avr 30 2010

Birmanie : le PM forme un parti politique

source : AFP

Le Premier ministre birman, qui vient de renoncer à ses fonctions militaires, a déposé une demande pour former un nouveau parti politique avant les premières élections législatives dans le pays depuis 20 ans, a-t-on appris de sources officielles.

Thein Sein s’est enregistré hier avec 26 autres responsables devant la Commission électorale pour former le “Parti de la solidarité et du développement de l’Union”, selon les quotidiens Myanmar Ahlin et New Light of Myanmar.
Des sources officielles ont par ailleurs confirmé que Thein Sein présiderait cette nouvelle formation, à laquelle se joindront des personnalités comme le ministre de l’Agriculture Htay Oo, et le ministre de l’Industrie Aung Thaung.

Le général Thein Sein et 22 autres membres de la junte militaire au pouvoir avaient quitté lundi dernier leurs fonctions militaires, souhaitant apparemment donner une forme civile au gouvernement avant les élections.
“Ils ne feront que changer d’uniforme. Leurs positions resteront les mêmes qu’avant”, avait précisé un responsable birman.
Le New Light of Myanmar précisait aujourd’hui que 25 organisations avaient déposé un dossier d’enregistrement pour le scrutin. 12 ont été acceptées, les autres sont en voie d’examen.

La junte est dirigée par le généralissime Than Shwe. La Birmanie n’a connu que des régimes militaires depuis 1962.
La communauté internationale a vivement critiqué des lois promulguées en mars en prévision des prochaines élections, qui excluent de facto l’opposante Aung San Suu Kyi, en résidence surveillée à Rangoun.
Ces lois interdisent en effet aux partis de conserver dans leurs rangs des prisonniers politiques. La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi a annoncé qu’elle boycotterait le scrutin, ce qui devrait entraîner sa dissolution.
La date exacte des élections n’a pas été annoncée mais le scrutin est attendu en principe fin octobre ou début novembre.


avr 29 2010

Au Bangladesh, la « prison à ciel ouvert » des Rohingyas birmans

source : La Croix

Musulmans originaires de Birmanie et chassés de leur pays, certains ont obtenu le statut de réfugiés au Bangladesh. Mais la majorité d’entre eux restent « illégaux » et vivent dans la misère

Des hordes d’enfants oisifs, parfois entièrement nus, courent et jouent çà et là. Un sac en plastique auquel est accroché un fil se transforme en cerf-volant, des cailloux en osselets, une tige végétale en corde à sauter. Sur les collines de Kutupalong près de Cox’s Bazar, dans le sud du Bangladesh, la vie s’invente dans la misère d’un bidonville.

Les enfants cherchent à tromper le vide de leur existence que ni leur pays d’origine, la Birmanie, ni leur pays d’accueil, le Bangladesh, ne veulent reconnaître. Ils sont les enfants d’un peuple apatride et discriminé, rayé des cartes et privé de droits : les Rohingyas. Depuis la fin des années 1970, ce peuple fuit ses terres séculaires de l’Arakan, dans le nord de la Birmanie.

Minorité musulmane opprimée par la junte birmane pro- bouddhiste, les Rohingyas sont près d’un million à avoir pris la route de l’exil. Ils fuient vers le Bangladesh, mais aussi vers la Malaisie et l’Arabie saoudite. Parfois, désespérés, ils partent à l’aveugle sur des rafiots en pleine mer.

Les autorités refusent d’enregistrer d’autres réfugiés

Les Nations unies décrivent cette ethnie comme « l’une des plus persécutées au monde ». Mais leur tragédie laisse indifférente la communauté internationale. Environ 400 000 d’entre eux vivraient illégalement au Bangladesh, un pays déjà surpeuplé, accablé par la pauvreté, et dont la patience semble être à bout.

« La répression a débuté il y a neuf mois », assure Mustafa Attu, 52 ans, qui est arrivé récemment à Kutupalong, où s’entassent 20 000 réfugiés illégaux venus des environs. « La police s’est mise à faire des descentes pour nous emprisonner ou pour nous renvoyer en Birmanie, dit-il. J’ai pris peur et je suis venu ici avec l’espoir d’être protégé. »

Car sur l’autre colline de Kutupalong, sous l’administration du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), vivent les 28 000 Rohingyas qui ont obtenu, il y a plusieurs années, le statut de réfugiés. Ce « privilège » donne droit notamment à des rations de nourriture, enviées par les délaissés qui se massent aux portes du camp officiel, dans l’espoir d’y entrer. Mais les autorités refusent d’enregistrer d’autres réfugiés. « Ils doivent repartir chez eux », a déclaré le gouvernement de Dacca.

Les ONG sont dans une situation très délicate

En attendant, interdits de travail et à la merci d’arrestations, les « illégaux » de Kutupalong sont désespérés. « Nous mourons de faim », affirme Ali Zoar, arrivé en novembre. Lui s’est aventuré, un jour, hors du bidonville, pour chercher de l’eau. En chemin, la police l’a arrêté. Il a passé trois mois en prison et dit avoir été battu par les policiers. Sa femme, restée seule avec sept enfants, s’est trouvée sans ressources. « Alors je suis allée mendier, raconte cette dernière. Je partais toute la journée en laissant les enfants sans nourriture. Mon fils dont la santé était fragile est mort. »

Cet hiver, les rares organisations humanitaires présentes ont alerté et agité le spectre d’une crise humanitaire dans cette « prison à ciel ouvert ». L’organisation Physicians for Human Rights a accusé le Bangladesh de commettre des « violations des droits de l’homme » et de freiner l’accès de l’aide humanitaire. Résultat : les ONG sont dans une situation très délicate.

Action contre la faim et Médecins sans frontières, les seules à travailler à Kutupalong, n’ont pas souhaité s’exprimer. Tout comme le bureau régional de l’Office humanitaire de la Commission européenne (Echo), l’unique agence à financer une aide aux 33 000 réfugiés illégaux, avec 6,85 millions d’euros versés depuis 2007.

«Les jeunes partent travailler en cachette»

L’ONG Islamic Relief, au camp voisin de Leda, a eu moins de réserves. Et pour cause : elle plie bagage. « Le gouvernement ne nous soutient pas, lâche Thomas Oldfield, le responsable local. C’est dommage. Car à Leda, nous avions réussi à encadrer 14 000 Rohingyas. »

Au bidonville de Kutupalong, 18,3 % des enfants souffriraient de malnutrition sévère. Quatre jours plus tôt, Nurja, 30 ans, a perdu sa fille Mahamuda, âgée de 9 ans. « La petite avait de la fièvre, se souvient la mère, et nous n’avions rien à manger. » Son voisin, Imanshuri, 32 ans, intervient : « Avant, nous allions mendier auprès des Rohingyas du camp officiel. Maintenant nous sommes trop nombreux. »

Comment survivent les 20 000 Rohingyas de ce bidonville ? Peu à peu, les langues se délient. « Les jeunes partent travailler en cachette à l’extérieur, en passant par les collines », admet Imanshuri. Certains deviennent ouvriers agricoles, d’autres pêcheurs. Et la population locale gronde, accusant les Rohingyas de prendre son travail. La principale activité des réfugiés du bidonville consiste à couper du bois dans la forêt voisine, une autre source de mécontentement pour les autorités. Le bois est ensuite revendu aux réfugiés « enregistrés ».

Zahera se prostitue pour survivre

Ce n’est pas sans danger. Le mois dernier, Shazida Begum, 10 ans, est partie vers la forêt, comme à l’accoutumée. « J’étais avec 15 autres enfants, raconte la fillette. Deux policiers ont surgi. Nous nous sommes enfuis, mais j’ai été rattrapée. Les policiers m’ont mis un couteau sous la gorge. Ils m’ont dit qu’ils allaient me tuer. Ensuite… » Shazida a été violée. Et trois cabanes plus loin, c’est Teeva, 25 ans, qui a, elle aussi, été violée quinze jours plus tôt dans la forêt. D’après Imanshuri, les viols des femmes rohingyas seraient fréquents.

« Comme les Rohingyas n’ont aucune ressource financière légale, ils sont impliqués dans des activités criminelles, vols, trafics d’alcool, drogue et passeports », dénonce Khalid Hossain, officier de police de Teknaf, à la frontière de la Birmanie.

Les réfugiés sont certes poussés aux extrémités. Dans le camp, Zahera se prostitue pour survivre, « comme beaucoup d’autres femmes rohingyas ». Ses clients, des villageois, la paient 100 takas (1 €) la passe, dans sa hutte minuscule et en présence de sa fillette âgée de 4 ans. « Quand je suis à court d’argent, ajoute Zahera, je prie Dieu de m’envoyer des clients. »

Vanessa DOUGNAC, au Bangladesh

avr 28 2010

Total appelé à la «transparence financière»

source : Libération

C’est un appel lancé au groupe Total à plus de transparence financière en Birmanie. Il émane de 160 ONG internationales et birmanes (Secours catholique, Global Witness, etc.), anciens chefs d’Etat (un ex-Premier ministre norvégien, une ex-présidente irlandaise), syndicats et chercheurs. Dans ce texte, rendu public aujourd’hui, tous demandent au pétrolier français et à ses partenaires en Birmanie (l’américain Chevron et le thaïlandais PTTEP) de «publier des informations détaillées sur les sommes versées aux autorités birmanes depuis 1992 […] et sur le financement de ses projets socio-économiques». A cette date, Total signait avec les généraux un contrat pour l’exploitation du gisement de gaz de Yadana. L’an dernier, le pétrolier répondait aux accusations de l’ONG EarthRights International, qui l’accusait d’être le principal soutien de la junte, indiquant que l’Etat birman avait perçu, en 2008, 254 millions de dollars (190 millions d’euros). Et assurait être «favorable à la transparence financière». Les signataires de l’appel attendent que le pétrolier passe à l’acte.


avr 27 2010

Attaques contre une centrale hydroélectrique en Birmanie: 4 ouvriers blessés

source : romandie.com

Quatre ouvriers qui travaillaient sur le chantier d’une centrale hydroélectrique en Birmanie ont été blessés mardi lors d’une série d’attaques à la grenade, dix jours après des attentats similaires dans le nord du pays, a indiqué à l’AFP un responsable local.

Les engins ont explosé sur le site de la centrale en construction de Thaukyegat, dans la division de Bago (centre), à environ 220 kilomètres au nord-est de l’ex-capitale du pays Rangoun, selon la même source.

“Quatre ouvriers ont été blessés par trois attaques à la grenade”, a déclaré ce responsable sous le couvert de l’anonymat.

Le 17 avril, un ingénieur avait déjà été blessé lors d’attentats à la bombe sur le chantier d’un barrage controversé dans le nord de la Birmanie. Les explosions avaient visé plusieurs sites de la construction du barrage Myitsone, dans l’Etat Kachin (nord-est).

La construction du barrage de 3.600 mégawatts a été engagée en 2005 avec un partenariat entre la junte birmane et deux sociétés chinoises, China Power Investment Corporation et China Southern Power Grid Corporation (CSG).

Des associations de protection de l’environnement et des droits de l’Homme protestent contre ce barrage qui, construit a proximité de la confluence de deux rivières, devrait selon elles fortement perturber l’écosystème local.

Le 15 avril, trois bombes avaient également explosé dans un parc fréquenté de Rangoun en marge des célébrations du Nouvel an bouddhiste, faisant 10 morts et 170 blessés.

Deux autres attentats avaient été perpétrés en décembre et en mars en Etat Karen, faisant au total dix morts.

Ils avaient été attribués par la junte à l’Union nationale karen (KNU) qui se bat contre l’armée birmane depuis un demi-siècle pour obtenir l’autonomie de la région mais qui n’a rien revendiqué.


avr 23 2010

Birmanie : un journaliste et son fils arrêtés après les attentats

source : HNS

Reporters sans frontières et la Burma Media Association demandent aux autorités de fournir des explications sur les motifs de l’arrestation du journaliste et artiste Maung Zeya et de son fils à Rangoon. Ils pourraient avoir été interpellés pour avoir pris des photographies sur les lieux du triple attentat qui a visé les célébrations du nouvel an près de Rangoon.

“Si les deux hommes sont détenus pour avoir seulement pris des clichés des lieux des attentats qui ont récemment ensanglanté la Birmanie, alors ils doivent être libérés immédiatement. Il est légitime que les autorités cherchent les auteurs de ces lâches attaques meurtrières, mais il ne faut pas se tromper de cible en arrêtant des personnes qui ne faisaient que collecter des informations”, ont précisé les organisations.

Le 17 avril 2010, le journaliste et peintre Maung Zeya et son fils ont été arrêtés, vraisemblablement parce que le fils aurait pris des clichés sur les lieux de l’explosion des trois bombes au bord du lac Kandawgyi, près de Rangoon, lors des célébrations du nouvel an. Huit personnes sont mortes et 170 ont été blessées, dans cet attentat attribué à des groupes d’opposition en exil, par les autorités.

Selon les sources des organisations, la police les a ciblés car Maung Zeya est un ancien prisonnier politique. La presse officielle a publié des photographies des lieux de l’attentat.

Maung Zeya, âgé de 55 ans, est connu sous son nom de plume “Thargyi maung Zeya”. Il est le fils de l’écrivain Linnyone Maung Maung.


avr 22 2010

En Birmanie, les moines résistent toujours

source : La Croix

À l’approche des premières élections depuis vingt ans en Birmanie, la junte accentue son contrôle des monastères, craignant l’implication politique des moines

Les moines birmans font face à la police, le 26 septembre 2007, en chantant des prières. (AFP/DEMOCRATIC VOICE OF BURMA)

Sur l’étagère, à côté de la statuette de Bouddha, la bouteille d’eau a pris la poussière. U Siggawa (1) la garde comme une relique, dans la chambre qu’il partage avec quatre autres moines. Le souvenir d’un espoir déçu. « Ce sont des habitants de Rangoun qui me l’ont offerte pendant les manifestations », explique-t-il, assis près d’une fenêtre donnant sur le jardin ombragé du monastère, en plein centre de Rangoun.

En septembre 2007, comme des milliers d’autres bonzes, il était descendu dans les rues de la plus grande ville de Birmanie. À travers tout le pays, les moines demandaient une amélioration des conditions de vie de la population, l’une des plus pauvres du monde, assommée par le brusque doublement du prix de l’essence.

Le jeune homme espérait aussi pousser la junte à quelques réformes démocratiques. Un peu hâtivement surnommé « révolution safran », le mouvement avait été écrasé par les militaires après quelques semaines d’agitation.

Beaucoup de moines ont fui à l’étranger

Des centaines de moines et de nonnes avaient été alors arrêtés, battus ou torturés. Deux cent cinquante-trois religieux sont encore emprisonnés, selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques birmans, basée en Thaïlande. Le silence s’est abattu sur les monastères.

Beaucoup de moines ont fui à l’étranger, d’autres se sont cachés et ne sont toujours pas revenus. À 34 ans, U Siggawa a perdu de son enthousiasme. « Nous n’avons que la compassion bouddhiste contre eux. Aucun des moines que je connais n’est engagé en politique », soupire-t-il.

Il ne cache pas son mépris pour les élections que la junte compte organiser cette année, probablement en octobre ou novembre. Les militaires présentent le scrutin comme une nouvelle étape dans leur « feuille de route vers la démocratie ». « Elles n’ont d’élections que le nom, il n’y a aucun espoir là-dedans. Ils ont fabriqué ce scrutin pour conserver leur pouvoir », accuse-t-il.

Les lois électorales, publiées début mars, interdisent aux moines de voter ou de se porter candidats. Dans les pagodes, on redoute une intensification des contrôles à l’approche du scrutin. Depuis 2007, les monastères sont surveillés de très près. « Il y a des espions déguisés en moines, d’autres habillés en civil. Nous pouvons en reconnaître certains, mais pas tous », explique U Jotipala, pensionnaire d’un monastère de la banlieue de Rangoun.

En 2007, il avait participé aux marches pour contrebalancer « tout le mal causé par les généraux, qui font du tort à la religion ». Désormais, il ne se mêle plus ouvertement de politique. « Nous en discutons seulement entre nous, à l’intérieur des monastères. Je n’ose pas utiliser Internet, j’ai peur d’être arrêté et torturé », confie-t-il.

Difficile de parler de politique

Certains moines restent pourtant actifs. Sourire permanent aux lèvres, U Nayaka, 31 ans, rend visite plusieurs fois par semaine au père de l’un des plus célèbres dissidents politiques birmans, emprisonné depuis deux ans. Une démarche risquée, les familles des opposants étant très surveillées.

Ancien membre de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de l’opposante Aung San Suu Kyi, le moine s’est caché huit mois en dehors de Rangoun après les manifestations. Son monastère est très surveillé, parce que certains meneurs du mouvement s’y étaient réfugiés.

U Nayaka est revenu en mai 2008, pour aider les milliers de victimes du cyclone Nargis, abandonnées à leur sort par le gouvernement. « Certaines familles ne veulent plus envoyer leurs fils dans les monastères des grandes villes. Elles ont peur qu’ils s’impliquent en politique, et se mettent en danger », raconte-t-il dans le réfectoire de la pagode, où l’on entend les chants des jeunes novices.

« Même ici, il est difficile de parler de politique. Mais nous arrivons à envoyer des messages aux autres moines en exil. À l’université bouddhiste de Rangoun, les moines étudiants discutent énormément. Il n’y a pas d’actions concrètes pour l’instant, mais nous attendons notre chance. » Fermées après les événements de 2007, les universités bouddhistes ont rouvert il y a un an. C’est là que se retrouvent les moines les plus jeunes et les plus actifs.

La Sangha est surveillée de près

U Nayaka n’hésite pas à exprimer clairement ses objectifs politiques : « Je veux la démocratie en Birmanie. Je veux Aung San Suu Kyi comme dirigeante. Je veux la liberté pour le peuple. » Pour mener à bien ses activités, il compte sur la paresse des policiers locaux chargés de la surveillance de son monastère.

« Ils sont moins scrupuleux aujourd’hui qu’en 2007-2008. Ils ne rapportent plus nos moindres faits et gestes à leur hiérarchie, car ils sont alors obligés de mener une véritable enquête, sans être payés plus… Donc ils laissent tomber », sourit-il. La plupart des Birmans, moines ou laïcs, ne se privent d’ailleurs pas d’exploiter au quotidien ce genre de failles du système.

Mais la surveillance de la communauté des moines, la Sangha, se fait aussi au plus haut niveau politique. Le Conseil d’État Maha Nayaka, instance suprême du clergé bouddhiste, est directement contrôlé par le ministère de la religion.

« Tous ses membres sont des marionnettes, ce sont des “moines-oui” », résume U Visuddhi, le supérieur d’un autre monastère de Rangoun. Selon le magazine d’opposition en exil The Irrawaddy, le Conseil a prévu de réunir tous les moines supérieurs des différents ordres avant les élections. Une initiative inhabituelle, qui annoncerait un durcissement de la discipline dans les monastères.

Les moines, témoins des difficultés de la population

La junte prend très au sérieux l’influence des moines sur la population. Les gouvernements successifs ont toujours tenté de contrôler la Sangha, notamment par un soutien financier aux monastères. Les prêches sont soumis au contrôle des autorités. « Traditionnellement, les moines sont une force politique majeure. Il en a toujours été ainsi, même pendant la colonisation britannique et pendant la période de parlementarisme des années 1950. Ils peuvent encore jouer un rôle, mais cela dépendra de la brutalité du gouvernement à leur encontre », rappelle un journaliste birman.

Malgré la répression, les moines restent les témoins privilégiés des difficultés de la population birmane. Tous les matins, les religieux reçoivent leur nourriture sous la forme d’une aumône sacrée de riz, collectée de maison en maison. Ils repèrent donc immédiatement les familles qui ont du mal à joindre les deux bouts. « Nous avons encore assez de nourriture, mais nous voyons bien que les gens sont de plus en plus pauvres. Il y a davantage de mendiants dans les rues », remarque U Visuddhi.

Pour le vieux moine, la situation économique est pire qu’en 2007. « Les prix ne cessent d’augmenter, les gens ont moins d’offres d’emploi. Je connais des paysans qui ont perdu leur gagne-pain parce que le gouvernement a décidé de construire une route là où se trouvait leur champ. »

Le monastère ou la caserne

Régulièrement, des familles démunies viennent frapper à sa porte, demander argent ou nourriture. Le moine avoue être en colère contre le gouvernement, même si cela va à l’encontre de ses principes bouddhistes. Sans écarter la possibilité de nouvelles manifestations, il est persuadé qu’elles seraient de nouveau écrasées par le régime. En 2007, les soldats n’avaient pas hésité à tirer sur les moines qui manifestaient.

Bonzes et militaires sont pourtant moins éloignés qu’il n’y paraît. La plupart viennent de régions rurales pauvres. Pour sortir de la pauvreté, les jeunes garçons n’y ont souvent qu’une alternative : monastère ou caserne. La Birmanie compte un demi-million de moines, autant que de soldats. « Les uns sont extrêmement respectés par la population, les autres sont haïs. Ceux qui réussiront à manipuler ces deux groupes peuvent finir par l’emporter », affirme un journaliste.

À l’adolescence, U Siggawa a choisi d’entrer dans les ordres. Son frère a opté pour l’armée. Il a été tué lors d’une opération. Le moine retrouve parfois son cousin, soldat lui aussi. Leurs discussions nourrissent sa frustration. « Je lui ai demandé pourquoi ils ne faisaient rien, alors qu’ils ont des armes. Il m’a répondu qu’il devait avant tout prendre soin de sa famille, regrette-t-il. C’est pour cela que notre pays n’arrive pas à la démocratie. Les soldats n’ont aucune éducation, ils ne pensent qu’à ce qui leur appartient. »

(1) Tous les noms ont été modifiés.

Claire MARLI, à Rangoun

avr 21 2010

Les Birmans voient venir les élections avec l’envie d’y participer

source : La Croix

La société civile tente de se faire entendre à l’occasion du scrutin, même si chacun sait qu’il a été conçu sur mesure pour la junte

«C’est une occasion que nous ne pouvons pas nous permettre de manquer. » Dans le bureau de son ONG, dans une petite rue tranquille à l’écart de l’agitation de Rangoun, Soe Min (1) en est convaincu. Membre de l’ethnie Chin, l’une des nombreuses minorités birmanes, il compte bien se porter candidat aux élections législatives annoncées par la junte pour la fin de cette année.

Le scrutin, le premier organisé en vingt ans par la dictature militaire, est pourtant dénoncé comme une « escroquerie » par l’opposition en exil et par beaucoup d’observateurs internationaux. Fin mars, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), vainqueur des élections de 1990, a décidé de le boycotter.

Sa dirigeante, Aung San Suu Kyi, toujours en résidence surveillée, ne peut y prendre part, car les lois électorales interdisent aux personnes emprisonnées d’être candidates. Plutôt que d’exclure la lauréate du prix Nobel de la paix, la LND a préféré se retirer, jetant le doute sur la crédibilité des élections.

“La Constitution est injuste”

La perspective d’un scrutin libre, conforme aux standards internationaux, semble lointaine. « La Constitution est injuste, elle est conçue pour les militaires. Je ne veux pas aller voter, cela n’aurait aucun sens », regrette Min Win, un guide touristique de Rangoun. Adopté en 2008, le texte accorde une minorité de blocage aux militaires : 25 % des sièges du futur Parlement leur seront réservés. Il faudra au moins 75 % des voix des députés pour valider les lois. Mais le vote lui-même pourrait être relativement transparent.

Selon les lois électorales, le décompte des voix sera fait localement, devant les candidats. « Ce sera plus difficile pour le gouvernement de tricher que si tout était centralisé à Naypyidaw, la capitale », estime Maung Naing, rédacteur en chef d’un hebdomadaire de Rangoun.

Quoi qu’il en soit, beaucoup d’acteurs de la société civile ont décidé de s’engouffrer dans la brèche. « Qu’elles soient libres ou non, ces élections sont le premier espace que nous ayons depuis 1990. Il faut faire avec », argumente Soe Min. Il voit dans le scrutin l’occasion, pour les civils, de faire un premier pas, même minime, dans l’administration du pays.

« Je n’ai aucun doute sur le nom du vainqueur. Mais d’ici aux élections suivantes, en 2015, nous pourrons former les gens, travailler avec les députés. Les changements politiques de qualité prennent du temps. Plus que les manifestations de rue. »

L’éducation des électeurs :  un enjeu crucial

Les journaux privés, dont le nombre a explosé depuis quelques années, tentent d’informer leurs lecteurs sur le processus électoral. « Nous ne pouvons pas écrire sur la LND et sur Aung San Suu Kyi. Mais nous pouvons expliquer en quoi consiste l’élection, ce qu’elle signifie », explique Maung Naing.

En dehors de Rangoun et des grandes villes, la tâche se complique. Pour les Birmans les plus pauvres et les moins éduqués, la priorité reste la survie quotidienne, bien loin des débats politiques. « Les radios basées à l’étranger peuvent nous aider dans ce travail, car la radio est un média très écouté dans les régions rurales », souligne le journaliste. La BBC et Voice of America, entre autres, diffusent des programmes en birman très écoutés dans tout le pays.

L’éducation des électeurs est un enjeu crucial. La moitié des Birmans ont moins de 30 ans. Beaucoup de votants glisseront donc un bulletin dans l’urne pour la première fois de leur vie. Dans la rédaction de Maung Naing, il a fallu expliquer aux reporters, âgés de 20 à 30 ans, ce qu’étaient un parlement et une circonscription.

Les jeunes s’intéressent à la politique

« Depuis les manifestations des moines en 2007, les jeunes s’intéressent davantage à la politique. On apprend beaucoup sur Internet », explique Moe Naing, 28 ans, qui tient un blog en plus de son travail de journaliste. Rangoun compte des centaines de cybercafés. Des sites comme Facebook, épargnés par la censure, permettent aux jeunes de communiquer et de discuter des événements.

Pour la jeune génération, la participation de la LND et d’Aung San Suu Kyi n’est pas forcément un élément décisif. « Bien sûr, elle reste un modèle, mais nous devons aussi avancer sans elle. Moi, je trouve ces élections très excitantes, j’ai envie de m’impliquer », s’enthousiasme Mie Thet, étudiante à l’Egress, un organisme de formation professionnelle pour la jeunesse.

La principale interrogation reste pour l’instant l’identité des candidats. Les partis ont jusqu’au 7 mai pour s’enregistrer officiellement. Une dizaine de formations se sont déjà déclarées. Certaines sont clairement téléguidées par la junte. Quelques-unes, comme le Parti démocrate, sont dirigées par d’anciens prisonniers politiques.

(1) Les noms ont été modifiés.

Claire MARLI à Rangoun

avr 19 2010

Leading Parties Stay Away from Election

source : The Irrawaddy - By KO HTWE

Nineteen political parties to date have submitted applications to the Union Election Commission to take part in the Burmese general election later this year. However, most of the leading parties from the previous election, in 1990, have said they will not compete.

Of the 19 political parties that have registered, 16 are new parties, while only three are existing parties—the Mro or Khami National Solidarity Organization (MKNSO); the National Unity Party (NUP); and the Union Karen League (UKL).

Members of the National League for Democracy wave in the direction of the home of Aung San Suu Kyi on the banks of Inya Lake in Rangoon on April 17. According to tradition, on the first day of Burmese New Year, activists of NLD release fish into the lake and pray for the freedom of Suu Kyi who has been in detention without trial for more than 15 of the past 21 years. (Photo: Reuters)

The seven other existing parties—including Aung San Suu Kyi’s National League for Democracy (NLD)— have either not registered to date or have announced that they will not compete in the election due to the recent election law and the 2008 Constitution, both of which are regarded by observers as serving only to entrench military rule in Burma.

The notable exception is the NUP, formerly known as the Burma Socialist Programme Party, led by late dictator Gen Ne Win. In the 1990 election, the NUP came fourth with 10 seats and to date is the only major party to register.

In 1990, the MKNSO won one seat; the UKL won none.

The leading parties ahead of the NUP in 1990 were the NLD with a landslide 392 seats, the Shan Nationalities League for Democracy (SNLD) with 23 seats, and the Arakan League for Democracy (ALD), which won 11 seats. None are expected to register before the deadline on May 6.

Speaking to The Irrawaddy on Monday, Aye Thar Aung, the secretary of the ALD, said, “Most of the existing parties have not registered because they cannot accept the 2008 Constitution. The election will go ahead, I’m sure, but I don’t think it will be free, fair and inclusive.”

Aung Naing Oo, a Burmese political commentator living in exile, said that the existing political parties did not register with the Election Commission because most are allied with the NLD. Some parties, such as the SNLD, have had their leader arrested and so will not compete. Others believe the election will not be free and fair, he said.

“The parties that have registered to date are not allied with the NLD,” he added.

Of the 16 newly formed parties that have applied for registration, seven are ethnic minority-based parties: the Kachin State Progressive Party, led by Dr. Tu Ja; the Kayin People’s Party, which is headed by well-known Rangoon physician Dr. Simon Tha; the Shan Nationals Democratic Party, led by Sai Ai Pao Eik Paung; the Pa-O National Organization, led by Aung Kham Hti, a former monk and a politician who had a close relationship with former premier Gen Khin Nyunt; the Chin National Party; the Wa Democratic Party; and the Taaung (Palaung) National Party.

Rangoon-based parties to register include: the Union of Myanmar Federation of National Politics, headed by Aye Lwin, a former university student leader who took part in the 1988 uprising; and the 88 Generation Students Union of Myanmar (GSUM)ယ, led by Ye Htun, the brother of Aye Lwin.

The GSUM is distinct from the original 88 Students Generation group, led by prominent former students—including Min Ko Naing and Ko Ko Gyi—who are now in prison.

Aye Lwin, a 46-year-old former political prisoner, started his own political group in 2005. His close contacts with regime officials (he had a meeting with Rangoon’s mayor, Maj-Gen Aung Thein Lin, five months ago) have made him unpopular with young activists, who accuse him of accepting substantial financial support from them.

The remaining registered parties include the Democratic Party, which is led by Thu Wai, a former political prisoner. After the 1990 election, the Democratic Party was abolished.
Also registered are: the Union Democratic Party, headed by Shan leader Shwe Ohn; the Difference and Peace Party, led by Nyo Min Lwin; the New Era People Party, which is led by Tun Aung Kyaw; the National Political Alliance Party, led by Ohn Lwin; the Wunthanu NLD (the Union of Myanmar) party; and the Myanmar New Society Democratic Party.


avr 16 2010

Les artistes birmans jouent au chat et à la souris

source : Courrier International - The New York Times

Malgré la dictature, les artistes et leur public bravent la censure et la répression des autorités. Fêtes, concerts, expos, l’art s’exprime envers et contre tout, constate le New York Times.

Le site de l'artiste U Thxa Soe

Le site de l’artiste U Thxa Soe

Une musique tonitruante plane au-dessus de milliers de fans ivres assistant à un concert gratuit dans un parc. “On n’a pas la permission des parents mais on y va quand même”, confie une jeune fille.

Au Myanmar, il est interdit de posséder un fax sans autorisation, les rassemblements spontanés de plus de cinq personnes sont pratiquement interdits et les adversaires du gouvernement se retrouvent régulièrement enfermés pour des décennies. Malgré cette répression, ou peut-être en partie à cause d’elle, les jeunes testent les limites de ce que le gouvernement militaire considère comme acceptable en matière d’art et de divertissement.

Des expositions, dont certaines véhiculent discrètement des messages politiques risqués, ont lieu presque toutes les semaines à Rangoon, la capitale économique du pays. Un festival de musique underground se tient deux fois par an. Des concerts de hip-hop et des spectacles de danse attirent un public arborant des pantalons baggy.
Le site de l'artiste U  Thxa SoeU Thxa Soe, un artiste connu qui mélange les “danses des esprits” traditionnelles et un genre de techno, pense que le gouvernement tolère les concerts parce que ça convient à sa stratégie de contrôle. La réussite d’artistes comme M. Thxa Soe ne colle pas avec l’image de degré zéro de la liberté que reflète le Myanmar. Un pays où les organisations de défense des droits de l’homme recensent 2 100 prisonniers politiques.

Mais même s’ils le voulaient, les généraux ne pourraient probablement pas instaurer un totalitarisme à la nord-coréenne, estime la population. La société est trop indisciplinée, désorganisée et corrompue, les gens sont trop créatifs et le climat est trop chaud pour que la répression fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La police est connue pour sa brutalité mais ses membres souffrent eux aussi de torpeur tropicale. On voit souvent des agents piquer un somme à l’arrière d’un camion.

Ces deux dernières années, les possibilités de divertissement se sont rapidement étendues dans les grandes villes du pays. Le gouvernement lui-même a soutenu la création d’un championnat de football après des années sans le moindre match organisé. “Le gouvernement s’efforce de détourner les gens de la politique”, explique un homme d’affaires birman qui a fait ses études en Occident et souhaite conserver l’anonymat. “Il n’y a pas assez de pain mais beaucoup de jeux.”

Les gens d’ici spéculent régulièrement sur les activités que les autorités toléreront. Ainsi Rangoon compte aujourd’hui plusieurs stations de radio FM qui diffusent à la fois de la musique birmane et occidentale. L’année dernière, une société privée a même lancé la première chaîne de télévision du pays consacrée aux clips musicaux.

M. Thxa Soe connaît à la fois la rigidité des autorités et leur politique de “laisser-faire”. Il est l’un des musiciens les plus harcelés du pays : il se fait constamment rappeler à l’ordre par la censure, qui a interdit 9 des 12 morceaux d’un de ses récents albums. Il n’empêche que sa musique est très appréciée des fonctionnaires. Il plaisante parfois avec les agents du renseignement militaire affectés à la surveillance de ses concerts. Eux aussi sont fans. “Parmi les autorités, certains m’aiment et d’autres me détestent”, confie-t-il. L’une de ses chansons s’intitule On n’a pas d’argent, un titre qui semble avoir échappé aux censeurs. Pourtant la pauvreté est un sujet délicat au Myanmar : beaucoup attribuent les piètres performances économiques du pays à la mauvaise gestion et à la corruption des autorités.
Le site de l'artiste  anglais, Banksy
D’après les artistes, le processus d’approbation du comité de censure paraît souvent aléatoire et incohérent. U Thu Myat Aung, 24 ans, qui déclare s’inspirer de l’artiste de rue britannique Banksy, a présenté la première exposition de graffitis du pays le mois dernier, la veille de la fête des Paysans. “On voulait faire ça depuis 2003 mais on n’avait pas l’autorisation”, explique-t-il.

D’après un autre artiste, U Nyein Chan Su, qui s’est souvent attiré les foudres de la censure, les autorités semblent particulièrement méfiantes vis-à-vis de l’art abstrait. “Ils n’autorisent que l’art qu’ils comprennent. Ils ont peur que les artistes fassent de la politique en passant par l’art contemporain.” Il cite l’exemple d’un tableau qui représentait des femmes à l’expression contemplative et que les censeurs ont rejeté en disant : “Pourquoi ne peignez-vous pas des femmes qui sourient ?”


avr 15 2010

Trois bombes explosent dans un parc de Rangoun : neuf morts

source : AFP

Des personnes attendent devant les urgences à l’Hôpital général de Rangoun, le 15 avril 2010

Neuf personnes ont été tuées et 75 blessées dans l’explosion de trois bombes jeudi dans un parc fréquenté de Rangoun, en marge des célébrations du Nouvel an bouddhiste, a indiqué un responsable birman.

Les attentats ont frappé alors que des centaines de personnes se pressaient dans le parc de Kandawgyi pour le festival de l’eau, durant lequel il est de tradition de s’asperger mutuellement.

“Neuf personnes ont été tuées - cinq hommes et quatre femmes - et au moins 75 blessées”, a indiqué le responsable sous le couvert de l’anonymat.

La télévision d’Etat a cependant fait état d’un bilan de six morts.

Une quatrième bombe a été découverte et désamorcée, a précisé le responsable, sans donner de détails sur la nature des explosifs et leur puissance.

“Nous voulions juste participer au festival de l’eau et c’est arrivé”, a témoigné, les larmes aux yeux, une femme d’une quarantaine d’années, dont la soeur de 57 ans a été tuée et la nièce de 25 ans grièvement blessée. “Je suis extrêmement triste”, a-t-elle confié à l’AFP.

“De telles explosions, qui sont l’oeuvre de destructeurs, durant le festival de l’eau du Nouvel an sont une insulte au peuple”, a dénoncé le reportage diffusé par la télévision d’Etat en début de soirée.

Les explosions font suite à plusieurs attentats perpétrés ces dernières années en Birmanie, dont l’un a tué huit personnes en décembre et dont le dernier a fait deux morts en mars.

Ils ont été la plupart du temps attribués par les généraux au pouvoir à l’Union nationale karen (KNU) qui se bat contre l’armée birmane depuis un demi-siècle pour obtenir l’autonomie de la région.

Le régime militaire entend préserver “la stabilité de l’Etat” face aux revendications politiques et territoriales des minorités qui n’ont cessé de contester le pouvoir central depuis l’indépendance du pays, en 1948.

Les généraux, au pouvoir depuis 1962, ont repris en 2009 l’offensive face aux Karens et aux Kokangs, un groupe minoritaire sinisant, dans le nord-est reculé du pays, provoquant à chaque fois un exode massif de réfugiés.

Au total, 17 groupes armés et 40 petits groupes ethniques ont signé des accords de cessez-le-feu avec la junte depuis 1988.

Des élections législatives, les premières depuis vingt ans, doivent se tenir en Birmanie avant la fin novembre. La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l’opposante Aung San Suu Kyi a décidé de les boycotter, en rejetant les lois électorales promulguées par la junte.