nov 25 2009

Rire de résistance en Birmanie

source : Le Monde

L’article dont parle Olivier (http://blogoliviersc.org/) le 22 novembre

La nuit est tombée depuis deux heures sur Mandalay, jadis capitale royale de Birmanie. Les rues se vident. Des légumes abandonnés par les marchés ambulants jonchent le pavé, des chauffeurs de pousse-pousse font leur dernière course. La ville est devenue invisible. Pour trouver la 39e Rue, il faut avancer de carrefour en carrefour, où scintillent des ampoules sans éclat. C’est là qu’habitent les Moustache Brothers. Tout le monde les connaît en Birmanie. Ces trois frères artistes de scène défient la junte avec des sketches satiriques, ébranlant les tabous et raillant les militaires. En pleine dictature, ils s’arrogent un franc-parler étonnant. Cela peut coûter sinon la tête, du moins la liberté. De fait, voilà vingt ans qu’ils sont harcelés par le pouvoir. Menaces, travail forcé, prison. Ils n’ont jamais renoncé.

Leur antre est une petite maison rafistolée dont le rez-de-chaussée sert de salle de spectacle. Une pièce tout en longueur, tapissée de marionnettes et de photos d’Aung San Suu Kyi posant avec les artistes. Il est interdit de détenir la photo de l’opposante en Birmanie. “Elle est venue nous rendre visite et a aussi voulu témoigner en notre faveur dans un procès, mais elle n’a pas eu le droit de s’y rendre”, déclare Lu Maw, 59 ans, devenu porte-parole du groupe grâce à sa connaissance de l’anglais.

Une fois le public installé, Lu allume son lecteur de DVD : sur l’écran, des bonzes défilent dans Rangoun, un moine mort gît la tête dans la boue, un enfant soldat estropié lance un regard accablant à l’objectif, des acteurs américains disent leur soutien à la rébellion des moines… Dans la salle, pas une mouche ne vole tant les limites de l’interdit sont franchies.

En septembre 2007, les bonzes birmans sont descendus dans la rue pour protester pacifiquement contre l’augmentation du prix de l’essence et des transports. Le changement semblait soudain possible. La répression fut d’autant plus brutale, anéantissant tout espoir de liberté chez un peuple qui ploie depuis cinquante ans sous le diktat des militaires. “Nous avons vu que la junte n’hésite plus à tirer, même sur les religieux. Il y a eu beaucoup de morts, c’était terrible. Aujourd’hui, plus personne n’ose bouger”, déplore Lu lors d’un entretien. Même si leurs spectacles ne sont ouverts qu’aux touristes - les espions qui les observent devant leur porte y veillent -, la popularité des frères transporte leurs propos bien au-delà des murs du petit théâtre.

Avant, la troupe arpentait le pays avec des danseurs, musiciens et acrobates issus du clan familial pour animer les fêtes par des spectacles mêlant tradition, burlesque et satire politique. Les autorités ne s’en inquiétaient pas vraiment. “La situation s’est durcie depuis le soulèvement du 8.8.88″, explique Lu Maw. En ce jour d’août, l’armée a ouvert le feu contre des manifestants qui dénonçaient la situation économique et politique. Soudain, l’humour des artistes n’était plus au goût des militaires. En 1989, Par Par Lay, figure de proue du groupe, est emprisonné près d’un an. “Nous sommes devenus plus prudents, mais nous ne voulions pas nous laisser intimider“, déclare Lu Maw.

“Des espions partout”

En 1996, Par Par Lay fait une blague de trop lors d’une réunion autorisée du parti d’opposition d’Aung San Suu Kyi, la Ligue pour la démocratie (NLO). “Des plaisanteries sur les pannes d’électricité, le travail forcé, et le manque de moyens dans les écoles”, se souvient-il. Dans la salle : des militaires déguisés en sympathisants. Toute la troupe est arrêtée. “Ils nous ont battus, nous ont interrogés à toute heure, j’ai tremblé pour ma famille”, dit-il. La famille est relâchée, mais, pour Par Par Lay et Lu Zaw - le troisième frère aujourd’hui à la retraite pour cause de santé -, le verdict est implacable : sept ans de travaux forcés. Nous devions casser des pierres avec des barres de fer à longueur de journée. Lorsque ma femme est venue me voir, elle ne m’a pas reconnu tant j’avais changé. C’est un gardien qui a dû lui indiquer lequel des prisonniers était son époux, raconte Par Par Lay.

Grâce à Amnesty International, la condamnation des artistes est commuée en une peine de cinq ans et demi de prison. “Nous étions dans une cellule isolée avec interdiction de communiquer avec les autres prisonniers”, poursuit Par Par Lay.

A sa sortie de prison, en 2001, les militaires le forcent à signer un papier qui l’engage à ne plus se produire. Mais lorsqu’il revient chez lui, une grande fête l’attend. “Nous avons joué une semaine dans la rue sans maquillage ni costume et nous disions : nous ne jouons pas, nous montrons comment ce serait si nous jouions.”

Depuis, les Moustache Brothers jouent chaque soir pour les touristes. Ils exhibent les chaînes que portait Par Par Lay dans le camp de travaux forcés, invitent les pirates de Somalie à enlever les militaires de la junte qu’ils offrent en souvenir, brandissent des pancartes où sont inscrits les noms des services secrets du monde entier, mettent un doigt sur la bouche et murmurent : “Il y a des espions partout, peut-être même parmi vous, cher public !” Ils miment le mariage de la fille du numéro un - “un monstre qu’on tente de dissimuler avec des diamants” - avec un homme “terrorisé d’être là“. On raconte qu’auparavant elle était tombée amoureuse d’un acteur de télévision qui avait jugé préférable de quitter le pays pour échapper au mariage forcé. Les Moustaches Brothers se moquent des dirigeants, les accusant de vivre dans des palais ostentatoires financés par le trafic de drogue et d’armes, alors que le peuple s’appauvrit.

“En plus de la répression, les Birmans souffrent aujourd’hui de pauvreté, et l’écart entre riches et pauvres s’est creusé depuis que la Birmanie n’est plus socialiste”, déplore Lu Maw tout en se changeant dans les coulisses. La Birmanie a renoncé au socialisme en 1989.

Le spectacle tire à sa fin. Les touristes sont invités à se mobiliser dans leur pays pour défendre le peuple birman.

Lu termine par sa blague favorite : “L’autre fois j’avais mal aux dents. Je suis allé à Bangkok chez le dentiste. Le dentiste m’a dit : “Mais pourquoi donc venir si loin pour soigner vos dents ?” Je lui ai répondu : “Parce qu’en Birmanie on n’a pas le droit d’ouvrir la bouche.”"

Géraldine Schwarz

nov 18 2009

Les Birmans parlent aux Birmans

source : cyberpresse

Judith Lachapelle
La Presse

Aung San Suu Kyi.    ... (Photo AP)

Aung San Suu Kyi.

Photo AP

Khin Maung Win ouvre son ordinateur pour montrer ses photos les plus chères: des toits, des balcons envahis par des soucoupes satellites plantées entre les vêtements à sécher dans les faubourgs de Birmanie. Autant d’antennes qui captent sans vergogne les images diffusées par Democratic Voice of Burma. Si bien que la junte militaire a renoncé à sévir.

«La liberté d’expression est hors de contrôle en Birmanie», dit M. Win.

Hors de contrôle, mais pas sans danger, précise le codirecteur de Democratic Voice of Burma (DVB), de passage à Montréal cette semaine dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire.

D’Oslo, en Norvège, où sont hébergés les bureaux de DVB, Khin Maung Win coordonne le travail d’une centaine de vidéojournalistes disséminés à travers la Birmanie et qui travaillent, pour la plupart, dans la clandestinité.

Alors que le régime semble montrer une timide ouverture face à l’opposante Aung San Suu Kyi, toujours assignée à résidence, la population ose de plus en plus dénoncer la junte militaire responsable de la famine, dit M. Win.

Les États-Unis ont décidé de rétablir les liens avec le régime tout en mettant de la pression pour faire libérer la Dame de Rangoon. «Ça signifie beaucoup, dit M. Win. C’est une bonne stratégie. Le régime ne sera jamais prêt à tenir des élections libres, mais nous devons le forcer à le faire.»

En attendant les élections, les vidéojournalistes tournent. Chacun possède une caméra et transmet son matériel à DVB, en Norvège, qui s’occupe de la diffusion des images. C’est ainsi que les films des vidéojournalistes de DVB ont fait le tour du monde pendant la révolution safran de 2007, lorsque les militaires ont violemment maté les manifestations.

Aujourd’hui, DVB estime qu’elle rejoint 20 millions de Birmans qui ont accès à une télé branchée sur satellite, sur une population de 55 millions. Même si la junte a voulu faire passer les frais de branchement de 8$ à 800$ par année, dit M. Win, elle n’a pas coupé la faim d’information des Birmans.

«Ils ne font pas respecter leur loi parce qu’ils ont tellement peur que des millions de personnes descendent dans la rue!»

Mais même si le travail des vidéojournalistes birmans est célébré par la population, il n’est pas sans danger. «Nous avons en ce moment 14 journalistes en prison, dont 3 ont été condamnés à des peines de plus de 65 ans et à la torture», dit Khin Maung Win. Néanmoins, DVB n’éprouve pas de problème de recrutement. «Les gens disent qu’ils n’ont rien à perdre.»


nov 15 2009

Obama demande à la Birmanie la libération d’Aung San Suu Kyi

source : nouvelobs.com

Lors d’un entretien avec les dirigeants de l’ASEAN, le président américain a demandé à la junte birmane de libérer l’opposante Aung San Suu Kyi et d’organiser des élections “libres” en 2010.

Aung San Suu Kyi, ici en 1999 (AFP)

Aung San Suu Kyi, ici en 1999 (AFP)

Le président américain Barack Obama a ouvert la porte dimanche 15 novembre à une amélioration des relations avec la Birmanie, à qui il a demandé de libérer la dissidente Aung San Suu Kyi et d’organiser des élections “libres” en 2010.
Cette ouverture a été lancée au cours d’une réunion -sans précédent pour un président américain- avec les dix dirigeants de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), dont le Premier ministre birman Thein Sein, à Singapour.
Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre de 1h15, les leaders ont salué la politique d’ouverture des Etats-Unis et insisté sur “l’importance de la réconciliation nationale” en Birmanie.
Il faut, ont-ils ajouté, que “les élections générales prévues en 2010 soient libres, justes, transparentes et ouvertes à tous afin d’être crédibles aux yeux de la communauté internationale”.

Exclue des élections

La junte militaire a annoncé la tenue de ce scrutin mais n’a pas encore fixé de date.
La déclaration commune de l’Asean et des Etats-Unis, qui a donc été approuvée par le Premier ministre birman, ne fait aucune allusion à Aung San Suu Kyi, l’opposante historique du régime.
Cette dernière, âgée de 64 ans, est exclue de facto du paysage politique pour les élections de 2010 en raison de la prolongation de 18 mois de son assignation à résidence à Rangoun.
Cette sanction lui a été infligée pour avoir brièvement hébergé un Américain qui avait réussi à nager jusqu’à son domicile, situé sur les rives d’un lac.
Les avocats de Aung San Suu Kyi ont déposé un recours devant la Cour suprême contre cette condamnation.

Les “étapes du gouvernement birman”

Au cours de la réunion à Singapour, Barack Obama a demandé au Premier ministre birman la libération de Aung San Suu Kyi, comme il l’avait fait la veille dans un discours à Tokyo.
Il a “énuméré les étapes que devait prendre le gouvernement birman : libérer tous les prisonniers politiques, libérer Aung San Suu Kyi, mettre fin aux violences contre les minorités et entamer le dialogue avec les organisations démocratiques”, a indiqué un porte-parole de la Maison blanche, Ben Rhodes.
Thein Sein n’a pas répondu à ces demandes mais a salué l’ouverture américaine, selon un participant à la réunion.
A Tokyo samedi, Barack Obama avait indiqué que les sanctions “demeureraient jusqu’à ce que des avancées concrètes soient accomplies vers une réforme démocratique”.
Obtenir une ouverture de la junte est “un effort à long terme qui requiert beaucoup de patience”, a récemment déclaré la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.
Le régime militaire a régulièrement rappelé qu’il refusait les pressions extérieures. Le généralissime Than Shwe, homme fort de la junte, avait ainsi fustigé la semaine dernière l’ingérence “néo-colonialiste” étrangère, évoquant implicitement les pressions exercées par les Etats-Unis.


nov 14 2009

Obama appelle le régime birman à libérer Suu Kyi et autres détenus

source : AFP

Le président américain Barack Obama a appelé le régime militaire birman à libérer “sans conditions” la dissidente Aung San Suu Kyi et les autres prisonniers politiques, samedi à Tokyo.

M. Obama a évoqué la nécessité d’une “nouvelle approche” américaine vers la Birmanie, soulignant que les sanctions imposées au régime n’avaient “pas permis d’améliorer les vies des Birmans”.

“Donc nous communiquons directement avec la direction (du régime) pour lui faire comprendre que les sanctions actuelles demeureront jusqu’à ce que des avancées concrètes soient accomplies vers une réforme démocratique”, a-t-il expliqué.

“Des avancées claires doivent être menées: la libération sans conditions de tous les prisonniers politiques, y compris Aung San Suu Kyi, la fin des conflits avec les minorités, un dialogue franc entre le gouvernement, l’opposition démocratique et les minorités sur une vision commune de l’avenir”, a énuméré le président.


nov 12 2009

Hillary Clinton appelle la Birmanie à libérer Aung San Suu Kyi

source : AFP

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a réitéré jeudi à Manille son appel à la libération de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi détenue par la junte.

“Nous pensons qu’elle devrait être libérée et qu’elle ne devrait pas être en détention”, a déclaré M. Clinton lors d’une conférence de presse dans la capitale des Philippines où elle entamé une visite de deux jours.

“Nous poursuivrons nos appels à sa libération inconditionnelle”, a ajouté Mme Clinton qui avait déjà incité, mercredi à Singapour, les pays d’Asie à faire pression sur la Birmanie afin qu’elle organise des élections “libres” en 2010.

Mme Clinton doit retourner vendredi à Singapour où elle rejoindra le président Barack Obama avant le sommet Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) ce week-end.

Le président Obama, attendu samedi à Singapour, devrait évoquer la nouvelle stratégie des Etats-Unis, qui cherchent à tendre la main à la junte au lieu de l’isoler.

Le régime militaire a promis des élections législatives l’an prochain. Le dernier scrutin date de 1990 et avait été remporté par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi, qui n’a jamais été autorisée à exercer le pouvoir.

L’opposante a été condamnée en août dernier à 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence.


nov 10 2009

Aung San Suu Kyi pourrait être libérée pour les élections de 2010

source : De Jim Gomez (CP)

La junte birmane pourrait libérer Aung San Suu Kyi avant les élections de l’an prochain, les premières depuis près de 20 ans, afin qu’elle puisse y jouer un rôle, a affirmé lundi un haut diplomate birman. La dissidente a passé 14 des 20 dernières années en résidence surveillée et n’a plus pu s’exprimer en public depuis son arrestation de mai 2003.

“Il est prévu de la relâcher bientôt (…) pour qu’elle puisse organiser son parti”, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a déclaré à l’Associated Press Min Lwin, directeur général du ministère de l’Intérieur, lors d’un déplacement à Manille (Philippines).

La junte a laissé entendre ces dernières années que c’était son intention, mais aucune date n’a été avancée et la Constitution a récemment été modifiée pour empêcher Mme Suu Kyi de se présenter aux élections et assurer que le gouvernement reste sous le contrôle des militaires.

En outre, Aung San Suu Kyi, âgée de 64 ans, a été condamnée à 18 mois de détention supplémentaires chez elle à Rangoon en août dernier alors que sa précédente peine, qui n’avait fait l’objet d’aucun jugement, était censée se terminer fin mai.

L’opposition birmane et la communauté internationale avaient dénoncé une manoeuvre pour empêcher la lauréate du prix Nobel de la paix de participer à ce que le régime présente comme un processus de démocratisation du pays. Les dernières élections législatives remontent à 1991 mais la junte au pouvoir depuis 1962 n’a jamais reconnu la victoire de la LND.

Min Lwin a assuré que l’idée de relâcher Aung San Suu Kyi n’avait rien à voir avec la stratégie de dialogue direct adoptée par les Etats-Unis depuis l’arrivée à la présidence de Barack Obama, d’autant plus que les sanctions à l’encontre de la Birmanie, renforcées après la dernière condamnation de la dissidente, sont maintenues.

Plusieurs responsables américains se sont rendus en Birmanie récemment, dont le sous-secrétaire d’Etat Kurt Campbell et l’ambassadeur à l’ASEAN (Association des pays du Sud-Est asiatique) Scot Marciel, qui se sont entretenus séparément avec les généraux au pouvoir et leur prisonnière.

Barack Obama lui-même rencontrera le Premier ministre de la junte birmane, le général Thein Sein, avec d’autres dirigeants de l’ASEAN le 15 novembre, en marge d’une réunion à Singapour. Les autorités américaines n’ont pas précisé si le président s’entretiendrait directement avec Thein Sein.


nov 9 2009

Aung San Suu Kyi optimiste après la visite américaine à Rangoun

source : l’express

RANGOUN - L’opposante birmane Aung San Suu Kyi espère que l’action des Etats-Unis en Birmanie permettra de faire avancer des réformes démocratiques dans le pays, a déclaré lundi l’un de ses avocats, quelques jours après la visite d’un haut responsable américain.

Aung San Suu Kyi et Kurt Campbell, le sous-secrétaire d'Etat américain chargé de l'Asie du Sud-Est à Rangoun. L'opposante birmane espère que l'action des Etats-Unis en Birmanie permettra de faire avancer des réformes démocratiques dans le pays. (Reuters/Aung Hla Tun)

Aung San Suu Kyi et Kurt Campbell, le sous-secrétaire d’Etat américain chargé de l’Asie du Sud-Est à Rangoun. L’opposante birmane espère que l’action des Etats-Unis en Birmanie permettra de faire avancer des réformes démocratiques dans le pays. (Reuters/Aung Hla Tun)

La lauréate du prix Nobel de la paix, qui est assignée à résidence, a été autorisée lundi par la junte à s’entretenir pendant trois heures avec ses avocats, qui sont convenus de faire appel devant la Cour suprême de la dernière condamnation de leur cliente en août.

La semaine dernière, elle a pu rencontrer pendant deux heures Kurt Campbell, le sous-secrétaire d’Etat américain chargé de l’Asie du Sud-Est, à l’occasion de la visite de plus haut niveau de représentants américains en Birmanie depuis 1995.

Elle nous a dit qu’elle était assez satisfaite de la visite de M. Campbell (…) Elle a déclaré qu’il était le genre de personne avec laquelle nous pouvions travailler“, a déclaré l’avocat Nyan Win à la presse.

Elle a aussi exprimé ses remerciements au régime pour leur assistance durant la visite de Campbell.

Outre Aung San Suu Kyi, Kurt Campbell a rencontré des ministres du gouvernement mais n’a pas été reçu par le numéro un de la junte, le général Than Shwe.

A son retour de Birmanie, l’assistant de Kurt Campbell, Scot Marciel, a expliqué que l’objectif principal de la visite était de favoriser le dialogue entre la junte, les partis d’opposition et les différents groupes ethniques birmans.

Aung San Suu Kyi, qui a passé 14 des 20 dernières années en détention, a été condamnée en août à 18 mois d’assignation à résidence supplémentaires pour avoir enfreint les règles encadrant les conditions de sa détention.

Cette condamnation devrait la tenir à l’écart des élections prévues l’année prochaine.


nov 5 2009

Washington ne lèvera pas les sanctions contre la Birmanie

source : AFP

Malgré une rencontre jugée importante la veille entre le secrétaire d’Etat adjoint Kurt Campbell et l’opposante Aung San Suu Kyi, Washington n’a pas l’intention de lever les sanctions contre la Birmanie, a rapporté jeudi un diplomate américain.

L’ambassadeur des Etats-Unis pour l’Association des pays de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), Scot Marciel, s’exprimait au lendemain d’une rencontre jugée comme la plus importante de ces 14 dernières années. Cette visite s’inscrit dans une politique d’ouverture et de dialogue direct de l’administration Obama.

“Nous allons maintenir nos sanctions actuelles, parallèlement aux progrès”, a souligné M. Marciel. “C’est un outil qui reste très utile. Nous envisagerons évidemment une levée des sanctions s’il y a des progrès importants”, a-t-il déclaré lors d’une conférence à l’université Chulalongkorn à Bangkok, en Thaïlande.

Lui et Kurt Campbell se sont entretenus mardi et mercredi avec des dirigeants de la junte militaire et ont pu rencontrer la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, placée sous résidence surveillée 14 de ces 20 dernières années.

Marciel a notamment insisté sur la nécessité d’engager un dialogue sincère entre les deux camps. Sans cela, les élections de l’an prochain ne seront pas crédibles, a-t-il dit. “Ce scrutin est une chance, mais seulement s’il est correctement utilisé”.

Il a également plaidé pour la libération d’Aung San Suu Kyi et d’autres prisonniers politiques ainsi que pour la fin des atteintes aux droits de l’Homme. “Nous ne nous faisons aucune illusion. Quand on regarde le passé, on voit que les précédentes tentatives diplomatiques ont échoué”, a-t-il reconnu.

Les deux hommes sont les plus hauts responsables américains à se rendre en Birmanie depuis septembre 1995, date de la visite de l’ambassadeur US aux Nations Unies de l’époque Madeleine Albright.


nov 4 2009

Aung San Suu Kyi rencontre des diplomates américains

source : RFI

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus


L'opposante birmane, Aung San Suu Kyi (d) accompagnée du secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie de l'Est, Kurt Campbell (g), à Rangoon, le 4 novembre 2009.(Photo : REUTERS/Aung Hla Tun)

L’opposante birmane, Aung San Suu Kyi (d) accompagnée du secrétaire d’Etat adjoint pour l’Asie de l’Est, Kurt Campbell (g), à Rangoon, le 4 novembre 2009.
(Photo : REUTERS/Aung Hla Tun)

Le secrétaire d’Etat adjoint américain pour l’Asie orientale, Kurt Campbell, s’est entretenu mercredi pendant deux heures avec Aung San Suu Kyi, la dirigeante de l’opposition au régime militaire, assignée à résidence depuis 2003.Une rencontre médiatisée, autorisée exceptionnellement par la junte.

Cela faisait quatorze ans qu’Aung San Suu Kyi n’avait pas pu rencontrer un émissaire de Washington d’un niveau aussi élevé. Chose rare : les photographes de presse ont pu librement prendre Aung San Suu Kyi en photo à la sortie de l’entretien, lequel a eu lieu à l’hôtel Inya Lake. Visiblement, les généraux birmans voulaient exploiter au maximum cette occasion pour améliorer leur image tant à l’intérieur de la Birmanie que vis-à-vis de la communauté internationale.

Le contenu de l’entretien entre Kurt Campbell et Aung San Suu Kyi n’est pas encore connu, mais il s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique américaine d’engagement direct avec la junte. Il s’agit de définir les modalités d’un tel dialogue et les conditions nécessaires pour une levée des sanctions économiques américaines.

Au premier rang des exigences de Washington, figurent la libération d’Aung San Suu Kyi et les conditions de sa participation aux élections parlementaires de l’an prochain. Lors du sommet des Nations d’Asie du Sud-Est le mois dernier en Thaïlande, le Premier ministre birman Thein Sein avait indiqué, pour la première fois, qu’Aung San Suu Kyi avait un rôle à jouer dans ces élections. C’est sur le contenu exact de ce rôle que portent désormais les discussions.


nov 3 2009

Un diplomate américain à Rangoun pour rencontrer Aung San Suu Kyi et la junte

source : RFI

Une délégation de hauts responsables américains est arrivée ce mardi en Birmanie. Pour la première fois depuis près de quinze ans des représentants du département d’Etat vont entamer des discussions avec des responsables de la junte. Cette visite est la première manifestation concrète de la nouvelle politique de l’administration Obama à l’encontre de la Birmanie.

Kurt Campbell (g), secrétaire d’Etat adjoint américain, et son adjoint le député Scot Marciel (d), de la délégation américaine, sont arrivés en Birmanie, le 3 novembre 2009.(Photo : AFP)

Kurt Campbell (g), secrétaire d’Etat adjoint américain, et son adjoint le député Scot Marciel (d), de la délégation américaine, sont arrivés en Birmanie, le 3 novembre 2009.
(Photo : AFP)

Pour le président américain cette délégation, annoncée comme la plus importante depuis 1995 n’a qu’un objectif : tester la Birmanie sur sa réelle capacité à pratiquer l’ouverture.

Difficile mission donc pour le sous-secrétaire d’Etat Kurt Campbell car il s’agit pour lui de faire pression sur le gouvernement birman sans risquer de le braquer et d’engager un dialogue constructif sans apparaître complice d’une dictature. Pour tenter d’y voir plus clair, le diplomate américain rencontrera ce mardi à Naypyidaw le Premier ministre birman.

Dans la nouvelle capitale du pays, le généralissime Than Shwe, numéro un de la junte devrait en revanche rester inaccessible. Ce qui jette un doute sur les véritables intentions des généraux.

Mercredi 4 novembre, Kurt Campbell devrait se rendre à Rangoun pour s’entretenir avec la Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, qui souhaite désormais jouer un rôle de médiatrice entre l’Occident et le gouvernement birman en vue de la levée des sanctions économiques.

Les Etats-Unis savent que la junte veut sortir de son isolement mais ils restent prudents quant à d’éventuels progrès. Les partisans d’Aung San Suu Kyi n’attendent d’ailleurs rien de concret de cette visite qu’ils considèrent simplement comme un bon début.