sept 3 2010

La cyber-génération birmane entre en politique

source : AFP

De Rob BRYAN

Un cyber-café de la ville de Rangoun, le 24 août 2010 en Birmanie

Tin San, l’un des blogueurs les plus populaires de Birmanie, est un optimiste et pionnier autoproclamé: il utilise son blog, officiellement interdit par la junte au pouvoir, pour pousser les gens à voter dans deux mois en toute connaissance de cause.

Ce trentenaire, dont le nom a été modifié par l’AFP par mesure de protection, diffuse des informations sur les candidats de ces premières élections en Birmanie depuis 20 ans, et consacrera son prochain article à la réglementation électorale.

“La plupart des gens en Birmanie ne sont pas habitués à voter”, justifie le blogueur qui, évidemment, n’a lui même jamais voté, comme tous les Birmans de moins de 38 ans.

Le scrutin du 7 novembre a été vivement critiqué par les opposants et les pays occidentaux, qui le qualifient de mascarade destinée à renforcer le pouvoir des généraux. Certains Birmans sont partisans du boycott, beaucoup ont depuis longtemps perdu leurs illusions sur le processus.

Mais Tin San appartient à un groupe d’optimistes forcenés, qui prônent la participation et initient un débat sur internet, malgré l’un des systèmes de contrôle les plus répressifs au monde.

“J’ai pas mal d’influence sur mes lecteurs et je souhaite donc qu’ils réfléchissent à l’information”, explique-t-il. “Autant que je sache, la plupart des jeunes ne sont pas intéressés par ces élections, tout en aspirant au changement. Mais c’est le début d’un changement. C’est une première étape”.

Rangoun, la principale ville du pays et capitale jusqu’en 2005, regorge de cafés internet où se retrouve la jeunesse du pays malgré la lenteur des connections, de fréquentes coupures de courant et d’énormes risques en cas d’activités jugées subversives par le pouvoir.

Ils suivent sur Google la vie des célébrités sud-coréennes, lisent le site de la BBC, discutent sur Google Talk et consultent Facebook. Le tout avec l’aide des employés des cafés, qui les aident à contourner le blocage de certains sites, même s’ils risquent la prison pour les premiers, la fermeture de l’établissement pour les seconds.

Selon l’organisation Reporters sans frontière, la législation birmane sur l’internet est “une des plus liberticides au monde”.

Mais Tin San compte quelque 2.000 “amis” sur Facebook et son blog est suivi par des milliers de lecteurs. Il organise aussi des rencontres informelles pour discuter de la façon de contourner les restrictions de la junte.

“Les sites politiques sont interdits mais on peut encore les lire, via par exemple (l’agrégateur de contenus) Google Reader”, souligne-t-il. Il donne aussi des recommandations sur la façon de protéger ses données privées sur les sites de socialisation.

Lors de la “révolte safran” emmenée par les moines en 2007, les Birmans ont utilisé internet pour raconter ce qui se passait dans leur pays, en texte et en photos. La junte avait alors décrété une interdiction totale de la toile.

Aujourd’hui, les connexions sont toujours ralenties à certaines dates, telles que le 8 août, anniversaire d’une autre révolte historique, en 1988. Et les contrôles devraient être renforcés durant les élections.

Mais pour l’heure, beaucoup discutent politique avec acharnement.

Win Oo, 28 ans, un nom d’emprunt lui aussi, a reçu une caricature du chef de la junte, le général Than Shwe, grimé en clown. “Si je veux regarder ce genre de choses, je m’assois dans un coin du café internet, pas au milieu. Car on ne sait jamais qui sont les autres utilisateurs”, précise-t-il.

La possession d’une telle image, entre autres, a valu 12 ans de prison à un blogueur très connu, Nay Phone Latt, en 2008.


sept 2 2010

Circulez y’a rien à voir : la Birmanie a suspendu la délivrance de visas avant les élections

source : l’express

Justement trop de choses à voir et à raconter au monde !

Les autorités birmanes ont suspendu la délivrance de visas touristiques pour les séjours prévus à partir de septembre, soit deux mois avant la tenue d’élections législatives sans précédent depuis près de vingt ans, a-t-on appris de source autorisée.

La  Birmanie suspend la délivrance de visas avant les élections

Le général birman Than Shwe le jour des Forces armées, dans la capitale Naypyidaw. Les autorités birmanes ont suspendu la délivrance de visas touristiques pour les séjours prévus à partir de septembre, soit deux mois avant la tenue d’élections législatives sans précédent depuis près de vingt ans, a-t-on appris de source autorisée. (Reuters/Soe Zeya Tun)

La junte au pouvoir a autorisé la délivrance de visas touristiques en mai pour promouvoir l’activité, mais la mesure a été  levée hier 1er septembre.

Les élections législatives du 7 novembre, première consultation nationale depuis 1991, sont largement considérées comme une manoeuvre destinée à raffermir le pouvoir de l’armée.

Nous pensons que le réel objectif de cette mesure est d’empêcher des reporters étrangers et des observateurs de pénétrer dans le pays avant les élections du 7 novembre“, a estimé le représentant d’un tour-opérateur.


sept 1 2010

Les jeunes de “Generation Wave” en lutte contre la junte birmane

source : France 24

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Des graffitis fleurissent sur les murs de Birmanie. On peut lire “Libérer la Birmanie”, “Non aux élections de 2010″.Photo publiée en 2009 par Generation Wave.

À l’approche des élections législatives prévues en novembre, l’opposition à la junte militaire fourbit ses armes. Un jeune Birman explique que ces élections sont une mascarade et nous raconte son combat, à coups de chanson et de graffiti, pour obtenir un changement de régime dans son pays.

Vingt ans après les dernières élections législatives remportées par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l’opposante Aung San Suu Kyi, les Birmans sont invités à se rendre aux urnes le 7 novembre. Sans attendre les résultats, la communauté internationale a déjà dénoncé le manque de crédibilité de ces élections.

Selon les lois électorales, un quart des sièges des parlements national et régionaux seront répartis entre les militaires. En outre, près de 70 officiers supérieurs ont quitté l’armée récemment pour pouvoir se présenter aux élections. Quant aux candidats des partis d’opposition, leur nombre s’est réduit en raison de pressions de tous ordres et des frais d’inscription exorbitants réclamés par la commission électorale.

La junte ne relâche pas son emprise sur le pays, trois ans après la Révolution safran de 2007, au cours de laquelle des centaines de milliers de personnes avaient défilé. Malgré les risques d’arrestations, des opposants au régime ont rejoint des mouvements clandestins comme Generation Wave. Il est constitué d’une quarantaine de Birmans de 15 à 25 ans qui multiplient les actions à travers le pays. Il affiche un soutien inébranlable à Aung San Suu Kyi, même s’il se définit comme un mouvement apolitique.

“Un jour, la police est venue chez mes parents pour tenter de m’arrêter”

Bo Bo a 22 ans. Il est membre du groupe clandestin Generation Wave.

J’ai dû fuir mon pays il y a deux ans, parce que mes idées politiques ne plaisaient pas aux services de renseignement militaires. J’avais l’habitude de discuter avec mes amis et ma famille de la situation actuelle, c’est-à-dire comment la junte menace constamment les Birmans, comment elle viole les droits de l’homme. Mais en Birmanie, il est dangereux d’exprimer ses opinions politiques. Un jour, la police est venue chez mes parents pour tenter de m’arrêter. J’ai dû alors fuir avec d’autres militants de Generation Wave et je suis entré illégalement en Thaïlande.

“Les jeunes Birmans qui assistent à nos sessions de formation traversent illégalement la frontière par groupe de cinq ou de dix”

Depuis nous tentons d’organiser la jeunesse birmane dans une maison située tout près de la frontière avec la Birmanie. C’est un lieu secret où nous organisons régulièrement des sessions de formation pour des jeunes, car la plupart d’entre eux ne connaissent pas leurs droits, ne savent pas ce qu’est la démocratie, ce que sont les droits de l’homme. Ce n’est que lorsqu’ils seront informés de ce qui se passe dans leur pays, qu’ils pourront s’engager en faveur d’un changement de régime. Ces jeunes Birmans qui assistent aux sessions traversent illégalement la frontière par groupe de cinq ou de dix. Cela est très dangereux pour eux, ils peuvent être arrêtés à tout moment.

Le logo du collectif tagué en grand format.Photo publiée en 2009 par Generation Wave.

“Nous composons  des chansons engagées pour informer les gens”

Nous utilisons aussi la musique et la poésie pour provoquer un changement dans notre pays. Les lycéens, les étudiants sont attirés naturellement par le rap, le hip hop. Nous composons donc des chansons qui dénoncent, pour informer les gens sur la Birmanie. Nous avons un studio en Thaïlande où nous enregistrons des morceaux de rap ou de hip hop. Nous faisons ensuite des CD que nous revendons de façon illégale en Birmanie. Ce sont des revenus qui permettent d’éditer de nouveaux CD.

Les graffitis ou les autocollants sont une autre manière d’informer les birmans. La plupart des membres de Generation Wave sont en Birmanie. Ils s’organisent pour taguer des murs, de jour ou de nuit, en fonction du niveau de sécurité. Parfois, je traverse la frontière pour les aider dans leurs actions.

Des graffitis fleurissent sur les murs birmans. Ici on peut lire “Libérez Aung San Suu Kyi”.Photo publiée en 2009 par Generation Wave.

Ici on peut lire “Pas de peur” et GW, la signature de Generation Wave.Photo publiée en 2009 par Generation Wave.

“22 membres de notre mouvement sont en prison

En tant que militant, je n’ai pas de futur. Je n’ai pas pas de passeport, pas de papiers. C’est très difficile d’autant que je ne peux pas me déplacer, car je dois rester caché. Je parle parfois avec ma famille au téléphone, mais je dois faire attention parce que nous sommes surveillés. 22 membres de notre mouvement sont en prison actuellement.

Mais je crois qu’un jour, notre pays se débarrassera de la dictature militaire, que nous allons renverser le régime en place. À l’approche des élections de 2010, nous espérons une mobilisation de la rue comme en 2007. Nous ne savons pas si cela se produira, mais nous espérons des manifestations. Nous sommes prêts à d’autres actions non-violentes. Nous expliquons aux gens que ces élections ne sont pas libres et équitables, nous les incitons à ne pas aller voter.”

Affiche collée dans les cages d’escalier ou les toilettes publiques en Birmanie. On peut lire “J’affirme que Than Shwe [général au pouvoir depuis 1992] a commis des crimes. Il est le principal criminel à l’origine des problèmes économiques, des problèmes de santé publique et d’éducation du pays. Par conséquent, Than Shwe est recherché par Generation Wave.”Photo publiée en 2009 par Generation Wave.

Affiche distribué dans un bus.Photo publiée en 2009 par Generation Wave.

Un autre slogan de Generation Wave que l’on retrouve sur les murs d’ambassades étrangères. On peut lire “Changement, nouveau gouvernement”.Photo publiée en 2009 par Generation Wave.

Banderole accrochée à un pont où l’on peut lire “Changement, nouveau gouvernement”.Photo publiée en 2009 par Generation Wave.


août 31 2010

Armée birmane : Than Shwe toujours chef

source : le Figaro

Après mille infos contradictoires…. en espérant que…. de toutes les façons, cela ne change pas grand chose !

Le généralissime Than Shwe, homme fort de la Birmanie depuis 1992, a adressé aujourd’hui un message par le truchement de la presse officielle, mettant ainsi fin aux rumeurs selon lesquelles il avait démissionné de ses fonctions militaires tout en restant chef de l’Etat.

“Le généralissime Than Shwe adresse un message de félicitations au roi de Malaisie”, a écrit le New Light of Myanmar, quotidien officiel de la junte birmane. L’article parle de Than Shwe comme étant le patron du Conseil d’Etat pour la paix et le développement (SPDC), nom officiel de la junte.

La retraite militaire du généralissime, contre lequel l’opposante détenue Aung San Suu Kyi lutte sans relâche depuis près de vingt ans, a fait l’objet d’informations contradictoires en fin de semaine dernière. Depuis la Thaïlande, le site internet d’exilés birmans Irrawaddy, s’appuyant sur des “sources militaires”, avait affirmé que Than Shwe, âgé de 77 ans, avait abandonné l’uniforme en prévision du scrutin législatif prévu le 7 novembre.

Départ de 70 officiers supérieurs

Plusieurs autres sources avaient fait état de rumeurs contradictoires sur le sujet. Mais la seule information confirmée a finalement évoqué le départ de 70 officiers supérieurs, dont le numéro trois actuel de la junte, le général Thura Shwe Mann, soit le plus important remaniement militaire dans le pays depuis une vingtaine d’années.
Irrawaddy avait affirmé que Than Shwe et son numéro deux, Maung Aye, faisaient partie de ce vaste remaniement mais qu’ils conservaient respectivement les fonctions de numéro un et numéro deux de l’Etat.

Tous deux “restent à leur poste”, avait assuré par la suite une source gouvernementale birmane. “Les autres qui ont pris leur retraite de l’armée vont rejoindre l’USDP (Parti de la solidarité et du développement de l’Union, pro-junte) et participeront aux élections”. Certaines sources ont indiqué que le départ de l’armée de Than Shwe interviendrait après les élections, avant qu’il ne brigue le poste de président prochainement créé.

Les partis avaient jusqu’à hier soir pour présenter leur liste de candidats pour le scrutin. Les deux plus importantes formations d’opposition, la Force démocratique nationale et le Parti démocratique, ont cependant avoué n’avoir pu trouver que 200 candidats à eux deux, pour quelque 1.200 sièges à pourvoir. La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l’opposante Aung San Suu Kyi a pour sa part décidé de boycotter le scrutin et a été dissoute.


août 30 2010

L’opposition birmane en désarroi avant le scrutin de novembre

source : l’express

Appels au boycott, règles électorales draconiennes et démission de plusieurs figures de l’opposition: la junte au pouvoir en Birmanie semble garantie de remporter les élections législatives du 7 novembre.

L'opposition birmane en désarroi avant le scrutin de novembre

Un partisan de la Force démocratique nationale (FDN) utilise un ordinateur avec la photo de l’opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. La junte au pouvoir en Birmanie semble garantie de remporter les élections législatives du 7 novembre. (Reuters/Soe Zeya Tun)

L’opposition politique birmane apparaît plus que jamais désorientée à deux mois d’un scrutin largement considéré comme une manoeuvre visant à asseoir encore plus le pouvoir de l’armée, qui n’a nulle intention d’abandonner un pouvoir qu’elle détient depuis 48 ans.

Le responsable de la Force démocratique nationale (FDN), Khin Muang Swe, a annoncé jeudi qu’il ne se présenterait pas aux élections. Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix en 1991, a appelé mardi les membres de son ancien parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), à boycotter le scrutin.

Ces décisions surviennent alors que les partis politiques sont confrontés à des règles électorales draconiennes et à des mesures d’intimidation de l’armée, et manquent manifestement de temps et de fonds pour recruter des candidats.

Selon des règles publiées la semaine dernière, les partis devront demander une semaine à l’avance l’autorisation d’organiser une manifestation. Discours et les articles critiques envers l’armée seront rigoureusement interdits et les autorités pourront interdire aux manifestants “de brandir des drapeaux et de crier des slogans“.

C’est exactement ce que veut le régime et ce qu’il avait calculé depuis le début“, explique Aung Naing Oo, une universitaire birmane vivant en Thaïlande. “Le chef de la junte, Than Shwe, a pour seule stratégie de diviser et de règner, une opposition affaiblie est exactement ce dont il a besoin.

OPPOSITION DIVISÉE

La plupart des experts et l’opposition estiment que l’armée a formé son propre parti, l’Union de la solidarité et du développement (PUSD), pour s’assurer de remporter la plupart des sièges d’un parlement dont elle nomme les membres.

Le PUSD est impopulaire aux yeux des Birmans qui ont voté massivement pour le parti de Suu Kyi lors du scrutin de 1990 dont les résultats n’avaient pas été pris en compte.

Mais la victoire du PUSD semble néanmoins inéluctable face à une opposition moribonde qui n’a pas les moyens de faire campagne librement et manque de fonds pour présenter des candidats dans chaque circonscription.

L’opposition peine en outre à adopter une position commune face au scrutin. L’Union démocratique a fait savoir la semaine dernière qu’elle boycotterait l’élection si elle estimait que le scrutin ne sera ni libre ni juste. Son responsable, Phyo Min Thein, a démissionné de ses fonctions le 15 août jugeant impossible l’organisation d’élections justes.

Une position que ne partage pas Thu Wai, président du Parti démocratique et ancien prisonnier politique, qui estime qu’un boycott ferait le jeu de la junte militaire et lui offrirait une légitimité. Les lois électorales sont tellement strictes, dit-il, que le PUSD n’a même pas besoin de tricher pour gagner.

Les partis de l’opposition “sont divisés sur la question du pis-aller“, explique Christopher Roberts, expert de la Birmanie à l’Université de Canberra en Australie. “Doivent-ils entériner un processus de moindre mal ou adopter une posture de principe et boycotter le scrutin pour prôner un meilleur modèle de démocratie ? Dans un cas comme dans l’autre, l’opposition ne devrait pas donner de fil à retordre aux généraux et à leurs partisans“.


août 14 2010

En Birmanie, des élections hautement controversées sont fixées au 7 novembre

source : lexpress.fr

RANGOUN - Les généraux au pouvoir en Birmanie ont fixé au 7 novembre des élections législatives, organisées pour la première fois depuis vingt ans mais dont la communauté internationale estime déjà qu’elles seront dépourvues de toute légitimité démocratique.

En Birmanie, des élections hautement controversées sont fixées au 7 novembre

Cérémonie commémorative de l’indépendance le 19 juillet 2010 à Rangoon

AFP/AFP/Archives

Le scrutin sera marqué par l’exclusion de l’opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, 65 ans, qui a passé la majeure partie des 20 dernières années en prison ou en résidence surveillée et dont le parti - la Ligue nationale pour la démocratie (LND) - a été dissous en mai pour avoir décidé de boycotter les élections.

Le dernier scrutin législatif en Birmanie remonte à 1990. La LND de Mme Suu Kyi, fondée en 1988 après un soulèvement contre la junte de l’époque, avait très largement remporté ces élections, mais les résultats n’avaient jamais été reconnus par les militaires.

Cette fois, soulignent des analystes, un quart des sièges au Parlement seront réservés aux militaires, ce qui devrait éviter à la junte actuelle du généralissime Than Shwe tout risque de revers majeur.

Le régime militaire a retenu la leçon, il utilise donc tous les moyens possibles pour que ses partis (et affidés) remportent les élections“, a estimé Naing Aung, membre du Forum pour la démocratie en Birmanie basé en Thaïlande.

En Birmanie, des élections hautement controversées sont fixées au 7 novembre

Poignée de mains entre le président chinois Wen Jiabao (D) et le Général Than Swe (G), le 3 juin 2010 à Naypyidaw

AFP/Archives/Myanmar News Agency

Parmi la quarantaine de formations enregistrées pour les élections de novembre figure le Parti de l’Union, de la solidarité et du développement (USDP) créé par le Premier ministre Thein Sein et plusieurs ministres qui ont récemment quitté l’armée.

S’il y avait un processus libre et équitable, nous sommes convaincus à 100% que les partis soutenus par les militaires ne gagneraient pas“, a ajouté Naing Aung.

En mars, des lois encadrant strictement les élections ont interdit aux partis de conserver parmi leurs membres tout prisonnier politique.

La LND a dû choisir entre renoncer au scrutin ou exclure Mme Suu Kyi qui purge actuellement une énième peine d’assignation à résidence. Le parti a finalement décidé de boycotter les élections et a été dissous par le pouvoir.

Certains de ses cadres, en désaccord avec cette stratégie, ont créé la NDF (Force nationale démocratique).

Les élections “ne peuvent pas être libres et justes“, a déclaré à l’AFP Nyan Win, longtemps porte-parole de la LND. “Nous ne jouissons toujours pas de la liberté d’expression ou d’information“, a-t-il déploré, ajoutant qu’il n’y a aucune indication que Mme Suu Kyi recouvre la liberté d’ici le scrutin.

Sans leur dirigeante charismatique, icône de la résistance pacifique au pouvoir militaire, la NDF et tout autre parti d’opposition ont peu de chances de rééditer le triomphe de la LND en 1990.

Certains partis pro-démocratiques ont déjà émis des réserves sur la préparation des élections.

Thu Wai, président du Parti démocratique, a dénoncé mardi des manoeuvres d’intimidation, menées par la police, dont ont été victimes certains de ses membres.

Un autre candidat, Phyo Min Thein, ancien prisonnier politique, a démissionné la semaine dernière de la présidence du Parti de l’union démocratique et indiqué qu’il ne participerait pas à un scrutin “ni libre, ni équitable“.

Le mois dernier, les Etats-Unis ont de nouveau exprimé leur inquiétude devant un “processus électoral défectueux” dans un pays gouverné par des généraux depuis 1962 et soumis à des sanctions occidentales en raison de violations répétées des droits de l’Homme.

Les Etats-Unis et l’Union européenne avaient imposé des sanctions notamment pour protester contre la poursuite de la détention d’Aung San Suu Kyi.

Les sanctions ont été renforcées après la répression sanglante en 2007 d’un mouvement de protestation populaire emmené par des moines bouddhistes.


août 6 2010

Birmanie : Démission d’un chef d’opposition

source : JDD

on pouvait toujours espérer, n’est-ce pas ? mais quand même la junte ne cache pas son jeu (ou presque) , alors qu’espérer d’elle si ce n’est tromperie et  manipulation…

Le président de l’une des principales formations de l’opposition birmane, le Parti démocratique de l’Union (UDP), a démissionné jeudi pour dénoncer les conditions d’organisation des élections prévues cette année en Birmanie, apprend l’agence de presse Reuters. La junte militaire au pouvoir a promis de prendre toutes les mesures pour que le scrutin soit libre et honnête mais Phyo Min Thein, le dirigeant de l’UDP, a déclaré à Reuters que la loi électorale était conçue pour assurer la victoire du parti pro-gouvernemental USDP (Parti de la solidarité et du développement de l’Union). “J’espérais que le peuple birman pourrait dire son mot dans la politique et j’attendais la libération des prisonniers d’opinion, la liberté de la presse et la liberté de faire campagne“, a-t-il exposé. “Rien de tout cela ne s’est passé et j’ai donc décidé de me retirer de la politique et des élections“, a-t-il ainsi confié.


juil 29 2010

Des graffitis, du hip-hop et des SMS contre le régime militaire en Birmanie

source : RFI

Par Nina Martin

Des dizaines de jeunes Birmans, regroupés au sein du collectif Generation Wave, mènent des actions souterraines pour inciter les jeunes à se soulever contre le régime militaire au pouvoir. C’est l’un des seuls groupes clandestins encore actifs en Birmanie. Certains sont en prison, d’autres vivent en exil, une poignée résiste encore en Birmanie.

Avec notre correspondante en Birmanie

Le logo officiel de «Generation Wave», une organisation birmane qui lutte contre la junte militaire.



Notre voiture s’arrête devant un portail gris, dans une bourgade thaïlandaise à la frontière de la Birmanie. C’est ici que vivent en exil plusieurs militants de Generation Wave, l’un des seuls groupes clandestins encore actif en Birmanie. Tous ont fui lors de vagues de répression contre leur collectif. « Vingt-deux de nos membres sont actuellement en prison. Nous, on a pu s’enfuir et s’installer ici », explique Min Yan Naing, 30 ans. Le militant vit depuis 5 mois dans cette maison-refuge, située dans un lieu tenu secret pour échapper aux autorités birmanes. C’est d’ici que les jeunes de Generation Wave planifient leurs prochaines actions en Birmanie. Le logo du collectif, un pouce rouge levé sur fond blanc, a été tagué en grand format sur l’un des murs extérieurs.Le mouvement clandestin est né dans le giron du soulèvement populaire de 2007, initié par les moines bouddhistes et réprimé dans le sang par les militaires au pouvoir. Quatre étudiants décident alors de continuer la lutte de manière souterraine. Avec leurs propres économies, ils lancent Generation Wave. « Nous voulons encourager le peuple, particulièrement les jeunes, à se soulever à nouveau quand ce sera le bon moment», indique Min Yan Naing. Pour convaincre les lycéens et les étudiants de l’intérêt de se révolter, le collectif utilise des procédés ciblés : envoi de SMS, graffitis sur les murs de Rangoon, diffusion de prospectus anti-junte ou encore de CD de hip-hop aux paroles militantes. « Cette chanson, par exemple, a été écrite en l’honneur de l’opposante Aung San Suu Kyi, explique le militant. Notre disque a été distribué sous le manteau dans les universités birmanes. Certains artistes locaux nous ont donné un coup de main sans le dire publiquement ».

La jaquette du CD du groupe «Generation wave».

En ce moment, les militants se concentrent sur les élections qui doivent se tenir avant la fin de l’année. Des milliers d’autocollants avec le signe 2010 barré d’une croix rouge ont été imprimés. « Ce scrutin se base sur une Constitution imposée par les militaires, il sera donc injuste », martèle le secrétaire général du collectif. Rencontré secrètement dans un café de la banlieue de Rangoon, le jeune homme de 24 ans se présente simplement sous le nom de code : COT. C’est l’un des rares militants de Generation Wave à vivre encore en Birmanie. « Je suis recherché par la police. Alors depuis un an, j’ai quitté ma maison, mes amis. Je me suis enfui en Thaïlande quelques mois, mais je suis vite revenu en Birmanie car c’est ici que je peux être utile », glisse-t-il, en jetant régulièrement des coups d’œil nerveux autour de lui. COT vit, depuis, avec de faux papiers d’identité et ne reste jamais longtemps dans la même ville. Il communique avec son collectif uniquement par Internet. «C’’est plus sûr, nos téléphones sont surveillés », assure-t-il.Peu à peu, les habitants de Rangoon commencent à reconnaître la marque de Generation Wave. « J’ai aperçu un de leur tag sur le mur d’une école. Mais il a très vite été effacé par la municipalité », raconte Min Thu, un étudiant de Rangoon. Mais même si le réseau commence à s’organiser, le collectif reconnaît qu’avec une quarantaine de militants seulement, la moitié en prison, ses chances de renverser le régime sont très minces. En 2008, Generation Wave avait tenté de lancer de nouvelles manifestations, sans succès. « On ne peut pas organiser de révolte pour l’instant. Notre objectif, c’est juste de stimuler les jeunes, de les éduquer en attendant le bon moment pour un soulèvement », confie Min Yan Naing. Le week-end dernier, Generation Wave a tourné un nouveau clip-vidéo « militant » en Thaïlande, avec l’aide d’un groupe de musiciens danois. Il sera bientôt distribué en Birmanie, en toute clandestinité.


juil 28 2010

L’Inde accueille avec les honneurs le chef de la junte birmane

Il faut juste oser, n’est-ce pas ?
Than Shwe déposant une gerbe au mausolée du Mahatma Gandhi
Il fallait le faire !!!

Le chef de la junte birmane, le généralissime Than Shwe (C), son épouse (G) et la présidente indienne Pratibha Singh Patil (D), le 27 juillet 2010 au palais présidentiel à New Delhi

De Giles HEWITT (AFP)

NEW DELHI — L’Inde a déroulé le tapis rouge mardi au chef de la junte birmane, le généralissime Than Shwe, pour une visite d’Etat officielle sévèrement critiquée par des organisations de défense des droits de l’Homme qui y voient une acceptation tacite du régime.

Than Shwe a été reçu avec les honneurs lors d’une cérémonie au palais présidentiel à New Delhi.

Le généralissime, qui réprima d’une main de fer les manifestations pro-démocratiques menées par les moines en 2007, a ensuite déposé une gerbe au mausolée du Mahatma Gandhi, père de la nation indienne et apôtre de la non-violence.

L’homme fort du régime birman, âgé de 77 ans, a rencontré le ministre des Affaires étrangères S.M. Krishna et devait s’entretenir plus tard dans la journée avec le Premier ministre Manmohan Singh.

“L’Inde et la Birmanie entretiennent de très bonnes relations. L’objectif de la visite est d’améliorer les relations existantes et la coopération économique”, a déclaré le ministre birman pour le développement économique, U. Soe Tha.

“Nous voulons encourager le secteur privé indien à travailler avec nous”, a-t-il ajouté devant une délégation d’hommes d’affaires indiens.

Auparavant fervente partisane de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, l’Inde a commencé à se rapprocher de la junte au milieu des années 90 lorsque les priorités énergétiques et stratégiques l’ont emporté sur les préoccupations en matière de démocratie et de respect des droits de l’Homme.

L’Inde, intéressée par les champs gaziers et pétroliers en Birmanie, cherche à concurrencer dans la région son principal rival économique, la Chine, partenaire commercial et investisseur clé pour la junte.

Le mois dernier, le Premier ministre chinois Wen Jiabao s’est rendu en Birmanie pour signer une rafale d’accords commerciaux, financiers, énergétiques, scientifiques et technologiques.

L’Inde est le quatrième partenaire commercial de la Birmanie, derrière la Thaïlande, la Chine et Singapour. Le pays est notamment présent dans l’énergie: deux entreprises publiques font partie d’un consortium travaillant à l’extraction de gaz naturel au large de l’Etat d’Arakan, dans l’ouest du pays.

Les organisations de défense des droits de l’Homme ont sévèrement critiqué la décision de l’Inde d’accorder la légitimité d’une visite d’Etat officielle à celui qui est considéré comme un paria dans de nombreux pays occidentaux.

“M. Singh devrait exprimer publiquement une critique de principe sur le truquage des lois électorales en Birmanie et sur les restrictions persistantes des libertés fondamentales”, a déclaré Elaine Pearson, directrice pour l’Asie de l’organisation Human Rights Watch (HRW).

La junte, au pouvoir depuis près de cinquante ans, a prévu des élections législatives cette année. Mais la communauté internationale dénonce depuis des mois un processus qui exclut la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

Dans une lettre ouverte à Manmohan Singh, la Fédération internationale des droits de l’Homme, qui représente 164 organisations dans le monde, a estimé que des rencontres de haut niveau entre l’Inde et la Birmanie “servent à perpétuer la dictature militaire en Birmanie”.

Lundi, une centaine de manifestants se sont rassemblés dans la capitale indienne pour protester contre la venue du chef de la junte, décrit sur des banderoles comme un dictateur militaire et un “meurtrier d’innocents”.

La Birmanie est soumise à des sanctions économiques de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui lui reprochent ses violations des droits de l’Homme et le maintien en détention d’Aung San Suu Kyi.

L’efficacité de ces mesures est cependant très atténuée par les investissements réguliers des voisins de la Birmanie.


juil 26 2010

Birmanie : Aung San Suu Kyi candidate aux élections ?

source : Agora Vox

AUNG SANG SUU KYI FUTURE CANDIDATE AUX PROCHAINES ÉLECTIONS BIRMANES ?

Tandis que l’ASEAN (association des pays du Sud Est asiatique tient son forum à Hanoi, se trouve-t-on devant un nouveau coup d’esbrouffe de la junte militaire birmane alors que Daw Aung San Suu Kyi, est toujours en résidence surveillée, purgeant un nouvelle peine de 18 mois, et que la date des élections problématiques birmane n’est pas fixe ?

Mrs. Aung San Suu Kyi, leader de l’opposition démocratique à la junte militaire birmane, “pourra se présenter aux élections dès qu’elle sera libérée de la résidence forcée à son domicile de Rangoon » a déclaré, selon l’agence japonaise Jiji Press, Nyan Win, le ministre des affaires étrangères birman qui assistait cette semaine au « forum régional de l’ASEAN » réuni à Hanoi (Vietnam).

Il a affirmé que la constitution de son pays n’interdisait à Aung San Suu Kyi de participer en qualité de candidate aux élections.

Cette déclaration spectaculaire qui pourrait faire croire que la dictature militaire birmane se démocratise, est surtout due, peut-on estimer, au fait que le ministre de la junte a été soumis a de sévères critiques de la part des leaders et chefs de gouvernement des États du Sud Est asiatique.

En effet cette affirmation est en contradiction avec la loi électorale, récemment publiée, selon laquelle des prisonniers en cours de peine ainsi que des citoyens birmans conjoints d’Étrangers ne peuvent en aucun cas être élus et remplir des fonctions officielles.

Or cette loi paraît avoir été élaborée pour éliminer Mrs Aung San Suu Kyi de toute activité politique. D’autant plus que cette dernière a été – une nouvelle fois condamnée en Août, l’an dernier, à 18 mois de « résidence forcée » pour « avoir avait prétendu les juges de la junte, abrité un citoyen américain, John Yettaw, qui avait traversé l’Inya lake de Rangoon à la nage pour aller lui rendre visite dans sa maison constuite au bord de l’autre rive. Elle ne devait pas étire libérée avant novembre prochain

Par ailleurs, le président de l’Association des Nations du Sud Est asiatique, Surn Pitsuwan, a souligné lundi dernier lors d’une conférence de presse, que le ministre birman avait entendu ses collègues présents au Forum d’Hanoi, insister sur le fait que les élections prévues en Birmanie devaient être « libres et loyales ». Or on constate actuellement que la junte militaire n’a pas encore fixé de date pour cette consultation générale populaire en se bornant à déclaré qu’elles auraient lieu dans la seconde moitié de 2010. Il d’autre part dissous récemment – par précaution - le parti démocratique dont le leader est Mrs Aung San Suu Kyi.. De telle sorte que même si l’on ne devait pas douter des affirmations du ministre des affaires étrangères, il serait vraisemblable de penser que la Junte estime candidate officiellement sans parti politique et sans troupe elle ne menacerait pas, même élue, les intérêts publics et privés d’une junte fondée , il y a quarante-huit ans - en mars 1962, après le coup d’Etat durant lequel le général Ne Win et son état-major ont abrogé le régime parlementaire présidé par U Nu.

Pour faire bonne figure le ministre birman avait ensuite donné l’assurance à son collègue japonais Katsuya Okada, que le programme nucléaire Nord Coréen est « inacceptable ». Nouvelle preuve du double langage de ministre birman qui se trouvait sous le feu des 27 membres de l’ARF qui avaient été rejoints par Mrs Hillary Clinton. Cette dernière avait confirmé cette assemblée des détails l’évolution des programmes nucléaire de la junte militaire et sur sa collaboration avec la Corée du Nord qui effectue également d’importantes livraisons d’armements à la dictature militaire birmane..

L’ARF est le forum de sécuriré le plus important de l’Asie orientale. Il comprend les dix membres de l’ASEAN ainsi que 17 autres nations parmi lesquelles se trouvent le Etats-Unis, la Chine et la Corée du Nord.

Les États du Sud est Asiatique soupçonnent également, selon la « Voie Démocratique de Birmanie » en exil, que la Corée du Nord assiste la junte militaire dans le développement d‘un vaste réseau souterrain de bunkers. Tout un réseau de systèmes lance-missiles nord – coréens a été également été décelé le mois dernier dans le Nord de la Birmanie.

© Bertrand C. Bellaigue juillet 2010