Than Shwe, homme fort de la junte. Elle avait aussi lancé un appel à l’unité de l’opposition.

Birmanie: Aung San Suu Kyi remercie la France pour son soutien

Aung San Suu Kyi a aussi remercié les Français pour leur soutien pendant sa détention, lors d’un bref entretien lundi avec une journaliste de l’AFP à Rangoun.

“Actuellement, tout ce que je peux dire, c’est merci pour tout ce que le peuple français a fait pour nous”, a déclaré l’opposante à l’AFP dans un monastère de Rangoun où elle s’était rendue avec Tin Oo, un de ses compagnons de lutte politique.

“J’ai été informée de la grande chaleur du peuple de Paris, en particulier les partisans de notre mouvement, et j’espère que les relations entre nous resteront très proches”, a ajouté la lauréate du prix Nobel de la paix, 65 ans.

Un certain nombre de personnalités françaises se sont engagées pour défendre l’icône de la démocratie birmane.

Carla Bruni-Sarkozy, l’épouse du président français Nicolas Sarkozy, s’est entretenue dimanche au téléphone avec elle. Et la chanteuse Jane Birkin est porte-parole du comité de soutien français à Aung San Suu Kyi, qu’elle a rencontrée en 1999.

Aung San Suu Kyi a passé près de 15 des 21 dernières années privée de liberté.

Sa libération a provoqué depuis samedi un soulagement prudent au sein de la communauté internationale. De nombreuses capitales ont notamment appelé la junte à relâcher également quelque 2.200 autres prisonniers politiques.