août 25 2009

Dans Newsweek : “Le nageur parle”

La ficelle était grosse, n’est-ce pas ? Personne n’y a cru à ce nageur electron libre illuminé qui débarque de n’importe où, juste pile poil début mai, un peu juste avant la libération d’Aung San Suu Kyi qu’on attendait tous. .

Et je ne peux pas m’empêcher de penser, que cet homme “qui ne trouvera pas la paix avant que la Birmanie et Aung San Suu Kyi aient recouvré la liberté ” ait pu essayer de rentrer en contact avec elle à ce moment précis, faut être c……Il ne réalise pas une seconde qu’il a remis  Aung San Suu Kyi en prison pour 18 mois, qu’il a été manipulé, rien de tout cela, il veut continuer à la sauver !

Yettaw, reste dans le Missouri, là tu feras du bien à Aung San Suu Kyi ! Quoi que tu en dises tu as joué le jeu de junte.

source : newsweek - nouvelobs

John Yettaw, à peine revenu de son odyssée dans les prisons birmanes, explique comment il a déclenché contre son gré une crise diplomatique internationale.

John Yettaw (Sipa)

John Yettaw (Sipa)

Comment a-t-il été possible à un chauffeur de bus du Missouri à la retraite de nager deux kilomètres en combinaison de plongée jusqu’à la résidence très surveillée du leader birman pro-démocratie Aung Sang Suu Kyi, l’une des plus fameuses dissidentes de la planète ? Jusqu’ici, et tandis que John Yettaw se morfondait, durant son procès pour “traversée illégale à la nage”, dans une prison birmane, on ne pouvait que spéculer. Mais aujourd’hui, dans un entretien exclusif avec Newsweek, John Yettaw avance une explication : les responsables de la sécurité birmans l’ont laissé faire. “Je ne sais pas pourquoi ils ne m’ont pas arrêté”, raconte-t-il. “Le garde avec son AK-47 m’a serré la main et m’a laissé entrer”.

Dans cette première interview menée par téléphone depuis sa résidence du centre du Missouri, John Yettaw évoque la logique derrière cette brasse peu diplomatique, répond aux critiques et parle longuement de son engagement pour la Birmanie. “Je veux libérer le Myanmar. Je veux mettre un terme aux souffrances dans ce pays. Je suis opposé à la junte. Je ne serai jamais en paix, émotionnellement ou psychologiquement, tant que cette femme, tant que ce pays, ne sont pas libres”.
John Yettaw a explosé en première page de la presse internationale en mai, après sa visite impromptue de deux jours chez Suu Kyi. En 1990, “la Dame”, comme l’appellent les locaux, avait battu ses opposants à plates coutures lors des dernières élections libres organisées dans le pays, mais la junte avait refusé de reconnaître le résultat du scrutin et l’avait placée en état d’arrestation durant quatorze des vingt dernières années pour avoir tenté de renverser le régime. Elle devait être relâchée le 27 mai, quelques semaines après la visite de John Yettaw, bien avant les élections nationales événement de l’an prochain — les premières depuis vingt ans. Au début du mois, toutefois, Suu Kyi a été condamnée à 18 mois supplémentaires de résidence surveillée. Dimanche, sur intervention du sénateur des Etats-Unis Jim Webb, John Yettaw était gracié de la peine de sept ans de travaux forcés prononcée à son encontre, avant d’être expulsé vers les Etats-Unis.

John Yettaw, un idéaliste qui, jusque l’an dernier, ne possédait pas de passeport, est un improbable protagoniste de la scène politique internationale. Selon la junte, des activistes antigouvernementaux ont exploité John Yettaw en vue d’embarrasser ses leaders, alors que les partisans de Suu Kyi pensent au contraire que le gouvernement s’est servi de l’Américain comme prétexte pour prolonger le régime de résidence surveillée de leur opposante la plus connue et éviter ainsi un retour de l’opposition avant les élections de 2010. La famille de John Yettaw, pour sa part, ne sait que penser. Après des années de questions sans réponse et d’un comportement peu cohérent, ils en sont venus à accepter John Yettaw pour ce qu’il est – un homme au grand cœur, mais instable — sans lui demander trop de comptes.
Jeudi soir, ce missourien de 53 ans gardait sa part de mystère, refusant de clarifier les nombreuses questions en suspens, et n’offrant des explications décousues et à l’occasion contradictoires. “Je dois faire attention à ce que je dis ou le peuple du Myanmar pourrait en souffrir”, a-t-il expliqué, utilisant l’autre nom de la Birmanie. Reprenant les déclarations faites devant ses juges birmans, il a raconté avoir entrepris le voyage en Birmanie dans le but de rencontrer le prix Nobel Suu Kyi — afin de la mettre en garde contre un projet d’assassinat préparé par des terroristes et entrevu lors d’une vision divine. Il nie avoir été en service commandé par la junte militaire qui dirige le pays. “On m’a accusé d’appartenir à la CIA, d’être payé par la junte. C’est simplement ridicule”.

Une question reste, toutefois : pourquoi les gardes n’ont-ils pas arrêté John Yettaw pendant qu’il franchissait à la nage le lac pour atteindre la résidence du prisonnier le plus connu du pays ? John Yettaw avait déjà entrepris la traversée en novembre 2008, se voyant intercepté et renvoyé par les “colocataires” de Suu Kyi. John Yettaw avait indiqué à sa famille avoir été pris en joue et capturé par les gardes sur le chemin du retour. Les gardes, selon lui, ignorant tout de cette visite avortée avaient avalé ses explications, selon lesquelles il était tombé dans le lac en péchant, et l’avaient laissé partir.
On peut se demander pourquoi les autorités ont cette fois adoptée une position plus dure, traduisant John Yettaw en justice avant de le condamner à une peine de prison. Il dit ne pas le savoir, mais indique que les autorités n’ont pas semblé particulièrement soucieuses de l’arrêter : au contraire, un groupe de garde s’est borné à lui jeter paresseusement des pierres pendant qu’il barbotait. “J’ai dit [au juge lors du procès], amenez-les ici et demandez-leur vous-même”. Et d’ajouter : “peut-être qu’ils étaient trop cossards, ou mal entraînés, ou si prétentieux qu’ils ne pensaient pas que qui que ce soit essaierait de les passer en nageant”. Toujours selon John Yettaw, “ils sont peut-être si habitués à une population terrorisée qu’ils ne s’attendaient pas à un tel acte de bravoure”.
John Yettaw refuse de dire où il a péché l’idée de traverser le lac pour rendre visite à Suu Kyi. Selon un diplomate occidental, toutefois, qui a requis l’anonymat pour s’exprimer librement, les rapports de renseignement indiquent que de hauts responsables birmans avaient été invités à trouver un moyen de prolonger l’état d’arrestation de la Dame, à l’approche de la date de sa libération, prévue pour le 27 mai. Une semaine environ avant la deuxième traversée de John Yettaw, selon ce diplomate, deux hommes prétendant appartenir à la Ligue Nationale pour la Démocratie, proche des réformateurs, auraient approché John Yettaw à Mae Sot, une ville frontière désordonnée du côté thaïlandais, et lui auraient indiqué que la Dame était prête à le recevoir (le gouvernement birman n’a pas répondu à nos demandes de commentaire).

John Yettaw refuse d’indiquer ce dont lui et Suu Kyi ont parlé une fois qu’il est arrivé chez elle. “C’est si personnel que je n’ai pas le droit d’évoquer ces conversations, ni même avec ma femme ou mes enfants”, dit-il, ajoutant qu’il a toujours le “cœur brisé” de la savoir à nouveau en résidence surveillée. Il ne considère pas, toutefois, que ses actions soient la cause de ses difficultés. “Ce n’est pas moi qui l’ai mis où elle est. Je n’ai pas emprisonné cette femme“.
En fait, dit-il, sa visite a peut-être même sauvé Suu Kyi des terroristes qui selon lui en veulent à ses jours. Il ne se voit pas en héros, toutefois. “Je n’aime pas les titres. Appelez-moi John”. Il se hérisse lorsqu’on évoque les qualificatifs d’instable, et éventuellement de malade mentale que suggèrent certains, dont l’une de ses trois ex-femmes. “Je ne suis pas fou, ne suis pas malade. Je ne suis pas bipolaire.
Depuis son atterrissage à Springfield, Missouri, mercredi dernier, John Yettaw fait profil bas — se faufilant hors de l’aéroport par une porte dérobée sans prendre ses bagages pour éviter la mêlée des reporters et des photographes. “J’étais vraiment inquiète de le retrouver différent, ou changé”, raconte Carley, la fille de John Yettaw, 21 ans. “Mais non. C’était comme de retrouver mon père de tous les jours. Rien de spécial.” Sa femme Betty minimise également l’importance de ce retour, mettant plutôt l’accent sur le coût financier qu’a représenté le voyage prolongé de son époux. Bien que Webb ait permis d’obtenir sa libération, John Yettaw a dû payer de sa proche le coût du voyage, ainsi que l’infirmière chargée de surveiller sa santé. “Ils veulent nous briser”, déclare Betty, qui tient à répondre aux critiques adressées à son mari. “Oui, [Suu Kyi] est de retour en résidence surveillée, mais les gens qui n’avaient aucune idée de l’endroit où se trouvait la Birmanie, qui ne l’auraient jamais trouvée sur la carte, savent aujourd’hui ce qu’il se passe”.
Pour l’instant, John Yettaw prend son retour aux Etats-Unis “un jour après l’autre”. À la fin du mois, il prévoit d’aller chercher ses trois enfants les plus jeunes — il lui reste cinq enfants au total — en Californie, où ils passent chaque été avec leur mère. Il a également l’intention de consacrer son temps à ses deux livres : un “mémoire” sur le pardon (bien qu’il ne suive aucun cursus universitaire) et un livre ayant pour sujet “une puissance supérieure, et la reconnaissance de l’amertume et de la douceur“.
Retournera-t-il en Birmanie ? “Pas sans ma famille”, déclare-t-il, “et pas sans une invitation”.

Par Tony Dokoupil avec Lennox Samuels en Thaïlande

Traduit de l’anglais par David Korn

Lire la version américaine sur le site de Newsweek


août 17 2009

Washington juge plus utile d’user de la carotte avec la Birmanie

source : Le Temps - Philippe Grangereau

L’opération menée ce week-end par un sénateur proche d’Obama révèle une volonté américaine de ne pas pousser les Birmans dans les bras de la Chine par un engagement constructif et non par des sanctions économiques

C’est avec tous les égards, et plus encore, que les militaires birmans ont reçu ce week-end le sénateur américain Jim Webb. Alors que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’était vu refuser en juillet une entrevue avec l’opposante Aung San Suu Kyi, le sénateur démocrate s’est vu accorder un entretien d’une heure à Rangoon avec la Prix Nobel de la paix. Il lui a exprimé le «profond respect» que lui inspiraient «les sacrifices qu’elle a consentis pour la démocratie dans le monde».

Webb, un vétéran vietnamophone qui préside le sous-comité chargé de l’Asie orientale du Sénat américain, a rencontré le chef de la junte au pouvoir, Than Shwe, dans la nouvelle capitale du pays, Naypiydaw; celui-ci lui a accordé la libération du citoyen américain John Yettaw, que la justice birmane venait de condamner à 7 ans de prison, dont 4 de travaux forcés, pour avoir nagé clandestinement jusqu’à la résidence d’Aung San Suu Kyi. Yettaw, qui comme Webb est un vétéran de la guerre du Vietnam, a pu em­barquer dans l’avion du sénateur de Virginie, qui a atterri en Thaïlande dimanche. C’est l’intrusion clandestine de Yettaw chez Aung San Suu Kyi, le 3 mai dernier, qui a servi de prétexte à la junte pour condamner la «dame de Rangoon» à 18 mois supplémentaires de résidence surveillée. Diabétique et épileptique, Yettaw a été hospitalisé dès son arrivée en Thaïlande.

Engagement constructif

La junte militaire birmane avait de bonnes raisons d’accorder à Webb un tel traitement de faveur. Le sénateur, qui est un proche du président Barack Obama, est un partisan de l’engagement constructif. Il a dit et répété qu’isoler le régime birman au travers de sanctions économiques ne faisait que rapprocher la Birmanie de la Chine. Après des années de coups de bâton infligés à la mule birmane par l’administration Bush, il est temps d’agiter la carotte. La junte, de son côté, a toujours été prompte à accréditer l’idée que le dialogue pourrait permettre de modérer ses instincts répressifs. C’est, dès 1997, dans l’espoir d’une telle évolution pacifique – qui s’est révélé vain jusqu’alors – que les pays de l’Asean ont accueilli la Birmanie en leur sein.

Depuis la Thaïlande, le sénateur Webb a expliqué que son entretien avec le chef de la dictature lui avait donné à penser que les élections promises pour 2010 en Birmanie constituaient «une opportunité» pour la junte. Il a sollicité la mise en liberté d’Aung San Suu Kyi afin qu’elle puisse y participer, mais n’a pas obtenu de réponse. Il serait étonnant que les militaires laissent la Nobel birmane se porter candidate, étant donné qu’elle avait remporté les dernières élections démocratiques (en 1990) qui avaient été annulées par la dictature.

Webb a néanmoins dit espérer que les concessions qu’il a obtenues «posent les fondations d’une relation de confiance» entre Washington et la Birmanie. Plusieurs officiels américains cités par le Washington Post se sont félicités du fait que la peine infligée à l’opposante ait été commuée à 18 mois d’assignation à résidence. A l’inverse, Jeremy Woodrum, militant de l’organisation «Campagne pour la Birmanie», déplore que la visite du sénateur contribue à légitimer la junte. «Le régime a joué d’une main de maître. Il en retire tout un tas de publicité positive… et il garde un prétexte légal pour continuer d’incarcérer Aung San Suu Kyi.»


août 14 2009

Un proche d’Obama en Birmanie pour rencontrer le numéro un Than Shwe

source : De Hla Hla HTAY (AFP)

Le sénateur démocrate américain Jim Webb est arrivé en Birmanie où il deviendra samedi le premier haut responsable américain à être reçu par le numéro un du régime, le généralissime Than Shwe, selon un représentant de la junte.

La visite de M. Webb –un proche du président Barack Obama– intervient alors que les militaires birmans restent sous le feu des critiques internationales pour avoir fait condamner mardi l’opposante Aung San Suu Kyi à 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence.

Avant le procès de Mme Suu Kyi et d’un Américain condamné avec elle, l’administration Obama avait déclaré envisager un changement de politique à l’égard de la Birmanie, avec plus de dialogue et moins de sanctions.

Le cabinet de M. Webb avait annoncé jeudi qu’il serait reçu par Than Shwe, “une première” pour un responsable américain.

“Le généralissime rencontrera Jim Webb” samedi à Naypyidaw, capitale administrative birmane, où le parlementaire est arrivé vendredi, a confirmé à l’AFP un représentant de la junte.

Richard Mei, porte-parole de l’ambassade américaine à Rangoun, a dit que Jim Webb arrivait à Naypyidaw en provenance du Laos, où il a entamé une tournée en Asie du Sud-Est.

M. Webb se rendra samedi à Rangoun et son départ du pays est prévu dimanche, selon le responsable birman.

Quatre représentants de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi ont été invités vendredi à Naypyidaw, a indiqué Nyan Win, porte-parole du parti.

Un Américain de 54 ans, John Yettaw, a été condamné mardi avec Mme Suu Kyi à sept ans de prison et de travaux forcés pour avoir brièvement séjourné en mai chez la lauréate du prix Nobel de la paix. La santé de M. Yettaw est fragile.

Nyan Win a salué la déclaration adoptée jeudi par le Conseil de sécurité de l’ONU exprimant sa “grave préoccupation” après le verdict contre Mme Suu Kyi, ainsi que le renforcement de sanctions “ciblées” annoncé également par l’Union européenne.

“Ces décisions prouvent que le monde entier veut la justice” pour Mme Suu Kyi, a dit le porte-parole qui avait fait partie de l’équipe de défense de l’opposante pendant son procès.

“La Dame” de Rangoun, âgée de 64 ans, a déjà été privée de liberté pendant 14 des 20 dernières années. Si aucune mesure de clémence n’intervient d’ici à 2010, elle ne pourra pas participer aux élections promises pour l’année prochaine.

Than Shwe (76 ans), arrivé au pouvoir en 1992, a été jusqu’ici une des “bêtes noires” des Etats-Unis qui, avec l’UE, ont imposé des sanctions il y a plus d’une décennie contre la Birmanie en raison de l’absence de réformes démocratiques dans ce pays reclus.

Jim Webb, vétéran de la guerre du Vietnam, préside une sous-commission des Affaires étrangères du Sénat.

La dernière visite d’un responsable américain en Birmanie remonte à mars dernier. Stephen Blake, directeur des Affaires d’Asie du Sud-Est au département d’Etat, avait alors rencontré le ministre birman des Affaires étrangères, mais pas Than Shwe.

Le mois dernier, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton avait évoqué la possibilité pour les Etats-Unis d’investir en Birmanie si la junte libérait Mme Suu Kyi, mais elle s’était aussi inquiétée d’une éventuelle coopération nucléaire Corée du Nord/Birmanie.

En avril, Jim Webb avait lui-même estimé que Washington devrait avoir une nouvelle approche d’engagement “constructif” avec la Birmanie, qui pourrait aboutir à une levée des sanctions mais, en juillet, il avait estimé que le procès de Rangoun rendait cet objectif difficile.

Vendredi, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères Kasit Piromya a déclaré que Bangkok cherchait à favoriser “un consensus” parmi les membres de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) pour “demander (au régime birman) de gracier Aung San Suu Kyi”.


août 14 2009

Birmanie : le Conseil de sécurité approuve une déclaration édulcorée

source : AFP

Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé une déclaration sur la Birmanie se contentant d’exprimer sa “grave préoccupation” après la prolongation de l’assignation à résidence d’Aung San Suu Kyi, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques.

Ces sources, qui s’exprimaient sous couvert d’anonymat, ont indiqué que l’accord avait été obtenu jeudi à la suite de consultations bilatérales.

Le bureau de l’ambassadeur de Grande-Bretagne à l’ONU, John Sawers, qui préside le conseil de 15 membres ce mois-ci, a indiqué que ce dernier lirait la déclaration à la presse à 17H00 GMT.

La dirigeante de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la Paix, a été condamnée mardi à trois ans de prison et de travaux forcés, commués par le dirigeant de la junte, Than Shwe, en 18 mois supplémentaires de résidence surveillée. Elle avait, selon ses juges, violé les termes de son assignation à résidence en hébergeant brièvement en mai un Américain qui s’était invité chez elle en nageant jusqu’à son domicile.

“Les membres du Conseil de sécurité expriment leur grave préoccupation face à l’inculpation et à la condamnation de Daw Aung San Suu Kyi et à son impact politique”, selon une copie du communiqué obtenue par l’AFP.

Le texte prend note de la décision du gouvernement birman de réduire la peine infligée à Mme Suu Kyi et presse le régime de “prendre d’autres mesures pour créer les conditions nécessaires à un dialogue véritable avec Daw Aung San Suu Kyi ainsi que toutes les parties concernées et les groupes ethniques afin de parvenir à une réconciliation nationale complète”.

Ce texte est une version édulcorée de celui qui avait été initialement proposé par les Etats-Unis, qui “réprouv(ait) la condamnation et la sentence infligée à Aung San Suu Kyi et exprim(ait) une grave inquiétude sur l’impact politique que ce geste a sur la situation” en Birmanie.

Le communiqué américain appelait aussi les autorités birmanes “à libérer Aung San Suu Kyi et tous les autres prisonniers politiques”.

Les 15 membres du Conseil avaient interrompu leurs entretiens à huis-clos mardi soir sans parvenir à s’entendre sur le projet de texte porté par les Etats-Unis, certains pays, dont les détenteurs de veto que sont la Chine et la Russie, ainsi que le Vietnam, insistant pour consulter leurs capitales.

La Chine, principal allié du régime birman, avait appelé mercredi la communauté internationale à respecter la souveraineté de la justice birmane.

Les consultations s’étaient poursuivies mercredi mais une réunion plénière du Conseil de sécurité, prévue dans l’après-midi, avait été annulée.

La déclaration, non contraignante, nécessitait l’unanimité des 15 membres du Conseil.


août 13 2009

Punir la junte : et après ?

source : libération, Arnaud Dubus, Bangkok

Les sanctions, à l’efficacité relative, ne font pas l’unanimité chez les opposants, en quête de nouvelles tactiques

La condamnation de la dirigeante du mouvement démocratique birman Aung San Suu Kyi devrait amener un nouveau tour de vis dans les sanctions occidentales contre la Birmanie. Mais celles-ci peuvent-elles ébranler un régime qui semble se complaire dans l’isolationnisme ? Force est de constater que, jusqu’à présent, leur effet sur la junte militaire a été très limité. «Le problème est que, depuis vingt ans, les Birmans souffrent, alors que les généraux arrivent à contourner les sanctions. Celles-ci n’ont pas provoqué de changement. Nous devrions trouver quelque chose d’autre», estime Harn Yawnghwe, directeur de l’organisation Euro-Burma, basée à Bruxelles et dont l’objectif est d’aider la population à se préparer à l’après-dictature. Les premières sanctions ont été imposées immédiatement après la répression brutale des manifestations prodémocratiques de l’été 1988, avec l’embargo américain et européen sur les ventes d’armes. A la fin des années 90, sous la pression d’une campagne militante, plusieurs entreprises américaines et européennes - Levi Strauss, Pepsi Cola, Motorola, Heineken entre autres - ont fermé leurs activités en Birmanie.

Sanctions ciblées. En 2003, une nouvelle série de mesures, visant personnellement les leaders de la junte et leurs associés, ont été prises par les Etats-Unis puis l’Union européenne. Pour de nombreux militants des droits de l’homme, ce sont ces sanctions ciblées, concernant les avoirs bancaires, l’octroi de visas et l’embargo sur certaines marchandises comme les pierres précieuses, qu’il faut privilégier. «Il y a des signes clairs que ces sanctions ont affecté le général Than Shwe [le leader de la junte, ndlr] et certains de ses proches comme Tay Za [un homme d’affaires birman de premier plan]», indique Win Min, un universitaire birman enseignant à Chiang Mai, en Thaïlande. Pour preuve, avancent certains, le ministre birman des Affaires étrangères, Nyan Win, s’en est plaint à la tribune de l’ONU, estimant que ces mesures «affectaient les intérêts de la population birmane».

Mais tout le monde n’est pas convaincu de l’efficacité de ces sanctions nouvelle manière. «Il y a quinze pays qui ont investi dans l’exploitation des hydrocarbures en Birmanie [dont la firme française Total, ndlr]. Même si vous imposez des sanctions ciblées, le régime aura encore des milliards de dollars à dépenser», dit Maung Zarni, chercheur sur la Birmanie à la London School of Economics. Ces sanctions spécifiques sont aussi affaiblies par le fait qu’aucun des pays asiatiques entretenant des relations étroites avec la junte birmane n’y participe. Singapour, où les généraux birmans viennent se faire soigner et entreposer leurs avoirs, est un exemple typique : les sanctions financières n’y sont pas appliquées. Et l’Union européenne comme les Etats-Unis n’ont pas essayé d’exercer des pressions sur Singapour à ce sujet. «La plupart des Asiatiques n’agiront pas tant qu’ils auront l’impression que Bruxelles et Washington ne sont pas sérieux sur les sanctions ciblées en disant “nous savons où est l’argent birman”», estime David Mathieson, expert sur la Birmanie pour Human Rights Watch.

Le débat sur les sanctions est vif parmi les opposants en exil, mais aussi au sein de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi. En 1989, puis après la fin de sa première période d’assignation à résidence en 1995, Aung San Suu Kyi a soutenu la stratégie des sanctions. Depuis sa dernière arrestation en mai 2003, nul ne sait exactement qu’elle est désormais sa position. «Elle a été très insistante sur les sanctions au début. D’après des sources diplomatiques elle considère que tout est négociable, ce qui doit inclure la question des sanctions», estime Win Min.

Le dilemme est qu’une levée des sanctions donnerait l’impression de récompenser les généraux au pouvoir pour leur intransigeance. Autre problème : quelle nouvelle stratégie est plus à même de favoriser une évolution politique ? La politique d’«engagement constructif» prônée par les pays de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) depuis qu’ils ont intégré la Birmanie au sein de l’organisation en 1997 n’a pas produit de résultat.

Société civile. Beaucoup misent sur le développement de relations avec les différents acteurs du régime birman pour parvenir à une évolution progressive. «Il faut interagir constamment avec le régime des généraux, mais pas de manière critique et agressive», assène Soe Aung, porte-parole du Forum pour la démocratie en Birmanie, basée en Thaïlande. La façon dont l’Organisation internationale du travail (OIT) sollicite la junte, sur une base de donnant-donnant, est citée en exemple. Plutôt qu’avec la haute hiérarchie du régime, c’est dans les nombreux acteurs de la société civile, qu’ils travaillent dans les domaines éducatifs, sanitaires, culturels ou humanitaires, que les opposants en exil voient un canal pour amener le changement par le bas. «Nous ne devons pas nous attendre à avoir la démocratie demain, il faut être plus stratégique, penser au long terme», considère Harn Yawnghwe. Pour beaucoup, changer la mentalité des militaires au pouvoir est un combat perdu d’avance. «C’est un régime purement militariste. Tout l’appareil d’Etat est orienté vers la survie du régime. Quoique vous fassiez vous ne changerez pas la nature de la bête», estime Zarni.


août 13 2009

Total montré du doigt pour sa présence en Birmanie

source : franceinfo

article : Grégoire Lecalot

Au lendemain de la condamnation de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, le pétrolier français Total, qui exploite le champ,gazier de Yadana, en Birmanie, est au centre des critiques. De nombreuses voix s’élèvent à travers le monde pour demander la mise sous séquestre des subsides que verse Total pour conserver son droit d’exploitation.

Dans un communiqué de l’Elysée, le président de la République, Nicolas Sarkozy réclame de “nouvelles sanctions” contre la Birmanie, à la suite de la condamnation de la principale opposante du pays, Aung San Suu Kyi, à 18 mois de réclusion supplémentaire, l’empêchant de se présenter aux prochaines élections prévues l’an prochain.

Réclamant des mesures de rétorsion touchant au commerce du bois et des rubis, le président de la République évite d’évoquer le cas Total, plutôt gênant pour la France. Le pétrolier de La Défense, près de Paris, exploite en effet le champ gazier de Yadana, dans la mer d’Andanam, qui contient environ 150 milliards de mètres cube de gaz, exploitable pendant 30 ans (cliquer ici pour accéder à la description du projet par Total). Pour ce projet , la compagnie pétrolière a déjà investi près d’un milliard et demi d’euros dans les années 90, soit un tiers des investissements étrangers de l’époque en Birmanie.

POTS-DE-VIN

Et la richesse gazière de la Birmanie ne s’arrête pas là. Pourvue de 19 champs, avec des réserves estimées à 2540 milliards de m3, elle se trouve dans le peloton de tête des pays producteurs. Des chiffres qui expliquent l’acharnement de Total à demeurer dans ce pays, malgré les critiques dont la compagnie fait régulièrement l’objet.

La condamnation d’Aung San Suu Kyi et la vague d’indignation et demandes de sanctions qu’elle suscite fait monter la pression d’un cran. Partout à travers le monde, et en particulier en France, des voix s’élèvent pour demander la mise sous séquestre des sommes versées par Total à la Birmanie pour avoir le droit de faire des affaires avec son gaz naturel. Selon certains opposants, le montant des pots-de-vin versés par Total rien que pour s’assurer du contrat d’exploitation a atteint 50 millions de dollars. Et la manne ne s’est pas arrêtée depuis.

Pour expliquer leurs demandes de sanctions “ciblées”, les pays occidentaux avancent qu’il s’agit d’“épargner le plus possible la population”, comme l’écrit le communiqué de l’Elysée. La mise sous séquestre des subsides de Total risquerait d’avoir des conséquences sur la production de gaz, ce qui toucherait aussi la Thaïlande voisine, vers laquelle serpente le gazoduc de Yadana. Présidente en exercice de l’L’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), la Thaïlande a exprimé sa “profonde déception” après le jugement d’Aung San Suu Kyi, sans aller jusqu’à demander des sanctions.

Principal opérateur - et donc principal bénéficiaire - du gisement de Yadana, Total n’est pas non plus le seul. Il opère en partenariat avec une compagnie thaïlandaise (PTTEP), et surtout, avec une compagnie américaine, Chevron, la seconde du pays derrière Exxon. A ce titre, le président américain Barack Obama, dont le pays a tenté - sans succès - (lire notre précédent article), de faire passer des sanctions au conseil de sécurité de l’ONU, a fait preuve de la même amnésie sélective que Nicolas Sarkozy concernant l’exploitation gazière.

Grégoire Lecalot


août 11 2009

Birmanie : Aung San Suu Kyi condamnée à 18 mois d’assignation à résidence

Than Shwe qui s’érige en grand prince… On n’y croit pas ! Un procès de mascarade jusqu’au bout. Aung San Suu Kyi n’ira pas en prison, mais en prison, chez elle…

Chez elle, 54, avenue de l’Université à Rangoon.  C’est tout ce que la junte a trouvé pour la baillonner, c’est tout ce que la junte a trouvé pour faire face à une possible  indignation générale, c’est tout ce que la junte a trouvé : Than Shwe, patriote, ” je me souviens d’Aung San “, Than Shwe, soucieux de la tranquillité et de la paix de son peuple, c’est à hurler de rire… sauf que même si Aung San Suu Kyi échappe à Insein, elle est de nouveau en prison et là, je me mettrais bien à pleurer.


source : AP

Aung San Suu Kyi a été condamnée mardi à une peine d’emprisonnement de 18 mois que le chef de la junte birmane a décidé de commuer en assignation à résidence.

John Yettaw, l’Américain jugé pour avoir gagné à la nage la résidence de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, a été condamné à une peine de sept ans d’emprisonnement dont quatre de travaux forcés.

Tous deux risquaient une peine de cinq ans d’emprisonnement.

Dans un premier temps, le tribunal avait condamné à trois ans d’emprisonnement la lauréate du prix Nobel de la paix, âgé de 64 ans, pour violation des conditions de son assignation à résidence, à la suite de l’intrusion d’un Américain dans sa propriété à Rangoon.

Mais après une interruption de cinq minutes de l’audience, le ministre de l’Intérieur est entré dans le prétoire pour lire à haute voix le décret spécial du chef de la junte Than Shwe. Ce décret réduisant de moitié la peine qu’Aung San Suu Kyi pourra purger dans les conditions d’une assignation à résidence.

Dans ce décret, Than Shwe justifie cette réduction de peine par le souhait de “d’assurer la paix et la tranquillité” et, ajoute-t-il, parce que Suu Kyi est la fille d’Aung San, l’un des héros de l’indépendance de la Birmanie et la fin de la colonisation britannique.

Ce décret réduit également à 18 mois la peine qui frappe les deux autres femmes qui vivaient dans la résidence d’Aung San Suu Kyi.

Contre toute attente, les journalistes ont été autorisés à entrer dans le prétoire du tribunal pour assister à l’énoncé des verdicts dans ce procès qui aura duré près de trois mois.

La décision d’autoriser les journalistes à suivre l’énoncé des verdicts a été prise quelques minutes seulement avant le début de l’audience. Depuis le début du procès, le 18 mai, les journalistes n’ont pu y assister qu’à deux reprises.

Le 4 août dernier, le parti de l’opposante birmane, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), avait publié la transcription de sa déposition du 24 juillet dans laquelle Aung San Suu Kyi estimait que le verdict du tribunal de Rangoon dans son dossier “constituera un jugement du système législatif, judiciaire et constitutionnel du pays dans son ensemble”.

L’opposition accuse la junte militaire au pouvoir depuis 1962 de vouloir l’empêcher de participer à la vie politique dans la perspective des élections prévues pour 2010. Militaires qui avaient refusé de reconnaitre  la victoire écrasante de la LND aux dernières législatives, en 1990.

La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 affirmait aussi dans sa déposition qu’elle a accueilli chez elle l’Américain John Yettaw “sans malice, simplement afin de s’assurer de ce que personne d’impliqué ne souffrirait de conséquences indésirables”.

La plupart des observateurs s’attendaient à la condamnation d’Aung San Suu Kyi, même si les reports d’audience répétés peuvent suggérer un certain embarras de la junte, unanimement condamnée par la communauté internationale. Mme Suu Kyi elle-même a jugé que la décision de la cour était “douloureusement évidente”.

Elle qui a passé 14 des 20 dernières années privée de liberté, avait ajouté dans sa déposition finale que son affaire ne peut pas être jugée correctement sans que soit tranchée la question de la légalité de son assignation à résidence ces cinq dernières années, et de la façon dont la Constitution birmane s’applique à son cas.

Aung San Suu Kyi était jugée avec les deux femmes qui vivent avec elle, Khin Khin Win et sa fille Win Ma Ma, et qui se trouvaient sous le coup des mêmes chefs d’accusation.

Quant à John Yettaw, qui a affirmé s’être introduit dans la résidence de l’opposante pour la prévenir d’un rêve dans lequel elle était assassinée, il risquait aussi cinq ans de prison pour complicité.

Ce mormon âgé de 53 ans originaire du Missouri avait été hospitalisé le 4 août dernier à Rangoon à la suite d’une attaque. Les tribunaux birmans n’énonçant en général pas de verdict en l’absence de l’accusé, l’avocat de Suu Kyi Nyan Win avait dit s’attendre à un nouveau report si Yettaw restait à l’hôpital. Souffrant de diabète, d’épilepsie et d’autres problèmes médicaux, Yettaw n’a quitté le service des soins intensifs qu’à la veille du verdict. AP


août 10 2009

What to do with The Lady

source : Bangkok post

Delays in the trial of Burmese democracy icon Aung San Suu Kyi have fuelled the rumour mill about what the secretive junta is really up to as elections draw closer

Writer: By Larry Jagan
Published: 9/08/2009 at 12:00 AM
Newspaper section: Spectrum

The delay in the trial of Burma’s democracy leader Aung San Suu Kyi has fuelled intense speculation about why the military junta is dragging out the court ruling and what its real agenda is. As Burma’s top general Than Shwe has often told subordinates, international pressure “is like an elastic band” - when it’s pulled tight nothing should be done as it only makes matters worse. When the elastic band is relaxed “we proceed with our plans”.

There is no doubt that the international pressure is very taut at the moment, and the delaying tactics appear to fit neatly into Than Shwe’s strategy of dealing with the opposition leader’s continued detention. But he must know that the campaign in support of Aung San Suu Kyi will not subside.

The democracy icon is poised to learn her fate on Tuesday when the judges reconvene their secret court inside Insein prison. She is on trial for allegedly breaking the conditions of her house arrest, when she gave food and shelter to an uninvited American who swam to her lakeside residence. If found guilty, she faces a maximum of five years in jail.

The verdict was originally scheduled to be announced more than a week ago, but the court postponed its decision on the grounds that it needed more time to consider the legal arguments in relation to the 1974 constitution - which Aung San Suu Kyi’s lawyers insist is no longer relevant.

There is no doubt that one of the regime’s main concerns is the possibility of street protests when the verdict is announced. The state-run media warned the public against protesting for several days before the scheduled court verdict last week. They particularly wanted to avoid the Aug 8 anniversary of the mass pro-democracy movement which toppled the previous military ruler, Ne Win.

Benjamin Zawacki, Amnesty International’s Bangkok-based Burma researcher, said the delay could be a tactic to “bait any potential demonstrators or activists anticipating a guilty verdict to identify themselves, and then switch the date of the verdict so there is enough time to crack down on them”.

At least 30 National League for Democracy (NLD) activists were arrested in Rangoon and other towns on the eve of the original verdict hearing, although many have since been released.

Some Burma watchers say that Aung San Suu Kyi being found guilty is a fait accompli.

“These charges are a complete and crude fabrication, a pretext to keep Daw Aung San Suu Kyi in detention,” the former UN human rights rapporteur for Burma, Professor Paulo Pinheiro, told Spectrum.

British ambassador to Burma Mark Canning, who completed his posting there last month, said: “The trial has been entirely scripted and the end already decided before hand,” he said after a rare occasion when he was allowed to attend the court hearing.

Public sentiment echoes that of the diplomats. “No one is in any doubt about the outcome,” said Moe Moe, a taxi driver in the country’s main commercial city.

“Those men in green in Naypyidaw [the new capital] know she is the people’s hero and the real leader of this country.”

But is it as cut and dried as the diplomats would have us believe, or is Than Shwe unsure of how to handle the case with one eye on next year’s election and the ongoing problem Aung San Suu Kyi and her supporters would present him with after a transition to his homegrown version of “democracy”?

Than Shwe plans to announce the formation of an interim government that will hold administrative power for at least one year, until the elections are staged, according to senior military sources in Naypyidaw.

He and other senior generals around him, especially Maung Aye, plan to stand down when the time is right, after the elections planned for next year. New houses are being built for them near Maymeo. The regional commander has confiscated large tracts of land there and new residences for the top military brass are already being built, according to Burmese military sources.

All government ministries have been told to complete all their outstanding work by the end of August, especially the preparation of statistical information.

Aung Thaung, the minister and a close confidant of Than Shwe’s, recently told his deputies that there would be a new government soon, and he may no longer be the minister. Most of the current crop of ministers have also told their staff they will no longer be ministers by the end of the year. It is understood that members of the interim government will not be allowed to run in the elections, which is why the ministers will resign their posts and not take part in the pre-election administration.

“According to Than Shwe’s plans, all the current ministers will have to resign, if they are to join a political party and fight the forthcoming elections,” said the independent Burmese academic, Win Min.

Many analysts believe Than Shwe has been waiting for the verdict to further marginalise Aung San Suu Kyi before proceeding with his plans for a a civilian administration ahead of the elections. “The whole country will really be surprised to see how power is handed over,” he reportedly told a high-ranking visiting foreign official.

So far there have been no hints as to who will be in the interim administration. Some analysts speculate that it may even include a senior member of the NLD - which would then preclude them from running for office in next year’s elections.

This would also be one way of giving this body credibility - both nationally and internationally. It is possible that Than Shwe wants Aung San Suu Kyi herself to participate in the interim administration, a senior government official recently told Spectrum.

For Than Shwe, there is another major consideration - what to do with Aung San Suu Kyi after the elections. While it may be relatively easy to keep her locked up until then, the problem is that releasing her afterwards would only ensure she would be an enormous thorn in the side of any civilian government.

So Than Shwe’s plans must involve finding a way to neutralise her and at the same time give her her freedom. That is the key issue Than Shwe now has to grapple with, and until he decides what to do with her, she will remain in detention.

The timing of the election is crucial to what happens next week. All indications are that it is likely to take place towards the end of next year. So the further away it is, the more likely it is that the process will be drawn out - first a verdict, then another delay before sentencing, and appeals to the high court.

If Than Shwe is considering ways to co-opt Aung San Suu Kyi, then there must be secret talks or contact between the two. Leading opposition figures in Rangoon, including her lawyers, categorically dismiss these suggestions. Diplomats are equally sceptical.

“But if there were such talks I wouldn’t tell diplomats - and certainly not journalists,” a western diplomat in Rangoon told Spectrum. After all, it took months for news of the regime’s secret talks with Aung San Suu Kyi to emerge, when she was under house arrest in 2000. Those, brokered by the UN envoy Razali Ismail, led to her release in May 2002.

“Whatever happens, Aung San Suu Kyi will be freed before the elections take place,” claimed a senior government official with close links to Than Shwe.


août 10 2009

Procès d’Aung San Suu Kyi : la junte se crispe

A deux jours du jugement dans le procès contre l’opposante Aung San Suu Kyi, les autorités multiplient les mises en garde contre tout mouvement de protestation et les justifications sur l’indépendance du tribunal. A l’approche du verdict, les protestations  internationales ne tarissent pas. L’opposante est jugée pour avoir enfreint les règles de son assignation à résidence, après qu’un Américain s’est introduit chez elle pour des raisons encore confuses. Outre cet Américain, deux de ses employées sont également accusées de complicité. Mais il n’est pas encore sûr que l’annonce du verdict, très attendue, ait lieu mardi.
Manifestation en faveur d’Aung San Suu Kyi, devant l’ambassade de Birmanie, à Manille, aux Philippines, le 2 août 2009. (Photo : Reuters)

Manifestation en faveur d’Aung San Suu Kyi, devant l’ambassade de Birmanie, à Manille, aux Philippines, le 2 août 2009.
(Photo : Reuters)

Il flotte comme une atmosphère de crispation, en ce moment en Birmanie. La presse multiplie les explications et les avertissements des autorités contre tout risque de dérapage.

« Le peuple remarque qu’aujourd’hui, prenant prétexte du procès d’Aung San Suu Kyi, apparaissent des opportunistes assoiffés de pouvoir qui tentent d’inciter à l’émeute », indique le New Light of Myanmar. Le quotidien publie également la longue, la très longue déclaration du chef de la police déclinant toutes les menaces qui pèsent sur la nation en marge de cette affaire.

Le brigadier-général Khin Yi fournit la longue liste des arrestations opérées par ses services au cours de ces dernières semaines, sous prétexte de « terrorisme » et « complot contre l’Etat ». Il rejette les accusations internationales de harcèlement politique contre l’opposante emprisonnée et affirme que c’est le tribunal et lui seul qui décidera mardi, qui est coupable et qui ne l’est pas.

En même temps, des informations circulent sur la précarité de la santé de l’Américain John Yettaw, co-accusé dans cette affaire. Il est malade et hospitalisé pour des crises d’épilepsie à répétition. « Si ça ne va pas mieux, ou si ça se détériore, on pourrait s’acheminer vers un report », dit-on à Rangoon.

De report en report, ça fait bientôt trois mois que la junte hésite à prendre une décision, signe vraisemblable de son embarras à prononcer un verdict impopulaire.


août 8 2009

Remembering Burma’s political prisoners

Il faut se souvenir pour que leur soulèvement il y a 21 ans n’ait pas été vain, il faut se souvenir, pour Aung San Suu Kyi et les 2100 autres prisonniers politiques, il faut se souvenir pour que vive un jour, la démocratie, en Birmanie.

source : By IVAN LEWIS

IVAN LEWIS is deputy minister at the Foreign and Commonwealth Office. This article was sent to The Nation by the British Embassy in Bangkok.

Today is the 21st anniversary of the 8888 uprising in Burma. It began as a small protest, with students rallying against the corrupt government and economic mismanagement in Rangoon, but then it spread across the country.

The students were joined on the streets by people from all walks of life: saffron-robed monks, teachers, young children, housewives and doctors. A general strike took place on August 8, 1988, considered an auspicious date. However, the country’s first popular uprising was put down the following month in the most bloody and ruthless manner. A brutal repression of the people that has continued to this day, and which we last witnessed in the beating and killing of monks and civilians in November 2008.

It was 8888 that brought Aung San Suu Kyi to the forefront of the struggle for democracy, freedom and civil liberties. She is the best known of Burma’s political prisoners, and she is the people’s beacon of hope. However, she is currently being subjected to a show trial and faces the prospect of a prison sentence on Tuesday - a date the regime had chosen to avoid the 8888 anniversary, and also because the senior general believes 11 is his lucky number. Relying on numbers, lucky or otherwise, is a poor substitute for a clear strategic choice of an inclusive democracy.

Suu Kyi’s plight also highlights the appalling state of the 2,100 or more political prisoners in Burma. It is important that we know their stories, which are heart-rending. They are people with families from whom they have been separated.

Many have been sentenced for decades; two from minority ethnic groups have terms of more than 100 years each. The regime wants to ensure its critics die in prison. They are people from different ethnic backgrounds and walks of life: Shan, Mon, Burman; lawyers, artists, activists, MPs and even a comedian. They are talented people with professional qualifications, and their incarceration shows how much human potential is going unrealised in Burma. Their diversity demonstrates that the regime does not discriminate: all dissent in any form is brutally crushed.

What these political prisoners have in common, and what the regime has against them, is an unwavering commitment to peace and national reconciliation.

On the anniversary of 8888, I want to pay tribute to all of Burma’s political prisoners. Their courage and resilience in the face of the abuse of their fundamental human rights are humbling. I also want to repeat the international community’s call for the Burmese regime to release unconditionally all political prisoners and commit to a genuine and inclusive process of dialogue and national reconciliation. Until they do so, future elections, such as those they are planning for 2010, will have absolutely no legitimacy.