mai 18 2012

Washington lève des restrictions mais le cadre des sanctions reste

Washington a décidé de lever certaines restrictions aux investissements en Birmanie pour encourager les réformes, mais le cadre des sanctions américaines contre le pays reste pour l’instant en place.

«Nous permettrons certains types d’investissement dans les services financiers afin de permettre aux entreprises de faire des affaires en Birmanie», a déclaré jeudi à l’AFP un haut responsable américain, tout en soulignant que Washington continuerait à imposer des sanctions aux personnes liées à l’ancienne junte.

«Le gouvernement birman a fait des progrès dans de nombreux domaines»

«Il s’agit d’une reconnaissance des progrès (effectués), il s’agit d’une reconnaissance du fait qu’ouvrir davantage la porte à des échanges économiques entre nos deux pays est important pour soutenir les réformateurs», a ajouté ce responsable sous couvert de l’anonymat.

Plus tôt ce jeudi, le président Barack Obama avait annoncé avoir reconduit pour au moins un an le cadre juridique des sanctions contre la Birmanie en soulignant que les réformes engagées étaient encore à l’état «embryonnaire». «Le gouvernement birman a fait des progrès dans de nombreux domaines, dont la libération de centaines de prisonniers politiques, le fait de discuter de cessez-le-feu avec plusieurs groupes ethniques armés ainsi qu’avec le principal groupe d’opposition en faveur de la démocratie», a noté Barack Obama.

«Les Etats-Unis s’engagent à soutenir les efforts de réforme entrepris par la Birmanie, mais la situation en Birmanie continue à représenter une menace inhabituelle et extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique étrangère des Etats-Unis», a ajouté Barack Obama, employant l’expression consacrée pour justifier la situation «d’urgence nationale», cadre juridique préalable aux sanctions.

Aung San Suu Kyi prête à accepter une suspension des sanctions

«La Birmanie a effectué des avancées importantes, mais l’ouverture politique est embryonnaire, et nous continuons à être inquiets, notamment au sujet des prisonniers politiques qui subsistent, des conflits en cours, et de graves violations des droits de l’homme» vis-à-vis de certaines ethnies, a encore précisé le président.

Selon le responsable précité, les Etats-Unis souhaitent maintenir le cadre général de ces sanctions pour encourager les réformes, et pouvoir agir rapidement en cas de «rétropédalage» du gouvernement birman.

Mercredi, l’opposante birmane Aung San Suu Kyi s’était dite prête à accepter une suspension des sanctions contre son pays mais avait averti que les changements politiques et les signes d’ouverture du régime n’étaient pas «irréversibles». Elle avait conseillé «d’agir avec précaution» et mis en garde contre un excès d’optimisme.

Lundi, le sénateur John McCain avait souhaité que les Etats-Unis gèlent temporairement la plupart des sanctions imposées à la Birmanie comme certains pays l’ont déjà fait et comme d’autres envisagent de le faire.


mai 17 2012

Birmanie : les rebelles kachins demandent des observateurs de l’ONU

source : lepoint

Les rebelles de la minorité ethnique des Kachins ont demandé à l'ONU d'envoyer des observateurs dans les zones de combats avec l'armée birmane, dans l'extrême-nord du pays, a-t-on appris jeudi auprès d'un de leurs responsables.Les rebelles de la minorité ethnique des Kachins ont demandé à l’ONU d’envoyer des observateurs dans les zones de combats avec l’armée birmane, dans l’extrême-nord du pays, a-t-on appris jeudi auprès d’un de leurs responsables.

Les rebelles de la minorité ethnique des Kachins ont demandé à l’ONU d’envoyer des observateurs dans les zones de combats avec l’armée birmane, dans l’extrême-nord du pays, a-t-on appris jeudi auprès d’un de leurs responsables.

Dans une lettre au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, dont un responsable de l’Organisation pour l’indépendance kachin (KIO) a envoyé jeudi une copie à l’AFP, le groupe l’”implore” d’envoyer “des équipes d’observateurs et des équipes d’intermédiaires dans les zones de guerre”.

“Cela fait déjà onze mois (que les combats ont repris) et nous voulons que des observateurs de l’ONU viennent voir ce qui se passe là bas, pour voir la réalité, avoir leurs propres informations”, a précisé à l’AFP le colonel James Lum Dau, responsable adjoint des Affaires étrangères de la KIO, basé en Thaïlande.

“Nous avons besoin de quelqu’un sans parti pris”.

Le conflit ouvert entre l’Armée pour l’indépendance kachin (KIA, branche armée de la KIO) et la puissante Tatmadaw - l’armée de Naypyidaw - fait rage depuis juin 2011 après 17 ans de paix.

Il a déjà provoqué, selon l’ONU, l’exode de 55.000 personnes, une tache au milieu de la série de réformes accomplies par le régime depuis la dissolution de la junte en mars 2011.

“Le moment est maintenant crucial pour une intervention de l’ONU, avant que le conflit ne n’étende et ne devienne plus complexe”, déclare encore la KIO dans son courrier.

Mais l’organisation ne demande pas à ce stade de casques bleus, a indiqué le colonel Lum Dau. “Des troupes de maintien de la paix de l’ONU, ce ne serait pas sage en ce moment”.

Le gouvernement birman, qui demeure contrôlé par les militaires, a entamé ces derniers mois des négociations avec les minorités ethniques, dont beaucoup n’ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948. Et il a conclu des cessez-le-feu avec plusieurs groupes.

Mais les négociations avec la KIO n’ont rien donné. Le président Thein Sein vient d’insuffler un nouveau souffle au processus de paix, en prenant la direction de l’équipe de négociation et en écartant certains de ses membres jugés trop conservateurs.


mai 15 2012

La Birmanie réfute à nouveau tout lien militaire avec Pyongyang

source : romandie.com

Le président sud-coréen, en visite historique en Birmanie, a indiqué avoir obtenu la promesse des autorités qu’elles s’abstiendraient de toute coopération militaire avec la Corée du Nord, une perspective qui inquiétait les Etats-Unis encore vivement l’an passé.

Lee-Myung Bak, qui avait rencontré lundi le président Thein Sein, l’a invité à ne pas entretenir avec Pyongyang de liens qui pourraient être considérés comme une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, a-t-il indiqué aux journalistes mardi.

L’ONU a imposé deux séries de sanctions à la Corée du Nord après ses essais nucléaires en 2006 et 2009. Il lui est notamment interdit de commercialiser tout matériel nucléaire et balistique et de procéder à des essais nucléaires ou balistiques.

La communauté internationale s’est inquiétée ces dernières années des liens entre Naypyidaw et Pyongyang, en particulier sur la possibilité d’un programme nucléaire.

Mais le nouveau régime birman a tenté de rassurer les Occidentaux. En novembre, lors d’une visite historique de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, un haut responsable américain avait ainsi indiqué que les Etats-Unis ne voyaient aucun signe de programme nucléaire majeur en Birmanie.

Thein Sein, au pouvoir depuis un an, a donc une nouvelle fois démenti tout programme nucléaire et assuré que son pays respecterait les résolutions de l’ONU, a précisé à l’AFP une porte-parole de la présidence sud-coréenne.

La visite de Lee-Myung Bak est la première d’un chef d’Etat sud-coréen depuis l’attentat manqué dans ce pays, en 1983, contre le président de l’époque Chun Doo-Hwan.

Une bombe posée par un agent nord-coréen avait tué 17 Sud-Coréens et quatre Birmans. Le président s’en était sorti indemne. La Birmanie avait alors rompu ses relations avec Pyongyang, avant de les rétablir en 2007.

La Birmanie a d’autre part accepté de libérer un réfugié nord-coréen, qui purge depuis 2010 une peine de cinq ans de prison pour être entré illégalement dans le pays, a ajouté la porte-parole.

La junte au pouvoir s’est autodissoute en mars 2011 et a transmis ses pouvoirs à un gouvernement civil d’anciens militaires, qui a multiplié les réformes.

L’Union européenne a suspendu en avril pour un an toutes ses sanctions, à l’exception de l’embargo sur les armes. Mais les Etats-Unis, qui ont allégé certaines restrictions aux investissements et promis la nomination rapide d’un ambassadeur, ont pour l’heure conservé les leurs.


mai 14 2012

Birmanie : malgré l’élection d’Aung San Su Kyi, l’ouverture démocratique n’est qu’une illusion

source : atlantico

article : Thierry Falise

Certains analystes comparent les réformes en cours en Birmanie à la perestroïka engagée par Mikhaïl Gorbatchev en Union Soviétique dans la deuxième moitié des années 1980. Mais les réformes et mesures adoptées relèvent surtout de l’emblématique même avec l’élection d’Aung San Suu Kyi. Après des mois d’euphorie, la Birmanie risque de connaitre une longue période de mélancolie…

La vague réformiste a surpris tous les observateurs.

Certains analystes comparent les réformes en cours en Birmanie à la perestroïka engagée par Mikhaïl Gorbatchev en Union Soviétique dans la deuxième moitié des années 1980. Il serait sans doute plus judicieux de faire un parallèle avec le démantèlement de l’apartheid en Afrique du Sud mené grâce à l’alliance a priori contre nature entre le chef d’une opposition radicale, Nelson Mandela, et un apparatchik issu du système, le président Frederik De Klerk. En Birmanie, on retrouve un duo semblable avec Aung San Suu Kyi - à la différence de Mandela elle a toujours prôné la lutte non violente - et le nouveau président Thein Sein.

Les réformes et gestes d’ouverture entrepris depuis 2011 par le nouveau pouvoir “démilitarisé” sont réels et sans précédent dans un pays soumis depuis près d’un demi-siècle à un régime totalitaire d’un autre âge: assouplissement de la censure dans la presse, libération de plus de 600 prisonniers politiques, droit de grève, cessez-le-feu avec des minorités ethniques, organisation modèle d’élections partielles qui ont permis entre autres l’élection d’Aung San Suu Kyi au Parlement, etc.

Cette vague réformiste a surpris tous les observateurs. Pourquoi maintenant ? Sans doute y-a-t-il d’abord la volonté du gouvernement birman de rééquilibrer, au profit entre autres de l’Occident, ses relations économiques avec une Chine devenue à ses yeux beaucoup trop envahissante. Souhait également de la part de certains dirigeants plus ouverts sur l’extérieur d’améliorer la réputation déplorable de leur pays, notamment dans la perspective de la présidence de l’Association des Nations d’Asie du Sud Est (ASEAN) en 2014. Cette réputation, nourrie jour après jour par d’incessantes violations des droits de l’homme s’était, si c’était encore possible, considérablement ternie à la suite de la violente répression contre des moines et civils désarmés lors des grandes manifestations de septembre 2007 et de la gestion catastrophique, au moins lors des premières semaines, des conséquences du cyclone Nargis en 2008.

Aung San Suu Kyi ne s’est à ce jour pas confiée dans les détails sur sa décision assez inattendue d’accompagner le changement. Quelques semaines avant sa première rencontre avec Thein Sein en août 2011, on la disait démoralisée et sans illusion sur les nouveaux dirigeants civils. Elle a toutefois tenu par la suite à affirmer publiquement sa confiance en Thein Sein. L’ancien général - et ex Premier ministre - a toujours bénéficié d’une relative bonne réputation comparé à ses pairs. Considéré comme un des officiers les moins corrompus de la junte, il avait aussi, lors de la crise post-Nargis, personnellement mis en oeuvre des projets de réhabilitation alors que plusieurs de ses collègues s’étaient remplis les poches avec l’aide internationale.

L’embouteillage ces derniers mois à Yangon (Rangoun)et dans la capitale Naypyidaw de chefs d’Etat, ministres, diplomates et hommes d’affaires étrangers, essentiellement Occidentaux et Asiatiques - dont beaucoup viennent d’abord pour se faire prendre en photo avec Aung San Suu Kyi - est encourageant mais il ne justifie pas une baisse de la vigilance. Plusieurs centaines de détenus politiques croupissent toujours en prison. Dans le nord du pays, un cessez-le-feu vieux de 17 ans avec les Kachins, importante minorité, a volé en éclat en juin 2011, provoquant la reprise d’un conflit avec son défilé de morts et de réfugiés.

Des questions centrales se posent toujours au sujet de l’armée. Y répondre devrait permettre de cerner davantage la marge de manoeuvre dont peut bénéficier Thein Sein. Quelle place les militaires veulent-ils s’approprier dans une Birmanie civile (au-delà des 25% de sièges que la constitution leur octroie automatiquement au parlement) ? Les officiers qui des décennies durant se sont constitués des rentes de situation parfois fabuleuses sont-ils prêts à y renoncer ? Quel rôle joue encore le vieux général Than Shwe, ancien numéro un de la dictature, dont la rumeur le dit un jour agonisant, le lendemain tirant les ficelles du théâtre politique ? La lutte entre réformateurs et durs du régime est-elle réelle ou n’est-elle, comme certains l’affirment, que de la poudre aux yeux destinée à donner l’illusion d’une ouverture et à masquer un rôle toujours prépondérant des militaires radicaux ?

Certains signaux ne portent guère à l’optimisme. Les injonctions de Thein Sein aux officiers détachés dans l’Etat Kachin de cesser le combat sont restées jusqu’à présent lettre morte. Le dernier budget national, même s’il augmente la part dédiée à l’éducation et la santé, parents pauvres des juntes successives, octroie toujours un quart des fonds à l’armée.

A ce jour, les réformes et mesures, si importantes qu’elles soient, relèvent plutôt de l’emblématique. Les programmes structurels restent à mettre en oeuvre. A commencer par une remise à plat de l’économie. Un demi siècle de gestion inepte a fait de ce pays, potentiellement un des plus riches de la région, un désert économique où les deux tiers de la population vivent dans la pauvreté.

Après des mois d’euphorie, la Birmanie risque de connaitre une longue période de mélancolie. La situation économique et sociale d’une grande majorité de la population ne s’est guère améliorée, le flou et le bricolage restent la règle en matière d’investissement, les infrastructures hôtelières sont saturées,… “Le nouvel Eldorado asiatique”, comme le vantent des affairistes, ne pourrait être qu’un miroir aux alouettes.

Thierry Falise

Thierry Falise est un photo-journaliste indépendant établi à Bangkok depuis 1991.

Il couvre l’Asie du Sud Est et l’Inde pour des journaux et magazines du monde entier ainsi que des télévisions francophones.

Il a écrit plusieurs livres (en français) sur la Birmanie, pays qu’il couvre depuis 25 ans dont :

-  Le jasmin ou la Lune (biographie d’Aung San Suu Kyi), 2007, Florent Massot, édité en poche chez J’ai Lu.

Burmese Shadows, livre photo sur 25 ans de reportage en Birmanie, à paraître (en anglais) chez McNidder & Grace, Septembre 2012.

www.thierryfalise.com


mai 10 2012

Birmanie : lueur d’espoir dans le processus de paix avec les rebelles Kachins

source : lenouvelobs

Les efforts du pouvoir birman pour relancer les négociations avec les rebelles de la minorité ethnique des Kachins, dans le nord du pays, jettent une lueur d’espoir sur l’obtention d’un cessez-le-feu après des mois plombés par le langage des armes et la suspicion mutuelle.

Le conflit ouvert entre l’Armée pour l’indépendance kachin (KIA) et la puissante Tatmadaw –l’armée de Naypyidaw– fait rage depuis juin 2011 après 17 ans de paix. Il a déjà provoqué l’exode de 50.000 personnes, une tache au milieu de la série de réformes accomplies par le régime.

Mais le président Thein Sein vient d’insuffler un nouveau souffle au processus de paix, en prenant la direction de l’équipe de négociation et en écartant certains de ses membres jugés trop conservateurs.

L’apparition en première ligne de l’ex-général, Premier ministre de la junte sortante devenu un réformateur convaincu et convaincant, constitue “une indication forte qu’un accord avec la KIA est possible”, estime Nicholas Farrelly, de l’Australian National University.

“Cela suggère la prise de conscience de ce que des pas timides n’apporteront pas la paix dans le nord de la Birmanie. Il faudra de l’audace et un océan de bonne volonté”.

Le gouvernement, qui a succédé à la junte en mars 2011 mais demeure contrôlé par les militaires, a entamé ces derniers mois des négociations avec les minorités ethniques, dont beaucoup n’ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l’indépendance en 1948.

Mais celles avec l’Organisation de l’indépendance kachin (KIO), branche politique de la KIA, n’ont rien donné.

Win Min, expert du Vahu Development Institute, salue le remaniement de l’équipe gouvernementale, enrichie pour la première fois du nouveau chef des armées, le général Min Aung Hlaing, et du vice-président Sai Mauk Kham, membre de la minorité ethnique shan.

Les Kachins, relève-t-il, réclament un authentique accord politique pour éviter “le cercle vicieux” qui les a vu maintes fois signer un cessez-le-feu puis des accords économiques, avant de replonger dans les combats.

Un cadre de la KIA a lui aussi jugé la nouvelle équipe encourageante. Mais l’issue des discussions “dépendra de leur volonté de nous parler”, a-t-il souligné à l’AFP.

Selon les observateurs, la tentation est grande de part et d’autre de se conforter dans une logique de guerre, ne serait-ce que pour enregistrer quelques succès sur le terrain avant de s’asseoir.

Les commandants kachins ont retrouvé ce qu’ils avaient perdu en temps de paix: du prestige, de la puissance et pour certains d’entre eux le lucratif contrôle du trafic de bois et des contrats miniers avec les entreprises chinoises.

“La société kachin est très enflammée, très en colère (…). Pour la première fois depuis des années, la KIA est soutenue. Ils se sentent soudainement comme des héros”, analyse Richard Horsey, analyste indépendant.

En face, certains éléments de la Tatmadaw, qui a justifié son emprise sur le pouvoir depuis 1962 par le maintien de l’unité du pays face aux rébellions ethniques, ne sont pas prêts à renoncer au rôle central que leur confère le conflit.

“Sans un ennemi de l’intérieur, leur budget et leur force de frappe sont difficile à justifier”, relève Farrelly.

La première tâche des négociateurs sera donc d’obtenir une trêve dans les combats, qui ont eu tendance à s’intensifier. La KIA a dit craindre une offensive majeure sur la ville de Laiza, sur la frontière chinoise, tandis que le très officiel New Light of Myanmar, d’habitude muet sur le dossier, se faisait l’écho de “lourdes pertes” côté kachin.

Les analystes soulignent que les Kachins se sentent un peu seuls après la signature des autres cessez-le-feu, notamment celui obtenu par la très puissante Union nationale karen (KNU), à la tête d’une des plus anciennes guerres civiles de la planète.

“Après une guerre aussi destructrice, les Kachins vont espérer que le président y parvienne” aussi avec eux, estime Farrelly.


mai 9 2012

Birmanie : munie d’un passeport, Aung San Suu Kyi est libre de voyager

source : lenouvelsobs :

La députée de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée, a obtenu un passeport et peut désormais voyager à l'étranger pour la première fois depuis 1988, a indiqué mardi un responsable de son parti. (c) Afp

La députée de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée, a obtenu un passeport et peut désormais voyager à l’étranger pour la première fois depuis 1988, a indiqué mardi un responsable de son parti. (c) Afp

La députée de l’opposition birmane Aung San Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée, a fait un pas de plus vers la normalisation totale de son statut en obtenant un passeport qui lui permettra d’aller recevoir, plus de vingt ans après, son prix Nobel de la paix.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) a été informée vendredi dernier que l’icône de la démocratie avait obtenu le précieux document, qui ouvre une ère nouvelle pour ses activités politiques internationales et sa vie personnelle.

“C’est son premier passeport depuis 20 ans, j’ai l’impression que tout est redevenu normal désormais”, a expliqué à l’AFP Nyan Win, porte-parole de la LND, précisant que ce voyage inaugural et historique aurait lieu mi-juin “comme prévu”.

Réintégrée l’an passé dans le jeu politique légal par le président Thein Sein, après 15 années de privation de liberté, Suu Kyi prévoit de se rendre en Norvège pour y réceptionner le prix Nobel reçu en 1991, en son nom, par Michael Aris en présence de leurs deux enfants.

Elle doit aussi se rendre en Grande-Bretagne où elle avait fait ses études et rencontré son futur mari, qui décèdera d’un cancer en 1999 sans qu’elle ait jamais pu le revoir.

Revenue en Birmanie en 1988 au chevet de sa mère malade, celle qui était entrée cette année là en politique à la faveur d’un soulèvement populaire réprimé dans le sang, avait en effet jusqu’ici toujours refusée de repartir, de crainte de donner aux militaires une occasion en or pour la maintenir en exil.

Mais le contexte s’est radicalement transformé. La junte au pouvoir s’est autodissoute en mars 2011 et a transmis ses pouvoirs à un gouvernement civil d’anciens militaires qui a multiplié les réformes politiques.

La “Dame” de Rangoun a même triomphalement remporté son premier siège de députée aux élections partielles du 1er avril, qui ont fait de la LND la première force d’opposition du Parlement. Elle y a prêté serment la semaine dernière.

Un responsable gouvernemental a confirmé à l’AFP mardi qu’aucune forme de restriction ne pesait désormais sur elle. “Elle peut se rendre librement à l’étranger”, a-t-il assuré sous couvert de l’anonymat.

Suu Kyi, 66 ans, devrait donc sans doute être bientôt assaillie de propositions.

Car son combat contre la junte birmane, son charisme et la volonté dont elle a su faire preuve, sans jamais renoncer à la non-violence, ont fait d’elle un des dissidents les plus connus de la planète.

Les plus hauts responsables étrangers se sont succédé à son domicile de Rangoun ces derniers mois, dont la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton en décembre, et le patron de l’ONU Ban Ki-moon tout récemment.

Les analystes estiment que l’annonce de ce voyage le mois dernier a témoigné d’une confiance toute nouvelle de l’opposante dans le régime actuel. Elle l’utilisera pour expliquer dans les capitales sa stratégie vis-à-vis des sanctions internationales qui pèsent contre le régime de Naypyidaw.

Suu Kyi souhaite leur levée progressive, afin de conserver un moyen de pression sur ceux, au sein du régime et notamment de l’armée, qui seraient tentés par une remise en cause des réformes.

L’Union européenne a suspendu pour un an toutes ses sanctions politiques et économiques, à l’exception de l’embargo sur les armes. Mais les Etats-Unis, qui ont allégé certaines restrictions aux investissements et promis la nomination rapide d’un ambassadeur, ont pour l’heure conservé leurs sanctions clés.


mai 2 2012

Birmanie : après avoir prêté serment, Aung San Suu Kyi devient députée

source : lenouvelobs

La lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a prêté serment mercredi devant le Parlement birman, un instant aussi bref qu’historique à l’issue duquel elle a endossé son premier mandat électoral, après deux décennies d’âpre lutte politique.

L’opposante, qui avait remporté haut-la-main son premier siège lors des partielles du 1er avril, et 33 autres députés de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), ont promis de concert de “sauvegarder” la Constitution, qui accorde des pouvoirs immenses aux militaires.

“Je serai loyale à la République de l’Union de Birmanie et à ses habitants et tiendrai toujours en estime la non-désintégration de l’Union, la non-désintégration de la solidarité nationale et la perpétuation de la souveraineté”, ont-ils aussi promis, debout devant le président de la chambre basse, l’ancien général Shwe Mann.

Trois autres députés étaient absents, en voyage à l’étranger.

“Je pense que je peux servir les intérêts du peuple mieux qu’avant”, a commenté la “Dame” après cette première courte session. Interrogée par l’AFP sur la dimension émotionnelle de cet instant, elle a simplement répondu, fidèle à son flegme habituel: “non, c’était juste intéressant”.

Suu Kyi, 66 ans, était entrée en politique en 1988, devenant rapidement l’un des dissidents les plus connus de la planète.

Après le départ de la junte il y a un an au profit d’un régime dit “civil” d’anciens militaires réformateurs, elle avait réintégré le jeu politique légal pour travailler avec ses ennemis d’hier à une véritable démocratisation du système politique.

Mais elle et ses compagnons de lutte de la LND avaient la semaine dernière refusé de prononcer ce serment solennel, réclamant de seulement s’engager à “respecter” la Constitution de 2008.

Le texte, adopté par référendum juste après le passage du cyclone Nargis qui avait fait 138.000 morts ou disparus en 2008, octroie notamment 25% des sièges des assemblées aux militaires d’active.

L’opposante n’a fait machine arrière que lundi, promettant de prendre ses fonctions dans l’hémicycle pour ne pas risquer une impasse avec le régime réformateur du président Thein Sein.

“Nous avons toujours cru en la flexibilité dans le processus politique”, a-t-elle déclaré mardi aux côtés de son invité, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. “C’est notre seul moyen d’atteindre nos objectifs sans violence.”

La décision de Suu Kyi de bouder le parlement était le premier signe de discorde entre elle et le gouvernement depuis les élections qui ont fait de la LND la première force d’opposition du parlement.

Celle de céder constitue son premier choix politique majeur de députée, après plus de 20 ans de confrontation avec les militaires, dont une majorité passée en résidence surveillée.

“Le compromis fait désormais partie de sa panoplie politique”, a relevé Renaud Egreteau, chercheur à l’université de Hong Kong, pour qui cette prestation de serment était inévitable.

“Aung San Suu Kyi et la Ligue ne doivent pas s’enfoncer dans les paradoxes non plus, en acceptant de participer au jeu constitutionnel de l’armée mais en en refusant les règles.”

La décision de l’opposante lui avait valu mardi les éloges de Ban Ki-moon, qui a rendu hommage à sa “flexibilité”.

“C’est un évènement important pour l’avenir de la Birmanie”, s’est félicitée pour sa part la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, plaidant depuis Pékin mercredi pour “une véritable transition vers une démocratie, avec plusieurs partis, conduisant à des élections générales en 2015″.

Les récentes réformes ont poussé l’Occident à mettre un terme à l’isolement diplomatique de la Birmanie.

L’Union européenne a suspendu pour un an toutes ses sanctions politiques et économiques, à l’exception de l’embargo sur les armes. Les Etats-Unis se sont contentés d’alléger certaines restrictions aux investissements et de promettre la nomination rapide d’un ambassadeur, pour conserver un moyen de pression sur le régime.


mai 1 2012

En Birmanie, Ban Ki-moon salue le sens politique d’Aung San Suu Kyi

source : lacroix

Le secrétaire général de l’ONU, qui rencontrait mardi 1er mai, Aung San Suu Kyi pour la première fois, a salué le sens du compromis de l’opposante, qui a accepté de mettre fin à une impasse politique pour prêter son serment de députée et intégrer enfin le parlement.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, est le premier étranger à s’exprimer devant le parle...

Khin Maung Win / ASSOCIATED PRESS

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, est le premier étranger à s’exprimer devant le parlement birman.

Les véritables dirigeants font preuve de flexibilité pour la cause supérieure du peuple “, a estimé Ban Ki-moon à l’issue de son entretien avec Aung San Suu Kyi à Rangoun, ajoutant : “C’est ce qu’elle a fait et j’admire et respecte vraiment sa décision “.

Il a rendu hommage au “symbole ” que représente Suu Kyi pour son pays depuis son entrée en politique, en 1988. La lauréate du prix Nobel de la paix avait annoncé, lundi 30 avril, qu’elle acceptait finalement de prêter serment, devant un Parlement dominé par les militaires et ses alliés, afin de “sauvegarder ” la Constitution de 2008.

Une Constitution controversée

Le texte, qui arroge d’immenses pouvoirs à l’armée, avait été adopté par référendum dans des conditions controversées, une semaine après le passage du cyclone Nargis (138.000 morts ou disparus). L’opposante a fait de sa réforme une de ses priorités et a tenté d’obtenir que les nouveaux députés ne promettent que de la “respecter ” et non de la “sauvegarder “.

Mais devant le risque d’un blocage qui menaçait le fragile équilibre politique actuel, elle prêtera serment mercredi dans l’hémicycle, avec ses collègues de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). “Nous avons toujours cru en la flexibilité dans le processus politique “, a-t-elle déclaré aux côtés de son invité. “C’est notre seul moyen d’atteindre nos objectifs sans violence.

Une décision historique

Sa décision initiale, la semaine dernière, de bouder le parlement sur cette querelle de vocabulaire avait été le premier signe de discorde avec le nouveau gouvernement, depuis les élections partielles du 1er avril qui ont fait de la LND la première force d’opposition du pays.

Celle de céder restera probablement comme son premier choix politique majeur de députée, après plus de 20 ans de confrontation avec la junte alors au pouvoir, dont une majorité privée de liberté.

Ban Ki-moon, devenu lundi 30 avril, le premier étranger a prononcer un discours devant le Parlement Birman doit quitter la Birmanie mardi 1er mai au soir.


avr 26 2012

Washington ne lèvera pas ses principales sanctions contre la Birmanie

source : lemonde

L'Union européenne et le Canada ont suspendu cette semaine la plupart de leurs sanctions, afin de saluer le processus de réformes politiques débutée il y a un an par le nouveau régime birman.L’Union européenne et le Canada ont suspendu cette semaine la plupart de leurs sanctions, afin de saluer le processus de réformes politiques débutée il y a un an par le nouveau régime birman. | AFP/Soe Than WIN

Les Etats-Unis ont exclu, mercredi 25 avril, de lever dans l’immédiat leurs principales sanctions contre la Birmanie, avançant qu’ils veulent garder un moyen de pression sur le pays. L’Union européenne et le Canada ont suspendu cette semaine la plupart de leurs sanctions afin de saluer le processus de réformes politiques engagé il y a un an par le nouveau régime birman.

Au début d’avril, dans la foulée d’élections qui avaient permis à la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l’opposante Aung San Suu Kyi de devenir la première force d’opposition au Parlement birman, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, avait annoncé l’allègement des restrictions pesant sur les investissements vers la Birmanie et la nomination rapide d’un ambassadeur. Les Etats-Unis ont ainsi levé certaines de leurs sanctions, mais pas les principales.

“TOUT N’EST PAS ROSE”

Kurt Campbell, secrétaire d’Etat adjoint pour l’Asie de l’Est et le Pacifique et l’un des architectes de la stratégie états-unienne en Birmanie, a indiqué mercredi à des élus du Congrès que du point de vue de l’administration américaine “tout n’est pas rose” en Birmanie et qu’elle comptait uniquement alléger certaines de ses sanctions. “Nous devons être en mesure de répondre dans le cas où il y aurait un renversement ou un gel (des réformes), ce moyen de pression est une composante essentielle de notre stratégie”, a poursuivi M. Campbell.

Des organisations de défense des droits humains se sont récemment dites inquiètes des allégations de viols, de travaux forcés et autres abus, dans l’Etat de Kachin notamment.


avr 24 2012

La levée des sanctions est prématurée

source : courrierinternational

Le 23 avril, l’Union européenne a suspendu pour un an ses “restrictions” à l’encontre du régime birman, à l’exception de l’embargo sur les armes. Un geste précipité à l’égard d’un gouvernement dont les intentions restent incertaines, regrette un exilé birman.

Ouverture de session à la chambre basse du Parlement, sans Aung San Suu Kyi. Naypyidaw, le 23 avril. AFP PHOTO/ Soe Than WIN

Ouverture de session à la chambre basse du Parlement, sans Aung San Suu Kyi. Naypyidaw, le 23 avril. AFP PHOTO/ Soe Than WIN

Le 17 avril, le département américain du Trésor a annoncé un assouplissement des sanctions financières à l’encontre de la Birmanie [ou Myanmar, selon son nom officiel] concernant les activités humanitaires et caritatives. La décision est importante et bien plus habile que celles qui ont été prises par le Royaume-Uni, l’Australie et la Norvège. Quatre jours plus tôt, à l’occasion de son déplacement en Birmanie, le Premier ministre britannique David Cameron avait déclaré être favorable à la suspension [et non pas à la levée] des sanctions. La Norvège et l’Australie lui ont aussitôt emboîté le pas et assuré qu’elles allaient, elles aussi, alléger leurs sanctions. Tout ce qui restera, virtuellement, c’est un embargo sur les armes. L’Union européenne a officiellement adopté la même position le 23 avril en prenant la décision de suspendre [pour une année] des sanctions financières et politiques cruciales, comme une interdiction d’investissements et des restrictions sur les visas pour les membres du régime. La politique birmane de l’Europe va dès lors nettement diverger de celle que les Etats-Unis appliquent. Or compte tenu de la situation en Birmanie, la prudence dont fait preuve Washington semble être une réaction beaucoup plus raisonnable aux développements sur place.

Le régime ne tolère toujours aucune dissension

De jour en jour, la politique devient de plus en plus imprévisible en Birmanie. La dirigeante de l’opposition, Aung San Suu Kyi, et les représentants de sa Ligue nationale pour la démocratie, élus depuis peu, ont refusé de prêter serment en tant que garants de la Constitution de 2008 [et boycottent la session parlementaire qui s'est ouverte le 23 avril]. Sur le terrain, dans l’Etat Kachin [frontalier de la Chine], les combats continuent entre les forces gouvernementales et les rebelles. On a fait grand cas du prétendu engagement du pouvoir sur la voie des réformes, mais la condamnation de trois militaires, qui auraient blogué sur les difficultés que connaît l’armée en général, montre plutôt que le régime ne tolère toujours aucune dissension. D’après la version birmane de Radio Free Asia, trois officiers de l’armée de l’air auraient été condamnés le 9 avril à des peines de prison par un tribunal militaire. L’un d’eux, le capitaine Zaw Lynn Dwe, aurait écopé de vingt ans en raison, entre autres, de la loi draconienne sur l’électronique. Les deux autres devraient purger des peines de sept ans. On ne sait toujours pas non plus si “The Lady”, comme Aung San Suu Kyi est parfois surnommée, sera libre de se rendre au Royaume-Uni et en Norvège en juin, comme elle l’a annoncé. A ce jour, elle n’a toujours pas reçu de nouveau passeport.

En gardant tout cela à l’esprit, les pays occidentaux devraient, pour l’instant, s’abstenir de récompenser un gouvernement prétendument réformiste, y compris en rétablissant des relations commerciales avec la Birmanie. Certes, l’embargo sur les armes est maintenu. Mais même si les pays occidentaux ne sont pas disposés à vendre directement des armes à la Birmanie, ils n’en continuent pas moins de lui permettre de s’armer en offrant au régime les moyens de se procurer plus facilement des liquidités. Après tout, le pouvoir birman consacre traditionnellement une grande part des revenus des investissements étrangers à la défense plutôt qu’à la santé ou à l’éducation. Le gouvernement, nominalement civil, propose ainsi pour 2012-2013 un budget qui n’est pas tellement différent du précédent. La défense représente 14,9 % du total, tandis que 2,9 % et 4,9 % du budget ont respectivement été alloués à la santé et à l’éducation.

La réalité, c’est que la politique birmane reste trouble et que son avenir est toujours incertain. Des centaines de prisonniers politiques se trouvent encore derrière les barreaux, et ceux qui ont été libérés sont victimes de tracasseries quotidiennes. Ce serait donc une erreur de récompenser un gouvernement pour ces réformes superficielles et de faire passer les intérêts commerciaux avant les droits de l’homme. Ceux qui envisagent de suspendre ou d’annuler les restrictions sur les investissements doivent comprendre qu’il n’est pas nécessaire de vendre des armes directement au régime pour lui permettre de s’armer.

Zaw Nay Aung est directeur de Burma Independence Advocates (Défenseurs de l’indépendance birmane), à Londres.