mai 31 2010

Burma’s Opposition Not Optimistic About US Sen Webb’s Visit

source : The Irrawaddy - By SAW YAN NAING

Burma’s opposition and ethnic group leaders do not believe that US Sen Jim Webb, who begins a three-day visit to to the country on June 4, will achieve any important progress for the people of Burma.

This will be the second trip to Burma within one year for Webb, who has played a key role in reshaping the Obama administration’s Burma policy.

US Senator Jim Webb (Photo: Reuters)

Webb’s first trip to Burma came in August 2009, soon after the US instituted a policy of engagement with the Burmese junta. He met Snr-Gen Than Shwe and imprisoned political leader Aung San Suu Kyi, and also obtained the release of an American prisoner, John Yettaw.On the visit beginning June 4, Webb plans to hold a variety of meetings with government officials, military officials, business leaders and U.S. diplomats. It is unclear whether he will once again meet with Than Shwe and Suu Kyi.

Webb has been critical of US sanctions on Burma and is seen by some opposition leaders as supportive of the coming election. Several opposition leaders interviewed by The Irrawaddy indicated that Webb’s trip was more a positive sign for the Burmese regime than for opposition groups, ethnic groups and the people of Burma.

Win Tin, a leading member of the now-defunct National League for Democracy (NLD), Burma’s main opposition party prior to its dissolution by the regime on May 7, said he doesn’t think Webb will achieve any progress towards democratic reform in Burma, and doesn’t welcome the visit.

“He [Webb] doesn’t have good sympathy for Burma,” Win Tin said. “For me, I think it is unnecessary to meet him. Even if I have the chance, I won’t meet him because his work will not have a positive impact for Burma’s democratic movement and the people of Burma.”

“I also think it is not good for Daw Suu [Aung San Suu Kyi] to meet him,” he added.

Aye Tha Aung, A Rangoon-based Arakanese politician who is the chairman of the Arakan League for Democracy, said, “He [Webb] seems only to support the Burmese regime and ignores the democracy struggle the opposition groups and ethnic people have been fighting for.”

Aye Tha Aung said he does not think that Webb will help Burma because he believes the senator supports the upcoming election, which he said is not the solution for political conflicts in Burma.

Webb did not meet with ethnic leaders on his previous visit in 2009, and Aye Tha Aung does not think he will meet with them on this visit either.

Bo Kyi, the joint secretary of the Thailand-based Assistance Association for Political Prisoners (Burma), said, “We don’t expect much from his [Webb's] trip. There are not many positive results that can be achieved for the opposition.”

In contrast to Win Tin, however, Bo Kyi believes that Webb should not meet and talk with Burmese generals alone, but also with opposition groups and ethnic leaders in order to understand the political conflict in Burma. “He needs to meet with opposition groups and listen to them carefully,” he said.

Bo Kyi speculated that the regime might release some prisoners—but perhaps not political prisoners—during Webb’s visit so the junta can take credit for the event.

“The Burmese regime might grant some minor requests by Webb, but not significant ones such as the release of democracy leader Aung San Suu Kyi, 88 Generation Student leader Min Ko Naing and other political prisoners,” Bo Kyi said.

David Steinberg, a Burma specialist at Georgetown University, seems to agree, saying that the visit might be used by the junta to symbolically release political prisoners to show to the world that it is making some concessions prior to this year’s election.

In response to a question during a discussion on Burma at the Woodrow Wilson Center for Scholars, a Washington-based think tank, Steinberg said, “They may do this [release prisoners] during the visit of [Sen] Webb, because they know that he is a very important advocate of the change in the US policy.”

Thakin Chan Tun, a veteran politician in Burma, said Webb can urge the regime to take actions the US wants to see, but can’t influence Burma’s generals.

“Burma depends solely on the generals. They control everything. It all depends on Than Shwe,” Chan Tun said.


mai 27 2010

Birmanie : 20e anniversaire de la victoire du parti d’Aung San Suu Kyi

source : leparisien.fr

Des opposants birmans ont marqué jeudi la victoire du parti d’Aung San Suu Kyi, qui a remporté les dernières élections en Birmanie il y a 20 ans sans jamais accéder au pouvoir, tandis que des défenseurs des droits de l’Homme ont appelé la communauté internationale à faire pression sur la junte.
Raveendran

Des opposants birmans ont marqué jeudi la victoire du parti d’Aung San Suu Kyi, qui a remporté les dernières en Birmanie il y a 20 ans sans jamais accéder au pouvoir, tandis que des défenseurs des droits de l’Homme ont appelé la communauté internationale à faire pression sur la junte.
Les militants se sont réunis dans la demeure de Tin Oo, vice- de la la Ligue nationale pour la (LND) qui avait très largement remporté les législatives du 27 mai 1990 (392 des 485 sièges).

Les résultats de ce scrutin n’ont jamais été reconnus par les militaires au pouvoir depuis 1962 et qui, depuis deux décennies, maintiennent la figure de proue de l’opposition Aung San Suu Kyi en prison ou en résidence surveillée.

“La LND s’est battue dans des situations très difficiles au cours des deux dernières décennies”, a déclaré Tin Oo.
Des législatives sont prévues fin octobre ou début novembre. Qualifiées de “mascarade” par des dirigeants occidentaux et une bonne partie de la communauté internationale, ce seront les premières depuis celles de 1990.
La Ligue, qui avait annoncé fin mars qu’elle boycotterait le prochain scrutin organisé par la junte du généralissime Than Shwe, a été dissoute début mai. Une participation l’aurait obligée à exclure de ses instances la lauréate du prix Nobel de la paix, ce à quoi elle s’est refusée.
“Nous avons dit que nous poursuivrions notre travail social, mais c’est aussi un peu de la politique”, a poursuivi Tin Oo.
Les partisans de la LND ont marqué l’anniversaire en promettant une assistance éducative aux membres des familles des prisonniers politiques en Birmanie (2.100 dont 428 de la LND) et en plantant trois arbres dans l’enceinte de la demeure de Tin Oo.
“La LND est toujours là. Nous continuerons d’essayer tant que nous sommes autorisés à travailler officiellement”, a dit à l’AFP une militante, Phyu Phyu Thin. “Nous continuerons de travailler pour l’avenir de cet esprit politique”, a renchéri Mya Mya Yee.
La LND paye pour son refus de céder aux exigences des généraux, dont les lois électorales stipulent qu’un parti ne peut conserver parmi ses membres un prisonnier politique.
Plusieurs membres de la Ligue ont annoncé qu’ils créaient une nouvelle formation d’opposition pour participer aux élections. Une démarche intervenue alors qu’une partie de la LND, notamment la jeune génération, contestait la ligne dure adoptée par les cadres historiques, des octogénaires usés par les années de détention et que leurs détracteurs jugent déconnectés de la réalité.
Ces élections “semblent destinées à donner au régime militaire un visage civil”, a estimé l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch.
HRW a appelé les alliés diplomatiques et commerciaux du régime birman, la Chine, l’Inde, la Russie ou Singapour, à “insister pour que les prisonniers politiques soient libérés immédiatement et qu’un processus politique général crédible” soit organisé.
Elle a aussi exhorté la communauté internationale à imposer des sanctions “plus ciblées et graduées” contre les militaires birmans et leurs partenaires financiers.
L’Union européenne (UE) et l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), réunis mercredi à Madrid, ont appelé la junte à organiser des élections “crédibles et transparentes”.
Washington vient de prolonger d’un an les sanctions imposées par les Etats-Unis à la Birmanie et envoie à nouveau un émissaire dans ce pays, le sénateur Jim Webb.
La Birmanie déjà fait savoir début mai qu’elle pouvait se passer d’observateurs étrangers lors des élections.


mai 26 2010

Birmanie : Wen Jiabao rencontrera la junte

source : le figaro

Le premier ministre Wen Jiabao devrait rencontrer la semaine prochaine en Birmanie les dirigeants de la junte et discuter de projets de coopération énergétique et de livraison d’aide, a indiqué un responsable chinois.

M. Wen doit notamment rencontrer le généralissime Than Shwe et le Premier ministre Thein Sein, a annoncé le vice-ministre des Affaires étrangères Zhang Zhijun à la presse. “Les deux pays signeront un certain nombre d’accords de coopération concernant l’économie, le commerce, la finance, l’énergie, les sciences et la technologie”, a dit M. Zhang.

La Chine est l’un des rares alliés de ce pays isolé et pauvre mais dont le sous-sol est très riche en hydrocarbures et minerais. Le commerce bilatéral a atteint l’an dernier 2,91 milliards de dollars. “Nous allons offrir notre aide à la Birmanie, pour faire croître son économie et améliorer le bien-être de sa population”, a déclaré M. Zhang, évoquant les secteurs de l’éducation et des transports.

La Birmanie sera la dernière étape d’une tournée régionale qui conduira d’abord M. Wen en Corée du Sud et au Japon –dans un contexte de grave crise dans la péninsule coréenne– puis en Mongolie.


mai 25 2010

Five Years Added to Student Leader’s Sentence

source : The Irrawaddy By BA KAUNG

Kyaw Ko Ko made three dramatic escapes, but his luck finally ran out in 2008, when Burmese authorities arrested him for his role in the 2007 Saffron Revolution and he was sentenced to three years in prison for possesing illegal videos.

On Friday, with his first sentence set to expire in one year, the junta tacked on an additional five years for illegal asociation and subversion.

Kyaw Ko Ko delivers a speech to students in Rangoon during the 2007 Saffron Revolution.

Rahul Kyaw Kyaw Maung, alias Kyaw Ko Ko, 28, is the son of school teachers in Rangoon’s Tamwe township. In 2006, he was in Rangoon studying for his masters degree in economics when he was recruited by former political prisoners to engage in political activities.

“Though he received some influence from other individuals, he himself is well-read, calm and disciplined,” recalled a political activist who met Kyaw Ko Ko a few years ago.

Kyaw Ko Ko met the prominent 88 Generation Students’ leader Min Ko Naing in a monastery, where they were celebrating the anniversary of the student-led uprising in 1988. When Min Ko Naing and other 88 Generation Students’ leaders were re-arrested for their protests against the unannounced increase in fuel prices, and many former political prisoners consequently fled Burma for fear of persecution, younger activists like Kyaw Ko Ko stepped in to take a leadership role.

Representing the new generation of activists that has emerged since since the nationwide anti-government uprising in 1988, Kyaw Ko Ko attempted to rejuvenate the Burma Students’ Union, which had became active again during the 1988 uprising.

Although not an officially outlawed association, the Students’ Union had become virtually illegal since the 1962 military coup, despite the fact that it played an important role in the country’s independence struggle.

“At the court on Friday, my brother did not deny that he tried to reorganize the student’s organization, but he insisted to the judges that the organization is a legal organization,” said Kyaw Ko Ko’s sister.

When the Saffron Revolution broke out, Kyaw Ko Ko continued his dissident leadership role, and after the crackdown on protesting monks, Kyaw Ko Ko went into hiding in and around Rangoon.

In October 2007, a house in South Okkalapa township that Kyaw Ko Ko was hiding in was raided. He managed to escape by jumping off the balcony, but some of his friends were arrested.

Later, the police discovered him in a Rangoon monastery where he had been given refuge, but again he managed to escape. He eluded the authorities for a third time when they raided a snack bar in Rangoon’s Junction 8 Shopping mall where he was meeting with friends, who were all arrested.

Kyaw Ko Ko fled to Pegu, but returned to Rangoon in early 2008 to launch a no-vote campaign against the referendum over the junta’s controversial Constitution. Before the referendum was held, however, he was finally arrested.

The authorities found videos of the 1988 uprising in the place where Kyaw Ko Ko was hiding, and although family members said he had nothing to do with the videos, in 2009 Kyaw Ko Ko was sentenced to three years in jail after being convicted of violating Burma’s Video Act, which regulates uncensored videos, and sentenced to three years in jail.

Violation of the Video Act is one of the charges the regime used in handing down a heavy prison sentence to Burma’s famous comedian Zarganar, who is currently jailed in a remote prison.

On Friday, following a trial that was not covered by the state-controlled media, Kyaw Ko Ko received an additional five-year jail sentence for unlawful association and subversion, which according to his defense lawyer, Aung Thein, he is alleged to have committed during the monks’ protests in 2007.

“He gave a speech to the crowds in 2007 in front of the Rangoon city hall while representing the students, and this entails the first charge of unlawful association. The same fact becomes the basis of the second charge for subversion,” Aung Thein said. “I believe this is nothing but an attempt to lengthen his prison term.”

“I am not frustrated.

I will try to survive the prison life,” Kyaw Ko Ko told his sister during his Rangoon court appearance last week.

The 2007 Saffron Revolution saw the arrest and incarceration of other young activists in Burma, such as blogger Nay Phone Latt and hip-hop singer Zay Yar Thaw, who joined their activist predecessors in jails across the country.

And 2007 was not the first time Burma’s young activists have been persecuted following the 1988 uprising. In 1998, many young dissidents were arrested and given long prison sentences, some exceeding 50 years. Many of these activists are still behind bars, according to the Thailand-based Association of Assistance for Political Prisoners in Burma (AAPP).

Currently, while the regime is preparing to hold Burma’s first election in twenty years, more than 2000 political prisoners are estimated to be in jails across the country. Under the regime’s election laws, all of them are barred from the voting process and do not have the right to be a member of any political party.

“My brother is against the election this year. He has no faith in this at all,” Kyaw Ko Ko’s sister said.


mai 17 2010

Le lourd tribut des écoles birmanes

source : youphil.com - contributeur Jean-Matthieu Gautier (Enfants du Mékong Magazine)

Face à un système éducatif totalement désemparé, les enseignants birmans se débrouillent comme ils le peuvent, sous le regard indifférent de la junte.

En haut de l’escalier aux marches gémissantes, la petite lueur de la fenêtre figure une sorte d’espoir à atteindre. Sur le palier du petit appartement, les murs polis au beige blafard, çà et là maculés de salissures manifestement tenaces, sont une déconvenue. Le fauteuil avancé par monsieur Kyaw* affirme à son tour le dénuement ambiant tandis que les biscuits et le thé qu’il propose dans la foulée apparaissent comme une manière d’excuse.

Au fond de la pièce, la lumière du jour éclaire un tableau, des pupitres et un alignement de petits bancs de bois pour le moment vides. M. Kyaw s’installe dans le fauteuil en vis-à-vis et sa femme à côté. C’est lui qui commence à parler.

Lui, sa femme, leur fille et une de leurs belles-filles, tous quatre enseignants, ont transformé leur petit appartement du centre de Rangoun en école privée. “Les élèves viennent après la classe officielle et pendant les vacances, parfois même avant la classe, tôt le matin, commence à expliquer M. Kyaw, avant de s’assombrir soudainement. Parler de nos problèmes est très dangereux“, dit-il.

Mais après un silence pesant, il reprend, arguant qu’après tout il faut que ces choses-là se sachent et que, du reste, le gouvernement devra bien un jour assumer sa part de responsabilité“. Car c’est lui qui, assignant seulement 0,9% du PIB à l’éducation, a créé les conditions de ce système parallèle désormais parfaitement admis des tuition fées”.

Un non-choix coûteux

Les écoles privées – plus ou moins clandestines car condamnées par les autorités – représentent ainsi une sorte de pis-aller,la garantie pour les professeurs d’espérer des revenus à peu près décents à la fin du mois. “Faites le calcul vous-même, embraye M. Kyaw, quand j’étais professeur dans la fonction publique, je gagnais 40.000 kyats par mois [40 € environ, NDLR]. Aujourd’hui à la retraite, j’en gagne à peine 20 000… Et un sac de riz équivalant à la consommation d’un adulte pendant un mois coûte 22 000 kyats. Que faut-il ajouter?”

Sans argent et sans possibilité d’en demander davantage au gouvernement, les professeurs ont commencé à se sentir acculés. Certains ont choisi de se lancer dans des petits boulots en plus de leurs cours et c’est en toute logique qu’ils se sont mis à donner des cours supplémentaires.

Au départ pourtant, les ‘tuitions correspondaient surtout à des cours de soutien scolaire comme il en existe dans tous les pays du monde, explique posément M. Kyaw, mais très vite, essentiellement pour les raisons économiques que l’on sait, le phénomène s’est accru jusqu’à devenir une véritable institution“.

Aujourd’hui, la plupart des professeurs qui enseignent dans le public bâclent purement et simplement leurs cours et donnent rendez-vous à leurs élèves pour le soir. C’est alors seulement qu’ils commencent à enseigner, que les élèves peuvent poser des questions, obtenir des réponses et sortir ainsi d’un système basé sur la répétition et le par cœur.

Absurdités gouvernementales

Parallèlement, M. Kyaw avance une autre explication liée, elle, à l’histoire mouvementée et aux atermoiements du ministère de l’éducation: “En 1962, les cours se faisaient en anglais,lâche-t-il un brin affligé. En 1965, l’anglais a été banni, les cours se sont faits en birman. En 1984, à nouveau, les cours sont revenus à l’anglais. Résultat: toute une génération de parents se retrouvent incapables de venir en aide à leurs enfants pour les devoirs. Pire, toute une génération d’enseignants, incapables de dispenser des cours dans un anglais correct, sont montés en chaire sans savoir de quoi ils parlaient“.

Comme bon nombre de ses amis professeurs, M. Kyaw désapprouve le système des “tuition fées”, qui prend parfois les apparences d’un chantage ou d’une grande arnaque. “Mais il n’y a pas d’autre moyen“, plaide-t-il. “Ce système est le seul à permettre à la fois un niveau d’études correct pour les élèves et des revenus décents pour les professeurs“.

Et pour les familles pauvres? La réponse fuse: “Le gouvernement ne s’intéresse pas aux gens pauvres“. Rectification: existe-t-il une solution pour les familles pauvres qui ne peuvent pas investir dans les cours du soir? “Il y en a pour toutes les bourses, mais il faut bien admettre que le nombre d’élèves qui réussissent leurs examens sans passer par les ‘tuitions’ est extrêmement faible”.

Nostalgie du passé

Dans les rues de Rangoun, souvent à même le trottoir, on trouve de ces petites librairies improvisées qui témoignent à leur manière de l’inextinguible soif d’apprendre des Birmans. La Birmanie compte un nombre encore très important d’écrivains – souvent publiés sous le manteau – et connaissait autrefois l’un des taux d’alphabétisation les plus élevés d’Asie du Sud-Est.

Aujourd’hui pourtant, certaines sources font observer que l’illettrisme en milieu rural est deux fois plus important que celui enregistré à l’époque coloniale et que si le taux de scolarisation officiel atteint 80 à 90%, la vérité le situe davantage autour de 58%.

Comment expliquer cet écart? La première semaine de scolarisation, en juin, est consacrée à “l’enrôlement” des élèves. Il s’agit alors de faire du chiffre et de remplir les salles de classe, quitte à forcer la volonté des parents ou des enfants. L’assiduité de ceux-ci après cette première semaine n’a pas d’importance.

De la même manière, les mouvements syndicaux birmans n’hésitent plus à dénoncer les classes surchargées (50 à 70 élèves en moyenne) et l’absence absolue de soutien de la part du gouvernement. Ils regrettent – dans un pays où le savoir est considéré comme un bien rare et précieux – que la formation des enseignants ne sert qu’à expliquer comment réprimer les mouvements étudiants.

La vérité, avoue Maung, un jeune étudiant rencontré dans un cybercafé, qui parle à voix basse et ne cesse de regarder autour de lui, c’est que le gouvernement s’accommode parfaitement du déplorable état de notre système éducatif. Maintenir les gens dans l’ignorance l’arrange“. De fait, que peut-on attendre de mieux d’un gouvernement qui consacre un budget de défense 28 fois plus élevé que ses budgets additionnés de l’éducation et de la santé?

* Tous les noms ont été changés.

* Cet article est paru dans le numéro 162 de la revue Enfants du Mékong Magazine


mai 15 2010

Obama prolonge les sanctions contre la Birmanie

source : cyberpresse.ca

Le président Barack Obama a prolongé d’un an les sanctions imposées par les Etats-Unis à la Birmanie, coupable selon lui de réprimer la démocratie, a annoncé la Maison Blanche vendredi.

Selon des documents officiels publiés par la Maison Blanche, M. Obama a décidé de proroger les mesures coercitives infligées en mai 1997 par le président Bill Clinton et renforcées ensuite à plusieurs reprises par George W. Bush.

«Parce que les actions et la politique du gouvernement birman continuent à représenter un danger extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis», les mesures prises en 1997 «doivent être prorogées», a indiqué M. Obama dans un message au Congrès.

Ces sanctions interdisent les investissements américains en Birmanie et les exportations vers la Birmanie de services financiers et frappent les importations de produits birmans aux Etats-Unis. Elles visent aussi des personnalités et des soutiens du régime ainsi que leurs entreprises.

Cette annonce intervient quatre jours après qu’un émissaire américain, Kurt Campbell, s’est entretenu lundi avec l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, complètement exclue des prochaines élections législatives, et a accablé de reproches le régime militaire à qui il a demandé des «mesures immédiates» de démocratisation.

Washington avait décidé en septembre 2009 d’entamer un dialogue avec la junte, constatant que les sanctions seules n’avaient guère de prise sur l’évolution d’un des régimes les plus fermés au monde. Mais les responsables américains font depuis régulièrement état de leur déception.


mai 13 2010

Aung San Suu Kyi conteste à nouveau sa condamnation

source : le nouvelobs

L’opposante birmane Aung San Suu Kyi a de nouveau fait appel de sa condamnation pour une infraction aux conditions de son assignation à résidence, l’an dernier, annonce son avocat.

“Il s’agit de notre dernier recours. Elle est innocente. Nous n’aurons peut-être pas le verdict que nous souhaitons, mais il est important d’entretenir l’attention de la communauté internationale”, a déclaré Nyann Win, précisant que l’appel avait été déposé lundi.

Agée de 64 ans, la lauréate du prix Nobel de la paix, qui a passé 15 des 21 dernières années en résidence surveillée, a été condamnée en août à un an et demi d’assignation à domicile pour avoir permis à un Américain de séjourner chez elle à Rangoun.

Un premier appel a été rejeté en février par la Cour suprême.


mai 12 2010

Birmanie : pas d’observateurs étrangers

source : Le Figaro

Tout est dit, assurément. C’est vraiment du grand guignol. Affligeant !!!!

La Birmanie peut se passer d’observateurs pour ses prochaines élections législatives, a affirmé aujourd’hui la presse officielle, en dépit des préoccupations internationales sur la légitimité du premier scrutin organisé depuis vingt ans dans ce pays gouverné par l’armée.

“Il n’est pas nécessaire que des groupes d’observateurs internationaux se rendent en Birmanie”, a déclaré le président de la commission électorale, Thein Soe, lors d’un entretien avec un émissaire américain dans le pays, selon le quotidien New Light of Myanmar.
“Des dispositions ont été prises pour assurer la tenue d’élections libres et équitables”, a-t-il assuré à l’émissaire Kurt Campbell, adjoint pour l’Asie de l’est et le Pacifique de la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton.
Thein Soe a également affirmé que les candidats seraient autorisés à nommer un représentant et un auxiliaire dans les bureaux de vote et que le décompte aurait lieu devant les électeurs.

Ces élections sont attendues fin octobre ou début novembre, mais nombre de pays, Etats-Unis en tête, ont fait part de leur scepticisme sur la transparence et la légitimité du processus contrôlé de bout en bout par les militaires au pouvoir.
La junte a promulgué des lois électorales qui excluent de facto l’opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi et interdisent aux partis de conserver dans leurs rangs des prisonniers politiques.

M. Campbell, qui s’est entretenu à huis clos lundi avec l’opposante, a accablé de reproches le régime militaire à qui il a demandé des “mesures immédiates” de démocratisation.
“Ce que nous avons vu jusqu’à présent nous laisse penser que ces élections seront dépourvues de légitimité internationale”, a-t-il déclaré peu avant son départ.

Le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a boycotté le scrutin afin de pas être obligé, conformément à ces lois, d’exclure sa fondatrice qui purge une peine de résidence surveillée. La LND a été en conséquence dissoute la semaine dernière.

Les précédentes élections avaient eu lieu en 1990 et avaient été largement remportées par la LND, mais les généraux au pouvoir depuis 1962 n’en avaient jamais honoré le résultat.


mai 10 2010

Birmanie : un émissaire américain rencontre Aung San Suu Kyi et accable la junte

source : LeTemps.ch

Un émissaire américain s’est entretenu lundi avec l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, complètement exclue des prochaines élections législatives, et a accablé de reproches le régime militaire à qui il a demandé des “mesures immédiates” de démocratisation.

Kurt Campbell, adjoint pour l’Asie de l’est et le Pacifique de la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton, et Mme Suu Kyi, figure de la résistance au régime birman depuis plus de vingt ans, se sont entretenus à huis-clos dans une résidence des invités du gouvernement.

Avant de quitter la Birmanie, le diplomate américain a violemment critiqué la junte.

“Ce que nous avons vu jusqu’à présent nous laisse penser que ces élections seront dépourvues de légitimité internationale”, a-t-il déclaré. “Nous demandons au régime de prendre des mesures immédiates pour ouvrir le processus” à l’opposition.

M. Campbell, censé rouvrir le dialogue avec la junte dans le cadre de la nouvelle politique du président Barack Obama, avait déjà rencontré la lauréate du prix Nobel de la paix en novembre 2009 à Rangoun.

Mais depuis cette première visite, le régime du généralissime Than Shwe a promulgué des lois électorales qui excluent Mme Suu Kyi des élections, attendues fin octobre ou début novembre.

Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a boycotté le scrutin afin de pas être obligé, conformément à ces lois, d’exclure sa fondatrice qui purge une peine de résidence surveillée. La LND a été en conséquence dissoute la semaine dernière.

Un groupe d’ex-cadres de la LND a immédiatement décidé de créer une nouvelle formation politique, très vraisemblablement avec l’idée de présenter des candidats aux élections.

“Bien que nous soyons profondément déçus par la réponse du gouvernement birman, je reste plein d’espoir grâce à ceux, en dehors de ce gouvernement, que j’ai rencontrés”, a ajouté Kurt Campbell.

“Je respecte la décision difficile des partis politiques (…) C’est le droit des peuples libres de prendre des décisions par eux-mêmes”.

Washington avait décidé en septembre 2009 d’entamer ce dialogue avec la junte, constatant que les sanctions seules n’avaient guère de prise sur l’évolution d’un des régimes les plus fermés au monde. Mais les responsables américains font depuis régulièrement état de leur déception.

“Ils savent que le processus sera affreusement lent”, estime Aung Naing Oo, analyste birman en exil. “L’actuelle politique américaine risque de se retrouver dans l’impasse entre les demandes à Washington et l’intransigeance des Birmans”.

Récemment, le Premier ministre Thein Sein et 22 autres membres de la junte ont quitté leurs fonctions militaires et déposé une demande de création d’un parti pour s’engager dans la campagne électorale. La démarche n’a pour l’heure convaincu personne.

Lundi, M. Campbell a aussi rencontré d’ex-cadres de la LND. “Nous trouvons l’approche américaine très molle par rapport à ce qu’est ce gouvernement militaire”, a regretté Win Tin, un des cadres historiques de la Ligue.

“Le gouvernement militaire fera ce qu’il voudra et nous avons demandé des actions politiquement et économiquement plus fortes” de la part des Etats-Unis, a-t-il ajouté.

Le dernier scrutin législatif en Birmanie date de 1990. La LND l’avait très largement remporté mais le résultat n’a jamais été reconnu par les militaires.

Pour Win Tin, le prochain est joué d’avance. “Il n’y aucun moyen d’obtenir les élections crédibles que le monde entier demande”, a-t-il estimé, insistant pour que “le résultat des prochaines élections ne soit pas reconnu”.


mai 9 2010

La Birmanie autorise un émissaire américain à rencontrer Aung San Suu Kyi

source : le monde.fr  avec AFP

La junte birmane va autoriser un émissaire américain à rencontrer lundi 10 mai à Rangoun l’opposante Aung San Suu Kyi, assignée à résidence, a déclaré samedi un responsable du régime militaire, sous couvert d’anonymat.

L’émissaire américain Kurt Campbell, adjoint de la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton pour l’Asie de l’est et le Pacifique, doit arriver dimanche dans la capitale birmane Naypyidaw et y rencontrer le premier ministre Thein Sein. Lundi, “il se rendra à Rangoun pour rencontrer Daw Aung San Suu Kyi et des partis politiques”, a ajouté ce responsable, utilisant le terme “Daw” qui est une marque de respect en Birmanie.

Vendredi, un responsable du département d’Etat américain avait conditionné le déplacement de M. Campbell à une rencontre avec la lauréate du prix Nobel de la paix, toujours assignée à résidence. Aung San Suu Kyi, 64 ans, a passé quatorze des vingt dernières années en détention.
M. Campbell avait déjà pu rencontrer Mme Suu Kyi en novembre 2009 à Rangoun.

Chargé, dans le cadre de la nouvelle politique du président Barack Obama, de rouvrir le dialogue avec la junte militaire, un des régimes les plus fermés au monde, il avait alors été le plus haut responsable américain à se rendre en Birmanie depuis quatorze ans.