août 31 2010

Armée birmane : Than Shwe toujours chef

source : le Figaro

Après mille infos contradictoires…. en espérant que…. de toutes les façons, cela ne change pas grand chose !

Le généralissime Than Shwe, homme fort de la Birmanie depuis 1992, a adressé aujourd’hui un message par le truchement de la presse officielle, mettant ainsi fin aux rumeurs selon lesquelles il avait démissionné de ses fonctions militaires tout en restant chef de l’Etat.

“Le généralissime Than Shwe adresse un message de félicitations au roi de Malaisie”, a écrit le New Light of Myanmar, quotidien officiel de la junte birmane. L’article parle de Than Shwe comme étant le patron du Conseil d’Etat pour la paix et le développement (SPDC), nom officiel de la junte.

La retraite militaire du généralissime, contre lequel l’opposante détenue Aung San Suu Kyi lutte sans relâche depuis près de vingt ans, a fait l’objet d’informations contradictoires en fin de semaine dernière. Depuis la Thaïlande, le site internet d’exilés birmans Irrawaddy, s’appuyant sur des “sources militaires”, avait affirmé que Than Shwe, âgé de 77 ans, avait abandonné l’uniforme en prévision du scrutin législatif prévu le 7 novembre.

Départ de 70 officiers supérieurs

Plusieurs autres sources avaient fait état de rumeurs contradictoires sur le sujet. Mais la seule information confirmée a finalement évoqué le départ de 70 officiers supérieurs, dont le numéro trois actuel de la junte, le général Thura Shwe Mann, soit le plus important remaniement militaire dans le pays depuis une vingtaine d’années.
Irrawaddy avait affirmé que Than Shwe et son numéro deux, Maung Aye, faisaient partie de ce vaste remaniement mais qu’ils conservaient respectivement les fonctions de numéro un et numéro deux de l’Etat.

Tous deux “restent à leur poste”, avait assuré par la suite une source gouvernementale birmane. “Les autres qui ont pris leur retraite de l’armée vont rejoindre l’USDP (Parti de la solidarité et du développement de l’Union, pro-junte) et participeront aux élections”. Certaines sources ont indiqué que le départ de l’armée de Than Shwe interviendrait après les élections, avant qu’il ne brigue le poste de président prochainement créé.

Les partis avaient jusqu’à hier soir pour présenter leur liste de candidats pour le scrutin. Les deux plus importantes formations d’opposition, la Force démocratique nationale et le Parti démocratique, ont cependant avoué n’avoir pu trouver que 200 candidats à eux deux, pour quelque 1.200 sièges à pourvoir. La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l’opposante Aung San Suu Kyi a pour sa part décidé de boycotter le scrutin et a été dissoute.


août 30 2010

L’opposition birmane en désarroi avant le scrutin de novembre

source : l’express

Appels au boycott, règles électorales draconiennes et démission de plusieurs figures de l’opposition: la junte au pouvoir en Birmanie semble garantie de remporter les élections législatives du 7 novembre.

L'opposition birmane en désarroi avant le scrutin de novembre

Un partisan de la Force démocratique nationale (FDN) utilise un ordinateur avec la photo de l’opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. La junte au pouvoir en Birmanie semble garantie de remporter les élections législatives du 7 novembre. (Reuters/Soe Zeya Tun)

L’opposition politique birmane apparaît plus que jamais désorientée à deux mois d’un scrutin largement considéré comme une manoeuvre visant à asseoir encore plus le pouvoir de l’armée, qui n’a nulle intention d’abandonner un pouvoir qu’elle détient depuis 48 ans.

Le responsable de la Force démocratique nationale (FDN), Khin Muang Swe, a annoncé jeudi qu’il ne se présenterait pas aux élections. Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix en 1991, a appelé mardi les membres de son ancien parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), à boycotter le scrutin.

Ces décisions surviennent alors que les partis politiques sont confrontés à des règles électorales draconiennes et à des mesures d’intimidation de l’armée, et manquent manifestement de temps et de fonds pour recruter des candidats.

Selon des règles publiées la semaine dernière, les partis devront demander une semaine à l’avance l’autorisation d’organiser une manifestation. Discours et les articles critiques envers l’armée seront rigoureusement interdits et les autorités pourront interdire aux manifestants “de brandir des drapeaux et de crier des slogans“.

C’est exactement ce que veut le régime et ce qu’il avait calculé depuis le début“, explique Aung Naing Oo, une universitaire birmane vivant en Thaïlande. “Le chef de la junte, Than Shwe, a pour seule stratégie de diviser et de règner, une opposition affaiblie est exactement ce dont il a besoin.

OPPOSITION DIVISÉE

La plupart des experts et l’opposition estiment que l’armée a formé son propre parti, l’Union de la solidarité et du développement (PUSD), pour s’assurer de remporter la plupart des sièges d’un parlement dont elle nomme les membres.

Le PUSD est impopulaire aux yeux des Birmans qui ont voté massivement pour le parti de Suu Kyi lors du scrutin de 1990 dont les résultats n’avaient pas été pris en compte.

Mais la victoire du PUSD semble néanmoins inéluctable face à une opposition moribonde qui n’a pas les moyens de faire campagne librement et manque de fonds pour présenter des candidats dans chaque circonscription.

L’opposition peine en outre à adopter une position commune face au scrutin. L’Union démocratique a fait savoir la semaine dernière qu’elle boycotterait l’élection si elle estimait que le scrutin ne sera ni libre ni juste. Son responsable, Phyo Min Thein, a démissionné de ses fonctions le 15 août jugeant impossible l’organisation d’élections justes.

Une position que ne partage pas Thu Wai, président du Parti démocratique et ancien prisonnier politique, qui estime qu’un boycott ferait le jeu de la junte militaire et lui offrirait une légitimité. Les lois électorales sont tellement strictes, dit-il, que le PUSD n’a même pas besoin de tricher pour gagner.

Les partis de l’opposition “sont divisés sur la question du pis-aller“, explique Christopher Roberts, expert de la Birmanie à l’Université de Canberra en Australie. “Doivent-ils entériner un processus de moindre mal ou adopter une posture de principe et boycotter le scrutin pour prôner un meilleur modèle de démocratie ? Dans un cas comme dans l’autre, l’opposition ne devrait pas donner de fil à retordre aux généraux et à leurs partisans“.


août 14 2010

En Birmanie, des élections hautement controversées sont fixées au 7 novembre

source : lexpress.fr

RANGOUN - Les généraux au pouvoir en Birmanie ont fixé au 7 novembre des élections législatives, organisées pour la première fois depuis vingt ans mais dont la communauté internationale estime déjà qu’elles seront dépourvues de toute légitimité démocratique.

En Birmanie, des élections hautement controversées sont fixées au 7 novembre

Cérémonie commémorative de l’indépendance le 19 juillet 2010 à Rangoon

AFP/AFP/Archives

Le scrutin sera marqué par l’exclusion de l’opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, 65 ans, qui a passé la majeure partie des 20 dernières années en prison ou en résidence surveillée et dont le parti - la Ligue nationale pour la démocratie (LND) - a été dissous en mai pour avoir décidé de boycotter les élections.

Le dernier scrutin législatif en Birmanie remonte à 1990. La LND de Mme Suu Kyi, fondée en 1988 après un soulèvement contre la junte de l’époque, avait très largement remporté ces élections, mais les résultats n’avaient jamais été reconnus par les militaires.

Cette fois, soulignent des analystes, un quart des sièges au Parlement seront réservés aux militaires, ce qui devrait éviter à la junte actuelle du généralissime Than Shwe tout risque de revers majeur.

Le régime militaire a retenu la leçon, il utilise donc tous les moyens possibles pour que ses partis (et affidés) remportent les élections“, a estimé Naing Aung, membre du Forum pour la démocratie en Birmanie basé en Thaïlande.

En Birmanie, des élections hautement controversées sont fixées au 7 novembre

Poignée de mains entre le président chinois Wen Jiabao (D) et le Général Than Swe (G), le 3 juin 2010 à Naypyidaw

AFP/Archives/Myanmar News Agency

Parmi la quarantaine de formations enregistrées pour les élections de novembre figure le Parti de l’Union, de la solidarité et du développement (USDP) créé par le Premier ministre Thein Sein et plusieurs ministres qui ont récemment quitté l’armée.

S’il y avait un processus libre et équitable, nous sommes convaincus à 100% que les partis soutenus par les militaires ne gagneraient pas“, a ajouté Naing Aung.

En mars, des lois encadrant strictement les élections ont interdit aux partis de conserver parmi leurs membres tout prisonnier politique.

La LND a dû choisir entre renoncer au scrutin ou exclure Mme Suu Kyi qui purge actuellement une énième peine d’assignation à résidence. Le parti a finalement décidé de boycotter les élections et a été dissous par le pouvoir.

Certains de ses cadres, en désaccord avec cette stratégie, ont créé la NDF (Force nationale démocratique).

Les élections “ne peuvent pas être libres et justes“, a déclaré à l’AFP Nyan Win, longtemps porte-parole de la LND. “Nous ne jouissons toujours pas de la liberté d’expression ou d’information“, a-t-il déploré, ajoutant qu’il n’y a aucune indication que Mme Suu Kyi recouvre la liberté d’ici le scrutin.

Sans leur dirigeante charismatique, icône de la résistance pacifique au pouvoir militaire, la NDF et tout autre parti d’opposition ont peu de chances de rééditer le triomphe de la LND en 1990.

Certains partis pro-démocratiques ont déjà émis des réserves sur la préparation des élections.

Thu Wai, président du Parti démocratique, a dénoncé mardi des manoeuvres d’intimidation, menées par la police, dont ont été victimes certains de ses membres.

Un autre candidat, Phyo Min Thein, ancien prisonnier politique, a démissionné la semaine dernière de la présidence du Parti de l’union démocratique et indiqué qu’il ne participerait pas à un scrutin “ni libre, ni équitable“.

Le mois dernier, les Etats-Unis ont de nouveau exprimé leur inquiétude devant un “processus électoral défectueux” dans un pays gouverné par des généraux depuis 1962 et soumis à des sanctions occidentales en raison de violations répétées des droits de l’Homme.

Les Etats-Unis et l’Union européenne avaient imposé des sanctions notamment pour protester contre la poursuite de la détention d’Aung San Suu Kyi.

Les sanctions ont été renforcées après la répression sanglante en 2007 d’un mouvement de protestation populaire emmené par des moines bouddhistes.


août 6 2010

Birmanie : Démission d’un chef d’opposition

source : JDD

on pouvait toujours espérer, n’est-ce pas ? mais quand même la junte ne cache pas son jeu (ou presque) , alors qu’espérer d’elle si ce n’est tromperie et  manipulation…

Le président de l’une des principales formations de l’opposition birmane, le Parti démocratique de l’Union (UDP), a démissionné jeudi pour dénoncer les conditions d’organisation des élections prévues cette année en Birmanie, apprend l’agence de presse Reuters. La junte militaire au pouvoir a promis de prendre toutes les mesures pour que le scrutin soit libre et honnête mais Phyo Min Thein, le dirigeant de l’UDP, a déclaré à Reuters que la loi électorale était conçue pour assurer la victoire du parti pro-gouvernemental USDP (Parti de la solidarité et du développement de l’Union). “J’espérais que le peuple birman pourrait dire son mot dans la politique et j’attendais la libération des prisonniers d’opinion, la liberté de la presse et la liberté de faire campagne“, a-t-il exposé. “Rien de tout cela ne s’est passé et j’ai donc décidé de me retirer de la politique et des élections“, a-t-il ainsi confié.