fév 27 2010

Aung San Suu Kyi : Brown “consterné et attristé”

source : AFP Le figaro

Le Premier ministre britannique Gordon Brown s’est dit “consterné et attristé” par la décision aujourd’hui de la cour suprême birmane de confirmer la condamnation de l’opposante Aung San Suu Kyi à 18 mois d’assignation à résidence.

“Je suis consterné et attristé que l’appel d’Aung San Suu Kyi contre la condamnation imposée par le régime ait été rejeté”, a déclaré M. Brown, reconnaissant que ce n’était “malheureusement pas une surprise”.

“Du début à la fin, le seul objectif de cette parodie de procès a été d’empêcher Mme Suu Kyi de prendre part aux élections”, les premières depuis 20 ans, promises dans les prochains mois, a-t-il estimé.

“Dans ma lettre ouverte à Aung San Suu Kyi en décembre, je lui disais que cela devrait être une année historique pour la Birmanie”, a-t-il relevé. “Des élections libres, équitables et ouvertes au plus grand nombre permettraient au pays d’avancer, de tracer une voie nouvelle.”

“Mais tant qu’elle est tenue à l’écart de la vie politique et tant que 2.100 autre prisonniers de conscience restent incarcérés, les élections organisées par le régime ne seront pas reconnues et n’obtiendront aucune légitimité internationale”, a averti M. Brown.

La cour suprême a rejeté le recours des avocats d’Aung San Suu Kyi. La lauréate du prix Nobel de la paix, 64 ans, avait été condamnée en août 2009 à trois ans de réclusion et de travaux forcés pour avoir brièvement hébergé un Américain qui avait réussi à nager jusqu’à son domicile, situé sur les rives d’un lac.

La sanction avait été immédiatement commuée en une prolongation de la résidence surveillée à laquelle elle est astreinte sans discontinuer depuis 2003. Une cour d’appel a confirmé la sentence en octobre. Mme Suu Kyi a été privée de liberté pendant plus de 14 des 20 dernières années.


fév 26 2010

Birmanie : les élections voulues par les généraux mettent en péril l’avenir du pays

source : lemonde.fr - Frédéric Debomy

En libérant Tin Oo, vice-président de la Ligue Nationale pour la Démocratie de Madame Aung San Suu Kyi, le régime militaire birman a une nouvelle fois cherché à contenter une communauté internationale toujours tentée de  reconnaître les gestes de bonne volonté d’un régime qui compte pourtant parmi les plus brutaux de la planète. La levée de l’assignation à résidence du militant de 83 ans, en détention depuis 2003 pour subversion politique, ne peut être qu’une bonne nouvelle. Mais si le numéro 2 du principal parti d’opposition est désormais libre, Aung San Suu Kyi ne connaîtra pas le même sort. La “dame de Rangoun”, lauréate du prix Nobel de la paix 1991, ne semble pas devoir être libérée avant l’organisation par les généraux des élections législatives promises pour cette année (et qui selon certaines sources pourraient se tenir en octobre). La cour suprême vient en effet de rejeter le recours déposé par ses avocats et de confirmer sa condamnation à dix-huit mois d’assignation à résidence. Une donnée qui devrait convaincre, si c’était encore nécessaire, la communauté internationale du peu de crédibilité du processus mis en place par la junte.

L’enjeu électoral a récemment mobilisé toute la stratégie de généraux passés maîtres dans l’art de souffler le chaud et le froid. La libération de Tin Oo, survenue le 13 février, n’a pas empêché le régime de condamner quatre opposantes birmanes à deux ans de prison le jour même de l’arrivée à Rangoun du Rapporteur de l’ONU sur les droits de l’homme en Birmanie, M. Tomas Ojea Quintana. Ces partisanes d’Aung San Suu Kyi avaient été arrêtées en octobre 2009 pour avoir distribué des textes religieux à des moines bouddhistes, un acte qui leur vaudra l’accusation d’avoir troublé l’ordre public. En les condamnant ce 15 février aux travaux forcés, le régime a cherché comme toujours à tester les réactions de la communauté internationale pour savoir jusqu’où il pouvait aller. Il faut espérer qu’en privant Aung San Suu Kyi de tout rôle au moment des élections il soit désormais allé trop loin.

Constant objet du mépris d’une junte qui reste cependant attentive à ses réactions, la communauté internationale a dans une large mesure voulu croire que le processus de “feuille de route vers une démocratie disciplinée” initié par le régime pouvait constituer une chance à saisir.

Les étapes précédentes de ce processus censé culminer avec l’organisation d’élections sont pourtant éloquentes quant aux véritables intentions du régime. Lors du référendum de mai 2008 – auquel il était interdit de voter non – la junte faisait approuver par 92,4% une nouvelle constitution permettant aux militaires de s’assurer du contrôle des ministères stratégiques, de 25% des sièges du futur parlement, et de l’immunité judiciaire pour tous les officiers en poste. Son adoption par référendum s’est faite au terme d’une campagne marquée par la répression politique et l’intimidation et à l’aide de pressions massives, de fraudes grossières et de radiations à grande échelle, notamment des moines qui avaient eu le tort de prendre part à la “révolution safran” de septembre 2007.

Surtout, la constitution ne prévoit aucun espace d’autonomie ou de reconnaissance culturelle aux nombreuses minorités que compte le pays (environ un tiers de la population birmane). Le schéma de domination du groupe ethnique dominant – birman - sur le reste de la population, à l’origine de tous les problèmes que connaît le pays, est ainsi reconduit. La constitution, de ce fait, met en péril la stabilité nationale. Une erreur que n’aurait jamais faite Aung San Suu Kyi, qui doit une grande partie de sa popularité à l’attention qu’elle a toujours portée aux revendications des minorités.
La “dame de Rangoun” est cependant restée pragmatique. S’abstenant d’exclure définitivement toute participation de son parti aux élections, elle s’était récemment contentée de déclarer qu’il était prématuré de se prononcer sur un boycott de celles-ci.

Mais peut-être Aung San Suu Kyi savait-elle aussi combien la marge de manœuvre des démocrates birmans est étroite. Malgré leur constant appel au dialogue, ceux-ci sont régulièrement vilipendés pour leur radicalité. On en oublierait presque qu’ils font face à un régime qui torture ses opposants, recourt au travail forcé et use du viol comme d’une arme de guerre dans les zones de Birmanie où vivent les minorités nationales.

La communauté internationale est désormais lasse de ce dossier difficile qui ne constitue une priorité que pour les voisins de la Birmanie. Aung San Suu Kyi écartée des élections, faut-il encore craindre qu’elle se satisfasse d’un processus qui entend jouer sur les formes démocratiques pour permettre aux militaires de se maintenir au pouvoir?

La position de fermeté de l’Union européenne à l’égard des généraux a récemment paru menacée. Aung San Suu Kyi n’avait pourtant pas demandé qu’il soit mis fin à toute politique de pression sur le régime. L’opposante avait certes proposé au général Than Shwe de coopérer avec la junte en vue d’une possible levée des sanctions qui la visent. Mais si elle n’a pas pris le risque, à ce jour, d’en appeler directement à cela, c’est qu’elle sait bien que la faible pression mise sur le régime constitue une préoccupation pour les généraux désireux de normaliser leurs relations avec la communauté internationale. Le maintien des mesures existantes, contribuant à priver la junte de la reconnaissance à laquelle elle aspire, l’éloigne ainsi d’une victoire totale sur les forces démocratiques.

Le Parlement européen, par sa résolution du 11 février 2010, n’a pas attendu la décision du régime concernant le maintien en détention d’Aung San Suu Kyi pour indiquer que les circonstances actuelles ne permettaient pas de considérer les élections prévues par le régime militaire birman en 2010 comme libres et transparentes. Il a en outre marqué son soutien à un dialogue tripartite réunissant le régime militaire, les forces démocratiques et les représentants des minorités nationales. Il reste à espérer que son exemple soit suivi par la communauté internationale. La France en particulier peut renforcer son soutien aux démocrates birmans. La réception du premier ministre du gouvernement birman en exil par le président de la République française en plein cœur de la révolution safran de septembre 2007 avait été un geste important, qui peut être renouvelé. Notre pays doit renforcer ses liens avec le mouvement d‘opposition, tant il est évident que la solution au problème birman n’est pas de suivre docilement le calendrier du régime, mais d’écouter davantage les forces démocratiques.

Frédéric Debomy est président d’Info Birmanie,

Stéphane Hessel est ambassadeur de France, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme


fév 25 2010

La Cour suprême de Birmanie se prononce vendredi sur un recours de l’opposante Aung San Suu Kyi

source : AP

La Cour suprême de Birmanie se prononcera vendredi sur un recours de l’opposante birmane et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, contre sa condamnation à 18 mois d’assignation à résidence.

Nyan Win, avocat de la dissidente et porte-parole de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), s’est dit optimiste. “Nous croyons vraiment qu’Aung San Suu Kyi sera acquittée”, a-t-il déclaré à l’Associated Press. “Nous avons présenté des arguments juridiques solides” devant la Cour suprême, a-t-il ajouté.

Aung San Suu Kyi, 64 ans, a été condamnée en août 2009 à trois ans de réclusion et de travaux forcés, peine commuée en une prolongation de 18 mois de sa résidence surveillée et confirmée en appel, ce qui l’exclut de facto des élections prévues en 2010. Elle a passé 14 des 20 dernières années en détention.

Son parti avait remporté les élections organisées en 1990 mais la junte militaire au pouvoir en Birmanie depuis 1962 a refusé de céder le pouvoir et a depuis constamment entravé les activités de la LND. AP


fév 24 2010

« Que Total arrête de verser 700 à 800 millions à la junte birmane »

source : enviro2B.com

Jean-Philippe Demont-Pierot, journaliste d’investigation. Au moment même ou le groupe pétrolier est au cœur de l’actualité en raison d’une grève nationale qui paralyse l’approvisionnement des stations essence, l’auteur de « Total(e) impunité » publie aux éditions Respublica, un véritable réquisitoire contre Total, et ses pratiques souvent « inacceptables » en France comme à l’international : corruption, financements de dictatures, atteintes à l’environnement, management, etc…

Votre livre dresse un tableau édifiant des pratiques de Total, de la Birmanie aux sables bitumeux canadiens, en passant par l’Afrique ou encore le site toulousain d’AZF, qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans votre enquête ?

Ayant vécu en Asie du Sud-Est, j’ai été confronté à certaines conséquences de la présence de Total dans cette région du monde. Au départ, je voulais écrire un livre sur Total en Birmanie, mais je me suis vite rendu compte qu’il serait difficile de ne pas traiter ce groupe de manière plus globale. Je me suis donc intéressé aux affaires de Total en France comme à l’international. Selon moi, la présence de Total en Birmanie est particulièrement contestable, plus que dans beaucoup d’autres pays.

Vous évoquez le financement plus ou moins direct par Total de la junte militaire birmane et des pratiques sociales inavouables, mais n’est-ce pas le lot de beaucoup de multinationales dans ce type de pays ?

L’objectif de Total est de fabriquer du bénéfice pour ses actionnaires, et accessoirement de fournir de l’énergie. Mais en Birmanie notamment, son activité provoque des dommages collatéraux et environnementaux. La logique voudrait que Total arrête de verser 700 à 800 millions de dollars à la junte birmane, finançant ainsi l’armée et l’argent de poche des généraux au pouvoir.

Toujours sur la présence polémique de Total en Birmanie, vous revenez sur le rapport bienveillant de Bernard Kouchner, qui a exonéré le pétrolier d’accusations notamment de travaux forcés…

Bernard Kouchner a remis à son client Total, un rapport de complaisance sur Total en Birmanie. On peut parler de corruption morale sur une personnalité comme Bernard Kouchner, apôtre des droits de l’homme. Toutes les personnes qui se sont intéressées à cette affaire ont considéré ce rapport comme plus que contestable, et c’est un euphémisme.

Pourquoi votre livre débute-t-il par une anecdote sur les « amis du Fouquet’s » réunis au soir de la victoire de Nicolas Sarkozy à la Présidentielle ?

L’idée est de montrer que les dirigeants de Total sont là uniquement pour mettre en musique la stratégie définie par les grands financiers du groupe, à savoir le belge Albert Frère et le canadien Paul Desmarais, présents à cette soirée du Fouquet’s, des amis proches de Sarkozy. A titre d’exemple, j’évoque le rapprochement dans les métiers du gaz entre Gaz de France et Suez, qui correspondait parfaitement aux intérêts notamment d’Albert Frère.

Pourquoi affirmez-vous que les milliardaires canadien Paul Desmarais et belge Albert Frère sont les vrais patrons de Total ?

A eux deux, ils disposent de 6% des actions du groupe et à ce titre d’une minorité de blocage. Toutes les grandes décisions stratégiques du groupe et notamment les grandes nominations ne peuvent se faire sans leur approbation.

Les formidables bénéfices réalisés chaque année par le groupe pétrolier ne rapporteraient que très peu d’impôts à la France, avez-vous des chiffres à ce sujet ?

Total bénéficie d’une disposition fiscale qui s’appelle le bénéfice mondial consolidé. Ce régime fiscal permet à cette multinationale de déclarer qu’il paye déjà des impôts dans d’autres pays sans avoir à justifier leurs montants, pour des raisons de confidentialité, ce qui permet à Total de payer très peu d’impôts sur les bénéfices.

Total a-t-il réagi à la rédaction et la publication de votre livre ?

Il n’y a eu aucune réaction officielle. Il y a eu un débat d’organisé avec des responsables de Total mais qui a dû être annulé car ils ont refusé de venir. Il y a eu certaines grandes publications qui ont voulu parler du livre mais qui ont finalement renoncé après que Total leur ait rappelé qu’il était leur annonceur, et le groupe représente beaucoup d’argent pour certains titres.

Avez cherché à contacter des responsables de Total pour obtenir leur point de vue ?

Non, le livre propose des informations avérées et difficilement contestables sur le plan des faits par Total.

Vous terminez votre livre en évoquant la nationalisation souhaitable de Total, pouvez-vous expliquer pourquoi ?

Je préférerai en effet que les octogénaires très puissants qui sont à la manœuvre chez Total soient remplacés par la puissance publique, afin d’orienter positivement la stratégie du groupe. Sur le plan de la valeur économique du groupe, c’est-à-dire sa capacité à produire du pétrole à partir de ses réserves, Total est en fin de vie, en ayant devant lui qu’une trentaine d’années devant lui.

Ce qui est regrettable, c’est que les investissements de Total qui se montent à environ 150 milliards d’euros pour les 10 prochaines années ne soient pas orientés en direction de la pérennité de l’entreprise, c’est-à-dire des sources d’énergie renouvelables.

Pourtant les dirigeants de Total ne sont pas suicidaires, leur stratégie est seulement différente en misant notamment sur le nucléaire ?

Total investit encore très peu dans les énergies renouvelables, seulement 2 milliards d’euros dans les 10 ans à venir en comparaison des 150 milliards, c’est rien du tout. Le groupe ne fait pas les choix courageux alors qu’il s’agit de construire dès maintenant l’après-pétrole, qui ne pourra passer que par les énergies renouvelables.

Après avoir travaillé en Asie, Jean-Philippe Demont-Pierot se consacre à l’écriture de romans et d’ouvrages engagés sur des sujets de société. “Total(e) Impunité” est son 4ème ouvrage.  Il est également l’auteur “d’Ulysse et les OGM,” un thriller parut le mois dernier aux éditions Les portes du Soleil qui aborde le problème de l’utilisation des OGM en agriculture à travers les aventures du personnage principal Ulysse; et de deux autres romans “L’Ambassade” (L’Harmattan, 2007) et “Réchauffement climatique” (Kirographaires, 2008).


fév 23 2010

Burma VJ ce soir sur Arte

source : Le Figaro

Tourné clandestinement, ce film sur les émeutes de 2007, pendant lesquelles les bonzes avaient défié la dictature birmane, est nominé aux Oscars.

Arte pourrait décrocher une victoire symbolique aux Oscars si ce film tourné par des reporters clandestins, consacré à la répression en Birmanie, obtenait la récompense dans la catégorie «meilleur documentaire» où il est nominé. En attendant le verdict, prévu le 11 mars prochain, la chaîne a l’excellente idée de programmer aujourd’hui cette enquête maintes fois primée lors de festivals internationaux, orchestrée par le Danois Anders Ostergaard et baptisée Burma VJ, dans le cadre d’une soirée Thema passionnante dédiée à la «révolution safran». Une époque durant laquelle les bonzes avaient courageusement appelé à la révolte contre la dictature en place, exhortant pacifiquement la population à les rejoindre dans leur combat, sous l’impulsion de journalistes prêts à ébranler les autorités militaires et à braver tous les dangers. «Plus de deux ans après les événements, que reste-t-il de cette éphémère résistance ?», interroge Arte, qui proposera, dans une seconde partie, un portrait de la célèbre opposante Aung San Suu Kyi.

En 2007, un reporter, Joshua, qui condamne la politique de terreur mise en place, sillonne son pays, muni de caméras cachées. La junte birmane prend conscience de la menace. Finalement repéré, Joshua est contraint de fuir vers la Thaïlande. Loin d’abandonner la lutte, il coordonne le réseau appelé «DVB» (Democratic Voice of Burma) composé de «vidéojournalistes ». Le soutien des bonzes leur apporte une lueur d’espoir, mais le pouvoir riposte. Pire, les arrestations des manifestants s’enchaînent. C’est «pour rendre justice à leur combat» que le réalisateur, Anders Ostergaard, s’est lancé dans un minutieux travail d’archiviste. Il a fait appel à Joshua, qui explique au jour le jour son rôle de courroie de transmission entre les opposants et l’opinion publique.

«Le monde nous oublie»

Entre ses interventions, les principales étapes de résistance défilent, avec leur lot d’images impressionnantes, comme celles des moines tabassés par des forces de l’ordre sans pitié. Même intensité dans les déclarations du narrateur, qui détaille le sens de sa démarche : «J’ai l’impression que le monde nous oublie.C’est pour ça que je suis devenu vidéojournaliste. Pour essayer au moins de montrer que la Birmanie existe encore.»

Au fil du document, les contacts qu’il entretenait avec ses correspondants sont soigneusement décortiqués, tout comme les sentiments multiples qui l’habitaient pendant les émeutes. Aux moments de doute et de peur répliquaient les instants de joie. La mobilisation générale décrétée par les bonzes - ils sont 400 000 en Birmanie - demeure sûrement le moment le plus émouvant. L’un d’eux l’avait prévenu : «Nous avons lancé un ultimatum. Si les généraux ne répondent pas à nos exigences, nous sommes prêts. Nous manifesterons dans tout le pays. Le monde entier saura que les moines sont en grève !» Une chronique captivante, en même temps qu’une ode subtile et profonde dédiée à la liberté.


fév 22 2010

Birmanie : l’émissaire de l’ONU a achevé vendredi un voyage de cinq jours sans voir Aung San Suu Kyi

source : tsr.ch
La visite d’un émissaire de l’ONU en Birmanie s’est achevée vendredi sur un double échec. Aucun signe d’ouverture n’a été donné par la junte avant les élections promises cette année et l’incapacité de l’ONU à peser sur la dictature militaire a été confirmée. Tomas Ojea Quintana, rapporteur sur les droits de l’Homme en Birmanie, a passé cinq jours à rencontrer officiels, détenus et membres de l’opposition. Mais l’Argentin, n’a pas pu s’entretenir avec la figure de proue de l’opposition, Aung San Suu Kyi. Et il a été superbement ignoré par le généralissime Than Shwe, numéro un du régime.


fév 19 2010

Birmanie : un moine bouddhiste écope de 7 ans de prison

source : La Croix

Un moine bouddhiste birman a écopé de sept ans de prison notamment pour association illégale, a indiqué vendredi un membre de l’opposition alors que le Rapporteur de l’ONU pour les droits de l’Homme concluait une visite de cinq jours dans le pays.

Gaw Thita avait été arrêté en août dernier en revenant de Taïwan. Il a été condamné mercredi par un tribunal spécial de la prison d’Insein de Rangoun, selon Aung Thein, un avocat proche de l’opposition radié du barreau par la junte l’an passé.

Le religieux a été condamné à trois ans de prison pour infraction aux lois sur l’immigration, deux ans pour association illégale et deux ans pour utilisation interdite de devises étrangères. “Il doit purger les peines l’une après l’autre”, a ajouté le juriste.

Sept autres moines avaient été arrêtés en même temps que lui, le 26 août 2009, à l’aéroport international de Rangoun mais tous avaient été relâchés. Son avocat fera appel de sa condamnation, a précisé Aung Thein.

La junte birmane avait emprisonné des dizaines de moines après les manifestations de 2007 emmenées par les religieux du pays et surnommées depuis la “révolte Safran”.

Au moins 31 personnes avaient été tuées lors de la répression du mouvement, considéré comme la menace la plus importante contre le régime militaire depuis près de 20 ans.

Cette nouvelle condamnation intervient alors que le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme en Birmanie, Tomas Quintana, devait conclure vendredi une mission de cinq jours pour faire le point sur sur la situation des droits de l’Homme en Birmanie avant les élections promises cette année.


fév 18 2010

Birmanie : un responsable de l’ONU rencontre des cadres de l’opposition libérés

source : AFP

Le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’homme en Birmanie a rencontré jeudi le bras droit de l’opposante Aung San Suu Kyi, dans le cadre d’une visite censée faire le point sur la situation dans le pays avant les élections, a annoncé jeudi l’opposition.

Tomas Ojea Quintana s’est entretenu avec Tin Oo, numéro deux de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), libéré samedi dernier après sept ans de détention et de résidence surveillée.

Six autres membres du comité exécutif de la LND étaient présents à la réunion, dont Win Tin, ancien journaliste et cofondateur de la LND, qui a passé plus de 19 ans en prison avant d’être libéré en septembre 2008.

“Nous avons discuté de la libération de Mme Aung San Suu Kyi”, a indiqué Khin Maung Swe, un des cadres de la LND. “Nous avons aussi insisté sur le fait qu’Aung San Suu Kyi devait être impliquée dans les enjeux politiques futurs et souligné qu’(elle) devrait participer à la réconciliation nationale”.

Le responsable onusien, qui quittera le pays vendredi après une visite de cinq jours, a effectué une étape dans l’Etat de Rakhine (ouest), à la frontière du Bangladesh, où il s’est notamment entretenu avec des détenus.

Jeudi, il a aussi visité la prison d’Insein, où sont enfermés de très nombreux prisonniers politiques.

M. Quintana est censé faire un point sur la situation des droits de l’homme en Birmanie avant les élections promises cette année et qui seraient les premières organisées par la junte depuis celles de 1990, remportées par la LND mais dont les résultats n’ont jamais été entérinés.

Il a officiellement demandé l’autorisation de rencontrer Mme Suu Kyi, mais aucune réponse ne lui a officiellement été donnée par le régime militaire, selon Khin Maung Swe.

La cour suprême doit se prononcer en principe en février sur la requête déposée par l’opposante contre sa condamnation à 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence, en août dernier.


fév 17 2010

Birmanie : Elections de 2010, vers un espoir de changement ?

source : Gavroche

Espoir de changement ou nouveau tour de passe-passe de la junte pour légitimer son assise au pouvoir ? Les élections générales multipartites, qui doivent être organisées en Birmanie au début de cette année, divisent la population. Même si 25% des sièges du futur Parlement seront réservés aux militaires, il s’agit du premier vote libre et dit “démocratique” depuis 20 ans. Plusieurs partis d’opposition sont dans les rangs, mais il faudra convaincre la population d’aller voter.
Des ouvriers de l'éthnie Shan poursuivent la construction du futur Naypyidaw

Des ouvriers de l’éthnie Shan poursuivent la construction du futur Naypyidaw
Novembre dernier. Des centaines d’habitants se sont rassemblés pour deux jours de chants, de danses et de prières dans cette bourgade proche de Rangoun. Devant les caméras de la télévision birmane, plusieurs officiers de l’armée s’avancent vers le chef des moines pour lui remettre, en guise de donations, des fleurs, du riz et même des lunettes de vue.

Des scènes comme celles-ci sont maintenant diffusées presque tous les jours sur les chaînes nationales. « Les élections ne sont que pour l’année prochaine, mais on les croirait déjà en campagne électorale ! », me glisse mon traducteur. La date des élections générales, dernière étape d’une « feuille de route vers la démocratie » encouragée par la communauté internationale, n’a pas encore été fixée ; mais le Premier ministre Thein Sein a rappelé, dans un discours à l’Assemblée générale de l’ONU fin septembre, que le scrutin se tiendrait bien au cours de l’année 2010.

A neuf heures de train d’ici, la nouvelle capitale birmane, Naypyidaw, se prépare déjà à l’après-élection. Partout, dans cette ville construite de toutes pièces à 320 km au nord de Rangoun, les tractopelles s’activent : il faut que tout soit près d’ici début 2010. Les journalistes non-invités sont normalement interdits dans la nouvelle capitale ; mon chauffeur me conduit donc discrètement devant d’immenses bâtiments en construction. « Ici, me montre-t-il après m’avoir interdit de prendre des photos, on construit la nouvelle résidence du Président, juste à côté des bureaux du régime militaire. Là-bas, c’est le futur Congrès. On est en train de construire une nouvelle ville, en prévision des élections.»

Si les élections ont bien lieu, les deux chambres de ce Congrès monumental accueilleront bientôt 664 élus. Mais d’après la nouvelle constitution birmane mise en application après un référendum critiqué, qui s’est tenu quelques jours après le passage du cyclone Nargis, 25% des sièges sont d’ores et déjà réservés aux militaires.

Ces élections « démocratiques » permettront donc à la junte de conserver le pouvoir. Mais après l’échec des pressions occidentales et des manifestations de 2007, ce scrutin est tout de même, estiment certains Birmans, une opportunité de faire un peu évoluer les choses.

«Les militaires vont garder 166 sièges pour eux, donc il en restera 498 pour d’autres élus, note un journaliste birman de Rangoun. Alors bien sûr, c’est très différent des élections de 1990, qui étaient 100% libres. Peut-être que ces élections sont juste un moyen pour le régime de légitimer ses actions passées ou futures. Mais moi, je le vois comme une chance d’obtenir un semblant d’opposition. »

Pourtant, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), le principal parti d’opposition, hésite toujours à y participer. Il faut dire que la junte n’a jamais accepté sa victoire aux dernières élections, en 1990. Le parti menace donc de boycotter ce nouveau scrutin si plusieurs passages du texte de la Constitution ne sont pas modifiés et si les prisonniers politiques, en particulier leur leader Aung San Suu Kyi, ne sont pas libérés au préalable.

Le Parti Démocrate, un nouveau parti qui compte bien s’engouffrer dans la brèche, s’inquiète de cette participation sous conditions. Si le principal parti d’opposition ne se présentait pas, les élections, déjà controversées, perdraient toute crédibilité. « La LND devrait arrêter de tergiverser et se rendre compte qu’il s’agit d’une chance, martèle Myin Kyai, un membre du comité exécutif, dans son bureau de Rangoun. On n’a plus le temps de réfléchir : si le gouvernement nous propose de participer, il faut y aller. La LND n’a objectivement aucune chance de faire modifier la constitution maintenant. »

On parle politique

La perspective des élections met les rédactions des journaux d’informations générales en ébullition. D’autant plus que la proximité du scrutin a permis aux journalistes d’obtenir un peu plus de liberté de la part du Bureau de la censure.

« Les sujets politiques étaient encore un tabou pour la plupart d’entre nous il y a quelques mois. Mais désormais, on peut aborder ce thème, notamment à travers le prisme des élections », explique le rédacteur en chef d’un hebdomadaire de Rangoun.

Bien sûr, personne n’est dupe : « Il est évident qu’on est encore loin d’obtenir la liberté de la presse, ajoute-t-il. Le gouvernement a juste besoin de nous pour donner l’impression qu’il favorise le pluralisme et qu’il devient plus démocratique. Mais c’est mon rôle de saisir cette opportunité pour informer un maximum de gens sur les élections. Je m’inquiète que les gens des campagnes ne s’y intéressent pas. Ils se disent que ce sont des « conneries » et je trouve cette opinion dangereuse. »

“90% des gens ne sont pas éduqués : ça arrange bien la junte.”

En effet, dans les campagnes comme dans les villes, on ne voit pas vraiment l’intérêt d’aller voter. Myat Thet, ouvrier à Mandalay, s’intéresse pourtant bien à la politique : tous les soirs, il a l’oreille vissée à son poste de radio pour capter en ondes courtes les journaux d’informations des médias étrangers.

Mais il n’envisage pas pour autant de participer à ces « fausses élections ». « On n’y comprend rien, lâche-t-il, les gencives rouges de bétel, qu’il mâchonne à longueur de journée. Il n’y a même pas encore de date ! De toute façon, ce scrutin ne va pas nous rendre la démocratie. Regardez le référendum l’année dernière : ils ont eu les résultats qu’ils voulaient. Ils ont voté eux-mêmes ! »

Même son de cloche chez les jeunes, qui abordent parfois le sujet dans ces bruyants cafés du centre de Rangoun, moins surveillés par les services de renseignement. « Ça ne servira à rien d’aller voter, affirme une étudiante de 21 ans. Le résultat est dans les mains du gouvernement. Et puis tout le monde à peur, parce que les militaires vont regarder pour qui on vote. »

Valeurs démocratiques

Un peu plus loin, Soe Mee, 24 ans, semble se sentir davantage concerné par l’issue du scrutin. Bien que diplômé en économie, il survit avec seulement huit dollars par mois, en travaillant comme stagiaire dans un grand hôtel. Un monastère lui offre le gîte et le couvert en échange de menus services.

« Moi j’irai voter et pas pour les militaires. Le problème, c’est qu’ils ont déjà prévu de gagner donc ça va être difficile de les mettre dehors, sourit-il. Si le gouvernement changeait, on aurait tous accès à une meilleure éducation, de meilleurs emplois. Ici, 90% des gens ne sont pas éduqués et cela arrange bien la junte. Si l’enseignement est mauvais, on ne peut pas réfléchir à la politique, on ne peut pas se rebeller non plus. »

Pour compenser ces lacunes et encourager les jeunes à aller voter, une organisation de formation professionnelle de Rangoun a récemment ajouté à son programme des cours d’éducation civique obligatoires. De jeunes professeurs birmans, éduqués à l’étranger, tentent ainsi de transmettre à leurs élèves quelques « valeurs démocratiques ».

« Notre organisation n’a jamais eu de problème avec les autorités, se félicite Khin Sandar, l’une des enseignantes. Nous n’avons pas l’intention de renverser le gouvernement. Notre rôle, c’est d’aider la nation à se reconstruire, d’assurer une transition démocratique par l’éducation, en donnant à ces jeunes des clés pour comprendre la politique, le texte de la constitution, les affaires étrangères. Ces élections sont peut-être la seule façon de s’en sortir ! Elles permettraient au moins de créer des institutions politiques. »

Société meurtrie

Pourtant, ces élections n’ont aucune chance de ramener à elles-seules la stabilité en Birmanie, explique un intellectuel birman préférant garder l’anonymat. Selon lui, le pays doit faire face à des problèmes bien plus profonds, que le scrutin ne règlera pas.

« La plus grande menace pour le gouvernement, avance-t-il, c’est le conflit avec les minorités ethniques : les Was, les Kokangs, les Kachins. Ces groupes ont bien signé un cessez-le-feu avec le gouvernement en 1989, mais ils ont toujours des armes, des munitions. En préparation des élections, le gouvernement essaye aujourd’hui de reprendre le contrôle de ces régions semi-autonomes ; il veut démobiliser les milices ethniques, pourtant fortes de quelque trente mille hommes, pour y organiser tranquillement les élections. »

Après six décennies de guerre civile, ces profondes divisions entre la majorité birmane et les minorités ethniques se sont encore illustrées, en août, par l’écrasement de la milice des Kokangs par l’armée, à la frontière chinoise.

Pour Renaud Egreteau, chercheur à l’université de Hong Kong, la Birmanie ne peut espérer connaître une transition pacifique par les urnes sans d’abord restaurer l’unité. « L’une des erreurs de l’Occident est de concentrer ses efforts sur une transition démocratique censée à elle seule panser les plaies d’une société birmane meurtrie, écrit-t-il dans une tribune libre publiée par le journal Libération. Mais pour changer la Birmanie, la démocratie ne suffira pas. »


Le parti démocrate, un nouveau parti en course ?

Les affiches et les tracts sont déjà imprimés. Les têtes de listes ont décidé de faire leur coming-out, malgré les risques. Il ne manque donc plus que l’annonce par la junte de la loi électorale pour que le parti Démocrate puisse s’enregistrer et donc officiellement exister. Une soixantaine de membres sont à ce jour rassemblés autour du président, U Thu Wai.

Ancien activiste de 77 ans, il a passé plusieurs années en prison pour avoir distribué des tracts antigouvernementaux. Le poste de secrétaire générale revient à Than Than Nu, qui est rentrée en Birmanie après 34 ans passés en Inde. Elle est la fille du tout premier chef de gouvernement pays, renversé lors de son troisième mandat en 1962 par un coup d’État militaire.

« Nous avons bon espoir de nous faire élire, clame Myin Kyai, un des membres du comité exécutif. Le parti Démocrate n’est ni proche du gouvernement de Naypyidaw, ni de la LND. Nous, on est le parti de l’optimisme : nous voulons justement réussir à créer l’unité pour le bien de la Birmanie. Les militaires ne vont pas abandonner leur pouvoir simplement. Mais d’ici huit ans, je suis sûr que le pouvoir sera dans nos mains et plus dans les leurs. » Une dizaine d’autres partis seraient officieusement prêts à se présenter aux élections de cette année.

Manam Tu Ja, l’ancien leader du mouvement indépendantiste kachin (une des minorités ethniques birmanes), a récemment annoncé qu’il envisageait, lui aussi, d’y participer.

N.M.


fév 15 2010

Birmanie : arrivée du rapporteur de l’ONU

source : le figaro

Le Rapporteur de l’ONU sur les droits de l’homme, l’Argentin Tomas Ojea Quintana, est arrivé ce matin en Birmanie pour une visite de cinq jours, a annoncé un responsable birman.

M. Quintana est arrivé à 09H00 locales (02H30 GMT) à l’aéroport de Rangoun à bord d’un vol commercial, a précisé ce responsable ayant requis l’anonymat.

Cette visite est la troisième dans le pays depuis sa nomination à ce poste en 2008.
Le Rapporteur spécial de l’ONU est chargé d’examiner les progrès réalisés par la junte militaire en matière de droits de l’homme, avant les élections qui devraient se tenir courant 2010.

Durant son séjour, M. Quintana ne devrait pas rencontrer le numéro un de la junte, le généralissime Than Shwe, mais probablement le ministre des Affaires étrangères, Nyan Win, avait précédemment indiqué une source officielle birmane.

L’Argentin se rendra lundi à Sittwe dans l’Etat de Rakhine (ouest), près de la frontière avec le Bangladesh, avant de revenir jeudi à Rangoun pour y visiter la prison tristement célèbre prison d’Insein.

Il gagnera vendredi Naypyidaw, la capitale birmane, pour s’entretenir avec de hauts responsables de la junte avant de repartir.

M. Quintana avait demandé à voir l’opposante birmane Aung Suu Kyi, assignée à résidence. “J’espère que ma requête au gouvernement de rencontrer Aung San Suu Kyi sera accordée cette fois”, avait-il déclaré jeudi dans un communiqué.

La junte n’a pour l’instant avalisé qu’une entrevue avec quatre avocats de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de l’opposante Aung San Suu Kyi, a indiqué le principal porte-parole de la LND Nyan Win.

“Nous, les quatre avocats, rencontrerons M. Quintana ce soir (lundi)…Nous ne connaissons pas le motif de cette entrevue. Elle est à leur initiative (de la junte)”, a-t-il déclaré.

Le prix Nobel de la paix Aung Sang Suu Kyy, qui a passé plus de 14 des 20 dernières années privée de liberté, a déposé un recours contre sa condamnation en août à 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence. La cour suprême doit rendre son verdict dans les jours à venir.

La visite du rapporteur intervient au lendemain de la libération du numéro 2 de la LND, Tin Oo, un général à la retraite âgé de 83 ans qui avait été arrêté en mai 2003 en même temps que la dissidente.

Tin Oo avait été arrêté avec Mme Suu Kyi en 2003, après l’attaque de leur convoi par des miliciens pro-junte dans le nord du pays. Après plusieurs mois de détention à la prison de Kale, dans la division de Sagaing (centre), il avait été assigné à résidence sans procès en vertu d’une loi de répression de la subversion politique.

Sa libération a été accueillie par une satisfaction prudente de la communauté internationale, habituée aux messages contradictoires d’un régime militaire qui a emprisonné plusieurs dissidents ces dernières semaines et détient actuellement dans ses prisons quelque 2.100 prisonniers politiques.

La junte a promis des élections en 2010, les premières depuis celles remportées en 1990 par la LND et dont les résultats n’ont pas été entérinés par le pouvoir militaire. La date du scrutin est encore inconnue mais les analystes évoquent en général le dernier trimestre de l’année.