mai 30 2009

Birmanie : Total répond à Jane Birkin, par Christophe de Margerie

source : Le Monde

Nous entendons votre cri de désespoir et partageons votre préoccupation de voir Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, placée en détention dans une prison de Rangoun. Pour avoir pu la rencontrer personnellement à deux reprises, soyez persuadée que son sort ne m’est en aucun cas indifférent.

Nous avions déjà fait officiellement connaître notre position lors des événements de mai 2003, qui avaient amené son arrestation et marquaient un sérieux recul par rapport aux perspectives attendues de réconciliation nationale. Dès la semaine dernière, une délégation de Total s’est rendue à l’ambassade du Myanmar à Paris pour y exprimer de nouveau sa vive inquiétude face au sort réservé à cette femme pacifiste, comme vous le dites justement, disposant d’une grande autorité morale.

Nous usons de tout notre poids chaque fois que nous le pouvons, mais notre “influence” en Birmanie reste limitée ; nos actions socio-économiques et le climat qui règne dans la région de nos opérations demeurent la meilleure caution de notre engagement.

A cet égard, nous maintenons sans rougir que si Total venait à partir, d’autres compagnies, bien moins attentives au respect des droits de l’homme et aux conditions de travail de leurs salariés, s’empresseraient de nous remplacer, contribuant probablement à une augmentation des revenus de l’Etat et non pas le contraire.

Vous affirmez que c’est une goutte d’eau dans un océan. Certes, Total ne peut pas seul changer le destin des Birmans. Que pourrait-il se passer si d’autres compagnies occidentales, soucieuses de leur responsabilité, venaient travailler dans le pays et décupler nos efforts ?

Car des efforts, il y en a quotidiennement sur le terrain. Ce que vous ne pourrez voir sans vous rendre sur place, ce sont ces hommes et ces femmes, salariés ou partenaires de Total, qui travaillent aux côtés de dizaines de milliers de Birmans dans la zone du gazoduc ainsi qu’à Mandalay et Yangoon. Ceux-là pourront vous dire tout ce qu’ils doivent et attendent du groupe Total.

Ils pourront vous dire notamment que nous étions bien là quand le cyclone Nargis ravageait le pays. Ils pourront témoigner de l’importance de l’assistance apportée par Total aux populations affectées, et expliquer que c’est précisément grâce à notre présence de longue date sur le terrain que nous pouvions ainsi nous organiser en urgence.

Nous n’avons pas, effectivement, d’hélicoptère arborant notre logo ; nous avons pourtant bien mobilisé celui que nous louons, pour venir en aide aux ONG qui travaillaient sur place. Les matériaux de première nécessité envoyés par l’association Isha Tanaka, que vous soutenez, ont même été transportés par un bateau affrété par Total… Ces personnes le savent, demandez-leur !

Pourquoi donc continuer à prôner le départ de Total, ce qui ne fera qu’appauvrir plus encore la population ? Il me semble urgent de réfléchir aujourd’hui, tous ensemble, à de nouvelles solutions.

C’est pourquoi, Madame, je vous réitère mon invitation à nous rencontrer. Je pourrai ainsi vous expliquer et, pourquoi pas, chercher à vous convaincre qu’en étant présents nous pouvons mieux contribuer à l’amélioration du sort des Birmans qu’en laissant la chaise vide pour “d’autres” qui ne seraient très probablement pas animés des mêmes espoirs, des mêmes convictions, des mêmes valeurs.

Nous sommes solidaires du sort de Mme Aung San Suu Kyi, mais aussi des milliers de Birmans qui comptent plus sur Total que sur l’Etat.

Christophe de Margerie
Directeur général de Total

mai 29 2009

Tout va bien entre Pékin et Rangoun

Source : Le monde article : Sylvie Kauffmann

Lorsqu’Aung San Suu Kyi a pénétré dans le tribunal où elle est jugée pour violation des règles de son assignation à résidence, le 20 mai, tout le monde s’est levé, spontanément. Etrangers et Birmans. Ambassadeurs, journalistes, policiers et militaires. La fille du général Aung San, héros de l’indépendance birmane, n’est qu’une détenue, mais elle commande le respect. Pendant que l’accusée s’entretenait avec ses avocats, l’assemblée est restée debout. Cet hommage informel n’a pas dû être du goût des autorités puisque le 26 mai, lorsque les étrangers ont été admis une deuxième fois à l’audience, ils ont été les seuls à se lever. Frêle, “très digne”, selon un témoin, “apparemment en bonne santé”, le Prix Nobel de la paix les a salués : “C’est bon de voir des gens du monde extérieur.” Confinée pendant treize des dix-neuf dernières années derrière les murs de sa maison délabrée, au bord du lac Inya, Aung San Suu Kyi se doute que, comme plus de 2 000 de ses compatriotes, elle ne reverra pas le “monde extérieur” de sitôt.

L’ambassadeur de Chine, Ye Dabo, n’a pas eu à se poser l’épineuse question - se lever ou non ? - puisqu’il avait choisi de ne pas venir. Il est pourtant, théoriquement, un homme-clé dans cette affaire. Car devant la regrettable absence de leviers de la communauté internationale sur la junte birmane, tous les yeux se tournent vers Pékin. Seul, pense-t-on, le grand voisin chinois est susceptible de faire entendre raison, ou tout au moins d’arracher quelques concessions, dont la clémence pour Aung San Suu Kyi, aux généraux de Naypyidaw. Pourquoi ?

Parce que la Chine n’est pas seulement le premier fournisseur d’armes, de chars et d’avions à un pays qui compte 400 000 militaires, elle en est aussi un partenaire économique essentiel. La Birmanie est un de ces “Etats-clients” de la Chine, avec lesquels Pékin noue des liens économiques si étroits qu’une relation d’interdépendance durable se crée. Alors que la répression brutale du mouvement des moines, en septembre 2007, accentuait le statut de paria de la Birmanie, plaçant les rares investisseurs occidentaux sur la défensive, les relations commerciales entre la Chine et Myanmar, elles, s’intensifiaient : selon des sources officielles chinoises, le commerce bilatéral a augmenté de 26,1 % en 2008 par rapport à 2007. Les importations chinoises de Birmanie ont crû de 71,2 % pendant cette période.

Le fleuron de cette relation économique privilégiée est un gigantesque projet d’oléoduc et de gazoduc, qui a été finalisé en mars. Aux termes de cet accord, la Chine et la Birmanie doivent commencer, au premier semestre, la construction d’un oléoduc qui reliera Kunming, la capitale de la province chinoise du Yunnan, frontalière avec la Birmanie, au port de Kyaukpyu, sur le golfe du Bengale, à l’autre bout de la Birmanie. Cet oléoduc, doublé d’un gazoduc, devrait pénétrer plus avant sur le territoire chinois, traverser la province du Guizhou pour atteindre la mégapole de Chongqing. Pour la Chine, l’intérêt de ces pipelines est énorme : ils lui permettront d’approvisionner le sud-ouest chinois par l’Océan indien, en évitant le passage des pétroliers par le détroit de Malacca, par lequel transitent actuellement 80 % de ses importations de pétrole. La presse japonaise a évalué le coût du gazoduc à 1 milliard de dollars (720 millions d’euros) et celui de l’oléoduc à 1,5 milliard. Pour compléter le tableau, c’est une société chinoise qui a été retenue en décembre 2007, au grand dam de l’Inde, pour l’extraction du gaz naturel d’un champ offshore au large de la Birmanie. L’Inde, voisine occidentale de la Birmanie, ne saurait être lésée ; elle a aussi ses deals et ses projets, qui lui permettent accessoirement de désenclaver sa région nord-est.

La Chine est également très présente dans le secteur minier : en avril, le géant minier China Nonferrous Metal Group s’est engagé à exploiter un gisement de ferronickel dans le nord de la Birmanie. La mise en service de cette mine, si l’on en croit ses responsables, devrait augmenter de 2 % le PIB birman.

De très rares optimistes, parmi les experts, estiment que Pékin peut, à l’occasion, faire pression sur la junte et aurait ainsi obtenu que la détention du général Khin Nyunt, écarté du pouvoir en 2004, soit transformée en assignation à résidence. Certains relèvent un changement de ton et veulent voir un avertissement dans la demande de “réconciliation nationale” exprimée par la Chine aux dirigeants birmans. Reste à savoir si, aux yeux de Pékin, Aung San Suu Kyi et ses 2 000 compagnons d’infortune pèsent autant que le général Khin Nyunt.

POST-SCRIPTUM. Il y a trois ans, le 29 mai 2006, un forage maladroit provoquait l’éruption d’un volcan de boue souterrain à Sidoarjo, dans l’est de Java, en Indonésie. Depuis, la boue n’a cessé de se répandre, provoquant l’évacuation de plus de 15 000 habitants. Aucun des experts consultés n’a trouvé la solution pour arrêter l’éruption, et la boue, chaude et nauséabonde, continue de surgir. Mercredi 27 mai, des milliers de sinistrés ont défilé pour réclamer le paiement de leur indemnisation à la compagnie pétrolière locale, Lapindo, qui effectuait le forage.

Sylvie Kauffmann

mai 28 2009

Birmanie : la junte affirme que le procès d’Aung San Suu Kyi n’a aucun caractère politique

Source : AFP

Le régime militaire birman a affirmé jeudi que le procès de Mme Aung San Suu Kyi n’aurait “aucun impact politique” et qu’il se tenait “conformément à la loi”, alors que les avocats de l’opposante dénoncent un processus “partial” et s’attendent bientôt à un verdict.

Des partisans d’Aung San Suu Kyi manifestent pour sa libération à Bangkok, le 27 mai 2009 (Photo Pornchai Kittiwongsakul/AFP)

Le quotidien officiel de la junte, New Light of Myanmar, a reproduit une déclaration du ministère birman des Affaires étrangères répondant à un appel du Conseil de sécurité de l’ONU lancé le 22 mai en vue de la libération de tous les détenus politiques en Birmanie et d’un dialogue véritable avec Mme Suu Kyi.

La lauréate du prix Nobel de la paix risque de trois à cinq ans de prison si elle est condamnée pour avoir, selon les autorités, violé les termes de son assignation à résidence en accueillant l’Américain John Yettaw, mormon et ex-militaire qui s’est invité chez elle début mai après avoir traversé un lac à la nage.

“Une action judiciaire a été entreprise de manière inévitable, conformément à la loi”, a déclaré le ministère birman des Affaires étrangères pour justifier le procès de Mme Suu Kyi qui s’est ouvert le 18 mai dans une prison au nord de Rangoun.

“Une telle action n’aura aucun impact politique”, a assuré le ministère, en affirmant que le procès se déroulait sous “l’autorité de la loi”.

La déclaration officielle birmane a réaffirmé la “détermination” de la junte à mettre en oeuvre sa propre “feuille de route” politique et à organiser des élections nationales en 2010, “conformément aux aspirations du peuple”.

Ce processus électoral est déjà qualifié de “supercherie” par l’opposition birmane et par les pays occidentaux qui redoutent que Mme Suu Kyi en soit exclue avec une condamnation à une peine de prison.

Le président américain Barack Obama a dénoncé le “procès-spectacle” de Rangoun et a exigé la libération “immédiate et sans conditions” d’Aung San Suu Kyi.

Dans une déposition mardi à son procès, Mme Suu Kyi, qui plaide non coupable, a expliqué qu’elle ne pouvait être tenue pour responsable de l’intrusion chez elle de John Yettaw qui affirme avoir agi à la suite d’une inspiration divine et d’une “vision selon laquelle elle serait assassinée”.

“La cause principale de cette affaire est la défaillance de la sécurité (autour de ma demeure). Aucune action n’a été entreprise pour la sécurité, mais c’est moi qui ai été inculpée, ce qui est partial”, a déclaré Mme Suu Kyi.

Depuis le début du procès, quatorze témoins de l’accusation, principalement des policiers, ont été interrogés par les juges qui ont rejeté trois des quatre témoins présentés par la défense, a indiqué Nyan Win, avocat et porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi.

“Vous pouvez voir, par conséquent, si (ce procès) est équilibré ou non”, a dit Nyan Win mercredi soir. Il a estimé qu’un verdict pourrait être prononcé vendredi.

Aung San Suu Kyi, qui aura 64 ans le 19 juin, a été privée de liberté pendant plus de 13 des 19 dernières années. Sa formation avait remporté une victoire écrasante à des élections législatives le 27 mai 1990, mais les militaires avaient refusé d’honorer les résultats et l’opposante a été assignée à résidence.


mai 27 2009

Un site web pour sauver Aung San Suu Kyi

source : letemps.ch - Catherine Frammery

Desmond Tutu, Brad Pitt, David Beckham ou encore Amnesty International font partie des parrains d’un nouveau site web lancé aujourd’hui pour obtenir la libération de l’opposante birmane, actuellement jugée.

Le site www.64forsuu.org s’est monté en quelques jours, avec le soutien de grandes organisations de défense des droits de l’homme comme Amnesty International ou l’Institut Open society de George Soros. Il demande en fait la libération de tous les prisonniers politiques de Birmanie, qui seraient environ 2100 selon les estimations. Il est officiellement lancé ce mercredi 27 mai, date de l’expiration de l’assignation à résidence de l’opposante (qui de fait a reçu hier la notification de la fin de cette assignation), et surtout, date anniversaire de l’élection générale de 1990. Ce scrutin avait été très largement remporté par la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi, mais ses résultats n’ont jamais été acceptés par les militaires. C’est à cette époque qu’elle est devenue l’opposante en chef pour le régime, qui lui a fait passer 13 des 19 dernières années en prison ou en résidence surveillée.

Le principe est d’accueillir toutes les contributions de ceux qui veulent soutenir Aung San Suu Kyi et ses compagnons d’infortune. Le site s’intitule «64 for Aung San Suu Kyi» parce qu’il incite les internautes à notamment écrire des messages en 64 mots, que les promoteurs du site voudraient pouvoir lui remettre le 19 juin, date de son 64e anniversaire. Les messages des anonymes voisinent avec ceux de personnalités plus connues, comme George Clooney ou Gordon Brown.

Le but est officiellement d’amasser le plus de contributions possibles pour augmenter la pression sur les généraux de Rangoon. Les autorités birmanes, qui ne réagissent généralement pas aux appels même venant de l’ONU, apprécieront. Ses avocats pourront au moins témoigner à Aung San Suu Kyi que le monde ne l’oublie pas.


mai 27 2009

Birmanie : sécurité renforcée pour l’anniversaire du scrutin “volé” de 1990

source : AFP

Manifestation pour la libération de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi le 27 mai 2009 à Phnom Penh

La junte birmane a renforcé les mesures de sécurité mercredi pour le 19e anniversaire des élections du 27 mai 1990, largement remportées par le parti de l’opposante Aung San Suu Kyi mais dont les résultats n’ont jamais été reconnus par les militaires.

Mme Suu Kyi, 63 ans, lauréate du prix Nobel de la paix, a été privée de liberté pendant la majeure partie des 19 dernières années et elle est actuellement jugée dans une prison au nord de Rangoun pour avoir enfreint les règles de son assignation à résidence.

Mardi, le président américain Barack Obama a dénoncé ce “procès-spectacle” et a appelé les généraux birmans à libérer “immédiatement et sans conditions” la figure de proue de l’opposition.

Mercredi matin, le siège du parti de Mme Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), faisait partie des sites étroitement surveillés par les forces de sécurité à Rangoun, alors que des camions de police sillonnaient la ville, selon des témoins.

Quelque 300 membres de la LND, ainsi que des diplomates occidentaux, ont participé une cérémonie d’anniversaire des législatives “volées” de 1990 au siège de la LND où les militants ont procédé à un lâcher de colombes et de ballons avant d’observer une minute de silence et d’allumer des bougies en hommage à Mme Suu Kyi, ont indiqué des participants.

La cérémonie a donné lieu à des appels à la libération de l’opposante et du numéro deux de la LND, Tin Oo, 82 ans, qui est assigné à résidence.

Aux élections pluralistes de 1990, la formation de la lauréate du prix Nobel de la paix avait remporté 392 des 485 sièges en compétition, mais l’armée avait refusé d’honorer les résultats.

La junte actuelle, dirigée par le généralissime Than Shwe (76 ans), a la ferme intention d’organiser de nouvelles élections nationales l’année prochaine et les chancelleries occidentales le soupçonnent de vouloir faire condamner Mme Suu Kyi pour l’écarter du processus.


mai 26 2009

Aung San Suu Kyi prend la parole

source : Reuters

Par Aung Hla Tun

RANGOUN (Reuters) - Pour la première fois depuis le début de son procès il y a huit jours, l’opposante birmane Aung San Suu Kyi a pris la parole mardi devant le tribunal de la prison d’Insein à Rangoun.

Quelques diplomates et journalistes birmans avaient été autorisés, comme mercredi dernier, à suivre l’audience, au cours de laquelle Suu Kyi a raconté à la cour l’intrusion de l’Américain John Yettaw le 4 mai dans sa maison de Rangoun, où elle était assignée à résidence depuis six ans.

Capture d'écran de la télévision birmane montrant Aung San Suu Kyi, au 3e jour de son procès, le 20 mai 2009.

AFP/STR

Les autorités birmanes ont levé mardi cette assignation, qui n’arrivait normalement à échéance que mercredi, mais Suu Kyi, 63 ans, restera en prison au moins pour la durée de son procès.

Elle est poursuivie pour avoir violé les conditions de cette assignation à résidence et risque cinq années de prison.

Vendredi, elle a plaidé non coupable et pour ses partisans de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) le procès en cours ne vise qu’à la maintenir en détention, au moins jusqu’au lendemain des élections de 2010.

Dans sa déposition, Aung San Suu Kyi a affirmé n’avoir fait que venir en aide à Yettaw, 53 ans, épuisé après avoir traversé le lac Inya pour gagner en secret la maison de la lauréate du prix Nobel de la paix 1991.

L’Américain a déclaré avoir décidé de rendre visite à l’opposante après avoir rêvé qu’elle était en danger de mort.

Yettaw est arrivé chez l’accusée au matin du 4 mai.

“Je lui ai juste permis de rester un moment”, a expliqué Suu Kyi.

L’intrus est reparti le 5 mai, un peu avant minuit.

L’AMÉRICAIN DÉPOSERA MERCREDI

Au juge Thaung Nyunt qui lui demandait si elle avait fait part de cette visite aux autorités, Suu Kyi a simplement répondu “non”.

Ses avocats ont souligné que leur cliente n’avait fait qu’écouter son coeur, Yettaw se plaignant de crampes et affirmant ne pas pouvoir repartir à la nage.

Avant la déposition de l’accusée, un représentant de la junte militaire avait de nouveau tenté de justifier ce procès, qui a soulevé une vague d’indignation à travers le monde.

Le général de la police Myint Thein a rappelé que Suu Kyi avait parlé à Yettaw et lui avait fourni nourriture et vêtements.

“En faisant cela, elle a enfreint la loi et nous avons dû, avec regret, lancer des poursuites judiciaires”, a-t-il dit aux journalistes et diplomates présents.

La déposition de John Yettaw est attendue mercredi.

Des témoins ont vu mardi la police retirer les lourdes barrières de métal dans la rue proche du domicile d’Aung San Suu Kyi, ce qui pourrait signifier qu’”elle ne sera pas envoyée chez elle après le procès” mais directement en prison, a déclaré un haut responsable de la LND, Han Tha Myint.

Réunis à Hanoï, les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Forum Asie-Europe (ASEM) ont demandé la libération des personnes détenues en Birmanie et la levée des restrictions qui frappent les partis politiques.

A Marrakech, au Maroc, un groupe d’anciens hommes d’Etat et de lauréats du prix Nobel de la paix ont lancé un appel en faveur de la libération de Suu Kyi.

Le groupe des “Anciens”, fondé en 2007 par l’ex-président sud-africain Nelson Mandela, demande que Suu Kyi, qui fait elle-même partie de ce conseil international de “sages”, soit libérée dès mercredi, à l’expiration de son assignation à résidence.

Lors de cette réunion, un fauteuil vide marquait la place qu’aurait dû occuper l’opposante birmane si elle avait été libre de venir.

Version française Guy Kerivel


mai 26 2009

L’assignation à résidence d’Aung San Suu Kyi levée en Birmanie

source  : reuters

L'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi levée en Birmanie

Les autorités birmanes ont levé l’assignation à résidence de l’opposante Aung San Suu Kyi, fait savoir son avocat, mais celle-ci reste en détention pendant que son procès continue. /Photo prise le 18 mai 2009/REUTERS/Sukree Sukplang

Les autorités birmanes ont levé l’assignation à résidence de l’opposante Aung San Suu Kyi, fait savoir son avocat, mais celle-ci reste en détention pendant que son procès continue.

La lauréate du Nobel de la paix, dont l’assignation à résidence devait prendre fin mercredi, au bout de six ans, est accusée d’avoir enfreint les conditions de sa résidence surveillée en ayant permis à un Américain de séjourner chez elle début mai.

“L’assignation à résidence a été levée, mais elle est toujours en détention. Je ne sais pas s’il faut s’en plaindre ou s’en réjouir”, a dit Nyan Win, l’un de ses avocats, à la presse après la session de mardi du tribunal.

Suu Kyi, qui a passé plus de 13 des 19 dernières années dans une forme ou une autre de détention, risque fort d’être reconnue coupable, au terme de son procès, de violation des règles de sa résidence surveillée. Elle est passible pour cela d’une peine allant jusqu’à cinq ans de réclusion.

Aung Hla Tun, version française Eric Faye


mai 25 2009

La Birmanie rejette les critiques sur le procès d’Aung San Suu Kyi

source : AFP

La Birmanie s’est indignée lundi des critiques émises par ses voisins du Sud-Est asiatique sur le procès de Mme Aung San Suu Kyi, alors que l’Union européenne exigeait une nouvelle fois la “libération immédiate” de l’opposante.

Le procès de la lauréate du prix Nobel de la paix est entré dans sa deuxième semaine et, face à l’ampleur de la condamnation internationale, la junte militaire a indiqué que des diplomates et des journalistes seraient autorisés à assister mardi à une audience dans la prison d’Insein au cours de laquelle Mme Suu Kyi doit comparaître.

“Dans un Etat de droit, les audiences devraient être continuellement publiques et le fait d’être invités à une audience ne veut nullement dire que nous trouvions légitime le procès tout à fait injuste intenté à Mme Aung San Suu Kyi”, a déclaré l’ambassadeur de France à Rangoun, Jean-Pierre Lafosse.

“Elle comparaîtra demain et sera interrogée par un juge”, a indiqué Nyan Win, porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et qui fait partie de l’équipe de défense de l’opposante.

Nyan Win s’est déclaré “surpris” par cette accélération, alors que la défense avait besoin de “plus de temps” pour se préparer avec Aung San Suu Kyi.

Il a précisé que les avocats avaient pu, pour la première fois depuis le début du procès le 18 mai, interroger lundi quatre témoins de l’accusation et qu’ils leur avaient demandé en vertu de quelles lois Mme Suu Kyi avait été privée de liberté pendant plus de 13 des 19 dernières années.

La “Dame” de Rangoun, âgée de 63 ans, est jugée pour avoir, selon les autorités, enfreint les règles de son assignation à résidence en hébergeant pendant deux jours début mai un ressortissant américain, John Yettaw, avec la complicité des deux assistantes qui vivent avec elle.

John Yettaw, mormon excentrique âgé de 53 ans, a affirmé avoir nagé jusqu’à la résidence de Mme Suu Kyi, au bord d’un lac, après avoir eu “une vision selon laquelle elle serait assassinée”.

Mme Suu Kyi, ses deux assistantes et M. Yettaw sont passibles de cinq ans de prison, ce qui excluerait la dirigeante de la LND du paysage politique pendant les élections controversées que la junte entend organiser en 2010.

Avant la reprise du procès, le gouvernement des généraux avait “vigoureusement rejeté” une déclaration critique de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) relayée par la Thaïlande, y voyant “une ingérence dans ses affaires intérieures”.

Le 18 mai, la Thaïlande, en sa qualité de présidente en exercice de l’Asean, avait exprimé sa “grave préoccupation” concernant le procès.

L’Asean regroupe Bruneï, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Philippines, Singapour, Vietnam et Thaïlande.

La Birmanie, un des dix pays membres de l’Asean, a accusé Bangkok de “ne pas avoir permis une discussion” sur ce texte qui aurait dû être diffusé “après consensus”.

La Thaïlande a réagi en affirmant que la Birmanie se sentait “peut-être mal à l’aise” sous “la pression internationale”.

Cette polémique a éclaté alors que le régime birman était de nouveau critiqué lundi en marge d’une importante réunion ministérielle Europe-Asie à Hanoï. L’UE a une nouvelle fois pressé la Birmanie de libérer Aung San Suu Kyi.


mai 24 2009

Calme et tranquille

Etre calme et tranquille à l’image d’Aung San Suu Kyi.

Etre calme et tranquille ;  dans l’attente de ce lundi où reprendra cette mascarade de procès dont l’issue, j’en ai bien peur, est plus que certaine. La partition est déjà écrite, nous le savons tous.

A group of Ms Suu Kyi's supporters outside the jail

Etre calme et tranquille et attendre comme les membres du parti de la LND rassemblés devant la prison d’Insein, autour de U Win Tin, journaliste birman et membre fondateur de la Ligue Nationale pour la démocratie, libéré l’année dernière après 19 ans de détention. Il est aujourd’hui l’objet de menaces et refuse malgré cela, l’idée d’avoir des gardes du corps.

Etre calme et tranquille en pensant à ce Yettaw ! Difficile de le rester ! Mais qui c’est ce mec ? Impossible de penser qu’il puisse être un partisan  d’Aung San Suu Kyi. Pas après avoir fourni à la junte LE pretexte ! Illuminé manipulé par la junte… on ne sait toujours pas bien qui il est, rien n’est clair. L’avocat d’Aung San Suu Kyi l’a qualifié d’imbécile, c’est à mon goût bien trop gentil…

Etre calme et tranquille, et écrire ce petit mot, pas même extraordinaire,sans scoop ni rien, mais c’est le moins que je puisse faire pour Aung San Suu Kyi, simplement être là.

calme et tranquille

Aung San Suu Kyi, je pense à toi

source photos : AFP


mai 22 2009

La Birmanie accuse des opposants d’avoir organisé la venue d’un Américan chez Aung San Suu Kyi

La perversité de la junte birmane me laisse sans voix.

D’autre part, aujourd’hui, Aung San Suu Kyi a clamé son innocence devant le tribunal. “Je ne suis pas coupable, étant donné que je n’ai commis aucun crime” a t-elle déclaré. Qu’à cela ne tienne, le tribunal a jugé recevable les accusations, ce qui justifie l’inculpation d’Aung San Suu Kyi et une possible peine de cinq ans de prison. La défense présentera ses arguments lundi…

C’était écrit d’avance n’est-ce pas ?

Une baguette magique pour déjunter la birmanie ?

source de l’article suivant : le monde

La Birmanie a accusé vendredi des forces hostiles à la junte au pouvoir d’avoir orchestré la venue d’un Américain chez l’opposante Aung San Suu Kyi et est allée jusqu’à se demander si le visiteur en question était un “agent secret” ou son “petit ami”.

Quarante-huit heures après avoir fait un geste en ouvrant le procès de Mme Suu Kyi pour une journée aux diplomates et aux journalistes, le régime militaire est reparti à l’offensive en multipliant accusations et insinuations.

Aung San Suu Kyi, 63 ans, est jugée depuis lundi dernier pour avoir, selon les autorités, enfreint les règles de son assignation à résidence en hébergeant pendant deux jours début mai l’Américain John Yettaw, mormon excentrique de 53 ans qui a réussi bizarrement à nager jusqu’à la maison de l’opposante, située au bord d’un lac.

Vendredi, le quotidien New Light of Myanmar, contrôlé par les généraux, a rapporté que le ministre birman des Affaires étrangères Nyan Win avait expliqué en détail la position de son pays sur cette affaire lors d’un entretien téléphonique avec son homologue japonais Hirofumi Nakasone.

Il a affirmé que l’incident Yettaw/Suu Kyi aurait été provoqué par l’opposition, et non par le gouvernement, alors que la Birmanie “essaie d’améliorer ses relations à travers le monde, y compris avec les Etats-Unis, le Japon et les nations européennes”.

Le ministre a estimé “probable que cet incident ait été monté de toutes pièces de manière opportune par des éléments anti-gouvernementaux internes et externes pour accroître la pression internationale sur la Birmanie”, a encore indiqué le journal officiel du régime.

Lorsque le pouvoir birman se réfère à des “éléments anti-gouvernementaux internes et externes”, il vise généralement la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi et les groupes d’opposants birmans en exil.

Selon un diplomate occidental en poste à Rangoun, ces accusations reflètent un “certain désarroi” de la part de la junte qui semble “naviguer à vue” après l’indignation internationale suscitée par le procès de Mme Suu Kyi, dont la période d’assignation à résidence expirait le 27 mai.

A Hong Kong, le consul général de Birmanie, Ye Myint Aung, a posté une lettre sur le site web du consulat qui comporte de multiples insinuations. “Certains de nos amis se posent des questions sur un Américain qui a traversé le lac Inya et a rendu visite secrètement à Mme Aung Sang Suu Kyi”, écrit-il.

“Leur question est de savoir pourquoi il a nagé jusqu’à elle et de quoi ils ont discuté. Franchement, nous ne savons absolument pas s’il est soit un agent secret, soit son petit ami”.

Ce consul avait soulevé une vive controverse en février dernier lorsqu’il avait qualifié de “vilains comme des ogres” des réfugiés Rohingyas de la minorité musulmane en Birmanie.

Selon des témoins, la sécurité a été renforcée vendredi devant la prison d’Insein, au nord de Rangoun, où Mme Suu Kyi a été transférée la semaine dernière en vue de son procès. Celui-ci a retrouvé jeudi son format à huis clos, au lendemain d’une audience où des diplomates et des journalistes étaient exceptionnellement présents.