juil 29 2010

Des graffitis, du hip-hop et des SMS contre le régime militaire en Birmanie

source : RFI

Par Nina Martin

Des dizaines de jeunes Birmans, regroupés au sein du collectif Generation Wave, mènent des actions souterraines pour inciter les jeunes à se soulever contre le régime militaire au pouvoir. C’est l’un des seuls groupes clandestins encore actifs en Birmanie. Certains sont en prison, d’autres vivent en exil, une poignée résiste encore en Birmanie.

Avec notre correspondante en Birmanie

Le logo officiel de «Generation Wave», une organisation birmane qui lutte contre la junte militaire.



Notre voiture s’arrête devant un portail gris, dans une bourgade thaïlandaise à la frontière de la Birmanie. C’est ici que vivent en exil plusieurs militants de Generation Wave, l’un des seuls groupes clandestins encore actif en Birmanie. Tous ont fui lors de vagues de répression contre leur collectif. « Vingt-deux de nos membres sont actuellement en prison. Nous, on a pu s’enfuir et s’installer ici », explique Min Yan Naing, 30 ans. Le militant vit depuis 5 mois dans cette maison-refuge, située dans un lieu tenu secret pour échapper aux autorités birmanes. C’est d’ici que les jeunes de Generation Wave planifient leurs prochaines actions en Birmanie. Le logo du collectif, un pouce rouge levé sur fond blanc, a été tagué en grand format sur l’un des murs extérieurs.Le mouvement clandestin est né dans le giron du soulèvement populaire de 2007, initié par les moines bouddhistes et réprimé dans le sang par les militaires au pouvoir. Quatre étudiants décident alors de continuer la lutte de manière souterraine. Avec leurs propres économies, ils lancent Generation Wave. « Nous voulons encourager le peuple, particulièrement les jeunes, à se soulever à nouveau quand ce sera le bon moment», indique Min Yan Naing. Pour convaincre les lycéens et les étudiants de l’intérêt de se révolter, le collectif utilise des procédés ciblés : envoi de SMS, graffitis sur les murs de Rangoon, diffusion de prospectus anti-junte ou encore de CD de hip-hop aux paroles militantes. « Cette chanson, par exemple, a été écrite en l’honneur de l’opposante Aung San Suu Kyi, explique le militant. Notre disque a été distribué sous le manteau dans les universités birmanes. Certains artistes locaux nous ont donné un coup de main sans le dire publiquement ».

La jaquette du CD du groupe «Generation wave».

En ce moment, les militants se concentrent sur les élections qui doivent se tenir avant la fin de l’année. Des milliers d’autocollants avec le signe 2010 barré d’une croix rouge ont été imprimés. « Ce scrutin se base sur une Constitution imposée par les militaires, il sera donc injuste », martèle le secrétaire général du collectif. Rencontré secrètement dans un café de la banlieue de Rangoon, le jeune homme de 24 ans se présente simplement sous le nom de code : COT. C’est l’un des rares militants de Generation Wave à vivre encore en Birmanie. « Je suis recherché par la police. Alors depuis un an, j’ai quitté ma maison, mes amis. Je me suis enfui en Thaïlande quelques mois, mais je suis vite revenu en Birmanie car c’est ici que je peux être utile », glisse-t-il, en jetant régulièrement des coups d’œil nerveux autour de lui. COT vit, depuis, avec de faux papiers d’identité et ne reste jamais longtemps dans la même ville. Il communique avec son collectif uniquement par Internet. «C’’est plus sûr, nos téléphones sont surveillés », assure-t-il.Peu à peu, les habitants de Rangoon commencent à reconnaître la marque de Generation Wave. « J’ai aperçu un de leur tag sur le mur d’une école. Mais il a très vite été effacé par la municipalité », raconte Min Thu, un étudiant de Rangoon. Mais même si le réseau commence à s’organiser, le collectif reconnaît qu’avec une quarantaine de militants seulement, la moitié en prison, ses chances de renverser le régime sont très minces. En 2008, Generation Wave avait tenté de lancer de nouvelles manifestations, sans succès. « On ne peut pas organiser de révolte pour l’instant. Notre objectif, c’est juste de stimuler les jeunes, de les éduquer en attendant le bon moment pour un soulèvement », confie Min Yan Naing. Le week-end dernier, Generation Wave a tourné un nouveau clip-vidéo « militant » en Thaïlande, avec l’aide d’un groupe de musiciens danois. Il sera bientôt distribué en Birmanie, en toute clandestinité.


juil 28 2010

L’Inde accueille avec les honneurs le chef de la junte birmane

Il faut juste oser, n’est-ce pas ?
Than Shwe déposant une gerbe au mausolée du Mahatma Gandhi
Il fallait le faire !!!

Le chef de la junte birmane, le généralissime Than Shwe (C), son épouse (G) et la présidente indienne Pratibha Singh Patil (D), le 27 juillet 2010 au palais présidentiel à New Delhi

De Giles HEWITT (AFP)

NEW DELHI — L’Inde a déroulé le tapis rouge mardi au chef de la junte birmane, le généralissime Than Shwe, pour une visite d’Etat officielle sévèrement critiquée par des organisations de défense des droits de l’Homme qui y voient une acceptation tacite du régime.

Than Shwe a été reçu avec les honneurs lors d’une cérémonie au palais présidentiel à New Delhi.

Le généralissime, qui réprima d’une main de fer les manifestations pro-démocratiques menées par les moines en 2007, a ensuite déposé une gerbe au mausolée du Mahatma Gandhi, père de la nation indienne et apôtre de la non-violence.

L’homme fort du régime birman, âgé de 77 ans, a rencontré le ministre des Affaires étrangères S.M. Krishna et devait s’entretenir plus tard dans la journée avec le Premier ministre Manmohan Singh.

“L’Inde et la Birmanie entretiennent de très bonnes relations. L’objectif de la visite est d’améliorer les relations existantes et la coopération économique”, a déclaré le ministre birman pour le développement économique, U. Soe Tha.

“Nous voulons encourager le secteur privé indien à travailler avec nous”, a-t-il ajouté devant une délégation d’hommes d’affaires indiens.

Auparavant fervente partisane de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, l’Inde a commencé à se rapprocher de la junte au milieu des années 90 lorsque les priorités énergétiques et stratégiques l’ont emporté sur les préoccupations en matière de démocratie et de respect des droits de l’Homme.

L’Inde, intéressée par les champs gaziers et pétroliers en Birmanie, cherche à concurrencer dans la région son principal rival économique, la Chine, partenaire commercial et investisseur clé pour la junte.

Le mois dernier, le Premier ministre chinois Wen Jiabao s’est rendu en Birmanie pour signer une rafale d’accords commerciaux, financiers, énergétiques, scientifiques et technologiques.

L’Inde est le quatrième partenaire commercial de la Birmanie, derrière la Thaïlande, la Chine et Singapour. Le pays est notamment présent dans l’énergie: deux entreprises publiques font partie d’un consortium travaillant à l’extraction de gaz naturel au large de l’Etat d’Arakan, dans l’ouest du pays.

Les organisations de défense des droits de l’Homme ont sévèrement critiqué la décision de l’Inde d’accorder la légitimité d’une visite d’Etat officielle à celui qui est considéré comme un paria dans de nombreux pays occidentaux.

“M. Singh devrait exprimer publiquement une critique de principe sur le truquage des lois électorales en Birmanie et sur les restrictions persistantes des libertés fondamentales”, a déclaré Elaine Pearson, directrice pour l’Asie de l’organisation Human Rights Watch (HRW).

La junte, au pouvoir depuis près de cinquante ans, a prévu des élections législatives cette année. Mais la communauté internationale dénonce depuis des mois un processus qui exclut la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

Dans une lettre ouverte à Manmohan Singh, la Fédération internationale des droits de l’Homme, qui représente 164 organisations dans le monde, a estimé que des rencontres de haut niveau entre l’Inde et la Birmanie “servent à perpétuer la dictature militaire en Birmanie”.

Lundi, une centaine de manifestants se sont rassemblés dans la capitale indienne pour protester contre la venue du chef de la junte, décrit sur des banderoles comme un dictateur militaire et un “meurtrier d’innocents”.

La Birmanie est soumise à des sanctions économiques de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui lui reprochent ses violations des droits de l’Homme et le maintien en détention d’Aung San Suu Kyi.

L’efficacité de ces mesures est cependant très atténuée par les investissements réguliers des voisins de la Birmanie.


juil 26 2010

Birmanie : Aung San Suu Kyi candidate aux élections ?

source : Agora Vox

AUNG SANG SUU KYI FUTURE CANDIDATE AUX PROCHAINES ÉLECTIONS BIRMANES ?

Tandis que l’ASEAN (association des pays du Sud Est asiatique tient son forum à Hanoi, se trouve-t-on devant un nouveau coup d’esbrouffe de la junte militaire birmane alors que Daw Aung San Suu Kyi, est toujours en résidence surveillée, purgeant un nouvelle peine de 18 mois, et que la date des élections problématiques birmane n’est pas fixe ?

Mrs. Aung San Suu Kyi, leader de l’opposition démocratique à la junte militaire birmane, “pourra se présenter aux élections dès qu’elle sera libérée de la résidence forcée à son domicile de Rangoon » a déclaré, selon l’agence japonaise Jiji Press, Nyan Win, le ministre des affaires étrangères birman qui assistait cette semaine au « forum régional de l’ASEAN » réuni à Hanoi (Vietnam).

Il a affirmé que la constitution de son pays n’interdisait à Aung San Suu Kyi de participer en qualité de candidate aux élections.

Cette déclaration spectaculaire qui pourrait faire croire que la dictature militaire birmane se démocratise, est surtout due, peut-on estimer, au fait que le ministre de la junte a été soumis a de sévères critiques de la part des leaders et chefs de gouvernement des États du Sud Est asiatique.

En effet cette affirmation est en contradiction avec la loi électorale, récemment publiée, selon laquelle des prisonniers en cours de peine ainsi que des citoyens birmans conjoints d’Étrangers ne peuvent en aucun cas être élus et remplir des fonctions officielles.

Or cette loi paraît avoir été élaborée pour éliminer Mrs Aung San Suu Kyi de toute activité politique. D’autant plus que cette dernière a été – une nouvelle fois condamnée en Août, l’an dernier, à 18 mois de « résidence forcée » pour « avoir avait prétendu les juges de la junte, abrité un citoyen américain, John Yettaw, qui avait traversé l’Inya lake de Rangoon à la nage pour aller lui rendre visite dans sa maison constuite au bord de l’autre rive. Elle ne devait pas étire libérée avant novembre prochain

Par ailleurs, le président de l’Association des Nations du Sud Est asiatique, Surn Pitsuwan, a souligné lundi dernier lors d’une conférence de presse, que le ministre birman avait entendu ses collègues présents au Forum d’Hanoi, insister sur le fait que les élections prévues en Birmanie devaient être « libres et loyales ». Or on constate actuellement que la junte militaire n’a pas encore fixé de date pour cette consultation générale populaire en se bornant à déclaré qu’elles auraient lieu dans la seconde moitié de 2010. Il d’autre part dissous récemment – par précaution - le parti démocratique dont le leader est Mrs Aung San Suu Kyi.. De telle sorte que même si l’on ne devait pas douter des affirmations du ministre des affaires étrangères, il serait vraisemblable de penser que la Junte estime candidate officiellement sans parti politique et sans troupe elle ne menacerait pas, même élue, les intérêts publics et privés d’une junte fondée , il y a quarante-huit ans - en mars 1962, après le coup d’Etat durant lequel le général Ne Win et son état-major ont abrogé le régime parlementaire présidé par U Nu.

Pour faire bonne figure le ministre birman avait ensuite donné l’assurance à son collègue japonais Katsuya Okada, que le programme nucléaire Nord Coréen est « inacceptable ». Nouvelle preuve du double langage de ministre birman qui se trouvait sous le feu des 27 membres de l’ARF qui avaient été rejoints par Mrs Hillary Clinton. Cette dernière avait confirmé cette assemblée des détails l’évolution des programmes nucléaire de la junte militaire et sur sa collaboration avec la Corée du Nord qui effectue également d’importantes livraisons d’armements à la dictature militaire birmane..

L’ARF est le forum de sécuriré le plus important de l’Asie orientale. Il comprend les dix membres de l’ASEAN ainsi que 17 autres nations parmi lesquelles se trouvent le Etats-Unis, la Chine et la Corée du Nord.

Les États du Sud est Asiatique soupçonnent également, selon la « Voie Démocratique de Birmanie » en exil, que la Corée du Nord assiste la junte militaire dans le développement d‘un vaste réseau souterrain de bunkers. Tout un réseau de systèmes lance-missiles nord – coréens a été également été décelé le mois dernier dans le Nord de la Birmanie.

© Bertrand C. Bellaigue juillet 2010


juil 22 2010

L’Inde critiquée par la FIDH pour la venue du chef de la junte birmane

source : levif.be - blega

La Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH) a critiqué mercredi la décision de l’Inde d’accueillir le chef de la junte birmane, le généralissime Than Shwe, lors d’une visite d’Etat la semaine prochaine.

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Than Shwe doit rencontrer le Premier ministre indien Manmohan Singh et la présidente de l’Union indienne Pratibha Patil lors d’une visite de cinq jours qui débute dimanche, a déclaré à l’AFP une source au sein du ministère indien des Affaires étrangères sous couvert d’anonymat. Dans une lettre ouverte à Manmohan Singh transmise à l’AFP, la FIDH, qui représente 164 organisations de défense des droits de l’Homme dans le monde, s’est déclarée “profondément troublée” par cette visite. “La longue liste des violations des droits de l’Homme de la junte inclut des actes pouvant équivaloir à des crimes de guerre et à des crimes contre l’Humanité en vertu du droit international”, écrit la fédération. Selon elle, des rencontres de haut niveau entre l’Inde et la Birmanie, qui se concentrent essentiellement sur la coopération économique et militaire, “servent à perpétuer la dictature militaire en Birmanie”. La Birmanie est soumise à des sanctions économiques sévères de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui lui reprochent ses violations des droits de l’Homme et le maintien en détention de l’opposante et prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi. L’efficacité de ces mesures est cependant très atténuée par les investissements réguliers des voisins de la Birmanie (dont l’Inde) qui s’intéressent de près à ses ressources naturelles. (COC)

juil 21 2010

La lutte contre le sida dans les bordels de Rangoon

source : lexpress.fr

Par Emmanuelle Triollet

La lutte contre le sida dans les bordels de Rangoon

“Mon mari est mort, explique-t-elle. Je suis restée seule pour élever mes deux garçons”, explique une prostituée.

AFP/Rob ELLIOTT

En Birmanie, l’un des points chauds de l’épidémie de VIH sur la planète, des éducateurs sillonnent les lieux de prostitution pour étendre l’usage du préservatif. Reportage dans un pays fermé aux journalistes.

Accablés par la chaleur de l’après-midi, quelques habitués devisent mollement sous l’auvent du centre de Médecins du monde, une bâtisse discrète d’un quartier résidentiel de Rangoon. Des femmes, surtout, portant le chemisier et la longue jupe traditionnelle. Ce sont des prostituées, venues ici incognito. Khin* accepte, à contrecoeur, de témoigner. Depuis trois ans, l’ONG fournit à cette femme, séropositive, les antirétroviraux sans lesquels elle ne serait plus de ce monde.

Ses longs cheveux noirs relevés par une pince, la mère de 37 ans résume en deux phrases comment le destin l’a précipitée tout en bas de l’échelle sociale, juste au-dessous des conducteurs de cyclo-pousse qui vivent de la force de leurs mollets. “Mon mari est mort, explique-t-elle. Je suis restée seule pour élever mes deux garçons.”

L’an dernier, Khin a été condamnée à un mois de prison pour racolage. Elle a soudoyé les gardiens pour sortir au bout de deux semaines. Avant de prendre congé, elle enfouit au fond d’un sac à dos le gros flacon de 60 comprimés fourni pour le mois. Dehors, personne ne doit rien soupçonner.

Elle le sait, sa vie tient du miracle. En Birmanie, les médicaments disponibles contre le VIH permettent de soigner à peine 15% des personnes qui en auraient besoin. Cette pénurie provoque plus de 20 000 décès chaque année dans un pays à peine moins peuplé que la France. La jeune femme a été sauvée par le plan national de lutte contre le sida. Un plan modèle, conçu en 2005 par l’agence spécialisée des Nations unies, Onusida, cité en exemple dans le monde entier.

Ce programme fixe comme priorité n°1 d’impliquer les “travailleurs du sexe”. “Il fut d’emblée adoubé par la junte, qui se désintéresse des questions de santé”, se souvient Françoise Sivignon, responsable depuis huit ans des missions de Médecins du monde dans le pays. L’enjeu dépasse d’ailleurs les frontières. Avec plus de 1% de sa population touchée par le virus, la Birmanie fait figure de menace - au côté de la Thaïlande - pour l’ensemble de l’Asie du Sud-Est.

“Faute de traitement, les prostituées ne voient pas l’intérêt de se savoir malades”

La lutte contre le sida dans les bordels de Rangoon

AFP

Des prostituées birmanes dans la province de Yunnan, en Chine.

Sauver les prostituées d’abord? Etrange paradoxe, pour une dictature, que d’offrir de meilleures chances de survie aux femmes “de mauvaise vie”. C’est qu’en Birmanie, 1 prostituée sur 5 est séropositive. Les relations sexuelles tarifées constituent le principal vecteur de l’épidémie. D’où l’obsession des ONG, chargées de mettre en oeuvre le plan Onusida: convaincre ces femmes d’utiliser le préservatif et, si possible, de passer le test de dépistage.

Seulement voilà, faute de traitement, les prostituées ne voient pas l’intérêt de se savoir malades - et condamnées. Alors plusieurs organisations humanitaires les placent en tête de liste pour l’attribution gratuite de médicaments. Une stratégie judicieuse, dans une pure logique de santé publique.

“Tout le monde, dans la pièce, feint de croire que la maquerelle donnera son autorisation”

Du QG de Médecins du monde, une voiture sort à petite allure. Direction les rues bruyantes du centre-ville et ses bordels clandestins. Leurs pensionnaires, très jeunes et étroitement surveillées, ne fréquentent pas les centres de santé. Alors Than*, un travailleur social, vient à leur rencontre, en compagnie d’une ancienne prostituée. Le véhicule s’arrête au pied d’un immeuble en béton, coincé entre une échoppe de chaussures et une pharmacie. Au dernier étage, la porte du palier s’ouvre sur une grosse femme qui, d’un signe, fait dérouler des nattes sur le sol en ciment pour installer ses visiteurs. Du papier journal masque les fenêtres jusqu’à mi-hauteur.

Légères et silencieuses, les filles arrivent les unes derrière les autres. Cinq gamines effrayées, épaisses comme des sauterelles, tirant sur leur jupe en jean pour cacher leurs croûtes aux genoux. “La gale”, chuchote Than, fin observateur, sous des traits impassibles.

Devant les éducateurs, les filles se montrent de bonne composition. Oui, elles exigeront à chaque fois que le client porte un préservatif. Bien sûr, elles sont d’accord pour venir au centre et passer le test de dépistage. Tout le monde, dans la pièce, feint de croire que la maquerelle donnera son autorisation.

En fait, elle ne les laisse jamais sortir, sauf pour se rendre, dûment escortées, chez un client. “Ici, tout se passe bien, assène la dame pour signifier que la discussion est close. Sauf que je n’ai pas assez de préservatifs…” Va pour une boîte supplémentaire. Les capotes gratuites restent la meilleure technique pour forcer la porte des maisons closes.

Partout en Birmanie des éducateurs comme Than sillonnent les lieux de prostitution, parfois inattendus, toujours clandestins. Ce travail de fourmi commence à payer. Depuis trois ans, l’épidémie donne ses premiers signes de déclin, selon Onusida. Une victoire fragile. Car les fonds disponibles fluctuent en fonction de la politique internationale et des consignes de boycott visant à exercer des pressions sur la junte.

* Les prénoms ont été changés


juil 20 2010

L’Asean “tire l’oreille” de la Birmanie et espère une avancée avec Pyongyang

source : AFP

Les ministres des Affaires étrangères du Sud-Est asiatique ont assuré mardi avoir “tiré les oreilles” de la Birmanie au sujet des élections qu’elle prévoit cette année, lors d’une réunion annuelle où les tensions dans la péninsule coréenne figuraient également en bonne place.

Les chefs de la diplomatie de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean) sont à Hanoï pour leur grand-messe annuelle, qui culminera vendredi avec leur Forum régional sur la sécurité (ARF) en présence de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.

Dès leur dîner informel lundi, ils ont pressé de commentaires leur collègue Nyan Win sur les élections birmanes, selon le secrétaire général du bloc, Surin Pitsuwan.

“La Birmanie, je pense, s’est fait tirer les oreilles la nuit dernière”, a-t-il dit à des journalistes. “L’Asean est très préoccupée et l’Asean porte beaucoup d’intérêt à la réconciliation nationale pacifique en Birmanie”.

Nyan Win a “écouté très, très attentivement” et informé ses homologues de l’avancée du processus électoral, sans malgré tout mentionner de date pour le scrutin, a poursuivit M. Pitsuwan.

La préparation des élections vaut une pluie de critiques internationales à la junte au pouvoir en Birmanie. Le processus exclut l’opposante et Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

Dans un projet de déclaration commune, obtenu ce week-end, l’Asean (Vietnam, Birmanie, Thaïlande, Indonésie, Singapour, Philippines, Malaisie, Laos, Cambodge, sultanat du Brunei) réitérait son appel à des élections “libres”, “justes”, qui incluraient tout le monde.

Mais l’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty international a appelé le bloc à aller plus loin, estimant qu’il jouait sa “crédibilité”.

Les ministres de l’Asean seront peu à peu rejoints cette semaine par leurs autres collègues de l’ARF. La Corée du Nord promet aussi de mobiliser une bonne partie des débats.

L’ARF regroupe les six parties prenantes aux négociations, pour l’instant bloquées, sur le programme nucléaire de Pyongyang: Etats-Unis, mais aussi Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Japon, Russie.

“Je crois comprendre que les ministres vont (…) tirer avantage de la présence du ministre des Affaires étrangères nord-coréen pour entamer des discussions et voir s’il est possible d’insuffler une nouvelle vie aux pourparlers à Six”, a encore glissé M. Pitsuwan.

Pyongyang a claqué la porte des négociations en 2009, après un tir de missile sanctionné par le Conseil de sécurité de l’ONU. Le dialogue, entamé en 2003, vise à persuader le pays communiste de renoncer à ses programmes atomiques en échange d’aide et de garanties en matière de sécurité.

L’ambassadeur nord-coréen aux Nations unies a indiqué que son pays pourrait revenir à la table des négociations à Six. Ses déclarations sont intervenues après un épisode aux Nations unies qualifié de victoire diplomatique par Pyongyang: le refus du Conseil de sécurité de lui imputer la responsabilité du naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan, qui a fait 46 morts en mars.

Séoul estime que Pyongyang est coupable. La Corée du Nord nie toute implication. Le Conseil de sécurité a condamné l’attaque, tout en se gardant de désigner un pays en particulier. Selon des documents préparatoires, l’Asean et l’ARF devraient suivre la ligne onusienne.

Un responsable américain a de son côté affirmé que les alliés sud-coréen et américain pourraient reprendre le dialogue avec la Corée du Nord si elle renonçait aux “provocations”. Hillary Clinton sera mercredi à Séoul.


juil 19 2010

Birmanie : les farces criminelles

source : Gavroche

Il est un pays où le rire peut mener loin…: au fin fond du Nord du pays, dans des cellules froides et insalubres, les pieds reliés par des barres de fer, le quotidien rythmé par les pierres brisées… Sortis de prison il y a 5 ans, les frères Moustache, malgré les risques qui les guettent, font de la résistance depuis leur petite maison théâtrale de Mandalay.
Tous les soirs, une dizaine de touristes se rend dans le quartier des spectacles de Mandalay et s’arrêtent sur la 39ème rue (entre la 80ème et la 8ème rue). Là, dans une petite échoppe de bois résident les frères Moustache. C’est là que joue aussi la troupe qui depuis 1996 ne peut se produire nul part que chez eux. Ils ont pris la junte au mot et accueillent les touristes à huis clos.

Des marionnettes sont accrochées au mur, actrices déchues par le régime. Les grandes figures de la tradition birmane sont présentes dans la maison des dissidents: Mintha (le Prince), Minthamee (la princesse), Wun (le ministre), Yathay (l’hermitte), Natkadaw (le voyant) mais aussi Myauk (le singe), Kyar (le tigre) et Zawgyi (l’alchimiste). Tous les soirs se réunit cet ensemble mythique qui a enrichi les grandes tournées troubadour des frères M., témoins nostalgiques d’une époque révolue où les mots et les mimes caressaient un semblant de liberté d ‘expression.

Les frères Moustache, ce sont trois frères: Lu Maw, Lu Zaw et Par Par Lay… C’est aussi une légende moderne qui s’est enflammée il y a bientôt 40 ans alors que la troupe parcourait le pays de village en village. Issus de deux générations de comédiens élevés dans la plus pure tradition birmane «A Nyent Pwe», les frères Moustache. ont durant 30 ans diverti la population par des spectacles de marionnettes, de chants, de danses… Sans liberté de la presse et sans accès libre à Internet, la tradition orale satirique des comédiens a aussi toujours été un moyen subtil de commenter la situation sociale et politique du pays.

Tout va basculer en 1996. Brillants critiques de la vie quotidienne birmane, les trois frères sont invités à se produire lors du spectacle donné en l’honneur du jour de l’Indépendance, le 4 janvier 1996, à la maison de KSSA, devant deux mille personnes. Par Par Lay et Lu Zaw, les deux grands frères, avaient préparé un spectacle piquant, notamment sur la corruption et la difficulté grandissante de gagner de l’argent pour survivre en Birmanie. Plus de trois mille blagues fusèrent. «Dans le passé, les voleurs étaient appelés des voleurs. Aujourd’hui on les appelle des fonctionnaires», disait Par Par Lay, mimant les membres de la junte…

Le soir même, la troupe regagna Mandalay et, durant la nuit, ses membres furent arrêtés par les hommes de la redoutable MI (Military Intelligence, aujourd’hui dissoute). Tous furent relâchés au bout de deux semaines, sauf les comédiens principaux Par Par Lay et Lu Zaw qui ne remirent les pieds chez eux que… six ans plus tard. «Mes frères furent condamnés à sept ans pour avoir diffusé de fausses informations dans leurs sketches sur les militaires. Le 18 mars 1996, ils furent envoyés à la prison de Kyein Kra Ka, près de Mitkyina, dans l’Etat de Kachin. Tous les jours on leur a fait casser des pierres, une barre de fer d’un mètre aux pieds et dans des conditions minimales de survie. Nous n’avions aucun contact avec eux.» La troupe, amputée de deux de ses principaux acteurs, fut interdite de se produire autre part que dans leur maison et sans costumes. Durant les six ans d’emprisonnement de ses frères, Lu Maw n’a eu cesse de relancer le show tous les soirs, invitant tous les voyageurs indépendants à venir dans un esprit de protestation et de soutien au nom de ses frères en danger de mort quotidien.

Leur incarcération a été perçue comme une offense directe à la culture traditionnelle birmane, mais elle a engendré aussi la première grande mobilisation d’artistes internationaux pour la liberté d’expression artistique en Birmanie. Dix grands comédiens américains signèrent une pétition qui aurait réussi à réduire d’un an leur peine. Aujourd’hui, les frères Moustache n’en ont pas perdu leur humour et continuent de se produire envers et contre tout.

Depuis le 25 juillet 2001, la seule activité légale de la troupe est de vendre des marionnettes et des masques. Malgré tout, ils défient le système en invitant les touristes à se rendre chez eux et à écouter leur cause. Ils mettent en avant l’incompétence économique grandissante de la junte, dénonçant le rationnement de l’eau et de l’électricité. «Notre spectacle est illégal. Il n’y a pas de liberté d’expression, ni d’associations d’artistes au Myanmar. Chaque mot et chaque image produites doivent être approuvés par la censure. Une critique du gouvernement peut signifier au mieux de longues années en prison, au pire la torture et la mort.» Les frères Moustache font partie de ceux qui pensent que le tourisme peut être bénéfique à la communauté birmane. Pas n’importe quel tourisme cependant: le tourisme conscient. «La junte veut attirer les touristes internationaux. Mais pas tous. Les bons touristes, encadrés de trois guides et pleins de billets en poche. Nous au contraire, nous encourageons le touriste indépendant à venir au Myanmar. Celui qui veut comprendre le pays au travers de ses gens. Beaucoup de Birmans n’ont jamais entendu parler du boycott international de la Birmanie, comme beaucoup de touristes n’ont pas entendu parler des horreurs pratiquées en Birmanie contre la population», explique Lu Maw avant d’ajouter: «Diffusez l’histoire de mes frères. Les touristes et les médias sont notre protection, c’est pourquoi nous continuons de prendre le risque de jouer à huis clos.»

Dunialah


juil 16 2010

Birmanie : un ancien collaborateur d’Aung San Suu Kyi libéré de prison

source : nouvelobs - AP

Un ancien collaborateur de l’opposante birmane et lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a été libéré jeudi après avoir passé 14 ans derrière les barreaux.

Un responsable qui a requis l’anonymat a confirmé la libération de Win Htein, âgé de 68 ans, précisant qu’il serait transféré du nord de la Birmanie où il était incarcéré, à Rangoon où vit sa famille.

“Win Htein a été libéré aujourd’hui de la prison de Kathar. Je suis très heureux” qu’il ait recouvré la “liberté mais il a été relâché” parce que la durée de sa détention était terminée, a souligné Nyan Win, un porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie -aujourd’hui dissoute- d’Aung San Suu Kyi.

Win Htein purgeait une peine de 14 ans d’emprisonnement sous l’accusation d’avoir fourni de fausses informations à la presse étrangères, selon l’organisation américaine Campaign for Burma, qui agit contre l’aide à la junte au pouvoir.

Il avait été brièvement relâché en 2008 à l’occasion d’une amnistie, avant d’être à nouveau arrêté 17 heures plus tard sans explication.


juil 14 2010

BIRMANIE – L’enfer du recrutement forcé des enfants soldats

source :lepetitjournal.com

Plusieurs milliers d’adolescents sont recrutés par l’armée birmane pour pouvoir lutter au front dans la guerre contre les ethnies rebelles isolées. Pour la plupart enfants de la rue, ils traversent bien souvent un véritable enfer dans les camps d’entrainement militaire, au point que certains décident de déserter, parfois au péril de leur vie

Les enfants-soldats, recrutés dès leur plus jeune âge dans les rues des villes birmanes, finissent souvent avec de profonds dégâts psychologiques (Photo illustration Rusty Stewart)

L’adolescent aux cheveux hérissés déclare se souvenir clairement du jour où les troupes officielles birmanes l’ont battu dans les rues de Mandalay, l’accusant de vol avant de le forcer à devenir un enfant-soldat. “Ils m’ont dit : Si tu ne veux pas aller en prison, tu dois rejoindre l’armée. J’ai répondu que je ne voulais pas, mais qu’importe ce que je disais ils me battaient encore et encore. Quand j’ai accepté ils ont arrêté de me frapper“, explique Win Sein. Ce dernier raconte qu’il était sans foyer et âgé d’environ 15 ans – bien qu’il ne connaisse pas le jour de son anniversaire – quand il a été recruté il y a un peu moins de deux ans, rejoignant les milliers d’adolescents suspectés d’être membres de l’armée birmane et des groupes ethniques armés. Après quatre mois dans un camp d’entrainement, qui comporte un régime de maintien en forme exténuant, un entrainement au maniement des armes et des châtiments corporels, le jeune homme explique avoir été envoyé au front dans la guerre civile contre les ethnies rebelles isolées de la jungle birmane.
L’année d’après, Win Sein a déserté avant d’arriver à la frontière thaïlandaise, dans le village de Mae Sot, en mars dernier. “La principale raison [de ma fuite] n’est pas le combat en soi, mais les sergents étaient vraiment, vraiment brutaux. Ils insultent et battent toujours les enfants-soldats, explique-t-il, j’ai donc décidé de m’enfuir, qu’importe ce qui pouvait m’arriver“. Alors qu’il est difficile de vérifier le passé des enfants-soldats, l’analyste birman David Mathieson, membre de Human Rights Watch, explique que l’histoire de Win Sein est “tristement typique“.

Une prise en charge difficile
Win Sein est maintenant pris en charge par le groupe Social Action for Women (SAW), basé à Mae Sot, alors qu’il était auparavant réticent à discuter de son atroce expérience. “Après être arrivé, il a perdu le contrôle. Il a brisé des bouteilles et utilisé le verre pour s’entailler le bras“, explique le directeur de SAW, Aye Aye Mar. “Il ne parle pas, ne répond à aucune question qui lui est posée. Il n’a confiance en personne“. De tels dégâts psychologiques sont typiques chez les jeunes qui ont passé du temps dans l’armée, ajoute le directeur, qui a pris en charge une vingtaine d’anciens enfants-soldats birmans.
Win Sein explique que les adolescents dans son camp d’entrainement étaient forcés de dire aux lieutenants qu’ils avaient signé volontairement, et “parce qu’ils étaient effrayés par les sergents qui les recrutaient, ils mentaient à propos de leur âge“. Cet enrôlement des mineurs, qui est interdit par la loi en Birmanie, est le résultat des efforts du régime pour garder un nombre élevé de soldats dans la vaste armée birmane, plutôt qu’une directive directe de la junte, précise HRW. “Ce n’est certainement pas officiel – il n ‘y a pas de trace disant que cela vient du ministère de la Guerre basé à Naypidaw“. Selon Mathieson, il y aurait plusieurs milliers d’enfants membres de l’armée birmane, qui contiendrait jusqu’à 400.000 soldats.
Et le problème n’est pas confiné aux forces officielles en Birmanie, nation dirigée par les militaires depuis 1962 et enracinée dans une guerre civile dans les zones des minorités ethniques depuis son indépendance, en 1948. Un rapport des Nations Unies rendu public en mai nomme neuf groupes ethniques armés, en plus des forces militaires gouvernementales, qui recrutent et utilisent des enfants dans le conflit, notant par ailleurs un “accès extrêmement limité” pour observer le phénomène.

Des cibles faciles pour les militaires
Win Sein, qui avant son recrutement forcé, s’est enfui de chez lui après des abus de son beau-père, explique que les enfants de la rue sont une cible facile pour les troupes d’Etat qui reçoivent de l’argent ou des récompenses pour remplir les quotas militaires. “Des soldats habillés en civil vont voir les enfants qui vivent dans la rue et leurs disent, ‘Hey petit frère, veux-tu un casse-croûte? Je vais t’en donner un’. Ces enfants sont affamés et n’ont pas à manger, alors ils sont heureux que quelqu’un achète quelque chose pour eux, et vont suivre l’homme“, précise Win Sein. Selon Steve Marshall, officier de liaison pour l’International Labour Organisation (ILO) en Birmanie, les enfants “ont tendance à être une cible idéale“, notamment les garçons seuls dans les marchés et les gares ferroviaires. Il explique que le plus jeune garçon connu ayant signé à ce jour était tout juste âgé de 11 ans.
Avec l’accord de la junte, le ILO prend en charge une procédure réservée aux familles pour porter plainte contre les affaires de recrutement de mineurs qui, si elles sont vérifiées, sont soumises au gouvernement pour obtenir la libération des enfants et des mesures disciplinaires à l’encontre de leurs recruteurs. Depuis 2007, plus de 100 victimes ont été libérées de leurs fonctions, et de nombreux militaires réprimandés pour avoir participé à de telles affaires, dont trois ont été emprisonnés. Des formations sont aussi menées au sein de l’armée pour sensibiliser au respect de la loi. Mais “il n’y a pas de preuve suggérant que la situation s’est véritable améliorée“, ajoute Marshall.
Les jeunes poussés dans la bataille peuvent voir leur enfance détruite, leur futur incertain et – pour les déserteurs comme Win Sein – la crainte persistante de la punition. “Je voudrais voir ma mère et ma sœur de nouveau, mais je n’ose pas les contacter car je ne veux pas qu’elles aient de problèmes“, explique-t-il. “Je ne veux pas non plus qu’elles sachent par quoi je suis passé.


juil 12 2010

A Fight over a Bamboo Hat

source : The Irrawaddy - By KYAW ZWA MOE

Burmese democracy champions are doing just what makes the country’s ruling generals happy. They’re fighting over a bamboo hat.

A bamboo hat?

Exactly. More specifically, it is a traditional Burmese bamboo hat usually used by farmers in rural areas. But before we go into the details of the fight, remember that the leaders of the country’s main opposition party, the National League for Democracy and the recently formed breakaway political party, the National Democratic Force (NDF), were, only a few months ago, sitting together in the NLD headquarters at Shwegondaing, Rangoon.

They were working together to achieve the goal of democracy, and many of the main players had faced the same bitter experience of imprisonment by the junta. They were democracy’s champions.

Now, the hat story. You may have seen some of the beautiful portraits of a smiling Aung San Suu Kyi wearing a kha mauk (in Burmese) hat. Those popular images of the detained NLD leader will never be erased from the pages of Burmese history: Suu Kyi and the kha mauk, the kha mauk and the NLD, the NLD and its loyal voters who marked “X” beside the kha mauk symbol on voting ballots, which also carried other parties’ symbols.

“Mark ‘X’ beside the hat, achieve the people’s victory,” became a memorable slogan during elections in the past two decades. With the hat symbol, the NLD won the election by a landslide. So the hat is now an historical symbol. It belonged to the NLD. That’s the background.

Here’s the news: the NDF  registered its party with a kha mauk image in June, although it was not a facsimile copy.

Senior NLD leaders said the NDF “stole” their kha mauk symbol.

Here’s the verbal dueling in the turf war between NLD and NDF leaders in recent days.

Nyan Win, a NLD spokesperson, said, “Their symbol is an imitation of ours.”

Khin Maung Swe, a founding NDF leader, said, “The symbol is not the property of the NLD, and it was not copyrighted.”

Nyan Win: “We have evidence that the kha mauk is the symbol of the NLD. It is misleading and against the law for another party to use an imitation of our symbol.”

Khin Maung Swe: “They are quite different. The design of our hat symbol is different from that of the old NLD and ours includes two overlapping stars above the hat.”

Ohn Kyaing, an NLD executive member, said, “The NDF’s seal is a kha mauk under two stars. However, a kha mauk is a kha mauk, and it was the recognized logo of the NLD in the last election.

Dr Than Nyein, another NDF leader, said: “U Khin Maung Swe was the person who suggested to choose the kha mauk as a symbol for the NLD in the 1990 elections.”

Nyan Win said: “Our letter of complaint to the Election Commission office asks that the NDF not be allowed to use the kha mauk symbol.”

Dr. Than Nyein said: “The Election Commission will decide whether the NDF can use the symbol or not.”

Former friends are now fighting each other, and a common foe has become the judge and jury.

But, the fight over the hat is not really about the hat. Underneath the fight, there is an ideological issue— the wisdom of taking part in the junta’s upcoming elections or not to contest. That was one divisive issue that separated different NLD factions before it voted not to contest and register as a political party.

One faction held to their core principles: the upcoming election won’t be free and fair; the electoral laws are repressive and would  require the expulsion of Suu Kyi and political prisoners; the 2008 Constitution is undemocratic; all political prisoners must be released.

Yet other NLD politicians saw the elections as an opportunity to create a small democratic space within the future parliament, even though they understood the election would not be truly democratic. The NDF is part of that camp.

So as a result, the NLD was divided over the election. So are other pro-democracy groups. But, at this stage it seems that some opposition factions are their own worst enemies, and the generals must be enjoying the farce.

What the people really want to see is a united democratic opposition that can effectively counter the powerful military government.

But this hat fight is a symbol of disunity among the democratic opposition.