sept 29 2009

«Si Total en avait la volonté, elle pourrait initier des changements réels en Birmanie»

source : libération

Trois semaines après la publication du rapport d’Earth Rights international sur le groupe pétrolier, Matthew Smith, coordinateur de l’ONG pour la Birmanie, déplore les silences de Total et la faiblesse des pressions internationales.

Recueilli par ARNAUD VAULERIN

Dans un rapport publié le 10 septembre, dont Libération avait révélé le contenu, l’ONG Earth Rights international (ERI) montrait comment les royalties versées par TOTAL enrichissaient exclusivement la junte Birmane. ERI accusait le groupe pétrolier français et son partenaire américain Chevron (ex-Unocal) d’être les principaux soutiens des généraux.

ERI dévoilait que le gisement de Yadana avait permis au régime birman d’engranger 4,83 milliards de dollars (3,31 milliards d’euros) entre 2000, début de l’exploitation du site, et 2008. Loin d’être versée au budget national, cette manne détournée par les généraux «est localisée dans deux grandes banques offshore à Singapour, réputées pour abriter des fonds des gouvernements de la région et des diasporas», écrivaient les auteurs du rapport. Témoignages à l’appui, ERI évoquait également plusieurs cas de «travail forcé».

Trois semaines après la publication de cette enquête, Matthew Smith, le coordinateur Earth Rights pour la Birmanie était à Paris, hier. Il répond aux questions de Libération.

Depuis la publication de votre rapport, avez-vous eu une quelconque réaction, un échange avec Total qui, dans un communiqué, a dénoncé un document «exclusivement à charge»?

Nous n’avons pas été en contact avec la compagnie Total. Nous n’avons reçu aucun courrier de leur part. Avant de publier notre rapport, nous avons essayé en vain de rencontrer des responsables de Total à plusieurs reprises au sujet des investissements de la compagnie en Birmanie. Nous leur avons ensuite écrit jusqu’à ce qu’ils nous précisent qu’ils ne souhaitaient pas répondre à nos questions.

Qu’attendiez-vous de la part de Total après la publication de Total?

Nous pensions que Total allait sérieusement vouloir discuter des recommandations formulées à la fin du rapport (publication des paiments versés à Total, travailler à la fin de la présence militaire dans la zone de Yadana, s’engager à lutter réellement contre le travail forcé, ndlr) En ce sens, nous sommes surpris par leur rejet catégorique de ce rapport qui nous a pris plusieurs années de recherches. Nous serions vraiment satisfait d’entendre de la part de Total toute précision ou fait susceptible de préciser leurs financements en Birmanie. Par ailleurs, nous sommes tout à fait disposés à corriger toute éventuelle erreur de notre part.

Dans vos recommandations, vous n’appelez pas au départ de Total en Birmanie.

Non et pour plusieurs raisons. D’abord, depuis la construction achevée du pipeline de Yadana en 2000, le mal est désormais fait. Si Total s’en va, le pipeline continuera d’exister et l’argent généré par l’exploitation continuera à profiter au régime birman. Le groupe pétrolier dit également souvent qu’en cas de retrait, il sera remplacé par les Chinois, mais ce scénario n’est franchement pas évident. La junte pourrait très bien nationaliser les installations. Et tout cela n’aurait pas vraiment d’effets positifs sur la situation des droits de l’homme pour les gens qui vivent dans cette région. En fait, Total est une multinationale puissante qui, si elle en avait la volonté politique, pourrait initier des changements positifs et réels en Birmanie.

Total a plusieurs fois dit qu’elle faisait l’objet de campagnes et de critiques incessantes alors que d’autres compagnies n’étaient jamais montré du doigt?

Nous contrôlons le travail de plusieurs compagnies privées ou d’Etat qui interviennent en Birmanie. Il s’agit de sociétés chinoises, thaïlandaises, indiennes, sud-coréennes. Donc l’argument de Total est tout simplement faux. Enfin, de nombreuses organisations ou groupes de pression chinois ou thaïlandais suivent les activités de nombreuses multinationales.

S’agissant de votre rapport, vous avez révélé que l’équivalent de presque 5 milliards de dollars ont été versés sur des comptes offshore de deux banques singapouriennes. Qu’est-ce qui pourrait être fait pour prévenir ce détournement?

La communauté internationale pourrait multiplier les pressions multilatérales sur les institutions bancaires afin qu’elles disposent de solides informations sur l’identité de leurs clients. Tant que le régime militaire birman aura un accès facile à ces comptes, les sanctions internationales resteront inefficaces.

L’autre élément-clé de votre rapport: le travail forcé. Il a été documenté et prouvé dans les années 90, diriez-vous qu’il est encore en vigueur dans la région du pipeline de Yadana?

Absolument, il est toujours répandu et systématique dans toute cette région. Il est notamment le fait des autorités militaires qui le pratiquent très régulièrement. Ce n’est pas qu’un problème de droits de l’homme, cela a des implications économiques. Quand un homme doit surveiller une route ou des installations, c’est autant de temps perdu à travailler pour lui ou à s’occuper de leur famille.

Sachant que la politique de sanction à l’encontre de la junte a largement été inefficace, comme vient d’ailleurs de le déclarer Hillary Clinton, quelle action peut-être envisagé pour mettre la pression sur le regime?

Nous applaudissons cette inflexion de la politique américaine qui appelle à un dialogue avec le régime. Cette nouvelle approche qui consiste à se demander comment mieux soutenir le peuple birman est sensée d’autant que, pour l ’heure, les sanctions économiques ne sont pas abandonnées. C’est une approche qui devrait inspirer d’autres pays.

Pensez-vous précisément que la France devrait être plus active sur ce dossier birman, sachant que Total est une compagnie française?

Etant donné que Total est présent en Birmanie et qu’il a contribué à générer près de 5 milliards de dollars de revenus, une somme qui n’a jamais bénéficié au peuple birman, le gouvernement français comme celui des Etats-Unis (le partenaire de Total en Birmanie est l’américain Chevron) doivent effectivement exercer leurs responsabilités et trouver les mécanismes pour contrôler ce revenu gazier déposé à Singapour. S’agit-il de sanctions financières, de pressions diplomatiques? D’autres moyens sont-ils envisageables? Nous aimerions savoir ce que les gouvernements, et notamment celui de la France, envisagent de faire. Pour l’heure, il faut maintenir le gel des investissements en Birmanie.


sept 28 2009

Aung San Suu Kyi cherche à rencontrer des diplomates occidentaux

source : AP

La dirigeante de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi a demandé la permission à la junte de rencontrer des diplomates étrangers afin de les appeler à la levée des sanctions contre le régime birman, a annoncé lundi son parti la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

La lauréate du prix Nobel de la paix en a fait la demande dans une lettre envoyée vendredi au chef de la junte, le général Than Shwe. Aung San Suu Kyi était jusqu’ici favorable à ces sanctions, estimant qu’elles étaient un moyen de faire pression sur le régime militaire pour la mise en oeuvre de réformes démocratiques.

La dirigeante de la LND, qui a passé environ 14 des 20 dernières années en détention, a été condamnée en août à une nouvelle peine de 18 mois d’assignation à résidence. Elle a été à l’isolement quasi-total ces cinq dernières années, les émissaires de l’ONU étant les seuls diplomates autorisés à la rencontrer.

En octobre 2007, Than Shwe avait dit être prêt à discuter avec Aung San Suu Kyi à condition qu’elle renonce à appeler à des sanctions internationales.

La semaine dernière, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait évoqué un changement de politique envers la Birmanie, Washington étant prêt à des discussions directes avec la junte pour promouvoir la démocratie. Elle avait ajouté que les sanctions contre les membres de la junte resteraient en place.


sept 27 2009

La LND fête ses 21 ans sur un nouvel appel à libérer Aung San Suu Kyi

source : Angola press

Le parti de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), célébrait dimanche son 21e anniversaire marqué par un nouvel appel à libérer le prix Nobel de la paix.
Environ 250 membres de la LND ainsi que des diplomates et des anciens prisonniers politiques ont pris part à un rassemblement dans les locaux de la formation, à Rangoun.
“A l’occasion de cet anniversaire, je souhaiterais exprimer le souhait que Aung San Suu Kyi puisse être autorisée à jouer un rôle politique en toute liberté. C’est une politicienne et notre parti est reconnu par le gouvernement”, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la LND Nyan Win qui est également l’avocat de Mme Suu Kyi.
Le porte-parole, qui a plaidé pour la libération de l’ensemble des prisonniers politiques en Birmanie, a également demandé à ce que les antennes régionales de la LND soient autorisées à rouvrir.
Privée de liberté pendant plus de 14 des 20 dernières années, Aung San Suu Kyi a été récemment condamnée à 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence, sanction qui l’exclut de facto des élections prévues en 2010.

Ce scrutin est prévu alors que les Etats-Unis et l’Union européenne ont imposé des sanctions au régime militaire birman en raison de son refus d’honorer le résultat des élections du 27 mai 1990 remportées par LND.

L’avocat d’Aung San Suu Kyi a affirmé samedi que Aung San Suu kyi avait transmis au chef de la junte des suggestions pour obtenir une levée des sanctions occidentales imposées à son pays.

L’opposante birmane a écrit une lettre au général Than Shwe, le chef de la junte, sur la façon dont pourraient être levées, à son avis, les sanctions qui ont été imposées au pays, a indiqué à l’AFP Nyan Win.


sept 26 2009

Les conseils d’Aung San Suu Kyi à la junte

source : RFI

Dans une lettre adressée aux généraux, Aung San Suu Kyi fait des suggestions pour que soient levées les sanctions contre la junte birmane. C’est un changement de tactique de la part de la dirigeante de l’opposition birmane. Cette initiative intervient après l’annonce cette semaine d’un changement de politique des Etats-Unis à l’égard de la Birmanie pour favoriser des réformes démocratiques.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

En signe de soutien à Aung San Suu Kyi, des moines vivant en Thaïlande prient à côté de son portrait lors d’un rassemblement devant l'ambassade birmane à Bangkok, le 26 septembre 2009.(Photo : Reuters)

En signe de soutien à Aung San Suu Kyi, des moines vivant en Thaïlande prient à côté de son portrait lors d’un rassemblement devant l’ambassade birmane à Bangkok, le 26 septembre 2009.
(Photo : Reuters)

Aung San Suu Kyi, au moins jusqu’à sa détention de 2003, avait toujours milité pour une politique de sanctions dures, y compris pour un boycott touristique. Ce qu’elle propose aux généraux maintenant, c’est de coopérer avec eux dans l’objectif de faire lever les sanctions par les Etats-Unis et l’Union européenne.

C’est donc une approche très nouvelle. Elle a été déclenchée par la révision de la politique américaine. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait déclaré, il y a quelques jours, que Washington allait engager un dialogue direct avec les généraux birmans tout en maintenant les sanctions économiques.

Tout cela doit être replacé dans le cadre des élections de l’an prochain. Les généraux birmans souhaitent que ces élections soient reconnues comme crédibles par la communauté internationale. Il y a donc là une opportunité à exploiter à la fois pour l’opposition politique birmane et pour les pays qui veulent démocratiser ce régime militaire.

Il convient bien sûr d’être prudent, car si elles s’engagent, les négociations seront difficiles avec de nombreux obstacles, tant le fossé psychologique est vaste entre les différentes parties.


sept 25 2009

l’efficacité des sanctions occidentales en question

source : AFP

La volonté des Etats-Unis d’associer sanctions et dialogue avec la junte birmane souligne l’embarras de l’Occident face à un régime qui n’a jamais fléchi face aux pressions financières, et qui continue depuis 20 ans de bafouer les libertés fondamentales.

En dépit d’une volonté affichée d’isoler la junte et de diverses sanctions économiques, les militaires n’ont jamais cédé.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi, qui a gagné les élections de 1990, n’a jamais exercé le pouvoir. Et la lauréate du Prix Nobel de la paix a été privée de liberté pendant 14 des 20 dernières années.

“Nous pensons que les sanctions restent un élément important de notre politique, mais qu’elles n’ont pas, en elles-mêmes, produit les résultats espérés”, a admis mercredi la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.

Depuis plusieurs années, un certain nombre d’observateurs jugent effectivement que l’ostracisme qui frappe la junte n’a servi à rien ou presque.

“Les politiques occidentales (…) ont échoué à entraîner des changements en Birmanie”, estime ainsi le respecté International Crisis Group, organe de réflexion basé à Bruxelles. “Vingt ans de restrictions de l’aide ont affaibli et non renforcé les forces favorables au changement”.

L’Union européenne a pris une série de sanctions contre la junte en 1996, avant de les renforcer en 2004 puis de les renouveler chaque année depuis 2007.

Elles incluent notamment une interdiction d’entrée dans l’UE et un gel des avoirs de dizaines de responsables de la junte, une interdiction de l’importation des bois, métaux, minerais, et pierres précieuses, l’interdiction d’investir en Birmanie et un embargo sur les armes.

Washington a pour sa part initié ses sanctions en 1997 et les a peu à peu renforcées. Elles interdisent l’importation aux Etats-Unis de produits birmans, et l’exportation en Birmanie de services financiers américains. Elles comprennent aussi le gel des avoirs de hauts responsables birmans ainsi que de plusieurs banques.

L’inefficacité de ces mesures est notamment attribuée au fait qu’elles n’ont pas été unanimement acceptées.

Depuis 1992, l’Inde a opté pour un dialogue “constructif” avec la junte. L’autre grand voisin de la Birmanie, la Chine, est demeuré son plus fidèle allié. Et l’Association des nations d’Asie du sud-est (Asean) n’a jamais efficacement fait pression sur les militaires, respectueuse de la règle de non-ingérence dans les affaires intérieures de ses membres.

Récemment, les adversaires des sanctions se sont fait entendre aux Etats-Unis, croisant le fer avec certains lobbies du Congrès proches de l’opposition birmane en exil, qui est très favorable aux sanctions.

Parmi ces adversaires figure le sénateur Jim Webb, venu à Rangoun en août pour obtenir la libération d’un Américain qui avait nagé jusqu’à la résidence de Mme Suu Kyi, ce qui vaut aujourd’hui à l’opposante 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence.

Le parlementaire démocrate défend la nécessité d’une “nouvelle approche”, évoquant des sanctions “contre-productives”.

Jeudi, Mme Suu Kyi elle-même a estimé que “le dialogue était une bonne chose”, tout en exigeant qu’il soit conduit conjointement avec la junte et l’opposition, a indiqué Nyan Win, le porte-parole de la LND.

Selon Trevor Wilson, ex-ambassadeur australien à Rangoun, les sanctions sont nécessaires. Mais la junte doit aussi savoir précisément quels gestes elle doit accomplir pour les voir levées.

“Il faut communiquer avec un régime comme celui-là”, affirme-t-il.

“Une politique qui maintient des sanctions est une bonne idée”. Mais “vous avez plus de chance (…) de persuader le régime de changer des choses si vous lui parlez directement, que par voie de presse ou par les seules sanctions”.


sept 24 2009

un parti d’opposition demande à la LND de Suu Kyi de participer aux élections

source : AFP

Le deuxième plus gros parti d’opposition de Birmanie a demandé solennellement jeudi à la Ligue nationale pour la démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi de participer aux élections prévues par la junte en 2010.

“Nous voulons que tous les partis politiques participent aux prochaines élections. Nous voulons mettre en oeuvre nos convictions et nos programmes pour le pays”, a déclaré Khin Maung Gyi, 80 ans, secrétaire général du Parti de l’unité nationale (NUP).

“Comment appliquer nos programmes si nous ne sommes pas au Parlement ?”, a-t-il insisté.

La LND célèbrera dimanche le 21e anniversaire de sa création. Elle avait largement remporté les élections de 1990 mais n’a jamais exercé le pouvoir.

Ses dirigeants, dont beaucoup sont détenus ou en liberté surveillée, n’ont pas encore décidé s’ils participeraient au scrutin promis par la junte, et dont beaucoup d’observateurs craignent qu’il ne soit une mise en scène pour légitimer le pouvoir des militaires.

“Il y aura des changements dans ce pays. C’est inévitable”, a insisté Khin Maung Gyi. Le NUP est le second parti politique en importance après la LND.

L’opposant a aussi estimé que de nouvelles relations entre les Etats-Unis et la Birmanie pourraient favoriser des changements. Les Américains “veulent aussi des élections”, “certains ont déjà demandé à la LND d’y participer”, a-t-il affirmé sans autre précision.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a déclaré mercredi que les Etats-Unis allaient engager un dialogue avec la Birmanie, sans abandonner pour autant ses sanctions contre ce pays.

La justice birmane se prononcera le 2 octobre sur l’appel déposé par Mme Suu Kyi, qui conteste sa condamnation à 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence pour violations des conditions de sécurité.


sept 23 2009

Birmanie : HRW dénonce la répression persistante contre les moines

source : lepoint.fr

Birmanie: HRW dénonce la répression persistante contre les moines

Les moines bouddhistes de Birmanie, à la tête de la “révolte safran” en 2007, continuent de subir la répression de la junte qui emprisonne actuellement 240 d’entre eux, affirme l’organisation Human Rights Watch (HRW) dans un nouveau rapport.

Les moines bouddhistes de Birmanie, à la tête de la “révolte safran” en 2007, continuent de subir la répression de la junte qui emprisonne actuellement 240 d’entre eux, affirme l’organisation Human Rights Watch (HRW) dans un nouveau rapport.

Les intimidations, détentions, brimades diverses se sont abattues sans relâche sur les moines birmans, affaiblissant l’ensemble de l’église, selon le texte écrit par Bertil Lintner, spécialiste reconnu de la Birmanie.

“Les histoires racontées par les moines sont tristes et dérangeantes, mais elles témoignent du comportement du gouvernement militaire birman, qui s’accroche au pouvoir par la violence, la peur et la répression”, estime Brad Adams, directeur de HRW en Asie.

Depuis 2007, des milliers de bonzes ont abandonné leur robe, affirme aussi HRW qui rappelle que beaucoup d’entre eux ont aussi été sanctionnés après avoir organisé eux-mêmes les secours l’an passé, suite au passage du cyclone Nargis qui avait fait 138.000 morts.

La junte a “intensifié sa surveillance des monastères, fermé des programmes sociaux et médicaux menés par des groupes de moines locaux à Rangoun et ailleurs dans le pays, et continue de défroquer des moines accusés d’activités politiques”, poursuit le rapport.

En 2007, les moines appuyés par la population avaient défié la dictature, après une brusque augmentation des prix et le passage à tabac trois semaines plus tard à Pakokku (centre) de plusieurs bonzes par des affidés de la junte.

HRW avait fait état de 21 morts dans la répression de ce mouvement.

“La colère populaire reste élevée en Birmanie et le potentiel pour une répétition des manifestations de 2007 est important à moins que la communauté internationale exerce des pressions coordonnées sur le régime pour qu’il engage un processus crédible de réformes politiques”, estime Brad Adams.

L’organisation de défense des droits de l’Homme a lancé une campagne la semaine dernière en faveur de la libération des prisonniers politiques en Birmanie, estimés à 2.200 alors que des élections sont promises par le pouvoir en 2010.


sept 20 2009

Total travaille en silence en Birmanie

source : bakchich.info

Le silence de Total suite aux accusations d’une ONG sur ses activités en Birmanie n’est pas innocent. Et confirme ce que Bakchich a toujours révélé : la complicité explicite du groupe français avec la junte birmane.

Ni Total, ni son partenaire américain Chevron n’ont publié de communiqué démentant les graves accusations sur les conséquences de leurs activités en Birmanie. Le 10 septembre, l’ONG Earth Rights International (ERI) dans deux rapports d’enquête solidement documentés affirme que le consortium Yadana, piloté par TOTAL a délibérément enrichi de 5 milliards de dollars les généraux birmans sur des comptes “off shore” dans 2 banques singapouriennes, au détriment du peuple birman. En outre, contrairement aux allégations de TOTAL (et de Chevron), les pratiques habituelles de l’armée birmane, à savoir réquisition de travailleurs forcés, vols, violences diverses etc ont toujours cours dans la zone du gazoduc, qui draine depuis 15 ans (depuis la pose du gazoduc) une soldatesque particulièrement nombreuse.

Total plie mais ne rompt pas

Seules les banques singapouriennes, l ’Overseas Chinese Banking Corporation (OCBC) et le groupe DBS ont publié des démentis, qui, toutefois, n’emportent pas la conviction. En effet, ne pas avoir assorti ces démentis de plainte en diffamation, est considéré dans l’île-Etat comme un quasi-aveu. Comme si, en cas de procès, les banques craignaient de voir produire un bordereau incontestable, prouvant l’existence de comptes bien garnis détenus par des généraux birmans (et leurs proches) dans leurs livres.

La tête dans le baril - JPG - 16.4 ko

La tête dans le baril
© G.

Loin des rodomontades de son patron Christophe de Margerie au Parisien,  le dircom de TOTAL, Jean-François Lassalle, dans une déclaration à l’AFP s’est borné, non pas à démentir ERI, mais à dénoncer le rapport “exclusivement à charge” de l’ONG américaine. Il y relève en outre “des inexactitudes, des amalgames, des imprécisions ou des interprétations erronées” sans autre précision.

Voilà qui valide les données chiffrées sur les revenus que TOTAL procure aux généraux birmans, que Bakchich donne à ses lecteurs depuis deux ans : Le gazoduc Yadana leur rapporte- et à eux seuls- une moyenne de 3 millions d’euros par jour . Entre un centième et un vingtième de ce montant entre dans les caisses de l’état birman, un record mondial !


sept 18 2009

Birmanie : le verdict de l’appel d’Aung San Suu Kyi prévu le 2 octobre

source : AFP

La justice birmane se prononcera le 2 octobre prochain sur l’appel déposé par l’opposante Aung San Suu Kyi, qui conteste sa condamnation à 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence.

Le représentant du gouvernement et les avocats de Mme Suu Kyi ont présenté leurs arguments devant une cour d’appel de Rangoun, en l’absence de l’accusée qui s’était vue refuser l’accès à l’audience par le régime militaire.

“La cour a renvoyé le délibéré au 2 octobre à 10h00 (04h30 GMT)”, a indiqué un responsable birman sous couvert de l’anonymat.

La lauréate du Prix Nobel de la paix, 64 ans, avait été condamnée à trois ans de réclusion et de travaux forcés en août, pour avoir brièvement hébergé un Américain qui avait réussi à nager jusqu’à son domicile, situé sur les rives d’un lac.

La sanction avait été commuée en une assignation à résidence qui l’exclut de facto du paysage politique pour les élections prévues en 2010.

Kyi Win, le principal avocat de l’opposante, “a présenté ses arguments en se fondant sur la loi”, a indiqué l’autre avocat, Nyan Win, par ailleurs porte-parole du parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). “Nous espérons une libération sans condition”, a-t-il ajouté.

La cour a traité en même temps l’appel des deux femmes qui vivent en permanence avec la “Dame de Rangoun”, et qui avaient été condamnées à la même sanction. Une centaine de membres de la LND s’étaient rendus devant le bâtiment où sept camions de police étaient garés.

La presse birmane avait justifié cette semaine l’absence de Mme Suu Kyi au procès par l’application stricte de la loi.

“Si l’accusé est détenu, il n’est pas nécessaire de l’amener devant le tribunal pour des déclarations”, avait relevé un éditorial du quotidien officiel New Light of Myanmar, sans jamais mentionner nommément Aung San Suu Kyi.

L’opposante a été privée de liberté pendant 14 des 20 dernières années. Ses avocats entendaient soulever des problèmes constitutionnels relatifs à sa condamnation et défendre le fait que le seul coupable dans l’affaire était l’Américain qui s’est invité chez elle.

Sa dernière condamnation a suscité de très vives protestations du monde entier. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait exprimé sa “grave préoccupation” et l’Union européenne avait adopté de nouvelles sanctions “ciblées” contre le régime birman.

Aux Etats-Unis en revanche, tout en condamnant ce verdict, l’administration Obama a annoncé sa volonté de modifier sa politique à l’égard de la Birmanie, en privilégiant le dialogue aux sanctions.

Vendredi, deux journalistes qui avaient aidé des victimes du cyclone Nargis, et plusieurs opposants dont des membres de la LND, ont été libérés dans le cadre d’une amnistie de 7.000 prisonniers.

Eint Khaing Oo, 28 ans, avait été arrêtée en 2008, et a reçu cette année un prix créé à la mémoire d’un reporter japonais tué pendant les manifestations de 2007. Kyaw Kyaw Thant avait été arrêté lui aussi en 2008 après avoir aidé des survivants du cyclone Nargis à se rendre dans les bureaux des Nations Unies à Rangoun.

Leurs noms avaient été évoqués cette semaine par l’organisation Human Rights Watch (HRW) qui avait estimé que la junte détenait actuellement plus de 2.200 prisonniers politiques, dont plus d’une centaine arrêtés ces derniers mois.


sept 17 2009

La junte birmane annonce la libération de 7.000 détenus

source : AFP

Des moines bouddhistes manifestent contre la junte au pouvoir en Birmanie, à Jakarta, en octobre 2007

Le régime militaire en Birmanie va libérer plus de 7.000 prisonniers, a indiqué jeudi la télévision d’Etat sans préciser si certains des 2.200 détenus politiques du pays allaient bénéficier de cette mesure.

L’amnistie est censée célébrer l’anniversaire du coup d’Etat de 1988, consécutif à la répression de violentes manifestations en faveur de la démocratie, et qui avait abouti au remplacement d’une junte militaire par une autre.

La télévision d’Etat a précisé que les détenus avaient été amnistiés “pour raisons humanitaires”. L’an passé à la même époque, le régime avait libéré 9.000 personnes, en très grande majorité des prisonniers de droit commun.

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a estimé cette semaine que la junte détenait actuellement plus de 2.200 prisonniers politiques, dont plus d’une centaine avaient été arrêtées ces derniers mois.

La figure de l’opposition Aung San Suu Kyi a été récemment condamnée à 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence, une sanction qui l’exclu de facto des élections prévues en 2010.

Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), était injoignable jeudi soir pour indiquer si certains de ses membres derrière les barreaux avaient bénéficié de l’amnistie.